‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 77 sur 107 · ARMES PORTATIVES. CHASSE · texte numérisé non relu

ARMES PORTATIVES. CHASSE

La fabrication des armes a fait, depuis des siècles, la réputation de Liège. Au moyen âge déjà, cette ville était citée comme Milan, comme Tolède , et ses armes offensives et défensives étaient recherchées dans tout le nord de l'Europe. L’usage nouveau de la poudre, en révolutionnant tout son système industriel, fut loin de lui nuire ; la renommée des fabriques liégeoises s’accrut constamment. Il n’y eut un moment d’arrêt dans cette prospérité que sous Napoléon Ier qui, ayant établi pour le compte de l’État une manufacture d’armes de guerre, ne permit à l’industrie privée que la production des armes de luxe. Mais, après la réunion de la Belgique à la Hollande, Liège récupéra aussitôt le temps perdu ; et, à partir de 1830, la progression de sa fabrication ne fut plus interrompue. En 1830, elle produisait 190,000 pièces ; en 1841, ce chiffre s’éleva à 208,000 ; en 1850, à 420,000 ; en 1860, à 560,000; en 1872, à 757,000; depuis 1850, l’exportation en a plus que triplée. De sages prescriptions établies par l’arrêté royal du 10 juin 1853 ne permettent pas aux armuriers liégeois d’éluder l’active surveillance qui est exercée sur leurs produits et qui est pour leur clientèle une excellente garantie. Tous les canons d’armes à feu, les plus communs aussi bien que les plus riches, subissent

au banc d'épreuve le tir réglementaire devant une commission spéciale d’officiers nommés par le gouvernement, et, après la réception, chaque pièce est marquée de chiffres qui en indiquentle calibre. A ces garanties de sécurité les fabricants savent joindre, dans leurs armes de luxe, les qualités artistiques qui en font le prix : ils en confient à de véritables maîtres l’ornementation, la sculpture, la ciselure, la gravure et l’incrustation.

Nous voyons des spécimens de cette splendide fabrication dans les pistolets de tir incrustés de MM. Watrin et Julien. La collection des fusils de chasse de MM. Arnold, Galand, Jansen, Lepage, Libotte et Van Maele, est aussi très-remarquable. A côté de ces armes de luxe, la classe xl nous montre encore des fusils ordinaires comme ceux de MM. Ancion et Vivario-Plomdeur; puis, des canons de fusil, des platines, des douilles, des cartouches, des amorces. L’exposition est complète, et elle est fournie presque tout entière par l’industrie liégeoise, car sur 19 exposants il y en a 15 de la circonscription de Liège.

CLASSES XLI et XLII

Page 1