‹ La Belgique et la HollandeChapitre 23 sur 73 · EXPLICATIONS · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS

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mandons comme tel^ pour ravoir éprouvé, Ch. L^èàvê^ homme servlable, modeste er connaissant fort bien son métiec. On fait également reloge de Joseph Bramne et dé Martin Viseur. L'un ou Tautre de ces guides se présente dès le village de Waterloo i on se fait montrer les adresses et Tes recommandations dont ils sont munis. En n'allant pas plus loin que Hougomont., on paie 2 fr. ; en poussant jusqu'à Plancenoit, Frichemont, etc., 3 ou 4 fr. Il est bon, cependant, de faire accord sur le prix avant de s'engager

Beliques. Des reliques de la bataille, armes, boulets, boutons, etc., aont offertes à profusion aux visiteurs. L'amateur de ces choses pourra bien y risquer quelques sous, en abandonnant l'authenticité de leur provenance à la conscience des vendeurs. La charrue fait, il est vrai, sortir .de terre tous les ans quelques nouveaux débris: lambeaux de drap, balles, ossements, cr&nes, etc.; mais la fraude ne s'en fait pas moins sur une |) ande échelle. Cependant, la collection de l'hôtel du Musée ne semble être composée que de reliques authentiques*, on n'y vend rien. Les mendiants ne font pas défaut non plus.

L'ordre dans lequel on peut visiter le plus avantageusement les différents points, est celui-ci: Monument des ofilciers hanovriens et du lieutenant colonel Gordon (p. 88), ferme de la Haie-Sainte (p. 89), butte du Lion (p. 88), ferme de Hougomont (p. 90), Belle-Alliance (p. 91), Plan- , cenoit (p. 91), château de Frichemont (p. 91), Papelotte et la Haye (p. 89), oii l'on fait attendre la voiture. En ne passant pas par cette dernière localité, ou donnera rendez-vous à la voiture à Belle- Alliance , et visitera la Haie-Sainte en s'en retournant. L'église de Waterloo terminera en tous cas la pérégrination.

Auberges à Mont-St-Jean, au point de bifurcation des routes de Nivelles (à droite) et de Namur (à gauche) : la Couronne et rilôtel des Colonnes ; ce dernier est très-bien tenu et a des prix modérés (dîn. 2 fr., souper 2 fr., ch. et déj. 2 fr. , bonne bière). — A Waterloo, ffôtel de l'Argentine. Près de la colline du Lion: *Hôtel du Musée, avec une collection de reliques, ch, IV21 ^^y 1 f"*-» verre de bière de Bavière 60 c.

Kécit de la bataille. ^Wellington occupait en avant de Waterloo une position que traversent les grandes routes de Gharleroi et de Nivelles. La droite de cette position était rejetée derrière un ravin près de Merbes- Braine et la gauche s'étendait . jusqu'au château de Frichemont , situé sur une hauteur au-dessus de la Haye. Des détachements gardaient les hauteurs de MerbeS'Braine, de la Haye, de Smohain , ainsi que la ferme de Papelotte , les bâtimento et les jardins du château de Hougomont , situé en avant du centre droit, près de la route de Nivelles, et la ferme de la Haie-Sainte, établie en avant du centre gauche sur la route de Genappe. La division Chassé et la brigade d'Aubremé occupaient les environs de Braine-r AUeud , sur l'extrême droite. Cette aile était parfaitement appuyée '■, l'autre se trouvait plus ou moius en prise. Il aurait fallu y placer un corps de troupes non-seulement pour la couvrir, mais encore pour asaurer l'approche des secours avec lesquels cette aile devait rester en communicaôon. Wellington avait divisé l'armée anglo-néerlandaise en trois corps: celui de droite était sous les ordres de Hill , celui du centre obéissait au prince d'Orange, et celui de gauche. avait pour chef le général Picton. La cavalerie était commandée par lord Uxbridge (sir Arthur Paget) . . .

Napoléon forma son armée en bataille sur les deux côtés de la route de Bruxelles à Gharleroi. En première ligne se trouvaient: à gauche de la chaussée, lo corps de Reille avec les divisions Jérôme, Foy, Bachelu et la division de cavalerie Pire; — à droite de la chaussée, le corps de Drouot avec 4 divisions d'infanterie, déployées, comme les précédentes, sur deux lignes, à 30 toises l'une de l'autre. En seconde ligne, derrière les ailes, se trouvait la cavalerie, — et en troisième ligne, derrière le centre , le 6^ corps (Lobau) et la garde impériale formant réserve *).

•) Selon les calculs du lieutenant-colonel Charras^ les forces de Wellington s'élevaient à 70,187 h. , dont 13,432 de cavalerie, 159 bouches à feu et une batterie de fusées; celles de Napoléon à 72,247 h., dont 15,000 de cavalerie et 240 bouches à feu. ^

Bœdeker, la Belgique. 3^ édition. 6

Vers 111/2 h. du matin la dWision Jérôme, Bontemie par celle de For et de Bacheln, commença Tattaque da poste d^HougomoBt. Le bois défendu par les gardes anglaises fut pris et repris plusieurs fols : il finit cependant par rester au pouvoir des Français ; mais le château fit une résistance désespérée. Vers .2 heures il fallut suspendre Tattaque et songer à réduire ce bâtiment par d'^autres moyens. Si de prime-abord on Tavait foudroyé avec une batterie d'obusiers , on n'auvait pas eu ce fftcheux retard à déplorer. ^L'opinion générale est, dit van Lobensels, que Xapoléoo, après avoir pris le poste de Hougomont, voulait se rendre maître de la Haie-8ainte et décider ensuite la bataille par un coup violent de sa réserve sur le centre ennemi." Hais comme le chiteau résistait plus longtemps qu'ion ne Tavait cru, Tempereur jugea prudent de ne pas attendre la fîn de cette attaque pour commencer le mouvement projeté. En conséquence, le maréchal Ney reçut Tordre de se tenir prêt à marcher.

Vers midi et demi Napoléon aperçut au loin , sur sa droite , une espèce de nuage que les uns prirent pour des troupes en marche , les autres pour une colonne au repos et quelques-uns pour des arbres. Environ un quart d'heure après , on sut , par un hussard prussien , chargé d'aune lettre pour Wellington, que c'était le corps de Bâlow qui approchait. Le mi^or-général duc de Dalmatie expédia sur-le-champ au maréchal 0rouehy le ratpport verbal du hussard et la lettre interceptée, avec Tordre de marcher sur St-Lambert et de prendre le corps ennemi à dos . . . Cet officier, par un retard inexplicable, ne rencontra le maréchal qu''à 7 h.

Pour parer au danger qui menaçait sa droite, Tempereur envoya le 6® corps (Lobau) avec 2 brigades de cavalerie légère (Domont et Snbervic) prendre une position où il pût avec 10,000 hommes en arrêter 90,000. Ces forces devaient attaouer Bulow en front , dès que les 6 à 7000 h. de Grouchy Tattaquerûent par derrière . . .

Ces dispositions amenèrent un retard et firent modifier le plan de bataille. Ney reçu donc Tordre de percer le centre et de pousser droit sur la route de Bruxelles. Le maréchal, avec beaucoup de pdne, parvint à mettre 62 bouches à feu en batterie sur un terrain détrempé devant la gauche des Anglais. Une vive canonnade s^engagea sur ce points ma» elle n'eut pas de grand résultat à cause de Téloignement des pièces. A 2 h. Ney forma le 1^' corps en quatre colonnes serrées par bataillons, qui se portèrent en avant par échelons. Ces colonnes étaient évidemment trop profondes pour Tattaque et trop rapprochées pour le déploiement. Celle de droite, sous les ordres de Durutte, se dirigeait sur Papelotte pour contenir l'extrême gauche de l'ennemi, de concert avec la cavalerie de Jacquinot; en queue des 3 autres colonnes marchait la cavalerie Milhaua. L'artillerie fut obligée de rester en place à cause de l'état du terrain, et cette circonstance, jointe à la profondeur des colonnes, fit essuver aux Français des pertes considérables. La f® colonne, sous lea ordres de Quiot, laissant la Haie-Sainte à gauche, attaqua et mit en déroute la brigade néerlandaise de Byland: mais en arrière de cette brigade se trouvait, abritée par un pli de terrain, la division anglaise de Picton, qui brisa l'effort des assaillants par ses feux bien dirigés et par un habile mouvement qu'exécutèrent les 42® et 92^ régiments sur la gauche de la colonne. Pendant cette lutte opiniâtre, Tintrépide commandant de la division anglaise tomba glorieusement à la tête de ses troupes. La deuxième colonne, formée de la division Donzelot, allait entrer es action,

Suand Wellington, profitant de la faute qu'avait commise le maréchal ey en négligeant la Haie-Sainte (d^oii Ton pouvait déboucher sur le flanc des Français), envova la brigade de dragons Ponsonby attaquer à revers la colonne à demi ébranlée de Quiot. Cette colonne , mise en déroute par \\n choc si formidable, s'appuya sur la deuxième qu^elle entraîna dans son mouvement rétrograde. Les escadrons anglais , passant alors entre les colonnes Harcagnet et Donzelot, s'avancèrent jusqu'à la ligne d'artillerie qui venait de se porter imprudemment en avant pour soutenir les troupes engagées. Ils sabrèrent un grand nombre de chevaux et désorganisèrent une quinzaine de pièces. Hais cette cavalerie fut arrêtée k son tour et ramenée vigoureusement par deux brigades de Hilhand et de Jacquinot, envoyées au secours du prince de la Hoskwa par ordre de

BATAILLE DE WATERLOO. g3

Kapoléon. Le généftà Ponsonby reçut un coup mortel en ehargeadt à la tête de aea dragons.

Dès que le marécHal Ney eut refermé le premier corps au pied de la hauteur f et donne à son -«rtillerie le temps de se remettre un peu, Napoléon lui expédia Tordre d'attaquer la Haie-Sainte. L'opération commença par une charge rigoureuse de la cavalerie de Milhaud et d^une brigade de la cavalerie légère de la garde. Cette vaillante milice traversa la première ligne anglaise au cri de Vive Vemperewr! mais la seconde lui opposa une barrière infranchissable. Là se trouvait, formée en c&rrés, la c^ebre division du général Alton ^ admirablement secondée par la cavalerie de Sonimerset et par celle du général néerlandais baron Trip. Pendant que Jes escadrons de Ney soutenaient le choc de ces troupes d'élite, son infanterie attaquait la Haie-Sainte avec un' élan irrésistible. Les munitions des alliés commencèrent à manquer sur ce point; leur feu se ralentit et bientôt la ferme tomba au pouvoir des Français. Il était 4 heures environ.

Pendant ce temps les batteries d'obusiers de la gauche avaient mis le feu au château d'Hougomont, où les gardes anglaises continuaient à se défendre au milieu des flammes et des décombres. Cette résistance, toutefois , ne donnait plus d'inquiétude à l'empereur : son attention était entièrement concentrée sur le centre , où d'un instant à l'autre le dénoûment pouvait surgir. La situation de Wellington, en effet, paraissait extrêmement grave. Les troupes anglo-néerlandaises commençaient à s'im- >patienter de rester sur la défensive, exposées à des pertes énormes. Il .était temps que des secours arrivassent: aussi remarquait-on que le général en chef dirigeait fréquemment sa lunette vers la gauche.

Blûoher avait promis de déboucher sur le champ de bataille vers une heure de l'après-midi j mais l'état des chemins lui avait fait éprouver des retards considérables. Il était 7 heures quand le canon prussien se fit entendre du côte d'Ohain. Dès que Wellington s'aperçut qu'il n'avait plus rien à craindre sur la droite , il renforça le centre pour faire face au danger qui menaçait ce point depuis la prise de la Haie-Sainte. Déjà antérieurement, il avait fait venir la brigade Mitchel et le contingent de Brunswick établis en arrière d'Hougomont. Entre 3 et 4 h. la brigade hanovrientie de la division Picton prit position sur la chaussée en avant de Mont-St-Jean , pendant que les troupes de Clinton accouraient de la droite vers le centre et que celles du général Chassé , demeurées à Brainel'AUeud, s'établissaient entre Merbes-Braine et la route de Nivelles.

En voyant déboucher les premières colonnes de Bûlow vers 41/2 h., l'empereur eut un moment la pensée de Ikire un changement de front en arrière , en donnant Hougomont pour pivot à la gauche et Plancenoit pour point d'appui à la droite; mais il abandonna bientôt ceUe idée, parce

Sue , dit-on , fl avait encore l'espoir d'être regoint par Grouchy. et que, 'un autre icôté , les renseignements Im donnaient la conviction que les alliés n'étaient pas en état de faire une plus longue résistance. Cette version-, toutefois, n'est guère admissible et il est plus probable que Napoléon fut dominé par la conviction qu'il pouvait écraser les Anglais avant l'arrivée des Prussiens et dès lors, on comprend qu'il n'ait pas voulu perdre son temps à faire un changement de front en arrière.

.Après l'enlèvement de la Haie-Sainte, le combat du i^ corps fut suspendu par ordre de Napoléon, qui voulait avoir des indications précises sur les mouvements de Bulow. Ney devait se borner à soutenir ce poste pendant que la division Durutte attaquerait les fermes de Papelotte et de la Haie.

Cependant, vers 5 h., Wellington, ayant conçu l'espoir de reprendre le parc d'Hougomont et la Haie-Sainte, lança les Hanovriens sur oe dernier poste en même temps qu'il dirigea les Anglais de .lord Hill sur l'autre. Ney repoussa énergiqnemcnt cette attaque; mais contrairement à ses instructions il résolut de profiter de son avantage pour occuper la position du centre abandonnée par l'ennemi. N'ayant point d'infanterie, il ût demander Une brigade de cavalerie qui exécuta son mouvement au trot. On ne sait par quel malentendu cette brigade fut suivie de toutes les réserves, sans en excepter /celle de la garde, dont la règle invarisble n'était d'obéir qu'à ses propres officiers et aux ordres âe l'empereui

Cette muse énorme de cavalerie, forte de 15,000 eheTaux, se prëeipite avec plus de courage que de discernement sur le plateau oii elle exécuta sans résultat plusieurs charges brillantes. Cette faute, volontaire on non, exerça une influence funeste et fut, comme nous le verrons plus loin, la cause principale sinon de la perte de la bataille, au moins de la déroute qui la suivit.

Nous avons laissé le corps de Bûlow attaquant les troupes établies en potence sur Taile droite de Tarmée française. Le comte Lobau, malgré l'infériorité de ses forces, lui opposa une résistance énergique. Peu à peu cependant, il fut débordé par les lignes prussiennes et obligé de battre en retraite. Déjà Bùlow s'était emparé de Plancenoit, quand Napoléon envoya Duhesme avec une division de la jeune garde, un régiment de la vieille garde et 24 pièces de canon soutenir le corps engagé. Les Prussiens, assaillis par ces troupes d'élite, furent obligés, k leur tour, de céder le terrain et d'évacuer le village qu'ils venaient d'emporter.

En ce moment, la division I>urutte venait de prendre successivement Papelotte, la Haie et Smohain. Il était alors 6 h. passées: les Prussiens paraissaient avoir engagé toutes leurs forces. Au centre, la cavalerie se soutenait sur le plateau, et malgré le feu terribl-e des Anglais, avait enfoncé plusieurs carrés et pris trois drapeaux. Un certain flottement se remarquait dans la ligne ennemie^ toutes ses réserves étaient engagées et déjà, au dire de quelques témoins oculaires, beaucoup d'^hommes et de voitures se précipitaient dans les chemins de la forêt. Enfln le caAon de Grouchy, entendu sur la droite, à 2 ou 3 lieues de distance (croyaiton) faisait espérer que le restant de l'armée de Biacher serait conteniT. Il était alors sept heures et demie.

L'empereur pensa que le moment était venu de faire une attaque décisive et de terminer la journée. Il rappela à cet effet quelques bataillons et un certain nombre de batteries de la garde qui avaient été détachés vers Plancenoit. — Le général de Vaudoncourt, dont la relation est très- favorable aux Français, prétend que plusieurs généraux présents à la bataille furent d'avis qu'à cette époque de la journée l'empereur montra un peu d'hésitation. Il était 6 heures, dit-il, quand Btilow fut ramené. En portant, p.ir un mouvement rapide, le deuxième corps et toute la garde sur le plateau, on aurait pu, avant sept heures, enfoncer le centre des Anglais avec une masse de 18,000 h. Il sufilsait de laisser une division devant Hougomont. Ce plan fut exécuté, mais trop tard, et avec quatre bataillons au lieu de dix.

Peu d'instants auparavant, Wellington avait appris que le corps prussien de Pirch était sur le point d'atteindre la colonne de Biilow, et que Bliicher en personne, avec le corps de Ziethen, débouchait d'Ohain sur la gauche de la ligne anglaise. Cette heureuse nouvelle produisit un effet magique sur les Anglo-Néerlandais qui commençaient à faiblir devant les charges réitérées de la cavalerie française.

A 71/2 h. Reille reçut l'ordre d'aborder la ligne ennemie en débouchant par la droite d'Hougomont. En même temps, et sans attendre nue toutes les troupes destinées à la dernière attaque fussent réunies, Napoléon flt avancer 4 batteries de réserve et autant de bataillons de la moyenne garde, sous les ordres du général Priant. Lui-même accompagna ce faible noyau jusqu'à la Haie-Sainte pour le faire soutenir par tout ce qu'il y avait encore de cavalerie disponible. Des officiers d'état-m^jor se répandirent sur toute la ligne pour annoncer l'approche de Grouchy.

Les quatre bataillons de la garde, conduits par Ney en personne, prirent à gauche de la Haie-Sainte. Derrière eux marchait une ligne de cuirassiers, suivie elle-même à très-grande distance par 6 bataillons de la vielle garde. Ils attaquèrent les lignes anglaises avec une rare impétuosité; mais à peine furent-ils sérieusement engagés, qu'un cri d'alarme se fit entendre à la droite: c'était l'annonce de Tarrivée de Blûcher, qui avec le corps de Z'iethen venait d'emporter sans grande résistance la Haie et Papelotte. Un mouvement général s'en suivit dans toute la droite des Français, qui se trouva bientôt coupée du sixième corps. Les bataillons de la vieille garde, au lieu de se porter en avant et de soutenir les quatre bataillons engagés de la moyenne garde, durent faire un mouvement à

droite pour servir de réserve et de poÎDt de rattiement aax troui>es expuisées de la Haie, Us ee formèrent en carrés, . par bataillbns, en travers da ehamp de bataille.

, Sur ces eotreflûtes, la moyenne garde, soutenue par une ligne de cuirassiers, enfonça lep Brunswiekois et le^ bataillons de Nassau. Le pi'ince d^Orange menant ces derniers au feu, reçut une blessure à Tépaule qui robligea à quitter le champ de bataille.

La cavalerie française fut an moment sur le point de rompre la ligne ennemie; mais la brigade Cbassé arriva juste à point pour rétablir le combat. La garde soutint le choc de ce nouveau corps avec une énergie sans égale et ses rangs tombèrent comme foudroyés soua le feu des lignes ^«nnemies. Le maréchal Ney, qui avait eu cinq chevaux tués sous lui, combattait à pied avec ces triaires de Tarniée française. Comme à léna, à Elchingen, à Borodino, il resta pendant quelque temps exposé à tous iBi coups, ayant mille chances d'être tué et ne recevant pas même une égratignure. Que n''e8t-il mort ce jour là, au milieu d'un des carrés de ifk gai^e! c'eût été une fin digne de celui que l'armée avait surnommé le brave éet braves J

Bn voyant la marche offensive des Prussiens et la retraite confuse de l'aile droite, les quatre bataillons engagés perdirent confiance. Les six autres, formés en carrés derrière la droite, se trouvaient dans une position tout aussi fâcheuse. Attaqués par un nombre croissant de troupes fraîches, leurs rangs s'éclaireirent à vue d'œiU bientôt il ne resta plus d'^autre perspective qu''une mort glorieuse. Ce fut dans ce moment que Wellington dirigea sur le centre de sa position les deux brigades de cavalerie Vandelenr et Vivian, que l'arrivée des Prussiens rendaient inutiles à l'aile gauche. Ces brigades poussèrent entre la Haie-Sainte et le corps de Reille et tournèrent les bataillons de la vieille garde pour se jeter sur Textrème droite en retraite. Kapoléon les fit charger par aes quatre eseadrons de service, seule cavalerie encore disponible. Mais que pouvait eette faible troupe eontre la masse et Tardeur croissantes des alliés? U aurait fallu avoir en ce moment toute la réserve; or, depuis longtemps, cette force était engagée, épuisée, anéantie . . . Malheur irréparable qui, anpéehant la retraite de se faire convenablemement, changea un échec ordinaire en une déroute sans exemple!

Tandis que Ziethen écrase le corps d^Brlon et déborde la gauche du crochet formé par celui de Lobau et par la jeune garde, Pirch tourne Flancenoit, déjà attaqué de front par Biilow. L'extrême droite de Tarmée impériale, débordée et entourée par des forces quadruples, se pelotonne enfin et cherche un refuge dans la fuite.

Le même désordre signale la retraite du corps d'Erlon. La garde seule conserve une attitude imposante-, le brave général Michel tombe devant ses rangs éclaircls en s'ecrlant: La garde meurt et ne se rend peut

Cependant le flot des lûliés va sans cesse grossissant dans la plaine. D^à cinq carrés sont rompus, exterminés . . . Voyant ce carnage affreux, ce dévouement héroïque devenu sans otget, ses derniers carrés encore debout, cernés de toute part, leurs ofTiciers hors de combat et leurs rangs éclaircis par la mitraille, Napoléon veut meth>e un terme à ce glorieux mais inutile sacrifice. U retire sa garde, toute rouge pour ainsi dire de cet ardent brasier, oii elle eût laissé son dernier homme. La garde recule! dit-on, et ce mot, répété dans les ténèbres, vole de bouche en bouche et précipite la retraite.

Wellington saisit à propos ce moment pour passer à une offensive vigoureuse. Toute sa ligne d'infanterie, appuyée par la cavalerie et Tartillerie, se porte eontre les masses françaises, attaquées en même temps à revers par la cavalerie prussienne. Ce ne fut plus alors qu'une immense déroute.

A Rossomme, Napoléon espère un moment arrêter ce débordement inouï, en formant un carré du dernier régiment de la garde et en ordonnant à Gourgaud d^appuyer ce carré avee quelques pièces à demi démontées et qui se trouvaient sur les lieux: vaine tentative! l'obscurité empêche les fuyards d'apercevoir ce point de ralliement^ et le tumulte du champ de bataille rend Faction des cadres Impuissante *. . . Napoléon

y eut mourir danfl le carré de Cambronne; maia Soult détourne son cheral en s^écriant: Aht Sire, let ennmUt sont d^à osseM heureux ! Alors rhomme dn de«tin s'enfuit comme le reste . . . L'aigle n'était phti danê le ueret des ditur.

L«- carré cependant tient ferme pour donner à l'emoereur le temps de s'éloigner. Rendet-wmsl lui crie-t-on de tontes parts. Un moi soldatesque; mais digne de Thistoire,- fut la seule réponse de Cambronne; aussitôt, 'comme si la mort n'arrivait pas asses yite au gré de ces béros, ils se précipitent tète baissée dans les rangs ennemis. Un dernier cri de Vive Vemperew! se H\i entendre au milieu de la fumée et du cliquetis des armes; puis l'on n'entend plus fien: la garde est morte, l'eçipire est fini . . .

Si la valeur des troupes anglaises dans cette mémorable journée s'éleva

{'usqu'à l'béroïsme, l'armée française tie resta point au-dessous de sa vrillante réputation, et on ne sait ce qu^on doit admirer le plus, ou de* la fermeté de ces bataillons qui résistèrent pendant deux heures aux charges de 7000 cuirassiers français, ou de l'ardeur des troupes impériales-, qui après une nuit passée dans la boue, se mirent en route le matin, la plupart sans avoir mangé, et soutinrent les fatigues de onse heures de combat et de marche dans un terrain détrempé^ sans se plaindre, sans faiblir sur aucun point malgré les impressions fâcheuses qu'avaient laissées de récentes défections, malgré les poignantes déceptions du champ de bataille ! . . .

A 9 h. du soir, Wellington et le vieux Blùcher se rencontrèrent à Belle- Alliance où ils purent s'adresser de mutuelles félicitations.

Le général Oneisenau se porta avec toute la cavalerie prussienne sur les derrières de l'armée française. Les charges vigoureuses de cette cavalerie, favorisée par un beau clair d« lune, rendirent tout ralliement impossible. Wellington appuya avec une partie de ses troupes le mouvement de Gneisenau et se mit lui-même à la tête des poursuivants; mais la fatigue de ses soldats l'obligea de s'arrêter entre RossQmme et Oenappe.

Les Prussiens continuèrent la poursuite avec une ardeur qui témoignait de leur empressement à venger les désastres d'Iéna, d'Auerstadt et de Ligny. Arrivés à Ûenappe, ila trouvèrent les parcs de l'armée française abrités par des barricades; mais cette précautioui loin d'être utile aux vaincus , augmenta leurs pertes en encombrant le seul passage [ui restât libre pour la retraite. C'est à Oenappe que fut pnse la voiture e l'empereur et les diflférents objets qu'on a depms établis dans un musée spécial à Londres.

Jamais bataille ne fut livrée avec plus d'opiniâtreté et de courage Environ 6000 hommes des deux années périrent dans l'attaque d'Hoiigomont; près de 10,000 Français y furent mis hors de combat; la division Foy seule perdit 3000 h. Les pertes totales s'élevèrent aujt chiffres auivantii: Anglais et Hanovriens 11,678 (dont 2047 tués); Néerlandais 3^7; Brunswickuis 1000; Nassau 1000; Prussiens 7454; total 24,679. Les Français eurent 18,500 h. tués ou blessés et 7800 faits prisonniers; ils perdirent en outre 227 bouches à feu.**

A. iBrta /mon ^, capitaine d'état-m^jor belge, Hist. du due de Wellington.

Brux. 1887, 3 vol. gr. in S^.

Description des lieux. Après avoir suivi pendant 3/4 d'heure la chaussée de Bruxelles à Charleroi, on se trouve en pleine forêt de Soignes. Une grande étendue de cette foret fait partie du domaine qui fu* accordé en 1815 par le roi des Pays- • Bas au duc de Wellington avec le titre de prince de Waterloo, transmissible par droit de primogéniture. Après une nouvelle heure on est au village de Waterloo, qui fût du 17 au 19 juin I8IÔ le quartier-général de Fillustre feldmaréchal anglais. L'église du village renferme , outre un bon biiste de Wellington , de nombreuses plaq^ues tumulaires en marbre posées en mémoire d'officiers

WATERLOO. ' lOrBouU. 87

anglais tu^s à la bataille. Les ^pitaphes sont à peu près toutes rédigées dans le genre de la suivante:

Erected by his brotherg Officen this stone is in memory of Lient. WiUfam iÀvmffsUmê Robey ûfthe BriUsh Royiti Sorte Artiliery, Son of Col. Sir W. Robe^ K. C. B, and K. T. S. — Be fell nobly a# Waterloo 19 June 1815 aged 24 yearê. This wtu the 33th time he had met his couniry'ê foe, amonç which toere fuentes d'Onor^ ^amanca, the Nivelle and the Nive 1912 and 1913. He was Jbiofn» to and disUnguished by the Field-Marshal Dvke of Wellington. Pious to JN'« God^ belwed by his frimds and by his soldiers and devoted to his country^ hi* parents and family^ while they glory in iheir eountry's triumphs, must ever déplore his loss.

(Pose par ses compagnons d'armes en mémoire de Ouill. Livingstone Bobe, lieutenant daiis rartUlerie an glaise à cheval, fils du colonel Sir Ouill. Bobe, chevalier des ordres du Bain et du Chardon. — Il tomba glorieusement à Waterloo le 18 juin 1815, âgé de 24 ans. Pour la 33® fois ii s^était trouvé en face de rennemi de son pays: il fut entre autres à Yuentes d'Onor, à 8alamanque, à Nivelle et à Nive, 1812 et 1813. Le feldmaréchal duc de Wellington l'avait connu et distingué. Pieux envers son Dieu, aimé de ses amis et de ses soldats, dévoué à sa patrie, ses parents et sa famille, tout on se glorifiant des succès de leur pays, pleureront à jamais sa perte.)

Les officiers de la brigade écossaise ont une plaque commemorative à part ; les tombeaux d'Allemands font entièrement défaut, ^armi ceux des Hollandais nous citons les suivants:

Ter nagedachtenis van Willem Anne Baron van Pallandt geb. op den huize Eerdé dm 4. Jan. 1789, als Rittmeester bij het Régiment liyte Dragonders Nro. 4, roemrijk voor Koning en Vaderland gesneuveld den 18. Juni 1815.

Bê heeren Qfieieren van het Régiment Hussaren Nro. 6 in dienste van Zyne Mi^esteit den Koning der Nederlanden aangevoerd door den Colonel Boreely Ridder der militaire Willems-Orde 3. Klasse^ aan hunne brave Wapenbroeders gesneuveld op den 19. Juni 1816 by de bataille van Waterloo. Hun die voor't vaderland in't hamas tyn gestorven Is door dien heldendaad onster/lyke eer verworven. (Ceux qui sont morts sous les armes pour la patrie Ont, par cet acte héroïque, acquis des honneurs immortels.)

Un paysan a eu la singulière idée d'éfriger, dans son jardin (à 50 mètres environ au N. de Téglise), un monument à la jambe que les chirurgiens avaient amputée, sur la table de sa petite aa&ison, au commandant de la cavalerie anglaise Lord Uxbridçe (depuis marquis d'Anglesea, mort en 1854). Cette jambe, en* terrée sous un saule pleureur et recouverte d'une pierre rappelant les titres de son ancien possesseur, a déjà rapporté bien des écus au bienheureux cultivateur, qui ne manque pas d'employer tous les moyens pour attirer chez lui les visitears étrangers.

Sur la route, entre Waterloo et Mont-St-Jean (la distance est en voiture d'une demi-heure), à mi-chemin environ, se trouve à droite, caché derrière une maison de paysan, et par conséquent invisible pour les passants, à eôt^ d'un tas de fumier, un beau sarcophage en pierre bleue élevé à la mémoire du lieutenant-^ colonel anglais Edouard StabUs. Le chemin qui se détache à g. conduit à Termeroii (18 kilom.), dont le château, ancienne rési* dence d'été da prince d'Orange, appartient actuellement au duc de Brabant. Tervueren renfermait jusqu'en 18Ô7 le kesroi de l'Etat, transféré dépuis dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Oemhloftx fR. 2ô).

88 RouUlO. MONT-ST-JEAN.

La route de Waterloo & Hont-St-Jean est bordée presque diois toate sa longueur d^une double rangée de maisons. A Mont- St-Jean, comme nous l'avons déjk dit (p. 81), la route se bifurque; celle de droite conduit à Nivelles, celle de gauche à Oenappe, Gharleroi et Namur. Dès les dernières malsons du village, on s'aperçoit de l'inclinaison du sol qui avait procuré une position si avantageuse aux réserves des Anglais. A g. se trouve la grand» ferme de Hont-St-Jean, pourvue de tourelles à girouettes et de fortes murailles; elle servit d'ambulance pendant U bataille.

On arrive ensuite fà 15 min. de Mont-St-Jean) à un chemin vicinal qui croise la route de TE). |i l'O., çt qui conduit, da côté gauche, à Wavre, du côté droit à Braine-l'Alleud. C'est à l'angle droit de cette intersection que se tint, pendant presque toute la bataille, le duc de Wellington. L'orme qui ombrageait l'illustre feld-maréchal , a été transféré en Angleterre, et exploité de mille façons pour les pourchasseurs de reliques historiques.

Au delà du chemin vicinal, on voit se dresser à g. un' Obélisque (pi. i) , érigé en 1818 par les officiers de la légion anglegermanique (Hanovriens) „ft la. mémoire de leurs (42) eompttgnonê d^ armes f qui sont morts glorieusement dans la mémorable journée du 16 juin 1816".

En face de ce monument, à droite de la route, une eolonne rappelle la mort du lieutenant-colonel Alexandre Gordon. Ces deux monuments se trouvent sur des tertres dont la hauteur in^ dique le niveau primitif du terrain. Les terres enlevées ont servi à former la butte du Lion. Le niveau de la grand'route a aussi été abaissé dans la suite au moyen d'une tranchée, pour adoucir la pente.

A quelques centaines de pas à droite des monuments dont nous venons de parler, s'élève sous forme d'un cône tronqué, et à la place même où le prince d'Orange fut blessé (p. 85), une montagne artificielle haute de 64 mètres, appelée la butte du Lion (pi. 1). On y monte par 2HÔ marches. Elle est surmontée d'un lion colossal en bronze, coulé dans les ateliers de CockeriU à Seraing (p. 38) avec des matériaux provenant des. pièces conquises sur l'ennemi. Il a 4V2 m. de longueur sur 4.45 de. hauteur et pèse 28,000 ïilogr. Les griffes lui ont été enlevées en 183'i par des soldats français, lors de l'expédition du maréchal Gérard pour le siège d'Anvers; l'amour-propre froissé des Français aurait fait subir à ce monument national des dégradations plus graves encore, sans l'intervention du maréchal. Au pied de la butte se trouve une humble maisonnette, logement du gardien, où l'on peut, pour quelques sous (que chaque visiteur est obligé de payer pour l'entretien de l'escalier) s'inscrire dans un registre d'étrangers, et acheter, en outre, quelques reliques (p. 81). La collection de l'hôtel du Musée (p. 81), renfermant aussi différents plans de la bataille et de ses épisodes, mérite également une visite, surtout après qu'on s'est orienté au faîte de la colline.

LA HAIE-SAINTË. 10. RouU. 89

La butte dti Lion présente le point le plus favorable pour s'orienter sur le champ de bataille'. On fera bien de le choisir pour se reini^morer, au moyen de notre pian, les événements de la journée. C'est entre le monument de Gordon et la butte du Lion que Lord Raplanj le chef de l'armée anglaise dans la dernière guerre de Crimée, alors aide-de-camp de Wellington, fît la perte de son bras. Les hauteurs qui s'étendent au pied de la butte^ à l'E. jusqu'à Ohain, à l'O. jusqu'à Me rbe-B raine, étaient . occupées par les premières lignes des alliés. La crête de ces hauteurs n'ayant que fort peu de largeur, la deuxième ligne^ caohée aux yeux de l'ennemi, pouvait être avantageusement distribuée SUT la pente septentrionale, et se développait sur une longueur d'environ une demi-lieue.

Au centre, donc à partir du Lion jusqu'au delà du monument hanovrien, combattaient, joints aux Anglais, principalement les contingents du Hanovre, de Brunswick et de Nassau. La chaîne de mamelons qu'occupait, en face de cette position, l'armée française, en est à une distance d'environ 2000 pas. Les deux armées n'étaient séparées que par le vallon qui s'étend entre ces deux chaînes de monticules. Dès midi, et sans manœuvres artificielles,, les colonnes françaises s'avancèrent à travers ce vallon vers la position anglaise, mais elles furent chaque fois, malgré quelques avantages passagers, vigoureusement repoussées par l'ennemi. Ce ne fut que vers 7 heures du soir que le maréchal Ney, à la tête de la garde, parvint à rompre le premier rang des alliés. Mais au même instant l'aile droite des Français est forcée de céder aux charges des Prussiens; le mouvement rétrograde se communique à toute la ligne, les Prussiens et les Anglais se précipitent en avant, et le sort de la journée se décide, d'autant plus que l'aile gauche des Prussiens avait déjà, près de Plancenoit, pénétré jusqu'au corar de la position ennemie. (Voir le récit de la bataille.)

Les fermes du Pspelotte, de La Haye et de Smohain, positions occupées par des troupes «néerlandaises sous le commandement du duc Bernard de Saxe-Weimar, couvraient l'aile gauche des alliés. Vers ÔV3 h. les Français s'en rendirent maîtres.

Le centre était protégé par la ferme de la Haie^Sainte, située à lOO pas des monuments v mentionnés p. 88, sur la droite de la grande route. Elle fut occupée et défendue avec un héroïsme admirable par le 2® bataillon léger de la légion allemande (Hanovriens), commandé par le major 6. de Baring. Les détails relatifs à cette défense ont été relatés avec une vivacité entraînante par cet officier lui-même dans le Journal militaire du Hanovre de 1831, 2® cahier.

La Haie-Sainte présente un massif rectangulaire de bâtiments contigus ou reliés par des murs, de manière à former un enclos et une cour intérieure. Un verger et un petit jardin y touchent, le premier aa S., le second an N. La porte de la maison in-

90 HoutelQ. HOUGOMONT.

t^rieure porte encore le» traces des boulet» français. Plusieurs combattants s'étalent réfugiés dans la cuisine, qui se trauvait à gauche du jardin et dont la fenêtre ^tait, et est encore, garnie d'un grillage en fer, de sorte qu'il ny avait pas d'issue pour parvenir dans le jardin. Plusieurs de ces malheureux trouvèrent la mort dans le puits de la cuisine, d'où Ton en retira les ca* davres après la bataille. En mémoire de cette vigoureuse défense, le prince royal George de Hanovre (le roi actuel) y a fait placer en 1<^27 une plaque de fer avec une inscription.

Les défenseurs du 3^ poste avancé, le château de Chomont ou d'Hoagomont, à 12 min. du Lion, eurent plus de succès. . Ce point est peut-être le plus intéressant du champ de bataille, tant^ à cause de l'importance qu'il avait eue durant l'action, que parce qu'il présente encore les traces de la lutte meurtrière dont il fut le théâtre. Cette place formait pour ainsi dire la clef de la position anglaise et sa prise eût mis Napoléon à même de tourner les alliés. Au moins 12,000 h. furent conduits à l'assaut de ce château, qui fut, du commencement jusqu'à la fin de la^ bataille, l'objet constant d'une lutte désespérée des deux, parts.

„Le château de Hougomont comprenait à cette époque une vaate maiâon d'habitation, un logement de fermier, une chapelle et des bâtiments d''exploitation, rangés sur les quatre côtés d''un rectangle fermé par lés murs mêmes de ces constructions. A TE. du 'Ch&teau et y attejoant sa trouvait un grand jardin, clos, du côté du K., par une haie et des deux autres côtés, par des murs de briques épais, hauts de plus de 2 mètres. A TE. encore de ce jardin s'étendait un verger b«aucoup plus grand qui n'en était séparé que par Tun de ces murs et qu'entouraient, sur les trois autres côtés, des haies trës-élevées mêlées d'arbres et généralement trèsfourrées, en arrière desquelles était creusé un fossé de quelque profondeur. Un bois taillis (depuis défriché) sous une Aitue très claire, long de 300 mètres au^plus et un peu moins lai^e, couvrait au S. le verger, le jardin et le château, s'en approchant à une trentaine de mètres . . . Tous ces abords étaient occupes par un bataillon de Nassau, détaché de la division Perponcher et fort d'environ 700 h. et deux compagnies, hano* vriennes, dont une armée de carabines. (Quatre compagnies de gardes anglaises (division Cooke) tenaient le château, le jardin et le verger qui l'avoisine. Tous les murs avaient été crénelés et contre ceux du iardin on avait élevé un échafaudage pour tirer par dessus.*^

Charra»y HiU, de la eompoQi*^ de 18X6.

La garnison de cette petite' citadelle, renforcée plus tard par un bataillon de Brunswick, plusieurs fois sur le point d'être débusquée au milieu de l'incendie qui ravageait les bâtiments, résista jusqu'au bout.

Aujourd'hui encore Hougomont, propriété de M^ le comte de Robiano, présente xm aspect de destruction: le» murs du jardin laissent encore voir les créneaux et les traces de la fusillade française. Les bâtiments de construction récente sont également pourvus de créneaux. Dans le jardin, près du mur méridional, on remarque le tombeau de „Jo/tn lAicie BUidtmann** , capitaine dans les gardes anglaises, tué et enterré à cette même place. (L'entrée de la métairie se paie 50 centimes.)

De là, en tournant à gauche et un montant la pente, on arrive

PLANCëNOIT. 10. £ot«Ce. IH

en 20 min. à Belle-' Alliance. Tel est le nom d'une maison isolée, à un ^tage, qui, simple auberge de campagne, porte Tinscriptien suivante, gravée sur une 'dalle de marbre au-dessus de la porte: „ Rencontre des généraux Wellington et Blûcker lors de la niimortÀle baUùUe du 18 -juin 1815, se saluant mutitelUment ^am- . queurs". Quelques boulets de canon sont encore restés fixés dans les murs. La maison éHAt occupée par les Français, dont les lignes étaient rangées immédiatement à côté. Napoléon se tint pendant la plus grande partie de la bataille à droite de la route, à même hauteur.

Au N. de Belle-Alliance, un sentier se dirigeant à g. conduit en 20 min. (direction SE.) au village de Plancenoit ou Planchenois.' A g. sur une petite élévation, en avant du village, se trouve le monument prussien (pi. m), flèche gothique en fonte, à q-uatre faces, et surmontée d'une croix. Sur la face orientale on lit: „Die gefaUenen Helden ehrt dankbar Kbnig und Vaierland. Sic rithen m Frieden. BeHe-Alliance den 18. Juni 1815" (les héros morts honorés par le roi et la patrie reconnaissants. Ils reposent en paix. Belle-Alliance le 18 juin 1815). En 1832, les soldats français, en maïche pour le siège d'Anvers, avaient détruit la croix qni surmontait le monument ; elle a été rétablie depuis et le monument entouré d'un grillage.

Le village de Plancenoit avait été le principal théâtre des combats livrés entre les Prussiens et les Français de 6 à 9 h. du soir.

„Dans toute retendue de Plancenoit et sur les bords du ruisseau, 18 bataillons prussiens sont engagés contre les 11 bataillons de Duhesme et de Moraud et les font plier. Ds Tiennent d'enlever Téglise et le cimetière, malgiré la plus énergique résistance v et ils avancent tov^ours. Dans les jardins, les vergers, les rues, les maisons, la lutte est furieuse: on se fuaille, on se massacre avec une rage qui rappelle Ligny. Mais la disproportion est trop grande; le nombre va remporter.** Char ras.

Les Français furent repoussés du village et poursuivis par la cavalerie prussienne ; vers 9 heures du soir le sort de la journée était décidé; une déroute complète s'en suivit.

Le château de Priehemont, occupé dans le commencement de l'action par l'extrême gauche des alliés, est à ^/^ de lieue de Plancenoit. Par la grand 'route on arrive directement de Plancenoit à Mont-^t-Jean également en ^/^ d'h. Pour arriver du cimetière de Plancenoit à la grand'route (15 min.), il faut, dans le village, prendre le grand chemin à droite. Il aboutit à la grand'route tout près de la maison qu'habitait Coster, qui fut le guide de Napoléon pendant Faction.

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