CÉRAMIQUE
La céramique, comme la verrerie, trouve dans le sol belge les matières premières qui lui sont nécessaires. L'argile plastique réfractaire se rencontre en amas à la surface des terrains primaires. Les exploitations les plus importantes sont celles d’Andenne qui fournissent des produits très-estimés que l’on emploie à la fabrication de la faïence ; puis, viennent celles de Baudour, d’Hautrage et de La Louvière , qui servent à fabriquer les poteries grossières. On exploite aussi le silex des faïenceries à Spiennes près de Mons et l’eurite près de Nivelle. Quant à la fabrication des briques, tuiles, carreaux ordinaires et tuyaux, qui appartient aussi à l’industrie céramique, elle possède dans le pays belge des éléments répandus avec une telle profusion qu’ils ne peuvent être plus abondants en aucun autre pays.
Dès le xvie et le xvne siècle, les potiers flamands eurent une telle réputation pour la fabrication des vases en grès-cérame que, dans l’ancien langage des amateurs, toutes les poteries de grès, qu’elles provinssent de Flandre, de Hollande ou d’Allemagne, étaient connues sous le nom de grès de Flandre. Elles étaient remarquables par la variété
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de leurs formes et la richesse de leurs ornements. Cette industrie a perdu maintenant son caractère artistique et ne s'applique plus qu’aux objets usuels.
Il en est de même de la faïence. Il existe des établissements importants pour la fabrication des faïences fines, et il y en a beaucoup pour la faïence commune : toutes se font remarquer par d’excellentes qualités industrielles, mais l’art en générai y laisse à désirer.
L’industrie de la porcelaine a suivi dans scs développements la même marche que celle de la faïence. Il y avait au siècle dernier, à Tournai, une fabrique de porcelaine tendre qui comptait jusqu’à 240 ouvriers, et qui produisait des ouvrages d’une exécution finie, semblable à celle de Sèvres. Aujourd’hui la Belgique n’a plus guère que des fabriques de porcelaine dure ; elle entreprend peu les articles de luxe, mais il est permis de dire que, pour les objets de consommation courante, elle ne craint la concurrence sur aucun marché.
Une des expositions les plus importantes de la classe xx est celle de MM. Boch frères, de La Louvière ; outre deux grands vases de 2m 25, qui se trouvent à l’entrée même de la salle , ils ont envoyé des tables avec un lot très-important de plats et de potiches, genre Delft. j
Cette classe, d’ailleurs, se fait surtout remarquer par le grand nombre et la variété des peintures
A l’exposition I>E 1878. t>OD
céramiques. On s’arrêtera avec plaisir devant les deux tables qui en sont couvertes. Il faut voir le grand plat de M. Dauge, représentant un combat de cerfs, et ses petites assiettes portant des amours et un faune ; les plaques encadrées et le grand vase arabesque, style Renaissance flamande, intitulé la pêche par M. Tourteau; la tête de bélier, lepetit chat et l'automne de M. Delin; les sujets bachiques et les fleurs de M. de Mol; les vases, les plats et les plaques de Mme Noémi Davignon, de Mllcs Yvonne Courouble , Jenny Gilbert, Estelle Marinus , et Aline Perrignon de Frénoy.