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FILS ET TISSUS DE LAINE PEIGNEE ET DE LAINE CARDÉE. CHALES

Nous réunissons sous un seul titre les produits de ces trois classes pour embrasser d’un mémo coup d’œil l’histoire de toute l’industrie lainière en Belgique.

Nous avons déjà vu, au commencement de ce volume, dans notre aperçu historique, combien la question de l’industrie lainière eut d’importance, à partir du xme siècle, dans les rapports diplomatiques et politiques des Belges avec l’Angleterre. Pendant quatre siècles, la jalousie de cette puissance constamment inquiète chercha toutes les occasions de paralyser le commerce international qui lui faisait concurrence. Elle n’y réussit pas. Mais les guerres intestines et les troubles de religion faillirent amener, lors de l’occupation espagnole, la ruine que n’avaient pu produire les persécutions commerciales de la Grande-Bretagne. Les ouvriers flamands s'expatrièrent; la corporation des drapiers de Gand, jadis si florissante, ne se composa plus que de huit maîtres, et Bruges ne compta plus que trente-trois métiers à tisser la laine. Heureusement la ville de Verviers ne partagea pas alors le sort des cités flamandes : depuis longtemps déjà elle s’était adonnée à la fabrica-

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tion du drap; elle s’y livra avec plus d’ardeur encore; dès 1757, elle produisit en une seule année 70,000 pièces de tissus de laine, et, quarante ans plus tard, au moment de la réunion à la France, le nombre des ouvriers qu'elle employait dans les villages et les hameaux s’étendant jusqu’à Eupen, s’élevait au chiffre de trente mille. Bientôt l'arrivée de William Cockerill lit connaître aux fabricants verviétois les machines dont se servait l’Angleterre ; la navette volante fut introduite chez eux en 1803 ; la machine à lainer, en 1800 ; la machine à vapeur, en 1817 ; la tondeuse, en 1827, Et depuis un demi-siècle, leurs maisons, dont plusieurs ressemblent à autant de dynasties industrielles, se sont créé des débouchés dans le monde entier. « Leurs produits, dit M. Meulemans, sont aussi connus en Chine que dans la Polynésie, aussi estimés à Constantinople et à Smyrne que dans les autres échelles du Levant. Il suffit d’avoir visité les grands ports de l’Angleterre et de la Hollande, pour rendre hommage à cette industrie si solidement assise, si habile à se tenir au niveau de toutes les inventions nouvelles. » L’arrondissement de Verviers possédait, en 1871, 480,000 broches, dont 280,000 pour les filés et 200,000 pour les tissus. Les fils cardés sont exportés pour une valeurde lSà 00 millions par an, principalement en Angleterre. Les tissus, qui représentent annuellement 300,000 pièces, alimentent le marché intérieur et sont exportés pour une valeur de plus de 30 millions.

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Il -no faut pas croire toutefois que. Verviers, qui est le centre principal do l'industrie lainière, en ait seul la spécialité. Bruxelles, Binant, Roulers, Saint-Nicolas fabriquent les étoffes légères : mérinos, cachemires, Orléans, paramattas, thibets, alpagas, etc... Bruxelles fait aussi, de même que Duffel, les étoffes lourdes : baies, flanelles, couvertures; Saint-Nicolas a la fabrication des châles de laine ; Mouscron et Courtrai, celle des étoffes mélangées pour pantalons.

La filature de la laine peignée, dont les établissements en général sont situés dans le Brabant, le Hainaut et la Flandre orientale, donne des fils pour les étoffes rases et non foulées, pour la passementerie et la bonneterie. Les fils de la laine cardée, au contraire, sont employés soit pour la draperie, soit pour les étoffes légères et mélangées.

La classe xxxn est spécialement affectée aux fils et tissus ^de laine peignée. MM. de Grand’Ry et Peltzer ont exposé des fils ; la Société anonyme de Loth (Brabant), des mérinos de diverses qualités, des satins de Chine, des laines à tricoter; MM. Drèze et Malherbe, des laines artificielles diverses; MM. Rolin, Sauvage et Tasté, des draps, des châles, des tissus variés; M. Schuermans, des draps maléfiques, servant à l’extraction des huiles; M. Van Bamme, déjà cité dans la classe précédente, des rubans et lacets en coton fil et laine.

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La classe xxxm, réservée aux fils et tissus do laine cardée, grâce à l’exposition particulière de la circonscription de Verriers qui, à elle seule, occupe toute uDe grande salle, ne compte pas moins de 53 exposants, dont 7 ont envoyé des fils en tous genres, simples . et retors, teints et non teints, et 46 soit des fils et des tissus réunis, soit uniquement des tissus. Dans ce nombre la ville de Bruxelles est représentée par MM. de Bruycker, Jacobs-Poelaert et Taelemans; Liège, par M. Déliasse; Malines, par M.Geens; la Flandre orientale, par MM. de Naeyer et Vermeulen ; le Limbourg, par M. de Labarre. Toutes les autres maisons appartiennent à l’industrie verviétoise sur laquelle nous venons de donner des renseignements.

Quant à la classe xxxiv (ChâlesJ, elle n’a qu’un seul exposant, M. Schumachers, de Bruxelles.

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