‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 6 sur 107 · DÉPENSES · texte numérisé non relu

DÉPENSES

Dette publique .

Liste civile et dotations .

Ministère de la justice .

Affaires étrangères .

Intérieur .

Travaux publics .

Guerre .

Finances .

Dépenses diverses .

On voit, d’après ce dernier tableau, que la plus grande partie des recettes provient de l’impôt indirect, et des chemins de fer, et que le service de la dette publique entraîne, avec les travaux et l’armée, la plus grosse dépense budgétaire.

La dette publique s’élève à 1,257,974,455 francs ; mais on a calculé qu’elle est inférieure à la somme des dépenses effectuées pou'r les travaux publics

INTRODUCTION

productifs, tels que chemins do fer, routes et canaux.

Travaux publics. — Au commencement de l’année 1877, il y avait 7,000 kilomètres de route, sans compter plus de 17,000 kil. de chemins vicinaux.

A la même date, les chemins de fer étaient de 3,370 kil. De ce nombre 2,029 kil. étaient exploités par diverses compagnies, mais l’État en exploitait lui-même 1,341, et les chemins de fer figuraient au budget détaillé des recettes pour une somme de 86,000,000. Il est vrai d’ajouter que les frais d’exploitation sont très-élevés et prennent à peu près 68 p.% du revenu.

Les voies de navigation intérieure ne sont pas moins importantes que les lignes ferrées. Plus tard, lorsque nous ferons la description géographique du pays, nous indiquerons les canaux et les rivières navigables ; pour le moment, il nous suffira de savoir que ces diverses voies ont une étendue de 1,825 kilomètres.

Les lignes télégraphiques, qui s’étendent sur 6,077 kil., fournissent4,000,000 de dépêches, et emploient 613 bureaux. Elles figurent aux recettes budgétaires à peu près pour deux millions et demi.

Le mouvement des postes est plus considér able* Elles comptent en un an 70,000,000 de lettres, 10,000,000 de cartes postales, 100,000,000 de journaux et d’imprimés. Elles ont 567 bureaux et produisent une recette d’environ 5 millions.

INTRODUCTION

Commerce. — Le commerce extérieur de la Belgique s’est élevé, de 1835 à 1839, à 387 millions; de 1840 à 1844, à 500 millions; de 1845 à 1849, à 718 millions; en 1850, à 912 millions; en 1863, à 2,060,000,000. Il est aujourd’hui de 2,408,000,000, dont 1,307,000,000 pour l’importation, 1,101, 000,000 pour l’exportation.

Les Belges n’ont pourtant plus une marine marchande importante. Ils possèdent 32 navires à voiles, jaugeant 14,755 tonnes; 27 vapeurs, jeaugeant 50,186 tonnes, et 255 barques, jaugeant 8,388 tonnes. Presque tout leur commerce extérieur se fait par la marine étrangère et par les chemins de fer.

Ils empruntent aux autres nations les cotons, les laines, les cuirs, l’indigo, les bois de teinture, les denrées coloniales, les vins, etc., et leur expédient du charbon, du fer, de la fonte, du zinc, des machines, des glaces et verreries, des lins et fils de lin, des tissus, du papier, des livres, etc. La France trouve chez eux un débouché considérable pour ses tissus de laine et de soie, ses sels, ses grains et ses ardoises du nord; elle importe chez elle en grande quantité leurs divers produits et principalement leur charbon. La France tient le premier rang des nations dans leur commerce extérieur ; après elle viennent, par ordre d’importance, la Grande- Bretagne, la Hollande, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis.

Le charbon seul entre pour 125,000,000 dans

INTRODUCTION

l’exportation de la Belgique. C’est le plus abondant de tous ses produits et la base de son industrie On le trouve dans les trois provinces du Hainaut, de Liège et de Namur. Le Hainaut en extrait annuellement plus de dix millions de tonnes ; la province de Liège, trois millions et demi ; et celle de Namur, à peu près un demi-million.

Pour faciliter ses relations commerciales, la Belgique conclut, le 23 décembre 1S65, avec la France, la Suisse et l’Italie, une convention qui établit le système décimal dans ses monnaies et qui lui fit accepter le franc comme unité monétaire,

Superficie et Population. — D’après les documents que nous venons d’accumuler et les chiffres que nous avons énumérés, on pourrait supposer à la Belgique une superficie deux fois plus vaste que celle qu’elle a. On est tout étonné de trouver une statistique d’une telle importance dans un royaume qui ne s’étend que sur 29,455 kil. carrés.

Mais l’explication de tous les chiffres précédents se trouve dans le nombre même des habitants de la Belgique. Si, par l’étendue de son territoire, elle n’occupe que le seizième rang parmi les nations de l’Europe, elle est la première de toutes, etdebeau-

1 Pour ce qui concerne l’industrie, voir la description géographique, p. 117.

INTRODUCTION

coup, par la densité de sa population. Elle compte, en moyenne, 183 habitants par kilomètre carré, alors que des pays comme la Grande-Bretagne et la France en ont 106 et 70, l’Autriche 67, l’Espagne 33, la Suède 11, et la Russie 4.

La population qui n’était en 1830 que de 4 millions à peu près, s’est accrue dans la proportion de 1 pour 100 chaque année et s’élève maintenant à environ 5,400,000.

Remarquons, pour finir, que si, sur ce nombre total des Belges, il y en a 2,700,000 qui parlent flamand, il s’en trouve 2,350,000 qui parlent français et plus de 300,000 qui usent des deux langues; 50,000 à peine parlent allemand.

Telles sont les considérations générales dans lesquelles nous avons cru devoir nous arrêter un instant pour introduire tout d’abord nos lecteurs au milieu de cette nation belge qui, depuis un demisiècle, malgré toutes les commotions de l’Europe, a su paisiblemeut maintenir son indépendance et conserver ses libertés.

Il ne peut être sans intérêt de faire connaître un tel peuple, et c’est le but que nous nous sommes proposé en entreprenant le travail que nous publions ici.

Pour procéder avec ordre, nous avons divisé notre étude en deux parties bien distinctes. Dans la première, nous résumons l’histoire des Belges, depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours,

et nous décrivons leur royaume. Dans la seconde, nous nous attachons spécialement à leur situation actuelle en examinant leur participation, au milieu des diverses nations du monde, à l’exposition universelle de Paris. La première est intitulée la Belgique ; la seconde, la Belgique à l'exposition de

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