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Be Broxelle» à Vamiir pax Braine-le-Comte et Charleroi

(Voie directe par OUignies, v. R. 36.) A moins d''être trèe-prease , on donnera la préférence à la route par Braine-le-Comte et Charleroi, qui demande 3^/2 h. de temps. Prix 7 fir., 5 Ir. 20, 3 fir. 4ô c. \ départ de la station du Midi, côté sud de Bruxelles. Aux abords de la station , on voit à dr. une belle fontaine en fonte surmontée d'une statue dont le front est ceint de la couronne murale et qui porte à la main une couronne de lauriers; cette œuvre de Fraikin est destinée à consacrer le souvenir de M*" iV. J. kouppe, bourgmestre de Bruxelles de 1830 à 1838.

Aq sortir de la station, on aperçoit à g. la porte de Hai (p. 71) ; le convoi traverse le boulevard et parcourt un terrain de grasses prairies, à travers lesquelles serpente la Senne^ que l'on franchit à Forest

Au delà de Ruysbroekj le chemin de fer côtoie le canal de Charleroi (p. 78), dont le niveau est en certains endroits plus élevé que celui de la voie ferrée. La contrée est fort accidentée ; les tranchées et les remblais se succèdent. Stat. de Loth.

Hal (Hôtel des Pays-Bas), ville de 7813 hab., située sur la Senne et le canal de Charleroi, pèlerinage célèbre dans tout le pays par son image miraculeuse de la Vierge. Cette Madone constitue la principale richesse de l'église de Notre-Dame (autrefois église de St-Martin), édifice du style gothique le plus pur, possédant une vaisselle très-riche, donnée par les empereurs Maximilien I®' et Charles-Quint, le pape Jules II, les ducs de Bourgogne, et les gouverneurs espagnols et autrichiens. Le maîtreautel, exécuté en 1533, est un ouvrage magnifique en albâtre du temps de la renaissance, orné d'un grand nombre de bas-relief^ ; les fonts baptismaux, coulés en bronze en 1440, sont également d'un bien beau travail. Un monument en marbre noir, représentant un enfant endormi, porte l'inscription: „Hic jacet Joachimus Oalliot Delphinus, Ludovici XI fUius" (f 1460). Dans une autre chapelle on conserve, dans une caisse rerouverte d'un grillage, 33 boulets de canon en fer et en pierre. La légende rapporte qu'ils ont été recueillis par la Vierge dans les plis de sa robe pendant un siège que la ville eut à soutenir il y a quelques siècles. Les habitants prétendent que chaque fois que l'on compte ces projectiles, on trouve un nombre différent.

Suit la station de Lembeeq. Passé Tubise, on enfile un tunnel (1 minute de parcours) et arrive à Braine-le-Comte, petite ville de 0221 hab., dont on n'hésite pas à tirer le nom de Brennus, le chef des Gaulois Senonais. Ici la voie se détache de celle qui conduit à Mons (p. 181), ce qui amène pour certains convois un changement de voitures. Ecaussmesj la station suivante, a de grandes carrières de pierre bleue; on la taille en tablettes, qui sont polies et vendues sous le nom de granit des Flandres. Un peu avant la station de Manage, après avoir

164 lîoute '23. SENEFFE. De BruxelUa

traversé le canal de Cliarleroi (p. 78), on rencoDtre les pr»mièreâ liouillères.

Manage-Mons, embranchement desservant une contrée excessivement riche en i>roduit8 miniers et manufacturiers, et particulièrement les houillères du bassin du Centre, comprenant les charbonnages de La Loutfiire, de Boii-dn-Luc et de liraeqitegnies etc. A Bois-du-Luc on voit de grandes casernes d''ouvriers. Sur la hauteur à g. se montre le village de liouMoit. Ue temps à autre on aperçoit un petit cours d^eau, appelé la Haine^ qui a donné son nom à la province de Uainaut. Durée du parcours, 1 heure, parfois 2, par suite des retards qu'occasionne le grand mouvement de marchandises, en vue duquel le chemin de fer a été principalement établi. Prix: 2, II/2 et 1 fr. Les stations intermédiaires sont La Louoière, Bracquegnies, Havre, Of>ourg, Nimy. Un tronçon se détache de La Louvière dans la direction Est vers Bascoup^ en passant par Baume et Afariemont. Près de ce dernier endroit , on voit encore les ruines d'un château de chasse construit en 1548 par la gouvernaïntç des Pays Bas Marie de Hongerie, et livré aux flammes six ans plus tard par Henri II roi de France. A quelques pas de là se trouve la splendide villa d'un des plus riches industriels du pays, M' Abel Waroequé.

Hanage-Wavre. Cette ligne est à proprement rtire la continuation septentrionale de celle de Hanage-Mons^ elle atteint à OUignies (p. 170) le point d'intersection des lignes Bruxelles-Namur et Louvain-Charleroi (p. 167). Parcours en 2 h.j prix des places, 3 fr. 45, 2 fr. 66, 1 fr. 70 c. Les stations sont: Seneffe, Feluy-Arguennei^ Nivelle» (ville de SSîîO hab.), Oenaj^e^ Bousval, Court- St- Et: enne^ Oltigniea^ Limai, Wavre [y. p. 52), Près de Seneffe s'étend le champ de bataille oii fut livré en 1074 un combat entre le prince de Condé et le prince Guillaume III d'Orange, qui tourna en faveur des Français. Le 2 juillet 1794, les Autrichiens y furent battus ^ar les Français commandés par les généraux Marceau et Olivier. C'est a Genappe que les troupes prussiennes s'emparèrent, le soir de la journée de Waterloo (18 juin 1815), de la voiture de Napoléon (p. 86).

Passé Manage le convoi traverse un tunnel (1 min.) et s'arrête successivement à Oouy-le&~Piéton j Pont-h-CeUes et Luttre. La contrée présente des accidents de terrain plus variés et plus élevés; la voie décrit fréquemment des courbes et franchit à plusieurs reprises le canal de Charleroi (p. 78). Au débouché d'une profonde et longue tranchée, on voit s'ouvrir un charmant paysage, peuplé de campagnes et agréablement coupé par de verdoyants coteaux. Les stations suivantes sont OosselieSj petite ville située sur la hauteur, Roux et Marchiennes-au-Pont , toutes localités occupées le 15 juin 1815 par des troupe» prussiennes. Ces troupes se retirèrent après de longs combats à gauche sur St-Amand et sur Ligny (1 lieue NE. de Gosselies) , où se livra le lendemain la célèbre bataille (p. 168).

Les environs de Marchiennes et de Charleroi sont remarquables par les beaux sites qu'ils présentent et l'activité industrielle extraordinaire qui s'y déploie. C'est sans contredit la partie la plus intéressante de la route. Des collines boisées et de jolis villages encadrent ou peuplent pittoresqnement une plaine soigneusement cultivée et animée par un mouvement industriel incessant. Des centaines de cheminées annoncent les nombreuses houillères, usines et verreries des alentours.

Le canal de Charleroi (p. 78), sur une longue étendue, est rempli de bateaux transportant à Bruxelles les riches produits de

â Namur. CHARLEROI. 2.Î. Route. 165

la fiontr^e. La voie h atteint Ja Sambre, qu'elle franchit 16 fois dans le parcours qui reste encore à faire jusqu'à Namur.

Charleroi (Hôtel Durin; Payê-Bas; Orand'Monarquej est la Tille la plus moderne de la Belgique (1*2,782 hab.). Fondée en 1666 par Charles II, roi d^E^pagne, en l'honneur duquel l'ancien village de Chamoyj noyau de la ville, prit le nom de Charleroi, Louis XIV la fit fortifier par Vauban. En 1794, les Français rinvestirent quatre fois, et ce ne fut qu'à la dernière extrémité, la veille de la bataille de Fleurus, le '25 juin (p. 170), que la garnison se rendit. Le 23 mai, le général autrichien Kaunitz y avait remporté une victoire sur les Français, auxquels il prit 25 canons, en leur faisant 13U0 prisonniers. Démantelée Tannée suivante, la citadelle fut reconstruite en 1816. On en voit les remparts couverts de verdure au sortir de la station. Près de celle-ci s'élève, depuis 1852, une pri«;on d'un aspect imposant et ayant tout l'apporence d'un ancien château gothique.

A Charleroi «e raccordent jleux embranchomt-ntA: (Vlui de Charleroi-Krquelinnes-Parist parcours train -express 6V2 h , train ordinaire 8 heures.

Celui deCharleroi-Vireux {chemin de fer de r Entre- fki mbre et Meuse), parcours II/2 à 2 h., prix 6 Ir. 70, 4 fr. GO, 3 fr. 75 cent. Stations: La Sambre^ Jatnioulx, Hameau, Berzée, Walcourt (ici se raccorde un embranchement vers la petite forteresse démantelée de Pftiiippevifle, par St- Lambert et Florenne»), Silenrieux, Cer/ontaine, Mariembourg^ OUoy^ Vierves, Vireux^ petite localité située sur la Meuse au-dessus de Oivet. forteresse française (p. 17U). Chemin de fer de Givet à Reim».

Passé Charleroi, le convoi de Namur traverse la grande route qui conduit à Philippeville, passe devant les établissements métallurgiques de Cotùllet et s'arrête au village de ChatelineaUj renommé par ses vastes usines. En face de Chatelineau, la petite ville manufacturière de Châtelet (4000 hab.).

Embranchement de Chatelineau à Morialmé et Givet. desservant les nombreuses houillères et usines de la contrée (parcours \'^/4 h. , prix 2 fr., 1 fr. 20 cent, et 80 cent.) c* communiquant par un tronçon avec Walcourt^ station de la ligne d'Entre- Sambre et Meuse (v. pi. h.).

Le paysage devient peu à peu plus calme, la Sambre serpente par de nombreux détours à travers une riante vallée couverte de prairies et encadrée de collines boisées. Les stations qui suivent sont: Farciennes, Tamints fk dr. l'ancienne abbaye Sainte-Marie d'Oignieêj convertie en une importante fabrique de glaces), Auve- Lais, Moustiery Flortffe. A droite, sur une hauteur, on voit apparaître la pittoresque abbaye de Prémontrés de Floreffe (style rococo), actuellement occupée par un séminaire théologique. Plus loin, dans une gorge boisée à g., on voit briller les bâtiments de l'ancienne abbaye de Afo/onne, siège d'une école normale épi8copal(5. Toute la vallée de la Sambre est comme semée de vieux châteaux, de villas modenies et de fabriques Bientôt l'on aperçoit devant soi la citadelle de Namur; le convoi tourne les fortifications de la ville et s'arrête à la station de la Porte de fer (porte de Louvainj.

Haarnr, en flam. fiamen (*H6tel Haracampy expédition des diligences, ch. 2, d. 2%y déj. 1, serv. 1 fr.; •HôtéL de Hollande;

166 Bouie^JS. NAMUR.

* Hôtel BeUevue), chef-lieu de la proyince du même nom, a 2Ô|989 hab. Par sa situation topographique, cette ville a de tout temps été un point stratégique très-important. Du temps des Itomains elle fut la capitale des Aduatiques, descendants des Gimbres et des Teutons. C^sar {De bello gailico II, 29) rapporte, qu'après avoir battu les Nerviens près de la Sambre (ad Scibim fluviwnj jy AduaUci, cunctis oppidia castelUsque deserUSy 8ua omnia in unum oppidunif egregie natura muniturriy contulerunt. Quod quum ex omnibu» in circwtu partibus (dtiasimaa rupea deêpectusqîie habereiy una ex parte leniter accLivis aditusy in UUitudinem non ampliui OC pedunij relinquebatur ; qtiem locum dupOei altissimo muro mtinierant; tum magni ponderi» saxa et prttaeutai trabes in muro coUocarant." •

(Les Aduatiques, après avoir déserté toutes leurs villes et eaatels, transportèrent tout leur bien dans une ville admirablement |>rotëgée par la nature. Entourée de tous les côtés par des rochers tres-élevés et dominant tout le pays, elle n'était accessible que d'un seul côté par une pente légère d'une largeur de 200 pieds: celle-ci fut défendue par un double mur d'une grande hauteur, sur lequel ils placèrent d'énormes blocs de rocher et des poutres pointues.)

Le 20 juin 1815, après la bataille de Waterloo, Namur fut le théâtre de sanglants combats entre les Prussiens et Tarrièregarde du corps de Orouchy, commandée par Vandanune, qui parvint à y arrêter la poursuite de l'ennemi.

Les divers sièges que Namur a eu à soutenir dans les temps anciens et modernes, ont eu pour résultat, qu'à l'exception du beffroi (p. 115), du 11^ .siècle (le couronnement est du 15®), et du couvent de St-Aubin, bâti en 1464 et servant aujourd'hui de palais de justice, presque tous les édifices de cette ville sont d'origine moderne.

La ^cathédrale (St^Aubin), consacrée en 1772, est une des pins belles églises du style romain. Elle est surmontée d'une coupole et précédée d'un portail de colonnes corinthiennes. Des deux côtés du maître-autel se trouvent deux statues en marbre exécutées par Delvaux et représentant St-Pierre et St-Paul. A g. du maître-autel, un crucifiement, copie d'après Van Dyck; à dr., le mausolée de l'évêque Pisani (f 1826) par Parmentierj sculpteur de Gand (1829). Derrière l'autel, le tombeau de Don Juan d'Autriche, le vainqueur de Lépante, mort au camp de Bouge, à V4 de lieue NE. de Namur, le 20 août 1578. Il lui a été érigé par Alexandre Farnèse et porte l'inscription suivante : Atmnculo amatisaimOy «er"»^ Prin. Joanni Auatriaco D. Car. V. Imp. fîUoy po8t Mauro8 m lietica rebeUante» subjugatos Twcarumque max. classem apud Fatras eo duce funditus fugatam deUtamque cum in Belgio pro rege ageret in caatris Bougiania continua febre in ipso juventiUis flore s%U>lato"y etc. La chaire de vérité, en bois <Ie chêne, est l'œuvre du sculpteur Geerta et date de 1848. Les autres objets d'art de l'église n'offrent rien de très-remarquable; ^^ tableaux sont pour la plupart des copies d'après Rubens.

NAMUR. 2.3. Route. 167

L'église de St-Loup, autrefois des Jésuites, construite de 1621 à 1645 dans le style propre à cet ordre, repose sur douze colonnes doriques de marbre rouge. Des tables en porphyre et des pilastres doriques en marbre noir revêtent les murs du choBur. Les voûtes sont couvertes de sculptures d*un dessin élégant et varié, exécutées probablement par un pénitent. On y montre la percée qu'y a faite un boulet lors du siège de 1692, sous Louis XIV. Sans cela rien de remarquable.

La citadelle occupe remplacement de Tancien château des comtes de Namur. Elle a été reconstruite en 1794 et a reçu depuis 1817 des améliorations considérables. On obtient la permission de la visiter chez le conmiandant de place ; belle vue sur la vallée de la Sambre et de la Meuse. C'est au pied de la citadelle que se fait la jonction de la Sambre et de la Meuse ; des ponts en pierre sont jetés sur les deux fleuves; celui de la Sambre date de 1854. *

Namur possède depuis 1840 un pénitencier pour femmes; il est organisé d'après le système d'Auburn ; les détenues travaillent en commun pendant le jour dans le silence le plus absolu, et couchent dans des cellules isolées.

La coutellerie namuroise jouit d'une grande réputation et rivalise avec celle d'Angleterre; le magasin le mieux fourni est celui de la manufacture royale de J. F. Licot, rue des Fossés.

La vallée de la Meuse en amont de Namur n'est pas moins pittoresque que celle en aval. Un après-midi disponible ne peut être mieux employé qu'à une excursion à Dînant (p. 175).

Bateau pour Liège, v. p. 176, pour Dînant p. 174.

Chemin de fer pour Luxembourg et Trêves, v. p. 170.

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