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Zegers, le mariage de la Vierge

A l'exception des no« 72, 517 et 518, tous les tableaux men-

iSuaée. ANVERS. 11. Route. 103

tionnés jusqu'ici appartiennent à Técol^ brabançonne, qui florissait au 16® et au 17® siècle (p. 11). Une importante acqui- :8ition est venue accroître les trésors du musée d'Anvers après la mort du bourgmestre Van Eribom (en 1840), celui-ci ayant légué A sa ville natale toute sa collection de tableaux, qui consistait principalement en œuvres de l'école flamande du 15® siècle (p. 10). Elles ont été réunies dans la

Salle V. A rentrée: ♦37. — 40., quatre excellents petits tableaux en miniature, formant deux diptyques; Tun représente, dans l'intérieur d'une église gothique, la Vierge portant une haute «t riche couronne et tenant dans le bras droit l'enfant Jésus à demi vêtu; sur le revers, le Sauveur en tunique blanche avec les lettres A (Alpha) et 2 (Oméga) (le commencement et la fui) et P et F (pater et fiUuaJj sur un tapis rouge j en bas, les armoiries des deux fondateurs, abbés de l'ordre de Citeaux, et le millésime de 1499. Le diptyque inférieur représente les portraits des fondateurs. Ces tableaux avaient jusqu'ici été attribués à Jean Mem- Ung; d'après un monogramme, ils on été revendiqués à un peintre ' brugeois de la fin du 15® siècle. Corneille Herrebout.

0. (à gauche) 23. Oérard van der Meire^ le chemin de la croix, retable.

n. 1. et 2. Oiotto, St-Paul et St-Nicolas, deux petits panneaux peints sur fond d'or; — n. ♦H. Jean van Eyck, St®- Vierge vêtue de rouge, l'enfant Jésus avec un perroquet et des fleurs, à g. St-Donat offrant des cierges sur une roue, à dr. le chanoine Van <ler Paelen (le fondateur) en tunique, blanche, agenouillé, tenant à la main son bréviaire et Ses lunettes, à côté de lui, St-George richement armé. C'est une copie du tableau qui se trouve à l'Académie de Bruges; elle est probablement l'œuvre de Oérard Uorenbout. — n. 43. 42. Quentin Massya, Jésus et Marie, deux têtes admirables de beauté et de douceur, longtemps attribuées à Holbein.

e. 18. Stuerbout (T)irk van Harlem)^ St®- Vierge, petit tableau ; — e. 33. Rogier van der Weyden (Rog. de Bruges), annonciation, petit tableau d'un fini remarquable, autrefois au monastère de Lichtenthal, près de Bade, attribué pendant longtemps à Memling (sous verre); — e. •SO. Rogier van der Weyden, triptyque, sur le tableau du milieu, le sacrement de l'Eucharistie, les panneaux latéraux ont pour sujet les six autres sacrements. L'action se passe dans une grande église gothique, les groupes sont séparés, mais réunis par l'ordonnance architecturale. Ce tableau, qui est peut-être le plus précieux de la collection Van Ertbom, est peint avec beaucoup d'éclat. On remarque la diversité des couleurs dans la draperie des anges qui planent au-dessus de chaque action. Elle s'explique par le symbolisme de l'église catholique qui admet des degrés divers d'anges, selon qu'ils sont plus ou moins détachés des intérêts de ce bas monde; — e. 35. MemUng, un cha-

104 Route Ih ANVERS. St-Jacques.

noine de l'ojrdrc de St-Norbert on prière; — e. •?. 8. Hvbert vun Eyck, St®-Viergp et les donateurs.

s. 8). HoVbem le j., portrait du c^èbre Erasme de Rotterdam }

— s. 74. Victor et Henri Dvnvege (de Dortmund), St®-Famille;

— 6. à à^. et à g. du précèdent: ♦ôô et 56. Jan Gossaert (Jean de,Ma\jiheuge)j les saintes femmes et les juges jujstes.

Dans la rue du Jardin, on fait voir, au profit des pauvres^, la galerie particulière de JI/*»< J. de Wuyts.

*St-Jacqiie8 (pi. 18) est, après la cathédrale, l'église la plus remarquable de la ville, et même plus riche encore par la profusion des ornements en marbre et .le grand nombre des monuments qu'elle renferme. Les premières familles avaient leurs caveaux , leurs chapelles particulières et leurs autels dans cette église. La plus intéressante de ces chapelles est celle de la famille de Rvhens, derrière le maître-autel, dans le pourtour du chœur. L'église rappelle un peu, par l'éclat exagéré de sa décoration intérieure, le mauvais goût du 17® siècle.

Le grand portail se trouve du côté sud, dans la longue rue Neuve. La porte est surmontée de l'inscription: „honden uyt OodU tempet" (les chiens hors du temple de Dieu)! Une affiche apprend que le prix à payer par les visiteurs est de 1 fr. pour 1 pers., de IV? fr- pour 2 pers., etc.

Le grand nombre de tableaux masqués ou inaccessibles rend l'accompagnement du sacristain indispensable; on est le moins gêné pour la visite de l'église entre midi et -âVg h., oîi il n'y a pas de service. Le sacristain demeure dans la deuxième maison derrière l'église.

Contre le premier pilier à droite de l'entrée 0.: Résurrection par Van Baeleni au-dessus, *le portrait de ce peintre et de sa femme, par Van Dyck. Chapelles de la nef méridionale. 1'® chap. Monument de Fél. Bogaerts^ auteur belge (f 1851), avec son portrait par De Keyser. 2*^ chap. M. de VoSy tentation de St-Antoine. 3® chap. E. Quellyn, St>-Roch entre deux anges. 4® chap. Le retable de l'autel et les longs tableaux en face, par O. Vaniui. Les vitraux de la :>® et 4® chap. sont modernes. 5® chap. •Fr. FioriSf des femmes occupées autour de l'enfant Jtfsus et de St-Jean. 6® chap. M. Coxcie, le baptême du Christ; Franck, quatre tableaux à volets. Dans le transept méridional, une érection de la croix, exécutée en ronde bosse en 1719 par Van Voort. — Chapelles du choeur. 1'® chap. O. Vœnivsy St®-Cène. •Vitrail de 1()26: Rodolphe de Habsbourg, cédant son cheval à un prêtre portant le St-Saçrement (en bas, les donateurs). En face: Van Dyck, le corps du Christ. 2® chap. Van Baelen^ la Trinité. Sur le revers: *Jordaen8j la vocation de St-Pierre. En face, contre le mur du chœur: Corn. Schiit, Marie pleurant sur le corps du Christ. 3® chap. Zegers, St-Ivon; *3/. de Vos, martyre de St- Jacques. 4*^ chap. Zegers, apparition de Jésus-Christ; le Christ

8i-Jaeque8. ANVERS. 11. Route. 105

.flagellé, groupe en marbre. 5® chap. ♦Chapelle de Ruben^. Le tombeau du grand artiste (f 80 mai 164^', à l'âge de 64 ans) est couvert d'une pierre tumulaire placée en 1755 et sur laquelle on Ut entre autres éloges: non sui tantum aactdi sed et omnis avi Apelles dici meruit". A dr. et à g., deux figures de femmes de la descendance dé Rubens, sculptées en 1839 et 1850 par Geefs. L'autel est orné d'un excellent tableau peint par Rubens tout particulièrement pour cette destination. Ce tableau est en outre remarquable par la circonstance que l'artiste y a introduit son propre portrait sous les traits de St-George, celui de ses deux femmes (la deuxième, qui se distinguait par sa beauté, s'appelait Hélène Fbrman) sous les traits de Marthe et de St®-Madeleine. A côté de ses femmes, la fille de l'artiste; la' personne en robe bleue est sa nièce, dont le portrait est aussi connu sous le nom du „C1iapeau de paille"; au miliey, le portrait de son père sous les traits de St-Jérôme; à dr. son grand-père sous ceux du Temps. L'autel est. surmonté d'une belle *statue de la Vierge, sculptée par Lucas Faidherbe et apportée d'Italie par Rubens.

6® chap. Jordaens, St-Charles-Borromée invoquant l'intervention de la Vierge pour obtenir la guérison des pestiférés. 7® chap. Van Linty les adieux de St-Pierre et de St-Paul. 8® chap. Victor Wolfroetj une Visitation; Moons (f 1845), Jésus et les disciples à Emmaûs. 9® chap. Vitraux de 1641, en partie restaurés. En face, sur le mur du chœur: Van Baelen, la Trinité; Thyssens, le sacrifice d'Abraham. Dans le transept septentrional: Thyssens, assomption de la Vierge. Contre le pilier, *Com. Schiit, le corps du Christ reposant sur les genoux de sa mère.

Chapelles de la nef septentrionale: 1'® chap. Coherger, St®-Hélène donnant la croix à son fils Constantin. 2® chap. M. de Vos, une gloire (triptyque); *Van Dyck, le Christ en croix; audessus, des vitraux représentant la Cène, peints par Van der Veken. H® chap. *B. Van Orley , le jugement dernier; sur les volets, St-George et le bourgmestre Rockox (p. 102) avec ses trois fils,- St®-Catherine et Madame Rochox avec ses onze filles. 4® chap. H. van halen Vaine, adoration des Mages; *Rycktiert, portrait de J. Doncker et de sa femme. 5® chap. Tableau d'autel, insignifiant; C. de Vos, portrait de Corn. Landschoot (f 1656). Triptyque de Martin de Vos, entrée de la Vierge dans le temple. 6® chap. Mausolée du général espagnol del Pico (f 1693). — Autels à dr. et à g. de l'entrée du chœur: Quellyn, la mort de St-François ; Boeyrmans,, assomption de la Vierge. A l'entrée du chœur : des statues d'apôtres en marbre de grandeur naturelle, par Van Voort, De Cuyper, Kerix etc. Le maître-autel a été exécuté d'après un dessin de Rubens; la chaire de vérité, sculptée en bois, est de WiUemsens. Les stations en bas-relief sont de Qeefs et de Cuyper.

En traversant quelques rues au N. de l'église de St-Jacques, on arrive à Bt-Antoine (pi. 13), petite église de Capucins, -^on-

106 Boute IL ANVERS. St-Andrê.

«truite en 1575; elle possède deux tableaux dignes d'attention; à g. ♦Vlan Dyck, le Christ pleura par les siens et deux anges; à dr. Bvbenê^ la Vierge remettant l'enfant Jésus à St-François.

8t-Charlef (pi. 16), l'église des Jésuites, non loin de la ca^ tbédrale, commencée en 1614. Un grand incendie Tayant entièrement consumée en 1718, elle fut reconstruite immédiatement après sur l'ancien plan, mais avec moins de luxe. Cette basilique, dont les plans ont été dressés par le père jésuite François Aguillon, est d'un aspect imposant ; elle a une galerie supérieure, supportée, comme les nefs, par des colonnes en pierre. La façade est riche, mais d'un style trop maniéré. La tour est, sans contredit, la plus remarquable de toutes les tours d'églises belges érigées depuis la renaissance. Parmi les objets d'art de l'intérieur nous ne citons que: Schut^ assomption de la Vierge, tableau du maître-autçl; à g. Zegersj la Vierge et l'enfant Jésus adorés par St-François-Xavier ; à dr. dans la chapelle, Wappers^ la présentation au temple.

L'églife def Aug^tinf (pi. 14), construite en 1607, possède un grand tableau d'autel peint par Bubens, le mariage de St®- Catherine. Ses dimensions, le grand nombre de ses figures, et le soin avec lequel il est traité, en font une des plus belles œuvres de ce maître. Malheureusement son état de conservation laisse à désirer. A dr. de l'entrée principale on voit en outre: Lena, présentation au temple, à g. CeU^ Elisabeth et Marie; l'un et l'autre datent du commencement de ce siècle; plus loin à dr., une copie du crucifiement de Van Dyck (p. 102); une copie du Christ h la paille de Bubens (p. 101), et, comme tableau d'autel, Jordaensy le martyre de St®-Apolline. A g., un tableau d'autel de Van Dyck^ la vision de St-Augustin. Dans le chœur, à une assez grande hauteur. Van Brée, le baptême de St-Augustin. Les deux tableaux de Rubens et de Jordaens avaient été emportés à Paris par les Français; pendant leur absence, ceux de Van Brée et de Cels avaient été mis à leur place.

L'ancien couvent des Augustins a été converti en une galerie couverte (ou passage), appelée cité; Anvers tenait autant que Liège et Bruxelles (p. 36 et 74) à posséder une construction de ce genre. L'entreprise a complètement échoué; une partie en est transformée en bourse provisoire.

St- André (pi. 12), église construite de 1514 à 1549, a une grande chaire de vérité sculptée en bois par Van Oeel et Van Hool; elle représente le moment où le Sauveur appelle les apôtres Saint- André et St-Pierre, tandis qu'ils se livrent à la pêche sur le lac de Oapernaiim; les figures sont de grandeur naturelle. Dans la chapelle septentrionale du chœur: OovaertSy la fuite en Egypte; ZegerSf St®-Anne instruisant la St®- Vierge ; puis un vitrail moderne, placé en 1855. Dans le chœur: 0. Ventwa, crucifiement de St- André; Quellyn, l'Ange gardien. Dans la chapelle méridionale du chœur : Franck^ St®-Cène (tableau d'autel) ; JordaenSy adoration

Théâtre. ANVERS. 11. Rouit. 107

des Mages ; Er. QueUyn^ le Sauveur à Emmaùs ; Er. Quellyn, St*- Famille. Les deux statues près du chœur représentent, celle de g., St-Pierre, par A. QueUynj celle de dr., St-Paul, par Verbruggen. Dans les transepts: deux grands tableaux modernes, à dr. le Seigneur sur les genoux de sa mère (une Pietà), par Verlaf, à g. une mise au tombeau, par Van Eycken. Autel latéral sud: Pepyriy crucifiement; nord, Franck, St®-Anne enseignant les enfants, nombreuses figures. Les nefs latérales sont dtfcortfes de grandes compositions modernes (des stations) par Kremers, Correns^ Van Ysenâyk, Roy et autres. Contre un pilier du transept méridional, on ▼oit un petit portrait en médaillon de Marie Stuart, accompagné d'une inscription, placé là à la mémoire de cette reine infortunée et de deux de ses suivantes par le fîls d'une de ces dernières. Une inscription sur le pilier S. du chœur rappelle le souvenir du peintre Const. Wauters (f 1853).

La Bonne, construite en 1531, dans son temps la plus somptueuse de l'Europe, a été la proie d'un incendie en 1858. (Bourse provisoire, v. p. 106.)

Le palaif du roi (pi. 35), sur la place de Meir, n'est point visible au public C'est un ancien hôtel construit en 1755 en style Pompadour pour un patricien anversois.

La maison de Bnbeni (pi. 30), rue Rubens, % peu de distance du palais du roi, est la plus grande maison à deux portes cochères qui se présente à main gauche. Elle sert actuellement, à ce qu'il paraît, de dépôt de marchandises, et a reçu une nouvelle façade. L'inscription porte : J564. Has ades illxistratissimi Rubenaii irihabUaverunt parentes. Renov. 18M.

Le grand théâtre (pi. 37), achevé en 1834, est fort élégant et splendide à l'intérieur. Au-dessus de l'entrée et aux quatre coins on a placé des bustes de poètes et de compositeurs, au milieu Grétry, Molière, Mozart, Racine, Lopez de Vega, Téren^e, Shakspeare, Goldoni, Sophocle; à droite Corneille, Schiller, Méhul, Van der Vondel (le meilleur poète néerlandais du 17® siècle), Eschyle, Gluck, Spontini et Euripide. En haut, les statues des neuf Musses.

Non loin du théâtre, dans Véglise 8t-Oeorge fpl. 17), consacrée en 1853, mais encore inachevée, l'étranger ne manquera pas d'aller visiter les belles fresques récemment exécutées par les peintres anversois Guffens et Sweerts ; elles représentent St-George % cheval, le Christ, les évangélistes, etc.

Le «Jardin soologiqne (pi. 29), fondé en 1843, % l'E. de la ville, derrière la gare du chemin de fer, est peut-être le plus important qui existe. Les nombreuses inscriptions, indiquant les donateurs des animaux ou les fondateurs des diverses petites constructions qui leur servent de logement, témoignent de la faveur et de l'intérêt qui s'attachent à cet établissement. On remarque surtout le grand bâtiment décoré en style égyptien, où se trouvent

106 HottU Ih ANVKKS. Quaië.

la girafe et l'éléphant. Entrée pour les étrangerF, 1 tt. par personne. En été, concert le mardi et le jeudi de 6 à 8 h. On ne saurait mieux utilis^er quelques heures avant le départ, qu'en se livrant, le compte de l'hôtel étant réglé et le bagage déposé à la station, à une paisible promenade au milieu du monde multiforme qui peuple le jardin zoologique.

De belles promenades (v. p. 110) séparent le jardin zoologique de la porte de Malines, dans le voisinage de laquelle, dans l'intérieur de la ville, non loin de la Société artistique mentionnée p. 92, se trouve le Jardin botanique, avec de belles serres et des parterres supérieurement tenus.

Nous avons, dans ce qui précède, renseigné le voyageur sur ce qui est digne de l'occuper dans l'intérieur de la ville. Mais il reste encore à signaler les curiosités qui se rattachent au caractère maritime de la ville, et à l'examen desquelles le voyageur consacrera volontiers quelques heures, ne fût-ce que pour se remettre de la fatigue que donne à la longue la contemplation des objets d'art.

Et avant tout nous l'engageons à une promenade sur les quais de l'Escaut, où se déploie parriculièrement le mouvement maritime et l'activité commerciale d'Anvers. Ils sont l'œuvre de Napoléon, qui les fit construire en 180*2, et s'étendent depuis l'arsicnal, près de la citadelle, jusqu'aux bassins (env. 20 min. de marche j

Pour arriver au quai en venant de la Place Verte, on traverse une porte ornée, du côté de l'Escaut, de quelques bas-reliefs et de la pompeuse inscription que voici:

Cm Tagus et Oangea, Rhenus cui servit et Indusi

Unie famuLus gaudet volvere Scaldis aqua», Quaaque oUm proavo venit sub Caaare puppesj Haa vehit auapiciiSy magne Philippej tuis.

S. P. Q. Antwerp. hanc moiem dedic. XVII. cal. Maji MDCXXIV,

(Vers celui, à qui obéissent le Tage et le Gange, le Rhin et rindus, l'Escaut vient rouler avec plaisir ses ondes complaisantes, et comme il porta jadis les flottes de ton aïeul, l'empereur, il en fera de même encore sous tes auspices, grand Philippe.J

Le „grand Philippe'* à qui le „sénat et le peuple d'Anvers'* ont rendu cet hommage, est l 'arrière-petit-fil s de Charles-Quint^ Philippe IV (16*21 — 1665J, le même souverain, sous lequel l'Espagne déchut complètement de sa grandeur, qui lui fit perdre le Portugal (1640J et qui dut finir par signer l'acte qui en 1648 sanctionna l'indépendance des Pays-Pas.

La halle aux poissonf (pi. 32), en face du débarcadère des. bateaux à vapeur anglais et à côté de l'hôtel du Rhin (p. 91), a été établie il y a une vingtaine d'années; elle a une double cour et, à l'étage supérieur, une rangée de fenêtres. Entre 7 et 9 h. du matin on y vend aux enchères des poissons de toute espèee (B. 15). Le bâtiment attenant à la halle aux poisson»

Bassim. ANVERS. //. Route. 109

au coté E. et flanqua de tourelles, appartenait autrefois au tribunal de rinquisition. On voit euoore dans la cour de.s carcans et plusieurs inscriptions rappelant ce tribunal. Les cachots servent aujourd'hui de caves.

Les ponts à bascule traversant les canaux qui servaient autrefois de port, près des bassins, rappellent vivement la Hollande. Ces canaux subissent les effets du flux et du reflux; à la marée basse, les bateaux y sont à sec.

Les *baBBin« se trouvent à l'extrémité N. du quai. Ils ont ^té construits par Napoléon de 1804 à 1813 et ont coûté 13 millions de francs; par un décret daté du 21 juillet 1803, Anvers avait été déclaré le premier chantier maritime de l'ouest de la France. En 1813, environ 30 vaisseaux de guerre de premier ordre étaient à flot dans ses bassins; l'année suivante, la flotte anglaise remonta l'Escaut et bombarda sans succès la flotte française stationnée à Anvers. Le petit bassin (long d'environ 163 mètres sur une largeur de 131) peut contenir ICO navires de grandeur moyenne; le grand, long de 386 m. sur une largeur de 166, a une capacité trois fois aussi forte. Les nouveaux bassins du Kattendyckj plus au nord, à l'endroit où le canal qui relie la Meuse à l'Escaut débouche dans ce dernier, inaugurés en 186<', ont 350 métrés de longueur sur 140 de largeur. Le petit bassin du dok de réparation peut être mis à sec en ^/^ h. au moyen d'une machine à vapeur. Ces bassins ont pour le voyageur qui n'a jamais vu de port de mer, un attrait tout particulier. C'est tout un monde nouveau ; constamment on y rencontre des vaisseaux de pays lointains. Les enseignes des boutiques annoncent qu'on se trouve ici au milieu des nationalités les plus variées : le cordier s'appelle tantôt touwsleeger ou ropemaker, tantôt cordier^ cordelaro ou cordaro; il y a là un café Scandmavia, un café Franklin^ Washington^ Salve Virgen Maria etc.

Entre les deux anciens bassins, on voit séléver un édifice quadrangulaire, d'un aspect antique et de grandes proportions, appelé la maifon hanséatique (pi. 31). Il servait autrefois d'entrepôt aux villes de la hanse .teutonique et a été construit dans leç formes strictes du style de l'époque ; en bas, des colonnes d'ordre dorique; en haut, des colonnes d'ordre ionique; une inscription, accompagnée des armes des trois villes hanséatiques, porte : Sacui Romani Imprkii Domvs IIaksae Tevtonicae (15G4). Guichardin (p. 2) en disait au 16^ siècle: palaiium Hansa Tmtonica^ magnificum prorsuA et regium optM, commode positum inter duos ^anales in urbe nova. Jusque dans les dernières années, la mai* son hanséatiqne servait de demeure au représentant ou consul des villes hanséatiques. Sous Napoléon on l'avait transformée en caserne de marine. En 1863 les villes hanséatiques l'ont donné en paiement à la Belgique, comme prix de l'abolition des droits de l'Escaut.

110 liontUll. ANVERS. CitadeUe.

Le grand bassin est bordé d'une rangée de beaux et vastes bâtiments construits sur pilotis; ce sont les entrepôt!. Ils sont reliés par des rails à la station du chemin de fer.

Les nouvelles fortifications d'Anvers, en construction depuis 1859, se composent d'un mur d'enceinte qui s'étend à plus d'Vz 1. de l'ancien, de deux citadelles (au N. et au S.) défendant la viUe et le cours de l'Escaut, et d'une série de forts détachés à ^/^ 1. de Tenceinte. L'an cienne citadelle, actuellement appelée la citadelle du sud, à l'extrémité S. des quais, a été construite par l'Italien PacioUi^ par ordre du duc d'Albe, qui espérait, par cette forteresse mettre un frein à l'esprit révolutionnaire de la cité. Elle forme un pentagone régulier à cinq bastions, qui portent les noms de PacioUi, Fernando^ Toledoi Duc et Albe^ et se flanquent mutuellement. Elle a longtemps passé pour une forteresse modèle, surtout depuis que Carnot, qui lui-même y soutint un siège de 4 mois et un bombardement de 3 Jours, y eut introduit de notables améliorations en 1814. Dans les derniers temps, elle est devenue célèbre par le siège de 1832, commencé le 29 nov. de cette année et terminé par la capitulation du 23 janv. suivant. Les Hollandais assiégés étaient commandés par le général Chassé (f 1849J ; les travaux de siège étaient dirigés, du côté des Français, par le général Haxo; les troupes occupées aux tranchées se trouvaient sous les ordres du duc d'Orléans. Les Français avaient 223 pièces d'artillerie, qui tirèrent 63,000 coups de feu sur la citadelle, de sorte que tout n'y était plus qu'un amas de ruines.

La ville s'agrandit à pas de géant, surtout au S., où l'on voit s'élever tout un nouveau quartier, le boulevard Léopold; c'est ici qu'on a placé en 1861 la '^statue colossale de Boduognat, chef des Belges, sculptée par Ducaju. Les Jolies plantations entre ce quartier (porte de Malines) et la station du chemin de fer de l'Etat, oflfrent des promenades charmantes.

Chemin de fer de Bruxelles à Anvers (prix, train express en 50 min., 4 fr. 50, 3 fr. 50-, train ordin. en 75 min. 3 fr. 50, 2 fr. 70, 1 fr. 75). Jusqu'à Malines voir p. 56; de Malines à Anvers les stations sont: Dvffel^ Coniieh (embranchement pour Tumhout, v. pi. b.), Vieux-J)teu. Le convoi franchit la yèthe, petite rivière qui éprouve déjà les effets de la marée. A dr. on ▼oit le village de Duffel avec son petit manoir gothique de Ter-Eht; viennent ensuite à g. le village de Coniieh^ et plusieurs maisons de campagne, enfin, après avoir passé la petite station de Vieux-Dieu^ le village de Berehem^ oui, pendant le siège de la citadelle d'Anvers en 18S2, fut le quartier- général des Français.

L'embranchement de Contich à Tumhout (parcours en il/g h.) s'arrête d'abord à Lierre, Cette ville de 14,651 hab. a une importante fabrique de soie', l'église principale de St-6ommaire, commencée en 14'i6 et achevée en 1567, possède de beaux vitraux, dont trois ont été donnés par l'empereur Maximilien. Les stations suivantes sont Nylen^ Bovwet^ fferenthali^ bourg de 4665 hab. (diligence pour Oheel, v. pi. b.), Lichtaert^ Thielen. La ville de Tumhout^ chef-lieu d'arrondissement, compte 15,241 hab.*, on s'y livre, entre autres branches d'industrie, à l'élève des sangsues.

Une diligence part tous les Jours 2 fois de Herenthals (parcours en 21/2 h., prix i fr. 90 c. \ une voiture de louage, près de l'église à dr., se paie 12 fr., aller et retour) à Oheel. Cette commune rurale {* Hôtel de la

TERMONDE. 72. BouU, 111

Campine; Armêi de TttmJunU^ où s'arrête la diligence) est renommée comme ookmt'e d'aliéniê. Les malades, au nombre de 800 à 1000, sont mis en pension chez des personnes de Tendroit et des localités voisines. Le territoire sur lequel ils se trouvent ainsi dispersés, a bien 10 1. de circonférence; il est divisé en 4 sections, placées chacune sous la surveillance d''un médecin et d''un surveillant. Le médecin-inspecteur est le D'' Bulckens. Les malades, avant d'être remis à un nourricier pour être occupés, sont d'abord reçus et observés a Yinfirmerie, Us circulent librement dans lea alentours de leur demeure ; seulement ceux qui ont cherché à fuir ou qui ont commis quelque violence, ont des entraves aux mains. Le système suivi à Oheel pour la guérison des aliénés a eu ses détracteurs, mais e» définitive il paraît être approuvé par la plupart des hommes de Tart. L'église de Stfi-Dymptta (princesse irlandaise convertie au christianisme,, qui mourut décapitée par son propre père, v. pi. b.) possède im bel *autel, avec Tapothéose de la patronne. Dans le pourtour du chœur, on voit la châsse de la sainte, décorée de peintures représentant des épisodes^ de sa vie et exécutées par un contemporain de Memling. Deux autres *châsses, richement peintes et sculptées (récemment restaurées à Bruxelles),, se trouvent dans les chapelles du chœur. Près de l'église on remarqueun groupe en pierre peint et entouré d'un grillage; l'inscription porte:

Al$ tnen sehre^ 30. Mey zeshondert jaer

h Dympna hier onth<asi van haer eygen vaer.

(En Tan 6(X), le 30 mai, Dympna fut décollée ici par son propre père.)- C'est aux vertus miraculeuses de cette sainte que se rattache l'origine de* Oheel comme colonie d'aliénés. Cependant l'exorcisme n'est plus que fort rarement appliqué, et les petites cellules sombres, attenantes à l'église,. oh les malades un peu turbulents faisaient la neuvaine préparatoire, ne sont plus guère occupées.

IS. De Broxelles (oa Anyers) à Oand par MalinM.

Parcours jusqu^à Malines , 30 à 40 min. ; juscu'à Oand II/2 à 21/2 b. Prix de Bruxelles à Oand. train express 6 fr. 50, train ordinaire ô l'r. 30,. 4 fr., 2 fr. 65', d'Anvers a Oand, quelques centimes de plus. — Voie directe de Bruxelles à Oand, parcours en IV2 h., prix 4 fr. 70, 3 fr. 50, 2 fr. 30 e. Stations : Temaik, DenderUewp, AlosU Ledi, SekeUebelle,

WeUeren^ Jfelle. — Chemin direct d'Anvers à Oand, voy. B. 21.

I)£ Bruxelles à Malines, voir p. 55, d'Anvers à Malines p. 110. Après avoir quitté la station de Malines et franchi le canal de Louvain et puis la SennCy le convoi prend la direction de Touest. Les villages qui se trouvent à droite et à gauche de la route, sont : Homheck, CapelU, LoiïdtneeU Malderen, Opdorpf liugçtnhoiif et BatAfode. Opdorp est le premier endroit de la Flandre; le cimetière de cette commune faisant partie du territoire du village de Malderen, on dit des paysans d'Opdorp qu'ils sont nés Fia* mands et enterrés Brabançons.

TemoBde, flam. Dendermonde (Plai d'Etain; Aigle; Demi- Lune), petite ville fortifiée (8637 hab.), au confluent de la Dendre (rivière navigable) et de V Escaut; le pont de l'Escaut a été construit en 1825.

En 1667, Louis XIV assiégeait Termonde à la tête d'une armée considérable, mais il dut en lever le siège, forcé par les inondations que les assiégés avaient produites en ouvrant les^ écluses. En 1784, l'empereur Joseph II fit démanteler les fortifications, qui ne furent rétablies qu'en 1822. L'ancienne éçfliêe de Notre-Dame possède deux belles compositions de Van Dyek, un crucifiement et une adoration des Mages, un tableau de De

1 12 Route 72. ALOST.

Craeyer et des fonts baptismaux d*une haute antiquité. A part cela, il n'y a guère sujet K s'arrêter ici.

Pass^ Termonde, le convoi franchit la Dêndre et s'arrête près du Tillfi^e d'Audeyhem.

Embranchement pour Ath (parcours en 2 h.) par Alost^ Ninwe, Orammont et Lessines. Le convoi met 15 min. pour arriver à Aloat, flam. Aefst (Mà'son cf Autriche; Pay»-Bas: Troia-Uoi»), Cette ville, située sur la Dendre, compte 19,254 h.; elle était autrefois la capitale de la.Flandi>e Impériale et la place frontière dans cette direction. L'église de St-Martin^ construite d''apTes un plan largement tracé, n'a point été achevée ; il lui manque les deux tiers de la nef, la tour et le portail. Elle renferme une <Euvre capitale de Rubens^ peinte en 1631 en huit jours de temps, dit-on, et représentant St-Roch priant pour les pestiférés. L'ordonnance est la même que sur le tableau du même maître dans Téglise de St-Bavon à Oand (p. 119), en haut le Christ et St-Roch, en bas l'effet de la peste (le musée de Gand en possède une copie, p. 124). Alost fait un commerce considérable eh houblons La ville a fait poser une statue en l'honneur de son premîer imprimeur, Thierry (Dirk, lat. Theodericus) Màertens; elle est. ToBuvre de Jean Oeef». Les carillons mécaniques ont été inventés k Alost.

Après Audeghem vient la station de Wicheleny puis Wettererij commune rurale de 9161 hab. C'est ici que se raccorde le chemin de fer direct de Bruxelles à Gand par Alost (p. 111). On brasse à Wetteren une bonne bière connue sous le nom d'uyUet.

La voie décrit une vaste courbe, correspondant à peu près à celle de V Escaut, qui reste à droite presque jusqu'à Gand ; parci par-là on aperçoit des voiles et des mâts s'flevant au-dessus des bouquets d'arbres qui masquent la vue du fleuve. Station de MeUe, puis Ocmd. Un peu avant d'arriver, on traverse l'Escaut; aux abords de la gare on voit à g. le jardin zoologique avec ses constructions en style mauresque (p. 128). ^Buffet-restaurant tarifé.

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