‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 94 sur 107 · NOMBRE D’EXPLOITATIONS · texte numérisé non relu

NOMBRE D’EXPLOITATIONS

Par les Par des

propriétaires. locataires.

De 50 ares et moins. .

De 51 ares à 2 hectares .

De 2 à 5 hectares . . .

De 5 à 29 hectares. . .

De 20 à 40 hectares . .

De 40 hectares et plus. .

Total. .

L 'étendue exploitée à titre de propriété et en location se subdivisait comme il suit .

Hectares. •

A litre de propriété .

En location .

3i(j LA. BELGIQUE

La valeur vénale des terres avait augmenté à peu près d’un tiers dans la dernière période décennale. Le prix moyen de l’hectare qui, en 1856, était de 3,171 francs, s'était élevé à4,173 francs, et la location qui, en 1856, coûtait 82 francs par hectare, avait été portée jusqu’à 108 francs. Il en résultait que le total ci-dessus des exploitations qui, en 1856, ne pouvait être estimé 8 milliards et demi, valait, dix ans après, plus de 11 milliards.

Pour se rendre un compte exact des richesses rurales de la Belgique, il faut encore ajouter à la valeur exceptionnelle de ses terres celle des animaux qu’elle nourrit.

chevaux, anes, mulets. (Classe LXXVII.) — La population chevaline n’a jamais été beaucoup plus importante que dans ces dernières années. Le nombre de têtes s’élève environ à 280,000, dont 77,000 pour la contrée montueuse ou orientale , et 203,000 pour la contrée de l’ouest ou des plaines. Le cheval flamand est le type de cette dernière; malgré ses formes lourdes, grâce à son port de tête et à l’allongement des principales lignes du tronc, il est rangé parmi les plus élégants chevaux de gros trait. Le cheval brabançon qui n’est qu’une variété de la race flamande, est plus ramassé, plus trapu et plus lourd que le cheval flamand proprement dit. Les chevaux du Hainaut , de la Hesbaye et de la province de Namur servent de transition entre les précédents et ceux du Condroz et de

K l'exposition PE 1878.

l’Ardenne. C’est le cheval arclennais, qui est le type caractéristique de la contrée montueuse ; il est d’une résistance à toute épreuve, mais malgré ses qualités, il ne convient qu’au service du trait léger. Le cheval du Candroz qu’on désigne sous le nom de double ardennais, est aussi un excellent cheval de trait léger.

Les ânes et surtout les mulets sont peu nombreux,- le total des deux espèces est d’environ 12,000 têtes, réparties pour la plupart dans le Hainaut et dans la Flandre occidentale.

espèce bovine. (Classe lxxviii.) — La race bovine tient la première place dans les exploitations agricoles pour l’importance du rendement ; aussi n’est-il pas étonnant que les spéculations des éleveurs belges se portent de préférence sur elle. Les chiffres des recensements opérés depuis 1825 montrent que la population bovine s’est toujours accrue : elle était, en 1825, de 882, 934 têtes ; en 1846, de 1,203,891 ; elle est maintenant de 1,241,000, dont 305,000 pour la contrée montueuse et 936,000 pour la région des plaines. Celle-ci possède une race qui sert de transition entre la race hollandaise et la race flamande; mais la rive droite de la Meuse en présente une parfaitement caractérisée et autochthone, la race ardennaise. Dans ce bétail, il y a 738,732 vaches, qui, par un rendement moyen de 5 litres par jour et par tète, donnent une production quoditienne de 3,093,060

LA BliLtjlyUli

litres de lait. Celles du pays de Hervo surtout sont remarquables par leur aptitude laitière ; leur lait donne un fromage qui est estimé à l’étranger sous le nom de fromage de Lim bourg et un beurre qui ne le cède en qualité ni à celui de Dixmude ni à ceux d’Anderlecht et de la Campine.

A l’exposition des animaux de l’espèce bovine, la Belgique a présenté plus de soixante lots de mâles et de femelles, d’âges différents, depuis un an jusqu’à sept ou huit ans.

moutons et chèvres. (Classe lxxix.) — La race ovine, pour son importance agricole, prend place immédiatement après la race bovine. Si le bœuf donne la viande et le cuir en grandes quantités, le mouton donne en plus la laine qui fait l’objet d’un si grand nombre d’opérations industrielles. Il est vrai que la Belgique n’a jamais produit de laines fines ; les toisons de ses moutons indigènes, dont la récolte annuelle est de 1,200,000 kilogrammes, ne peuvent servir qu’à la fabrication d’étoffes communes. Peut-être est-ce là le motif qui a fait négliger un peu l’élevage des moutons. La production ovine, en effet, a sensiblement diminué depuis une quarantaine d’années ; elle ne suffit pas, pour la consommation de la viande, aux besoins du. pays, qui nécessitent annuellement un excédant des importations sur les exportations d’environ 55,000 têtes.

La chèvre n’a pas à remplir dans l’agriculture

a l’exposition de 1878. • 3fvv

un rôle aussi considérable que les animaux précédents, mais on l’a appelée avec raison la vache du pauvre, elle produit un lait nutritif et fournit une peau de bonne qualité. La production de la race caprine n’est donc pas à dédaigner, et les Belges y donnent leurs soins. Le nombre de leurs chèvres est au moins de 170,000 pouvant fournir 45,000,000 de litres de lait par an.

porcs et lapins. (Classe lxxx.) — La Belgique est un des pays de l’Europequiélèventleplus grand nombre de porcs. La population porcine croît constamment : elle était, en 1840; de 421, 206 et en 1856, de 458, 418 ; elle est maintenant de 632,000 et fournit près de 25 millions de kilogrammes de viande par an. Elle donne lieu à un commerce d’exportations très-régulier : les Belges exportent en moyenne, chaque année, 60,000 porcs en plus qu'ils n’en reçoivent des pays voisins.

Le lapin procure aussi de beaux revenus ; les Flandres surtout trouvent dans l’élevage de la race cuniculaire un bénéfice dont le lecteur pourra se faire une idée, lorsqu’il saura que Londres reçoit, chaque semaine, 300,000 lapins du seul marché d’Ostende.

oiseaux de basse-cour. (Classe lxxxi.) — Nous ne pouvons énumérer ici les diverses espèces d’oiseaux de basse-cour que possèdent les fermes belges, dont un assez grand nombre se t.rou-

BELGiyUE.

vaient représentées dans les trente-trois lots de la classe lxxxi. Il nous suffira de dire que le dernier recensement, dans lequel on n’a pas dédaigné de porter les volailles, estimait qu’il pouvait y en avoir dans le royaume près de quatre millions et demi. Nous savons d’ailleurs que la Belgique exporte annuellement à peu près 17 millions d’œufs en plus qu’elle n’en importe.

chiens. (Classe lxxxii.) — Les chiens ont leur utilité dans les exploitations rurales pour la conduite des troupeaux, pour la garde des fermes et pour la chasse du gibier. Outre les diverses espèces de chiens de bergeines, de chiens de garde, de bouledogues et de terriers, les fermiers et propriétaires belges ont de très-bons chiens de chasse à courre et de chasse à l’arrêt. Ce n’est pas que la chasse à courre soit très-pratiquée : le cerf ne se rencontre plus que de loin en loin dans les forêts du Luxembourg, et les quelques excellentes meutes qu’on cite dans le royaume sont spécialement dressees pour la poursuite du renard et du lièvre. Ce dernier animal peut être chassé aussi au lévrier, mais l’impôt élevé auquel est soumise cette espèce de chiens fait qu’on ne l’emploie pas souvent. La chasse en plaine, au chien d’arrêt, est la plus répandue de toutes ; on emploie les races les plus diverses : d’abord, les variétés anglaises et principalement le pointer et le setter, puis les chiens croisés de race anglaise mélangée avec les an-

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ciennes races du pays, et enfin les espèces autochthones comme les griffons à poil rude ou à poil doux.

insectes (Classe lxxxiii ) — Les insectes fournissant matière à l’industrie agricole existent à peine en Belgique L’éducation des vers à soie, comme nous l’avons vu précédemment, y a été essayée plusieurs fois sans succès, et l’on peut dire que l’apiculture, bien qu’elle soit assez rémunératrice, y est plus négligée que dans les autres • pays de l’Europe.

POISSONS, CRUSTACÉS, MOLLUSQUES. (Classe LXXX1V.) — La pisciculture est une science encore si nouvelle qu’elle a besoin d’essais nombreux et d’études approfondies. Les Belges s’en occuperont certainement avec le soin qu’ils ont mis à travailler une foule d’autres sciences ; ils y sont intéressés, d’ailleurs, à cause des ressources abondantes que présentent les côtes et les fleuves de leur pays. Tout le monde connaît les excellentes huîtres dont Ostende fait le commerce, et les écrevisses qui abondent dans la Meuse. Quant aux poissons de mer et de rivières que la Belgique tient à sa disposition, la liste en est si longue que M. Van Bcneden, professeur à l’université de Louvain, qui l’a dressée avec un soin scrupuleux, en a rempli une vingtaine de pages in-S». Nous renvoyons nécessairement à ce consciencieux travail ceux de

;l5i I.A BELGIQUE

nos lecteurs qui voudraient acquérir sur ce point des notions spéciales?.

FLEURS ET PLANTES D’ORNEMENT. — L’examen

des richesses agricoles et rurales d’un pays ne serait pas complet si l’on ne faisait en même temps celui des produits horticoles.

L’horticulture forme à l’Exposition, le neuvième et dernier groupe qui comprend six classes : la classe lxxxv, intitulée Serres et matériel d’horticul- , tare; la classe lxxxvi, Fleurs et plantes d'ornement ; la classe lxxxvii, Plantes potagères; la classe lxxxviii, Fruits et arbres fruitiers; la classe lxxxix. Graines et plantes d'essences forestières ; et la classe xc, Plantes de serre. La plupart des matières indiquées par les titres de ces diverses classes ont été déjà traitées par nous dans le cours de ce volume ; nous avons parlé des arbres forestiers en rendant compte de la classe xuv (produits des exploitations et des industries forestières) ; nous avons énuméré les plantes potagères et les fruits lorsque nous avons décrit le septième groupe (produits alimentaires) ; il ne nous reste donc plus à dire ici que quelques mots sur les serres et sur la culture des fleurs et des plantes d’ornement.

Les efforts des sociétés, leurs publications scientifiques, les exhibitions organisées par elles dans la plupart des villes du royaume, ont grandement contribué aux progrès remarquables et continus accomplis depuis un certain nombre d’années dans l’horticulture florale et ornementale.

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