Seraing
Chemin de fer. On met 15 minutes de Liëge à Seraing en partant de la station du Longdoz, rive droite; en partant de celle des Ouilleinins, riT« gauche, on arrive en 15 min. à la station de Jemeppe^ en face de Seraing, d'où il faut faire 10 minutes à pied pour arriver à l'entrée de la fabrique.
Bateau à vapeur, voy. j). 31. Le chemin par eau est plus agréable, permettant mieux de jouir de la vue de ces ravissants environs et de jeter un coup d'œil sur les divers établissements industriels qui leur donnent tant d'animation. Le bateau met 40 min. à fiiire le chemin et aborde au pont suspendu de Seraing.
La visite de rétablissement exige, même en cas d'une inspection rapide, environ 2 heures. L'entrée n'est accordée que sur la présentation d'une recommandation spéciale à l'adresse du directeur, M. Pastor. L'affluence des visiteurs a nécessité des restrictions dans les concessions d'entrée; chaque visiteur amène, quelque minime qu'elle soit, une interruption de travail , qui , en se multipliant , cause des dommages sensibles à l'établissement. Il ne peut être question de pourboire, puisque le cicérone qui vous accompagne est soit M' le directeur lui-même , soit quelque em- I>loyé délégué par lui.
Le grandiose établissement de Seraing, fondé en 1816 par John Cockerill sous la direction d'ingénieurs allemands, jouit d'une réputation européenne, et n'a peut-être pas de rival sur le continent. Avant 1830, 11 appartenait pour une part au fondateur, pour une autre au roi Guillaume 1®' des Pays-Bas. Après la révolution, le fondateur racheta la part du roi et resta seul propriétaire jusqu'à sa mort, qui vint le surprendre à Varsovie le 19 juin 1840. Dès avant la mort de Cockerill, par suite d'une crise financière, la liquidation avait été jugée nécessaire, et celle-ci avait réduit de beaucoup la somme de 8 millions, à laquelle l'excédant de l'actif (26 mill.) sur le passif (18 mill.j avait d'abord été estimé. La mort de l'homme de génie qui pendant 24 ans avait dirigé cette gigantesque entreprise, ébranla plus forte-
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ment encore le crédit de l'établissement, mais grâce au patronage ^t au concours du gouvernement belge, ce dernier fut conserve •à la Belgique. La propriété est depuis 1842 entre les mains d'une compagnie d'actionnaires, fondée au capital social de 12 Va millions; le directeur est M^ G. Pastor, parent de Cockerill.
La ravissuite situation de Seraing, l'étendue des bâtiments, -les cinquante cheminées en briques ou en tôle qui projettent au loin leur fumée, tout cela produit un effet merveilleux quand on «'en approche par la Meuse. L'aspect en est surtout surprenant le soir; de vacillantes lueurs, blanches, jaunes et rouges, selon le métal qui se trouve en travail, des tourbillons de fumée noire -s'échappant des cheminées, la réverbération des flammes dans les «aux de la Meuse, présentent alors un coup d'œil vraiment féerique.
Un palais, bâti tout contre la Meuse et qui avait servi de résidence d'été aux princes-évéques de Liège jusqu'en 1794, forme l'entrée du gigantesque établissement. Les habitants princiers du palais jouissaient, en se plaçant aux grandes fenêtres de la façade antérieure, d'une vue qui donnait sur les verdoyantes collines de la rive gauche, sur la Meuse et sur le village de Seraing; les fenêtres de derrière donnaient «ur un vaste parc, tracé à la fran- <çaise, avec des tilleuls, des charmilles, des statues, des fontaines, et sur les hauteurs doucement inclinées de la rive droite, couronnées aujourd'hui par des charbonnages doù serpentent vers les plaines à jamais privées de moissons, de nombreux petits sentiers noircis par les houilles. Le jardin, les statues, les allées, les haies, tout a disparu. Le sol primitif, rehaussé d'une couche composée de charbon, de briques et de minerai, est imprégné de la sueur de plusieurs milliers de travailleurs et sillonné par une centaine de petits chemins de fer, charriant sans cesse des tombereaux de charbon, qui vont décharger leur contenu «oit dans les bateaux de la Meuse, soit dans les hauts-fourneaux ou les usines.
A bon droit l'on cite l'établissement de Seraing comme un établissement modèle , grâce à la direction intelligente , à l'ordre et à l'activité qui président à tous les travaux, il se divise en trois branches principales: charbonnages, hauts-fourneaux et forges, construction de machines. Sur un espace d'environ Cil hectares sont réunis: 3 houillères, 2 hauts-fourneaux, 15 fours à puddler, 18 fours à forger, 2 fours pour la préparation du fer brut à affiner, 2 fours à calciner le minerai, 2 fours à briques, plusieurs fours à coke, 81 feux de forgeron, 1 fonderie de laiton, des ateliers immenses pour la fabrication des chaudières, des locomotives, et des machines à vapeur proprement dites, plusieurs grandes machines à tour, des ateliers de menuiserie, des bureaux pour les dessinateurs et de vastes magasins pour la conservation des m odèles. Les bâtiments où se trouvent les ateliers, les magasins et les bureaux, forment deux cours spadeoses.
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Un canal, dont le basbin peut reeevoir plus de 50 des plut grands bateaux de la Meuse, relie les établissements à la rivière. Toutes les pièces prêtes à l'expédition sont cliargëes dans te canal ou à la station du chemin de fer. Par la Meuse, Seraing se trouve en communication avec TOurthe et la Sambre, et par ces deux rivières avec les contrées les plus productives en minerai et en charbon du royaume. Des tronçons de chemins de fer, d'un développement collectif de deux lieues, relient entre elles leshouillères, les laminoirs, les fonderies, les forges et les atelier» de machines. Les machines à vapeur, qui mettent en mouvement toutes ces usines et ces forges, sont au nombre de 16 et représentent une force de 695 chevaux. Le nombre des personnes occupées dans rétablissement s'élevait en 1869 à ôOOO, dont 1000 dans les houillères. Elles sont réparties entre trois directions, correspondant aux trois branches indiquées: houillères, fabrication du fer, (construction de machines. L'extraction journalière de houille est de 16,000 quintaux; les deux hauts-fourneaux consument tous les jours environ 1500 quintaux de minerai. La population du village de Seraing est aujourd'hui de 20,084 habitants; elle n'était en 1806 que de 19ÔÔ âmes. L'église date de 1858^
Les données qui précèdent suffiront au commun des voyageurs; 11 va de soi que nous ne pouvons entrer dans de plus longs détails techniques, qui excéderaient et la limite de nos connaissances et le cadre de ce manuel. Les eussions-nous donnés malgré cela, en nous rapportant à quelque communication spéciale, nous courions le danger que nos lecteurs, après les avoir lus, comme après avoir parcouru l'établissement, n'y vissent que du feu.
Un peu plus haut que Seraing se trouvent les hauts-fourneaux et les houillères de l'Espérance; plus loin encore, dans les bâtiments d'une ancienne abbaye de l'ordre de Citeaux, la fabrique de verre de Val'St-Lanibert, une des plus considérables du continent; enfin, avant d'arriver à Seraing, sur la rive gauche, les hauts-fourneaux de ScUssin (R. 27), et, sur la rive dr., la fabrique de fer d'Ou^ée (R. 27J.