‹ La Belgique et la HollandeChapitre 10 sur 73 · D'Aiz-la-Ch^telIe à Li · texte numérisé non relu

D'Aiz-la-Ch^telIe à Li

Le Toyageur en destination d^Ançleterre doit ^irt cireonspect relative» ment à la route pour laquelle il a pris son billet et bien examiner si ce dernier porte Oitettde ou Cakus.

La visite douanière à Verviers (p. 26) prend ordinairement plua d'une demi-heure. Au retour, on «'arrête à la station-frontière de Herbesthaï pour la visite du menu bagage, quant à l'autre, elle ne se fsit qu*aii lieu de destination (Aiz ou Cologne). l!< otea que les eoqnillagei sont eounitf aux droits.

Chemin de fer de la Société Bhénane jusqu'à Verviers. Durée du

&ar cours d'Aix à Verviers, train esepreu^ 10 à SO min., train ordinaire ) à 60 min. ; arrêt à Verviers , pour la visite doii«nièKe , dO min. De Verviers à Liège, 35 ou 60 min., donc en tout 21/4 ou 21/2 heures. Prix d'Aix à Verviers , 6 fr. 7 c. ou 8 fr. 62 c. , de Verviers k Liège , train express 2 fr. 80 c. et 2 fr. , train ordinaire 2 fr. , 1 fr. dO e. et 1 fr. 6 cent. La voie ferrée, qui depais 1842 relie le Bhin à TEscaut pour faire d'Anvers un port de mer presque essentiellement germanique, représente, d'Aix-la-Gbapelle à Liëge, surtout à partir de la frontière belge, un des plus gigantesques travaux d'architecture des temps passés et modernes. La contrée n*est, à partir de la frontière, qu'une alternative continuelle de montagnes escarpées et de profondes vallées. A tout instant le lit sinueux de la Vesdre, petite rivière qui roule capricieusement ses eaux entre des rochers d'une riche végétation, vient s'opposer à la voie. Celle-ci poursuit imperturbablement son tracé, sans changer son niveau, tantôt à droite tantôt à gauche de la rivière, traversant ici un pont, là une tranchée, ici lin remblai, là des rocs qui semblent percéîs à l'aiguille pour lui donner passage. Le nombre des tunnels qui ont dû être creusés depuis la Meuse Jusqu^à la frontière de Prusse (40 kilom. ou 8 lieues), dans un grès calcaire bleu, souvent veiné de marbre, d'une résistance considérable, s'élève à 19 1 aussi les frais de premier établissement ont-ils dépassa 25 millions de francs. Toute la vallée de la Vesdre est animée par une infinité d'établissements industriels, de maisons de campagne et de Jardins d'agrément. Au sortir de chaque tunnel lé paysage prend un aspect nouveau, tantôt sombre et' sauvage, tantôt gracieux et riant.

Le convoi quitte lentement la station d Aix pour gravir au moyen d'une puissante machine la hauteur qui conduit à la station de Sonheide. A gauche, on aperçoit les deux tours du Bodenhoff campagne de M. Nfitten' d'Aix-la-Chapelle. Arrivé au haut du plateau, le convoi s'engage d'abord dans un tunnel de 691 mètres (^Aaehener Bwchf parcours 2 min.), puis dans un antre de 158 m. A droite se dessine le village à'Hergenrad, et plus au fond, sur le versant d'une colline boistfe, le château à'Ekhtèowg ou Emmabourg, ancienne résidence de Charlemagne, où se nouèrent, selon la légende, les liens amoureux entre Emma, fille de l'empereur, et son secrétaire Eglnhard.

HERBBSTHAL. L BùuU. 25

Près de ces rvines, sur là frontière, s^étend svr une longueur d^uiie lieue et sur une lergeur d'un quart de lieue le „ terrain neutre^ de ^orenut, sur la possession duquel les diplomates charge de la fixation des frontières ne purent s'entendre. Le bourgmestre de l'endroit est le souverain de ce petit pays, qui paie ses impôts à la fois à la Prusse et à la Belgique. Sur ce territoire se trouve une mine de calamiBe du plus grand rapport, appelée Attatberg ou VieUlfMontagne.

Le train franchit ensuite le viaduc de la OueuUy jeté, à une * hauteur de 36 V» m*) sur une vallée étroite arrosée par la Gueule f

il est soutena par 17 ardiea à deux étages et a une longueur de 204 mètres. A droite est le viBage de LonUtn et le château de Wetkemhauêm. dont le prévôt d'Aix-la-Chapelle recevait, avant la révolution française, alternativement l'investiture des rois -éé Prusse et des électeurs du Palatinat, en leur qualité d'héritiers de l'ancien duché de Juliers.

vLa station suivante est Auenei, puis Herbeithnl, dernier village prussien. A partir d'ici des douaniers belges accompagnent le convoi jusqu'à Yerviers.

Le pon^ de beis qui traverse la grand'route, un peu au delà d'Herbesthal, démarque la frontière ; sur le côté E. on voit l'aigle prussienne, à VO. le lion belge. La langue et la race des habitants changent tou^-coup ; nous sommes en pays wallon. Au débouché d'un remblai la vue s'étend à gauche sur un verdoyant payaage. Au fond de la vallée de la Veadre nous voyons pitto^ resquement couchées les maisons de Dolhain, village de date nouvelle, étabU sur l'emplacement qu'occupait jadis la partie basse de la ville de Limbemrg. Sur la hauteur s'élève, perché sur un rocher, l'ancien château de Limbourg, qui, avec quelques maisons, est tout ce que le temps a laissé debout de Tsucienne capitale des ducs de Limbourg, laquelle, avec sa cathédrale et cmq autres églises, avec ses fortifications et son pont en pierre, occupait j^dis le fond de la vallée de Dolhain. Louis XIY la détruisit de fond en comble en 1675. Le château, berceau de cette illustre maison de Limbourg d'où sortirent les comtes de Luxembourg et les empereurs d'Allemagne Henri YII, CSiarles IV, Wenceslas et Sigisniond, ne se compose plus que des tronçons de deux tours et de quelques dans de mur. L'église de Saint- I George f d'ancienne construction gothique, a été restaurée tout

î récemment à la suite d'an incendie qui en c<msuma l'intérieur en

> 1S34. Les anciens piliers sont restés intacts, ainsi qu'un fort

beau tabernacle et le tombeau de la princesse Marie-Eléonore de Bade (f 167*2), épouse de François-Jean-Désiré de Nassau, „çnr bemalor Umburgenêù" au service de l'Espagne, qui rendit la place aux Françaifi en 1675. La vue dont on jouit de ce rocher sur la vallée et sur le pont de la Yesdre est certainement belle, mais elle ne luifira pas pour déterminer les voyageurs à inter-

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rompre leur voyage. Toutefois les amateurs tl*exearsionBptfdestres ne pourraient choisir mieux pour satisfûre leur goût, que le chemin qui conduit de Dolhain à Liège par Verriers^ 6 à 10 heures de marche. La voie ferrie, la rivière et la grande route se croisent continuellemeat. De Dolhain à Verviers (8 kilomètres) le chemin de fer traverse plusieurs ponts et 7 tunnels. Passe Dolhain, à dr., dans le fond, est un haut-fourneau.

Avant d'arriver à VervierS) le chemin de fer passe devant plusieurs ètahllssements industriels. On descend de voiture pour passer la visite douanière dans la salle réservée à cet effet. 50 cigares ne paient pas de droits, mais il faut les déclarer; une caisse de 100 coûte environ 1 fr. 50 c. de droits d'entrée. Dans la salle d'attente on trouve un „buffeê-rettauirani tariff pas trop cher (beefeteak aux pommes 1 fr. , demi-bouteille de Bor* deaux 1 fr. Vô cent., café ou thé avec du beurre et du piin 75 c). Le voyageur achètera ici, pour 20 cent., le Guide offh eiel des voyagetârs aur tous lê8 cheminé de fer de Belgique (les départs des bateaux à vapeur y sont également indiqués), paraissant tous les mois (p. b).

Yenriert {Hôtel du Chemin de fer, près de la station, ch. IV2 à 2 fir., d. à 1 h. 2 fr., déj. 1 fir.; Hôtel des Paya-BaSy en ville) est une ville de 28,691 hab., et a un aspect tout à fait moderne. Elle se compose presque exclusivement de manufactures, de mai-* sons de fabricants et d'habitations d'ouvriers^ La fabrication • de draps n'y a été^ introduite qu'au 18^ siècle et déjà le chiffire de production, pour l'arrondissement de Verviers, se monte à 350,000 pièces par an, représentant une valeur de 80 mlUions de francs. Les principaux fabricants {BMiey,- SimoniSj etc.) ont leurs dépôts, en Italie; l'exportation en Amérique prend également des proportions toujours croissantes. L'armée belge est vêtue en drap fabriqué à Verviers. On prétend que l'eau de la Vesdre possède une vertu particulièrement favorable à la teinture de la laine.

En venant de la station pour entrer en ville, on aperçoit à dr. le bâtiment à péristyle de la société de V Harmonie] à g., sur une fontaine, le buste de Napoléon i^ avec la légende „lô août 1^37", qui est la date de l'inauguration. Ce buste est un souvenir de reconnaissance envers le prince,- sous le gouvernement duquel Verviers a jeté les fondements de sa prospérité actuelle. L'igUse des RéeoUets, la première à gauche, n'offre rien de remarquable. Celle de StrEemaeU, à l'£. de la ville, construite il y a une xingtatne d'années aux frais des fabricants, possède,, dans le chœur, des peintures murales exécutées par J. Bellemans d'Anvers et représentant le Christ entouré d'anges et les quatre évangélistes. A côté se trouve un pavillon en forme de rhapelle gothique. VhôtOrde'^iile, sur la place du Marché, porte l'inscription: „PttblieiU sauvegarde du peuple.^ Dans le voisinage, le nouveau théâtre.

Pendant les heures de travail la physionomie de la ville est

hLi^e. CHAUDFONTAINE. I. Rmttt. Î7

oit ne peut plus calme. Mais celui qui voudrait se faire une idée de la population hâve* et amaigrie qui peuple ces fabriques, n'a qu*à se rendre dans le quartier £. de la ville pendant les Heures de récréation, le matin de 8 Va î» 9 h., ou entre midi et V h. Les rues alors sont obstruées à tel point qu'on a peine à «tancer. Au coup de 9 h. ou de 2 heures ces essaims d'ouvriers disparaissent en un instant pour aller reprendre leur ouvrage.

A peine le convoi a-t-il- quitté la station de Verviers, qu'il s'engage dans un tunnel, et aussitôt nous voyons à dr. et presque Ir nos pieds le village d'Bnaiyal, devenu pour ainsi dire un fan* bourg de Verviers: La station suivante est Pépxnster. Ce vil- Tage tiré, prétend-t-on , son nom de Pépin, majordome des rois francs. C'est ici que s'embranche le chemin de fer de Spa (p. V8).

Après avoir traversé le tunnel de Pépinster, on voit à g., sur la pente d*une charmante colline, un château gothique avec une chapelle et d'autres dépendances d'un aspect fort coquet. Un pont suspendu, dont les piliers sont ornés de petits lions en guise de blasons, conduit à cette fantaisie architectonique. Ce château, appelé le château des Masures^ a été élevé par un riche fabricant de Verviers, M' Raymond de Biolley, sénateur du royaume, créé vicomte par le roi Léopold, en récompense de ses services publics, peu de temps avant sa mort (1846). Le manoir des Masures est situé, selon les historiens, sur l'emplacement d'une résidence de chasse de Pépin-Ie-Bref, père de Charlemagne. Audessus du tunnel qui suit, s'élève une ruine artifîcielle.

Quatre tunnels et sept ponts encore, et nous sommes à la station de HeMOnvanx. A g. on aperçoit le château de Frah pont. Nous traversons 2 aiutres tunnels et 4 ponts jetés sur la Vesdre, pour arriver au Troos. . Immédiatement à g. de la voie, mais se présentant plus complètement aux voyageurs venant de la direction opposée, se trouve le vieux château seigneurial du même nom, adossé avec ses tourelles contre les rochers qui bordent la vue. C'est dans ce manoir que se trouve une fonderie «ppartenant à la famille Malherbe de Liège, un des noms les plus connus en Belgique en matière d'industrie armurière. Au delà d'un nouveau tunnel, on voit à dr. sur la hauteur le joli château de La Rochette, appartenant â M. Orisar de Liège.

Le revêtement extérieur du tunnel de Chaudfontaine, où nous allons entrer, ressemble au mur crénelé d'une fortification. ChandfOBtBine (Qrand Hôiel du Bains; Hôtel d^ Angleterre) est nne petite ville de bains, principalement ^équentée par les Liégeois. Les eaux thermales (32 0), dont elle tire son nom, ont leur source sur une île de la Vesdre et sont conduites dans les hôtels au moyen d'une grande roue hydraulique, mue par la rivière. Celleci est traversée par un beau pont suspendu. Kn 1862 on y a construit une maison de conversation.

A dr. de la voie, au-delà de Chaudfontaine, nous pasgona de-

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vant le village de Vaux-iouêr-ChivremonU Le cliàtelet aux fût» de girouette en spirale est habité par un meunier. Le village de Cliènée, remarquable par son activité industrielle, est situé au confluent de YOurihe (que traverse la voie) et de la Veêdr^* Nous voyons s'étendre le long de la route les vastes établissements, fonderies et laminoirs de zinc, de la société àp la VieiiUr MorUagnt (p. 25), d'où s'écbappent des flammes pales et bleuâtres, si funestes à la végétation des alentouis.

Après avoir croisé le tronçon de chemin de fer qui va rejoindre près de Flémalle le chemin de fer de Liège à Namur (rive gauche de la Meuse, v. B. 27), nous franchissons la Meuse sur le beau pont du Vat'BenoU. Ce pont, d'une architecture à la fois simple et hardie, a 147 m. de long sur 15 m. de large, et se compose de 5 arches de 30 m. d'ouverture. Le tablier est assez large pour donner passage à la fois à deux convois, aux voitures ordinaires et aux piétons. Aux angles du pont s'élèvent quatre élégants pavillons. A perte de vue l'on voit d'ici les files de maisons de Liège se dérouler sur les deux rives du fleuve, et les centaines de cheminées qui les dominent annoncent de loin la puissante activité de ses habitants. VigUanieê, voir p. 31. La station des QuiUeminSj où le convoi s'arrête, est à 25 min. des hôtels.

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