CLASSE VIII
ORGANISATION, METHODES ET MATERIEL t>E l’enseignement SUPÉRIEUR.
Nous avons vu dans l’introduction que la Belgique a deux universités de l’État, l’une à Gand, l’autre à Liège, et deux universités libres, l’une à Bruxelles et l’autre à Louvain.
Les universités de l’État ont un recteur nommé pour trois ans, un secrétaire, des doyens et des professeurs choisis par le roi. Elles confèrent des diplômes qui ne donnent aucun droit dans le pays.
L’université de Bruxelles est régie par un conseil d’administration, dont le bourgmestre est président, et par un recteur que choisissent annuellement tous les professeurs réunis en assemblée générale. Ceux-ci sont nommés par le conseil d’administration.
L’université de Louvain, dite université catholique, n’admet comme étudiants que les jeunes gens qui professent la religion catholique et qui en remplissent les devoirs. Le recteur et les profes-
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seurs de cette université sont nommés par le corps épiscopal.
Toutes ces universités ont les quatre facultés de philosophie et lettres, des sciences, de droit et de médecine.
Nous empruntons à l’excellent rapport de M. Émile Greyson sur l’organisation de l’Instruction publique en Belgique, les indications des diverses matières d’examen dans chacune de ces facultés.
Les examens comportent 'pour la candidature en philosophie et lettres : des exercices philologiques et littéraires sur la langue latine, l’histoire politique de l’antiquité, les antiquités romaines, la psychologie, l’histoire de la littérature française, l’histoire politique du moyen âge, l’histoire de la Belgique, la logique, la philosophie morale, et des exercices philologiques et littéraires sur la langue grecque (pour les aspirants au doctorat en philosophie) ; — pour le doctorat en philosophie : la littérature latine, la littérature grecque, l’histoire de la littérature ancienne, les antiquités grecques, la métaphysique générale et spéciale, l’histoire de la philosophie ancienne et moderne ; — pour la candidature en droit: l’histoire et les institutesdu droit romain, l’encyclopédie du droit, l’introduction historique au cours de droit civil, le droit naturel ou philosophie du droit, et l’histoire politique moderne ; — pour le 1er doctoral en droit : le droit civil, les pandectes, le droit public et l’économie politique ;
— pour le 2e doctorat en droit : le droit civil, le droit criminel belge, la procédure civile et le droit commercial ; — pour le doctorat en sciences politiques et administratives : l’économie politique, le droit public et le droit administratif ; — pour le /jrade de candidat notaire : le code civil et les lois organiques du notariat ; — pour la candidature en sciences naturelles : les éléments de chimie inorganique et organique, la physique expérimentale, les éléments de botanique et la physiologie des plantes, la zoologie, la minéralogie et la psychologie ; — pour la candidature en sciences physiques et mathématiques : la haute algèbre, la géométrie descriptive, le calcul différentiel et le calcul intégral, la physique expérimentale, la statique élémentaire, les éléments de chimie inorganique, la minéralogie et la psychologie ; — pour le doctorat en sciences naturelles : la chimie inorganique et organique, l’anatomie et la physiologie comparées, l’anatomie et la physiologie végétales, la minéralogie, la géologie et l’astronomie physique ; — pour le doctorat en sciences physiques et mathématiques : l’analyse, la mécanique analytique, la physique mathématique, l’astronomie et le calcul des probabilités ; — pour la candidature en médecine: l’anatomie humaine générale et descriptive, les démonstrations anatomiques, la physiologie humaine, la pharmacologie et les éléments d’anatomie comparée ; — pour le Ie’’ doctorat en médecine : la thérapeutique générale, y compris la pharmaco-dynamique, la pathologie et
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la thérapeutique spéciales des maladies internes, la pathologie générale et l’anatomie pathologique ; — pour le 2° doctorat en médecine : la pathologie chirurgicale, la théorie des accouchements, l’hygiène publique et privée, et la médecine légale ; — pour le 3e doctorat en médecine : la clinique interne, la clinique externe, la pratique des accouchements et des opérations chirurgicales ; — pour la candidature en pharmacie : les éléments de physique, la botanique descriptive et la physiologie végétale, la chimie inorganique et organique, et les éléments de minéralogie ; — pour le titre de pharmacien : l’histoire des drogues et des médicaments, leurs altérations et falsifications, les doses maxima auxquelles on peut les administrer, la pharmacie théorique et pratique. »
Tel est l’ensemble des matières de l’enseignement supérieur en Belgique. Les facultés des deux universités de l’État enseignent, il est vrai, quelques autres matières qui n’ont pas trouvé place dans les programmes des examens ; mais ce supplément, en somme, est de peu d’importance et, telle qu’elle est, la liste ci-dessus nous donne une appréciation exacte de l’instruction supérieure des Belges.
L’exposition de cette partie de l’enseignement est moins riche que celle des deux classes précédentes. La classe VIII, en effet, en dehors des documents et des objets fournis par le ministère
de l’intérieur, n’a reçu qu’un très-petit nombre d’envois. Nousdevons citer pourtant les publications de MM. Merten, Van Holsbeek, Malaise, Bernardin et de Koninck; les livres, cartes et dessins de l’institut agricole de Gembloux; les programmes de l’école de médecine vétérinaire de Cureghem-lez- Bruxelles et ceux de l’institut d’Anvers avec les spécimens des collections du musée commercial et industriel ; les annales du cercle artistique et littéraire de Namur; les étiquettes avec planisphères indiquant la dispersion des végétaux par M. Van Witzenburg ; et la collection des types d’invertébrés, classés par M. Van Beneden pour un auditoire de zoologie.
L’État a publié, avec les plans ou photographies de ses deux universités, le tableau du personnel administratif et enseignant, les travaux des professeurs, les programmes de leurs cours, les inventaires de leurs bibliothèques et de leurs collections, les spécimens de leurs préparations scientifiques ; les travaux des élèves (préparations, dessins, plans, rapports, etc.) ; les résultats de tous leurs concours et les diplômes de toute nature délivrés aux lauréats. L’école spéciale du génie civil à Gand, l’école spéciale des arts et manufactures de la môme ville, celle des arts et manufactures et des mines de Liège, ont aussi, dans cette collection de documents, l’exposé de leur enseignement et de leurs examens.