SOIE ET TISSUS DE SOIE
Quoique le climat de la Belgique soit peu favorable à la culture en grand du mûrier, quelques personnes, persuadées que le mûrier nain ou multicâble peut braver les températures rigoureuses, comme dans les provinces septentrionales de la Chine d’où il est originaire, n’ont pas craint d’essayer sur certains points du territoire belge l’édu-
cation du ver qui produit la précieuse substance de la soie. Le gouvernement même créa à cette intention l’établissement d’Uccle-lez-Bruxelles ; il distribua aux sériciculteurs des plants de mûriers et de la graine de vers à soie ; un arrêté royal du 30 janvier 1832 alloua une prime de 2 fr. 11 à chaque cocon indigène. Quelques bons résultats furent obtenus et constatés à l’exposition de Bruxelles de 1848. Mais nous ne croyons pas devoir insister sur une production qui ne s’acquiert qu’au moyen des plus grands sacrifices et qui, par cela même, ne semble pas avoir un bien grand avenir.
Il est certain que, sans s’occuper de l’éducation du bombyx , les Belges pourraient avoir une trèsgrande industrie de soierie. La preuve en est que la ville d’Anvers, au xvie siècle, occupait des milliers d’ouvriers à la fabrication des riches étoffes de soie qu’elle exportait au loin. A l’époque de la réunion à la France, elle possédait encore douze cents métiers pour cette fabrication. Mais pendant un demi-siècle, malgré les efforts les plus généreux, la décadence fut continue et réduisit peu à peu le nombre de ces métiers à une centaine. C’est seulement depuis quelques années qu’une amélioration assez sensible s’est produite. Diverses localités comme Anvers, Lierre, Bruxelles, Ath, Quiévrain se sont appliquées au travail des soies, et plusieurs de leurs articles, tels que les cravates en soie noire et les failles de Bruxelles, sont justement réputés.
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a l’exposition de 187s.
M. Allebes-Vandcr Laat a exposé des soies à coudre en échevettes et sur bobines ; M. Roland, des soies effilochées noires, bleues et brunes ; M. Wauters, des schappes et des cordonnets écrus ; M.Thys, des fils dont plusieurs espèces tout à fait remarquables lui ont valu des médailles à Londres, à Paris et à Vienne.