CONDIMENTS ET STIMULANTS ; SUCRES ET PRODUITS
de la confiserie. — La classe LXXIV est plus riche que les précédentes en matières exposées : mais les chicorées variées, en grains et en poudre, de MM. Ameye, Capon, Cassiers, David, de Bonne, Lanckman et Vantieghem, les moutardes extrafines et bruxelloises de MM. Vandendaele et Olemans, semblent flatter les goûts des visiteurs beaucoup moins vivement que les sirops de fruits de M. Van Opkem, le sucre-candi de MM. Bracq, de Meulemeester et Vercruysse, et les chocolats de MM. Borry, Delacre. de Lannoy et Joveneau. L’exposition de M. Joveneau fait connaître les détails complets de la fabrication du chocolat : les
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matières premières, les diverses manipulations qu’elles subissent et les résultats obtenus.
boissons FERMENTÉES. — Cette dernière classe du VIIe groupe n’en est pas la moins importante. El ^comprend les produits de deux grandes industries : la brasserie et la distillerie.
La légende attribue l’invention de la bière à Gambrinus, roi de Flandre, duc de Brabant, et il est très-probable que ce Gambrinus n’est autre que Jean Ier, duc de Brabant de 1201 à 1294. Nous ne discuterons pas cette origine , mais nous rappellerons que les peuples belges, au temps de l'invasion romaine, fabriquaient déjà avec 1 orge une boisson fermentée, et que, beaucoup plus tard, au moyen âge, les corporations des brasseurs eurent un rôle prépondérant dans plusieurs centres principaux, tels que Bruges, Malines et Louvain. Aujourd’hui la brasserie belge occupe près de sept mille ouvriers et procure de grandes ressources au trésor : car, les droits d’accise sur la bière donnent une recette d’environ 15 millions de francs. Les différentes bières belges tirent leurs noms de leurs diverses nuances : on distingue les blanches , les brunes et les jaunes. Bien qu on leur applique l’appellation commune de bières d'orge, elles ne sont pas seulement brassées avec de 1 orge, mais elles admettent parmi leurs éléments constitutifs autant de froment cru que d’orge germée. Les plus estimées sont celles que fabrique le Brabant, à Bruxelles, Louvain, Diest, Hougaerde. Les Flandres
et les provinces d’Anvers et de Limbourg en font aussi une grande fabrication. Plusieurs brasseries, entre autres celles de Louvain et de Diest, ont entrepris avec succès le commerce d’exportation, et quelques-unes même ont fabriqué, en même temps que les bières du pays, les espèces les plus renommées des pays étrangers. Nous voyons, par exemple, à l’Exposition, les produits de M. de Ramaix, d’Anvers, qui sont une imitation de la fine ale d’Écosse.
Les autres bières exposées viennent de Louvain, de Binant, de Bruges, de Malines, de Verviers, de Gand, de La Louvière, de Turnhout, de Saint- Amand-lez-Fleurus, de Shaerbeek, et de Hensies (Hainaut).
A côté de ces produits des exposants brasseurs, figurent, dans la classe lxxv, en plus grand nombre encore, tous ceux des exposants distillateurs. Là se trouvent non-seulement les alcools, les eaux-de-vie de grains, les amers et les genièvres si réputés de Hasselt , mais les anisettes belles, les curacaos, les élixirs dits de Bruxelles, de Malines, d’Anvers, de Chaudfontaine, et il nous a semblé que, si les visiteurs examinent avec un certain air de satisfaction ces séries de bouteilles dont le contenu brille àla lumière, plus d’une dame aussi, sans oser s’y arrêter trop ostensiblement, jette un regard, qui n’est pas trop dédaigneux, sur les crèmes de menthe, de noyau, de cassis, de cacao, de vanille, etc.
a l’exposition de 1878. 341
D’après le travail de la statistique agricole, publié en 1850 par le ministère de l’intérieur, la Belgique possédait, à cette époque, 001 distilleries. Celles-ci mettaient en fabrication 3,550,000 hectolitres de matière brute (seigle, orge, avoine) ; elles donnaient du travail à environ 2,000 ouvriers , et produisaient à peu près, chaque année, 200,000 hectolitres d’eau-de-vie à cinquante degrés, tout en fournissant aux éleveurs une masse de résidus qui servaient à l’engraissage de 14,000 bêtes bovines, du poids de 350 kilogrammes par tète. Loin de péricliter, cette industrie, depuis 1850, n a fait que progresser; la production générale s est nonseulement sensiblement accrue, mais encore améliorée.
VIIIe et IXe GROUPES
Agriculture et Horticulture.