De Louvain à Bruxelles
Chemin de fer jusqu'à Matines 3/^ h., jusqu'à Bruxelles II/4 h.^ prix
jusqu'à Bruxelles 2 fr. 80, 2 fr. 20, 1 fr. 40. La voie directe, projetée par le
gouvernement belge, raccourcira la route de plus d'un tiers.
Le convoi, au sortir de la station de Louvain, longe d'abord la triple. allée qui borde le canal d'Anvers à Louvain, construit en 1750, franchit la DyU et s'arrête (quatre convois par jour) à Wespelaer. Cet endroit est renomma en Belgique par un parc, jadis propriété de la veuve d'un brasseur de Louvain, Madame Blaeschard, et actuellement de la famille MamefTe; il attire toujours de nombreux visiteurs, grâce à ses bosquets, ses grottes, ses ponts chinois, ses temples grecs et ses statues (par Godecharles). Il a même inspiré dans le temps quelques beaux vers à Delille. On y trouve les bustes de philosophes, de poètes, d'hommes d'état, depuis Homère et les sept sages jusqu'à Voltaire, Rousseau et le prince d'Orange. Les voyageurs, après s'être rafraîchis à la bonne auberge du village, où l'on débite une description détaillée de toutes ces merveilles, pourront se prononcer eux-mêmes sur la légitimité de l'opinion des habitants, d'après laquelle, Wespelaer serait la plus belle résidence du royaume. — Après Wespelaer vient la stat. de HaecfU
Malines , flam. Mechelen. Hôtel de la Orue ; Hôtel de Brabant, tous les deux sur la Grand'Place, près de la cathédrale; St-Antoine, rue d'Egmont; Si- Jacques, marché aux grains; partout table d'hôte à 1 h. Dans la rue d'Egmont, à g., tout près de la station, l'hôtel de la Cour Impériale, simple, mais bon et pas cher; la salle à manger est décorée de deux grandes arbalètes. Il faut commander à part ce que l'on nomme un déjeuner de Matines, mets favori des Belges, composé de pieds et d'oreilles de cochon. Grand et bon buffet-restaurant tarifé à la station. De la station à la cathédrale 11 y a 15 minutes. C'est à la gare de Malines, point central des lignes Nord, Est, Sud et Ouest du réseau des chemins de fer de l'Etat, que règne le plus de mouvement; c'est aussi là que le voyageur inattentif court le danger, en cas de changement de voiture, de manquer son convoi. C'est de la station de Malines aussi que part la numération des distances par kilomètres dans les quatre directions. Malines est à peu près à
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distance rfgale de Bruxelles, d'Aavers et de Louvain (20 à 24 kilomètres, soit 4 à 5 lieues).
• On entre en ville par la large rue d'Ëgniont, qui aboutit à la Grand'Place. La "ville, située sur la DyU, au milieu d'une plaine fertile, compte aujourd'hui 33,855 hab. ; elle a des places spacieuses, de belles et larges rues régulièrement tracées, des édifices de belle et imposante apparence, mais ce qu'on y cherche en vain, c'est la vie. Malines est en arrière d'un siècle comparativement aux autres villes du pays, en ce qui concerne l'activité commerciale et industrielle. Ses magistrats n'ont pas su s'approprier les avantages que présentait la situation de la ville. Déjà lors de la construction du canal de Bruxelles à Anvers, en 1551, on les vit s'opposer à ce que ce canal passât trop près de leurs murailles; ils en agirent de même deux siècles -plus tard à propos du canal de Louvain à Anvers, et dans les derniers temps encore, les difficultés soulevées au sujet de la cession d'un terrain dans l'intérieur de la ville en faveur du chemin de fer, ont eu pour fâcheuse conséquence l'établissement de la station en dehors de la ville. Cette dernière circonstance fait que, des millions de voyageurs qui traversent annuellement la station de Malines, il s'en trouve rarement un qui se passe la fantaisie de s'arrêter dans cette ville. Toutefois, malgré son déclin, elle a conservé l'avantage d'être, en sa qualité de siège de l'archevêque de Malines, la capitale ecclésiastique de la Belgique.
La ♦Cathédrale de St-Romb&ud (aréal: 36,500 pieds carrés), église métropolitaine commencée au 12® et achevée au 15* siècle, n'a rien qui la distingue des autres monuments religieux du pays. La tour massive et carrée se voit à 5 ou 6 lieues de distance: elle a 97 Vz m- de hauteur, et devait en avoir 150 d'après le plan primitif; elle fut commencée en 1452 avec l'argent des pèlerins venus à Malines dans le cours de cette année pour y gagner les indulgences qu'avait promises le pape Nicolas V à l'occasion de la guerre des Turcs. Une pierre enchâssée dans la muraille qui entoure la plate-forme, porte le nom de Louis XV et rappelle que ce roi est monté au sommet de la tour pour y jouir de la vue. Le cadran de l'horloge a 15 m. de diamètre.
A l'intérieur, l'église déploie des dimensions grandioses (la nef a 28 m. de haut sur 12 de large) et tout à fait dignes du . primat du royaume. Elle renferme quelques tableaux excellents; tels sont dans le transept sud: un *tableau d'autel de Ffxn Dyck, peint en 1627 et très-bien nettoyé en 1848; c'est un Christ en «Toix, remarquable par l'ordonnance des groupes et l'expression de la douleur résignée qui se remarque dans les traits de la Vierge (ce tableau est couvert, le sacristain réclame 1 fr. pour le découvrir); dans le transept nord: QiieUyn, adoration des bergers; puis, du même côté, dans les chapelles, deux tableaux d'autel, savoir: Mich. Coxcity la circoncision, peinte en 1587, et
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WouterSy St*-Gène. A côté du dernier, dans la dernière chapelle, on voit un mausolée en marbre, exécuté par le sculpteur Jehotte de Liège et consacre' à la mémoire de l'archevêque comte Méan (f 1831); il représente ce prélat agenouillé devant Tange de la mort. Le pourtour du chœur est décoré d'un certain nombre de grandes toiles, la plupart peintes par Herreyns et d'autres artistes du commencement de ce siècle, et se rattachant à la légende de St-Rombaud; en outre, 25 autres plus petites traitant le même sujet, de l'école de Van Eyck. L'ascension, dans la chapelle qui se trouve derrière le maître^autel , est de Paelinck (p. 16) et date également du commencement de ce siècle. La chaire de vériiéj sculptée en bois dans le genre de celle de Louvain (p. 50), représente en bas la conversion de St-Paul, plus haut 8t-Jean et les femmes sous la croix du Seigneur, sur les côtés supérieurs Adam et Eve et le serpent. Dans le chœur et le pourtour du chœur on voit quelques monuments d'évéques du 17® siècle et des verrières modernes, représentant des saints (figures en pied). On dépense annuellement une somme de 9400 fr. pou» la restauration de la nef centrale de cette cathédrale.
La grande place est bordée de plusieurs édifices antiques: les Halles, flanquées de tourelles, datent de 1340; consacrées anciennement à l'industrie drapière, elles servent aujourd'hui de corps de garde; l'hôtel-de-ville, appelé le Beyard, du 15® siècle; et, au SO. de la Cathédrale, une vieille maison isolée, portant l'inscription de „Musée", et renfermant une collection d'antiquités, de tableaux et de reliques d'un intérêt secondaire (V2 ^r- *u S**^ dien, qui demeure sur la place, à côté de l'hôtel-de-ville).
La •statue de Marguerite d'Autriche (f 1530), fille de l'empereur Maximilien l^^ et de Marie de Bourgogne (p. 13'2), célèbre dans l'histoire par la part qu'elle prit à l'éducation de son neveu Charles-Quint et au gouvernement des Pays-Bas, ainsi que par les négociations diplomatiques dont elle fut chargée. Cette statue est d'un artiste de Malines, M.^ TuerUnckx. L'inscription porte: Margarethœ Austriacœ Belgio prafectay Uterarum et artium quaa et ipsa coiuit fautrici, pacia Cameracenais auctori; (sur le revers:; cui Mechlinia aUera patria fuit. Régnante Leopoldo /. S. P. Q. M. p. p. 1849. On connaît la plaisante épitaphe que cette princesse composa pour son tombeau pendant l'orageuse traversée qu'elle fit en Espagne, où elle devait épouser l'infant Don Juan : „ Ci gît Margot j la gente damoiseliej qu'eut deux marte et si mourut pueeUe^y ainsi que sa devise: „ fortune infortune fort une".
Non loin de la cathédrale s'élève Téglise de S t- Jean, édifice insignifiant que nous ne mentionnons que pour quelques tableaux de liubena, que le grand artiste lui-même plaçait au nombre de ses meilleurs: ^triptyque du maUre-autel, adoration des Mages, grande et riche composition. Sur le côté intérieur des volets, décollation de St-Jean-Baptiste et St-Jean l'Evangéliste dans la
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chaudière d'huile bouillante; sur le côte extérieur: St-Jean-Baptiste baptisant le Seigneur et St-Jean TEvangéliste écrivant dans la «olitude de TUe de Patmos le livre de Tapocalypse, tous les deux exécutés dans la meilleure manière de Rubens. La chaire, sculptée par Verhaegen ^ représente le Bon Pasteur; on trouve dans réglise encore d^autres sculptures en bois, exécutées par le même artiste.
Notre-Dame, la première grande église à g. quand on vient de la station, .possède, dans une chapelle derrière le grand autel, la fameuse pêche miraculeuse de Rubens, triptyque d*un magnifique coloris, peint en 1618 pour la corporation des pêcheurs, qui le paya 1000 florins.
La Dyle, qui traverse la ville et se réunit à 2 lieues de là à la Nèthe pour former le Rupel, subit encore l'influence de la marée; de là la sotte étymologie du nom de la ville; Maria linea, la limite de la mer.
Le convoi, après avoir franchi le canal de Louvain, arrive en 35 min. à la gare de Bruxelles. La seule station intermédiaire est Vilvorde, la plus ancienne ville du Brabant. Un peu au delà de la station, on remarque à dr. un vaste bâtiment percé d'une multitude de fenêtres; c'est une maison de réclusion, pouvant contenir 2000 prisonniers. A g. se présente le petit château du marquis van Assche. La petite rivière qui serpente dans les prairies est la Senne. Quelques minutes avant d'arriver, on voit sur la crête de la colline de droite et dominant la plaine verdoyante qui s'étend à ses pieds, le château royal de ÏMeken, résidence habituelle de la famille royale (p. 79), puis les tours de la nouvelle église gotb. de Laeken. La station dans laquelle nous entrons est la station du Nord ou de la porte de Cologne. On peut y examiner l'appareil du télégraphe électrique en payant 1 fr.