CLASSES LXXVI-XC
Il n’y a pas en Belgique de ministère particulier pour l’agriculture : toutes les affaires qui la concernent, ressortissent au ministère do l’intérieur et sont étudiées par un conseil supérieur, des commissions provinciales, des comités agricoles et des sociétés ou sections de sociétés agréées par le gouvernement.
Le royaume est partagé en 118 districts agricoles dans chacun desquels il y. a un comité ou une section d’agriculture agréée. Ces comités, dans la plupart des provinces, pour donner plus d’ensemble et d’utilité à leurs travaux, se sont constitués en associations qui publient et distribuent à tous leurs membres des journaux hebdomadaires. Chaque district présente annuellement t une liste de deux candidats dont l’un est nommé par le roi membre de la commission provinciale.
LA BELGIQUE A l/EXPOSITION DE 1873.
La commission provinciale est donc composée d’autant de membres qu’il y a de districts dans la province ; elle compte en outre un médecin vétérinaire et un secrétaire. Son rôle est de poursuivre par tous les moyens l’amélioration et le progrès de l’industrie agricole dans sa circonscription. Elle adresse, chaque année , avant la fin du mois de février, au gouverneur provincial un rapport sur l’état de l’agriculture, sur les produits de la dernière récolte, sur les résultats do 1 execution des lois et règlements. Elle émet des vœux et tait des propositions que le gouvernement fait examiner par le conseil supérieur.
Celui-ci donne son avis sur toutes les affaires qui lui sont soumises. Il se compose de dix-huit délégués des commissions provinciales (deux par commission) et de neuf membres au maximum, nommés par le roi on dehors de ces colleges.
C’est là, on le voit, une vaste organisation qui contribue beaucoup à mettre de l’unité dans les efforts tentés en tous lieux pour atteindre les meilleurs résultats possible. L'ensemble des sociétés agréées ne compte pas moins de 17,000 membres.
Il existe d’ailleurs beaucoup d’autres sociétés libres qui s’occupent aussi d’agriculture.
L’horticulture possède également un grand nombre de sociétés spéciales. Il y en a environ cinquante dont vingt-cinq au moins forment une fédération qui rend les plus grands services. Les délégués de ces associations, en se réunissant régu-
LA BHLUIQUli
lièrement, composent une espèce d’académie dont la mission principale est de former un centre où aboutissent les lumières acquises, pour être ensuite disséminées par des publications périodiques. La fédération arrête annuellement un programme de questions relatives à rhorticulture et à la botanique horticole ; elle récompense les mémoires qui en sont dignes et se charge de les publier.
Pendant que toutes ces associations unissent leurs recherches et leurs travaux pour perfectionner les procédés de' culture et faire progresser la science de l’économie rurale , des écoles, fondées aux frais de l’État ou avec son concours, répandent dans tous les rangs la connaissance des meilleures méthodes et des découvertes les plus récentes. L’Écolede médecine vétérinaire , établie à Cureghemlez-Bruxelles, est un internat où les études durent quatre années. L'Institut agricole de Gembloux, où la durée des études est de trois ans, comprend une ferme de soixante hectares pour l’enseignement pratique. Il y a, depuis l’arrêté royal du 29 septembre 1860, une École 'pratique d'horticulture et d' arboriculture à Vilvorde, et depuis l’arrêté du 8 août 1872, une École théorique et pratique d'horticulture à Gand. Tournai possède aussi une Ecole d' arboriculture et d'horticulture , établie par la commune, avec le concours de l’État, de la province et de la Société d’horticulture de cette ville. Enfin la loi sur l’enseignement agricole stipule que des conférences publiques peuvent être organisées
A hEXl'OSltlON DU 1878.
pour traiter toutes les matières relatives à 1 agriculture, l’horticulture , l’arboriculture fruitière et forestière, la botanique, la zootechnie, la maiéchalerie, et ces conférences sont établies aujoui d’hui dans plus de cent cinquante localités.
Le succès des sociétés et de l’enseignement agricole ne paraîtra pas étonnant, si l’on considère combien le sol est morcelé et combien sont nombreuses en Belgique les personnes directement intéressées à la prospérité de 1 agriculture. Les tableaux statistiques de 18(36 nous montrent qu’il y avait, au dernier recensement, 744,607 exploitations rurales que faisaient valoir 320,671 propriétaires et 423,036 locataires. Voici comment ces exploitations étaient classées d après leur impôt - , tance :