A L'EXPOSITION DE
La ville de Garni qui se plaça, dès l'origine, à la tète des villes horticoles, ne réussissait encore, en 1832 et 1833, qu’à présenter, dans ses expositions annuelles, 1,300 et 1,500 plantes. En 1834, elle en réunit 3,000, et, trois ans plus tard, lors de l’inauguration des salles du Casino, elle en montra jusqu’à 5,000. Depuis cette époque, non-seulement le nornbre des produits exposés dans les grandes fêtes horticoles du pays alla toujours s’accroissant, mais la variété des espèces se multiplia, les collections furent plus riches, Inculture devint plus puissante. On vit paraître successivement les tulipes de Tournai, les auricules liégeoises, les œillets flamands et ceuxde Verviers, les roses de Mons et d’Enghien. Puis, des semeurs distingués s’appliquèrent à des spécialités; il y eut les azalées hybrides de M. Mortier, les pivoines herbacées de M. Jos. Parmentier, les phlox de M. Rodigas, les pyrèthres de M. Bedinghaus, les Fuschsia de MM. Cornelissen et Coene, les Camel/ia, les Azalea indien , les Rhododendrons de MM. Defresne, Vervaene, Verschaflelt, les alstrœmères du Chili, les calcéolaires, les amaryllis, et une foule de magnifiques inventions du plus célèbre de tous les semeurs belges, M. Van Houtte. Une active et féconde émulation stimula les établissements considérables fondés à Gand , à Liège, à Enghien, à Anvers, à Bruxelles. Les Van Houtte et les Verschaflelt de Gand, les Jacob-Makoi de Liège, les Linden de Bruxelles donnèrent une extension imprévue au
commerce des fleurs et des plantes d’ornement. On ne se fait guère une idée généralement de ces e-randes maisons horticoles dont l’une fut dernière-
ment achetée au prix d’un demi-million. « Là, dit M. de Puydt, secrétaire de la Société royale d’horticulture de Mons, ce n’est pas une serre ou deux qui peuvent suffire, mais vingt, trente, quarante, dont chacune est plus vaste que pas une d’autrefois. Les plantes s’y pressent et s’y disputent l’espace, non-seulement celles de vente courante, Camellia, Azalea, Pélargonium, etc. ; mais les raretés de prix, les merveilles les plus enviées. » Telle plante, qui n’était pas encore connue il y a quarante ans, se trouve représentée aujourd’hui dans certaines serres par plus de 1,200 espèces et par plus de quinze mille exemplaires, dont le prix moyen varie entre dix et cent francs, et dont quelques-uns, destinés aux expositions, valent isolément jusqu’à un millier de francs. Beaucoup de ces produits se vendent à l’intérieur du pays; mais beaucoup aussi sont demandés à l’étranger. Il est actuellement peu de contrées qui 11e soient tributaires des serres belges; l’Angleterre, la Russie, l’Amérique elle-même viennent s’y approvisionner, et l’on resterait sans doute au-dessous de la vérité en évaluant les exportations de ce genre à cinq millions de francs.
Avec les groupes vin et ix, que nous venons d’examiner, se termine la revue générale de la
a l’exposition de 1878.
section belge à l’Exposition de 1878. Après avoir ainsi étudié tour à tour les beaux-arts, l'enseignement et chacune des industries du royaume, nous croyons qu’il n’est pas inutile de compléter ce travail en y ajoutant un dernier chapitre (1) sur la législation qui régit en Belgique la propriété industrielle ainsi que la propriété littéraire et artistique.
(l) Ce chapitre complémentaire a été rédigé pour nous par M. Ch. Fliniaux, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation. M. Fliniaux en a rédigé un semblable pour chacun des volumes de notre collection, et tous ces chapitres spéciaux à chaque pays, précédés d’un travail particulier sur la législation française , ont été réunis en un volume intitulé : l.'i propriété industrielle et la propriété littéraire cl artistique en France cl à l’Etranger.