Spa
Chemin de fer de Péplnster k8pa(p.27). Durée du parcours V2 h. Prix du billet, 1 fr. 80, 1 fr. a6 et 90 cent. Les impériale» ne sont recommandables que lorsque ie temps est beau et qu'il n y a pas de vent. Train-express de Bruxelles à Spa et retour sans changement de voiture.
SAtaiB. Hôtel d''0 range, bonne table d'bdte (partout à 4 h.) pour 41^ fr. sans vin; Hôtel de Flandre, des Pays-Bas, de Bellevue», d'xork, et autres de moindre importanee. — Hôtel des Etrangers, bonne maison.
Oafts-BaataotaAta. Café de la Redoute (p. 2B)) Café de Paris et Rocher de Caaeale, tons les deux sur la Promenade de Sept- Heures (p. 30).
Ghevauz de louage. Les excursions dans les environs de Spa, même aux sources voisines, se font habituellement sur de petits chevaux ardcn> nais ou dans de petites voitures (Américaines) , qui ne font jamais défaut quelle que soit Taffluence des étrangers. Celui qui compte faire un séjour prolongé à Spa, fera bien de louer une de ces montures ou un de ces véhicules pour toute la durée de son séjour et de s'entendre sur le prix à ravance. On paie 5 fr. pour une course à cheval , 6 fr. pour une «ourse en voilure dans les environs. Ces petits dievaux ont le pas aussi sûr que les ânes ou les mulets. En 3 heures de temps on fait facilement le tour de tontes les sources.
La vallée de la Hoëgnt , \ travers laquelle le chemin de fér a dû être conduit en partie au moyen de profondes tranchées, est bordée des deux côtés de collines boisées. De vastes fabriquée, de coquettes villas, de gracieux jardins, de riants vergers se suc» cèdent tout le long du parcours. Près de la station de JuêUnviUe on remarque la campagne de M. Le|eune de Yerviers, habi* tée jadis par la reine Hortense Beauhamais (f 1837), mère de p«aiQpereiir Napoléon III. La chapelle qui domine la voie sur un
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xochei é\&vé et couvert de taillis, est une dépendance de cette campagne.
. .Thenz, jadis chef-lieu du marquisat de Francbimont, n'est aujourd'hui qu'un hourg fort peu anim^ (3811 hab.). C'est de Theux que sortirent, le 29 oct 1468, 600 Franchtmontoia pour pénétrer dans le camp de Charles-le-Téméraire de Bourgogne et de Louis XI, roi de France, qui assiégeaient alors la ville de Liège avec une force de 40,000 hommes, et pour délivrer la cité menacée d'un assaut, après s'être emparés des deux princes. Cette audacieuse entreprise ne réussit pas et tous périrent victimes de Jeur dévouement. Les environs de Theux produisent un excellent marbre noir. Un peu au delà de ce bourg on passe aux pieds des ruines grandioses de l'ancien château de Franchimonty détruit en 1 146 par un évêq^e de Liège, et aujourd'hui propriété du comte de Lannoy. A partir d'ici, la route côtoie le Waym, ruisseau qui se jette dans la Hoëgne près de Franchimont. Dernière station: La Reid.
Bpa (5173 hab.) annonce, dès qu'on y entre, son caractère de ville de bains. Des allées ombragées, de nombreux magasins, où se vendent ces jolis petits ouvrages en bois verni et couverts de peintures, connus dans le monde commercial sous le nom de bois de Spa^ de grands et petits hôtels, des commissionnaires exhibant di;8 adresses de tout genre, tout cela indique que la ville, pour sa subsistance, compte sur le concours des étrangers et qu'elle est impatiente de les recevoir. Elle en a reçu, en 1859, 10,858 (dont 5947 Belges); en 1860, 10,895 (dont 5334 Belges). Les plus beaux souvenirs de Spa, comme ville de bains, se rattachent au 18® siècle. Pierre-le-Grand s'y rendit en 1717, Gustave III de Suède en 1780, l'empereur Joseph II et le prince Henri de Prusse en 1781 , Paul , prince impérial de Bussie , en 1 78*2, etc. La révolution française interrompit cette heureux essor et, sauf quelques bonnes années, comme 1815 et 1818 (congrès d'Aix-la- Chapelle), la ville vit s'efiacer de plus en plus sa grande réputation d'autrefois. L'expérience des dernières années, cependant, paraît lui promettre uue nouvelle prospérité. Malheureusement âpa est en grande partie redevable de ce revirement aux attraits du tapis vert. C'est la seule ville de Belgique où les jeux de hasard soient tolérés. Grâce à quelques incendies, surtout à celui du mois d'août 1807, l'aspect de la ville, si pittoresquement encaissée entre d'abrupts rochers et de sombres taillis, s'est complètement renouvelé à son grand avantage.
Le principal lieu de réunion des étrangers est la Redoute^ près de la source de Pouhon: on y trouve des salles très-élégantes de restaurant, de café, de bal, de jeu et de lecture. Le VauxhfiUy d'une destination analogue, se trouve dans la partie sud 4e la ville, sur le chemin de la Géronstère.
Vers midi et dans la soirée, le monde élégant se retrouve,
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aux sons d*un bon orchestre, soit sous les arbres de la Promenade de Qwdre" Heures y soit sous les vieux tilleuls de la Promenade de Sept'Heures y Tune et l'autre sur le chemin qui conduit à la station. Le matin, la musique ne joue pas, car alors les baigneurs sont dispersés dans les bois, près des sources. Aux environs des promenades, plusieurs sentiers montent, sur le versant de la montagne et à travers de frais bosquets, vers quelques pittoresques saillies de rochers.
Les sources thermales ferrugineuses de Spa sont au nombre de seize. En voici les principales: Le Potûiony dont on fait dériver le nom du mot wallon pouhir, qui signifie puiseff jaillit au centre de la ville, sous le péristyle d'un monument que le roi Guillaume I*' des Pays-Bas fit construire en i 820 „ft lamémoire de Pierre-le-Orand" . comme dit l'inscription. Le buste en bronze de ce prince a été* donné en 1853 par le prince Démidoff „en Vhonneur du cxar Pierre-le-Orand et en mémoire de son séjour à Spa en 77/7". L'eau du Pouhon (elle a 8 degrés de chaleur) est la plus active et se transporte dans toute l'Europe et même jusqu'aux Indes orientales et occidentales. Quelques autres sources, tout aussi riches, se trouvent dans le voisinage, mais elles ne sont pas publiquement exploitées. — En faisant le „tour des fontaines" on visite d'abord les Tonnelets (à V2 1- E. de Spa) Des allées de tilleuls bien entretenues y conduisent en offrant de tous côtés de jolis points de vue. On arrive ensuite à la Sauvenihe^ puis au Oroesheek. Dans les bois se trouvé un monument, construit en 1787 par le duc de Chartres (Louis-Philippe), ses frères et sa sœur, en commémoration de la guérison de leur mère. Inauguré par une fête, dont M^ de Genlis, gouvernante des enfants d'Orléans, nous a laissé la description dans ses Mémoires, ce monument fut brisé par les soldats républicains en 1792, mais reconstruit il y a une vingtaine d'années par le roi Louis-Philippe. Près de la source du Groesbeek on rencontre souvent des femmes en prières et buvant l'eau; la tradition attribue à celle-ci des vertus salutaires dans les accouchements. A une demi-lieue de là se trouve la Oéronstïre, autrefois la plus renommée. Pierre-le-Orand eut déjà l'occasion d'en apprécier l'action salutaire, comme le témoigne le certificat que lui délivra son médecin et qui se conserve encore à Spa. En revenant de la Géronstère à Spa, on arrive, par des chemins récemment tracés, au Barisart, ainsi nommé du restaurant qui s'y est établi. En général, toutes les sources ont leurs cafés et leurs maisons de bains.
Celui qui s'arrête plus longtemps à Spa, ne se refusera pas le plaisir d'une excursion à la grande caaoads dv Goo, à 3 1. S. de la ville et à 1 1. O. de Tancienne abbaye de Stavelot. Le chemin y conduit par la Géronstère et les villages de Ru et de Roanne. Les eaux de VAniblive se précipitent du haut d''an rocher de 16 à 18 mètres d^élévation. Au-dessus de la cascade, près du pont qui la couronne, des mendiants viennent vous otirir pour quelques sous le cruel spectacle de voir précipiter des chiens dans le lit de la rivière, qui les entraîne dans sa chute.
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La belle grotte de sti^actitei près du village de BaaioiMliaBpd (voit, à un chev. 15 fr.)t à 3 1. O. àe Spa, a été plusieurs fois décrite par des naturalistes (Bory de 6t -Vincent, Meunier et a.). Le chemin conduit, à partir de L» Râd (p. âB), à travers des montagnes escarpées et d'arides bruyères, et ne descend qu'a l'approche de Bemoucham^. Dans la petite auberge du village on se munit d'une blouse, de lumières et surtout d''un guide» L'entrée de la grotte est fermée par une porte dont la clef est conservée au village , et pour l'ouverture de laquelle la commune prélève un léger impôt des visiteurs. Le chemin est humide et glissant; La grotte est traversée par une eau, que l'on croit être la même que celle qui, près d^Adeuseux^ s^enfonce dans la terre et qui, après un cours souterrain d'une lieue, reparaît au jour près de Remouchamps.
A peu près en face de Remouchamps se dresse, sur une roche escur> pée, le vieux château de Àfon^ardin entouré de jardins et encore habité.
Une lieue plus loin, vers TO. , près du village d'^lmftîèrc, se trouvent les mines chétives du château des QucUre Fils Apmtm^ que nous ne citons ici que pour rappeler la fameuse légende de ces quatre braves chevaliers. C'est ici aussi que résidait le comte Guillaume de la Marck , mieux connu sous le nom dé eSariglier des Ardennes", qui fut décapité àMaestricht en 1486, et dont Walter Scott nous a tracé un si attrayant portrait dans son Quentin Durward;