‹ La Belgique et la HollandeChapitre 16 sur 73 · Louvain, flam. Leuven · texte numérisé non relu

Louvain, flam. Leuven

H6t«ls. *Ilôtel de Suède, place du Peuple, le plus proche de la «tation, bon dîn. s. v. 2 fr. ; Cour de Mons, marché aux Poissons: Sauvage, marché au Beurre.

Oafé sur la Grande Place, à côté de Thôtel-de-Tille. Kous signalons, sans vouloir le moins du monde la justifier, la célébrité de la bière blanche de Louyain.

VigilantM. Voir p. 31. — Omnibus 1/2 fr.

Le yoyageurpressé se contentera de voir: Thôtel-de- ville, au dehors (v. pi. bas)^ reglise de 8t-Pierre, en compagnie du suisse (p. 49); les Halles (p. 51) au dehors \ les stalles de Téglise St^-Oertrude (p. ÔO).

Louvain est situé sur la Dyle^ qui traverse une partie de la ville. Les étymologistes font dériver son nom de U>o^ colline boisée, et veen^ marais; ces deux éléments bas-allemands retournés forment également les éléments du nom de la ville de Venloo. Au 14^ siècle, lorsque Louvain était encore la capitale du Brabant et la résidence des ducs, elle comptait environ 44,000 bab., vivant en grande partie de la fabrication du drap (on y comptait à cette époque 2400 métiers). Les tisserands des grandes villes de la Flandre et du Brabant formaient une population turbulente, toujours jalouse des privilèges de la noblesse et c^ l'influence qu'elle exerçait dans la magistrature urbaine. Lors d'une émeute qui éclata en 1378, les cadavres de 13 membres du magistrat appartenant à la noblesse et qui s'étaient rendus coupables d'avoir assassiné un échevin de la bourgeoisie, furent jetés par les fenêtres de l'hôtel-de-ville, et reçus par le peuple sur la pointe de ses piques. Le duc Wenceslaâ, voulant tirer vengeance de cette boucherie, assiégea la ville et parvint à la soumettre. Les bourgeois durent implorer leur pardon, à genoux, nu-téte et nu-pieds. L'oppression se fît alors sentir d'un autre côté, et des milliers de tisserands jugèrent prudent d'^^ller transférer leurs métiers en Angleterre. Ce fut la ruine de l'industrie drapière et de la prospérité de la ville, qui ne compte plus aujourd'hui que 32,026 bab.

Louvain est une ville tranquille ; on s'aperçoit aussitôt que la population s'y livre essentiellement aux travaux agricoles. Aussi la plus grande partie du sol compris entre les anciennes murailles du 14^ siècle, consiste-t-îl en terrains de culture. Les vieux remparts ont été convertis en promenades et s'étendent sur une longueur de près de deux lieues. Le mouvement citadin se concentre presque entièrement sur le vieux marché et la place de l'hôtel-de-ville. Sur cette dernière, trois monuments imposants fixent l'attention de l'étranger: l'église St-Pierre, l'hôtel-deville et, dans une rue latérale, les halles.

L'**h6tel-de-Tille (pi. 1) est un des plus riches et des plus beaux édifices du style ogival fleuri (p. 18), comparable aux

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St-PUrre. LOUVAIN. 7. Route. 49

maisons communales de Bruges , Gand (partie ancienne), Mons et Audenarde, mais les surpassant tous par Télégance des détails et l'harmonie de l'ensemble. Il fut construit de 1448 à 1 i63 par „. Mathieu de ÏMyenSy maUre-mfiçon de la ville et de la ban-lieue^.

^Quadrilatère isolé sur trois de ses faces, ayant en largeur environ 100', autant dans la hauteur jusqu'au toit, ce n'est pas par la grandeur de ses dimensions que se fait admirer ce monument, mais par la régularité de son plan, Télégance et l'harmonie de ses proportions, la beauté et la pureté de ses profils, et davantage encore par la richesse de son ornementation , la variété et lé fini de l'innombrable quantité de scupltures qui décorent ses faces extérieures." Schayes.

Ces sculptures, qui avaient beaucoup souffert par le temps, ont été fort habilement et consciencieusement restaurées en 1842 par le sculpteur Ooyersy qui s'est scrupuleusement conformé aux dessins originaux conservés à l'hôtel-de- ville même. Un grand nombre de niches , qui occupent les intervalles des fenêtres, sont surmontées de dais sculptés à jour ; les bases en culs-de-lampe sont sculptées en bas-reliefs retraçant les principaux sujets de la bible avec une naïveté qui frise parfois la licence. 11 est dans l'intention de la ville de pourvoir les saillies des façades de statues de grandeur naturelle (environ 280), représentant en bas des personnages célèbres dont Louvaln était la patrie (il y en a déjà environ '20 de placées), au premier étage des figures symboliques, en haut les souverains du pays. Aux quatre angles de l'édifice et au centre des faces latérales, s'élèvent six tourelles octogones dont les parties supérieures, bâties à jour et couronnées de flèches pyramidales en pierre, sont des modèles de grâce et de légèreté. — L'ordonnance intérieure ne répond pas à la richesse du dehors. Ce ne sont que des salles d'une apparence toute moderne, décorées de quelques tableaux la plupart sans valeur. On y voit un triptyque de Michel Coxcie, dont le panneau central représente l'ascension du Sauveur et qu'on regarde comme un des chefs-d'œuvre de cet artiste. A l'étage supérieur on conserve le modèle des tours de l'église St- Pierre.

•St-Pierre (pi. 3), église gothique située en face de l'hôtel-deville, construite en croix latine, remonte dans son ensemble au lô® siècle. Elle avait, dit-on, jadis trois hautes tours (?) qu'un ouragan aurait fait écrouler en 1604. C'est à cet ouragan que s'applique un chronogramme du célèbre Juste Lipse (f 16 '6): oMnIa CaDVnt.

Intérieur, i^^ chapelle de la nef méridionale; le tableau d'autel est une copie d'un tableau de Oasp. de Craeyer, St-Charles- Borromée administrant le St-Sacrement aux pestiférés (l'original a disparu pendant la révolution française); un ancien tableau à volets de l'école flamande, le martyre de St®-Dorothée ; une statue de St-Charles, par Chr. Oeerts „Antverpiensis atatuarius defunctus Lovanii 1855^. 2® chapelle: une singulière image en couleur brune du Christ, revêtue d'une robe rouge. Le peuple prétend que sa main droite est détachée de la croix depuis le jour oti il arrêta un voleur qui s'apprêtait à commettre un vol dans l'église. Bœdeker, la Belgique. 3** édition. 4

50 Router. LOUVAIN. St-Pierre.

La chaire de vérité, qui se trouve tout près, a été exécutée en 1742 par Berge. Elle représente d'un côté St-Pierre reniant le Seigneur, de l'autre la conversion de St-Paul, en figures de grandeur naturelle taillées dans un seul bloc dé bois, et surmontées de hauts palmiers également sculptés en bois. Les églises de Belgique sont riches en chaires de cette espèce; elles sont artistement travaillées, mais rarement d'un goût très-distingué.

Dans la 3® chap. de la nef. on voit un tableau de l'école de MemUng, représentant l'histoire d'un cuisinier devenu évêque sou» Grégoire V. Un jubé du 15^ siècle, de la plus riche architecture fleuronnée (blyle flamboyant, v. p. 18), orné de petites statue» ; et surmonté'd'une superbe croix, sépare la nef du chœur. Le 1 u s t r e a été, dit-on, forgé par Quentin Massys (p. 98).

Dans la ô^ chap. du pourtour du chœur: Stuerbout, appelé Dirk van Harlem (f 1479 à Louvain), le martyre de St-Ëiasme, „patroon tegen de huykpyn** (patron contre le mal au ventre). Deux bourreaux sont occupés à lui dévider les entrailles hors du ventre; en arrière on voit l'empereur en riche costume, entouré de trois personnages; le fond est un paysage d'un travail fort remarquable. Sur les volets, à dr. St-Antoine, à g. St-Jérôme.

6® chap. Tableau de l'autel, la St®-Trinité par De Craeyer; '^Sttterbout, St®-Cène; les deux tableaux de Stuerbout, autrefois attribués à Memling, ont été composés en 1467, et récemment retouchés. Le dessin en est fort élégant, le coloris frais et tendre, la touche fine et gracieuse.

7^ chap. *Quentm Massya, St®- Famille, tableau d'une haute valeur ; tout y est clair, frais, moelleux. Les volets représentent la mort de St^-Anne et l'expulsion de Joachim du temple. Ce tableau avait été emporté à Paris.

A côté du maître-autel s'élève, sous forme d'une tour gothique, un tabernacle en pierre délicatement sculpté. Dans la dernière chapelle au N. du chœur: *Rogier van der Weyde^ descente de croix, triptyque sur fond d'or; sur les cotés, les fondateurs, reproduction réduite d'un tableau qui se trouve au musée de Berlin.

Les Stations (reliefs) dans les chapelles de droite, et les sculptures en bois du portail principal méritent l'attention des amateurs. Les objets d'art de la 5®, 6 et 7® chapelle du chœur étant souvent enfermés, il faut s'adresser au sacristain (50 c).

Bt-Kiehel (pi. 4), autrefois l'église des Jésuites, bâtie en 1666 et ayant servi, pendant la révolution, pour le culte de la Raison, possède 12 toiles de maîtres modernes, parmi lesquelles nous citons une mise au tombeau de Wappers (à droite), et un Christ devant Pilate par Van Brée (à gauche).

St^-G-ertrude (pi. 7), l'ancienne chapelle des ducs de Brabant , construite en style flamboyant à la fin du 15^ siècle, a des *8talte9< qui passent pour les plus belles sculptures en bois anciennes de la Belgique. Elles ont été récemment restaurées par Ooyers.

Université, LOUYAIN. 7. Rouie. 51

Sto-Quentiii (pi. 5), près de la porte de Namur, sur une colline qui domine la ville, fondtfe en 1206, reconstruite au 15® siècle, et St-Jacqnes (pi. 6), possèdent quelques tableaux de l'école de Rubens; le choeur de la dernière renferme aussi 4 tableaux modernes.

Les Halles (pL 2), construites en 1317 pour servir d'entrepôt de marchandises à la corporation des drapiers, ont été concédées à Tuniversité en 1697. Cet édifice atteste encore la richesse et le bon goût de ses fondateurs. La bibliothèque qu'il renferme est une des plus considérables du pays. On y a placé un groupe représentant une scène du déluge (les figures sont de grandeur plus que naturelle), exécuté en 1839 par Chr. GeerU (f 1855J, qui fut plus ttfrd directeur de l'académie de Louvain; dans le vestibule on remarque les portraits d'anciens professeurs, puis un grand tableau de Van Brée, le Christ rendant la vue aux aveugles, peint en 1824 et donné à l'académie par le roi Guillaume I^*^.

L'nniveraité de Louvain, fondée en 1426, passait au 16® siècle pour la première en. Europe, surtout la faculté de théologie, qui s'est rendue célèbre par son rigorisme à l'égard des innovations de la réformation. Alors le nombre de ses élèves dépassait 6000. Un de ses professeurs les plus illustres fut Juste Lipse (f 1606). Sous Joseph II. elle fut suspendue pendant quelque temps, mais reconstituée bientôt après. Elle jouissait de privilèges si étendus, que personne n'était admis à un emploi public sans avoir pris ses grades à Louvain. Les Français supprimèrent l'université, qui ne fut rétablie qu'en 1817 sous le règne de Guillaume V^. Le soi-disant collège philosophique, que ce monarque avait institué à Louvain, devint un des principaux griefs du clergé contre le gouvernement hollandais et contribua pour sa part à enfanter la révolution de 1830. En 1834, le corps épiscopal ayant fondé à Malines une université libre, placée sous la dépendance de l'Eglise, celle-ci fut transférée en 1835 dans les locaux de l'ancienne université de Louvain. Elle continue a s'y développer dans une mesure qui dépasse celle de ses rivales, moins favorisées, il est vrai, par les anciennes udati ii;> de famille. Elle compte, dans ses cinq facultés, environ 800 étudiants. C'est pour contrecarrer l'influence de l'université catholique de Louvain que l'université libre de Bruxelles a été fondée par les chefs du parti libéral en 1834 (p. 67). A côté de ces deux établissements libres, il existe, nous le répétons (p. 35), deux universités entretenues par l'Etat à Liège et à Gand.

Sur une hauteur près de la porte de Malines, on voit les restes insignifiants de l'ancien château des comtes de Louvain, ducs de Brabant; on le nomme le château-César et en fait à tort remonter l'origine au grand général romain. L'empereur Charles-Quint et ses sœurs y passèrent quelque temps pendant leur jeunesse, sous la surveillance du savant Adrien Dedel, qui fut dans la suite le pape Adrien VL

52 BguUS. MALINES.

Chemin de fer de L ou vain à Gbarieroi, parcoura en 2 h. 20 à 2 h. 50 min.i prix 5 fr. 30, 4 fr., 2 fr. 65. Les arrêts se font à Jiécerlé, château du duc d'AreniLcrg, Weert-St- George, Gcutuche, Wavre, ville de 5955 bab., avec un beau m(»nument célébrant la Belgique libre, érigé en 1859 et du au ciseau de Van Oemberg^ LimcU^ OUignie»^ point d'intersection des lignes de Louvain à Gbarieroi, de Louvain à Mons et de Bruxelles à Namuri Court- St- Etienne, Laroche^ Villers - la - Ville (à 350 mètres avant d'arriver à cette station , on passe devant les ruines intéressantes de VcUfbctye de Villers, de Tordre de Citeaux, détruite en 1796), Tilly ^- oii naquit probablement le célèbre général Jean T'Serclaes de Tilly ; Marbais. Ligny (R. 24), connu par la bataille du 16 juin 1815, Fleurus, célèbre champ de bataille, v. R. 24, Ransart^ Lodelinsart village industriel (verreries, houillères) de 3569 hab. , Cfutrleroi (R. 23).

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