‹ La Belgique et la HollandeChapitre 40 sur 73 · De Bruxelles à Namur · texte numérisé non relu

De Bruxelles à Namur

en suivant la grand' route par les champs de bataille.

Nous ne pouvons passer cette route sous silence, bien que tout service de voitures publiques y ait cessé depuis Touverture des chemins de fer. Les souvenirs historiques de Tan 1815 qui s*y rattachent nous défendent de la négliger.

S'il ne s'agit (}ue de jeter un simple et rapide coup d'œil sur les champs de bataille, on peut y arriver le plus commodément par le chemin de fer de L ou vain à Charleroi tdécrit sommairement à la p. 52). Cela ressort de la simple indication des stations: Louvain, Héverlé, Weert-Sf-Oeorge , Oastuche, Wavre^ Limai, Ottignies^ Court-St- Btienne, La Roche, VWers-la- Ville, Tillf, Marbais^ Lfgny, Fleurux, Ransarl, LodeUHêort^ Charleroi. ~ De BruxêtU» à Ottignies (p. 164) et à Warrc <p. 164), il y a 4 trains par jour^ Ottignies est le point oh se rencontrent les trois lignes Brus elles- Namur (p. 170), Wavre-Manage (Mons) (p. 164) et Louvain-Charleroi.

La partie de la Belgique que traverse la nhaussée, a été depuis des siècles la scène où se sont débattues à la pointe de répée les querelles des potentats européens, où se sont épanchées les anciennes haines des nations et des races. Toute une suite de <*hamp8 de bataille s'étend entre Bruxelles et Namur. WaUHoo

168 Roui^24. QUATREBRAS. Pe BruxeUe>i

Quatrebraêf Ligny et 8t-Amand, Wavre, flturWj Charleroi etc., se suivent à peu de distance Tun de Fantre.

A 4 lieues de Bruxelles est situ^ WftterloOi v. p. 86.

A 3 lieues de là, Gensppe, station du chemin de fer de Ma* nage à Wavre (p. 164). C'est ici que, le soir de la bataille de Waterloo, les Prussiens poursuivant les d^ris de Tarm^e française, firent la capture de la voiture de Napoléon, que celui-ci venait de quitter avec une telle hâte, qu'il y laissa son chapeau et son é'pée. Un grand nombre de blessés furent massacrés, entre autres le général Duchesne, qui fut percé de coups à la porte de Tauberge du Roi d'Espagne.

Près du hameau de Qnatrehras, à 1 bonne lieue sud de Genappe^ la route se divise, comme l'indique le nom même, en quatre bras,, snivant les directions de Charleroi, de Nivelles, de Bruxelles et de Namur C'e^t ici, que dans l'après-midi du 16 juin 1815 les troupes anglaises (vsurtout écossaises), avec les contingents de Nassau, de Brunswick et des Pays-Bas, arrêtèrent le maréchal Ney dans sa marche. A 4 h. du soir, dans un engagement avec les troupes du maréchal Ney, qui eut lieu à 400 pas du hameau, sur la droite de la chaussée, le duc Frédéric-Guillaume de Brunswick trouva la mort glorieuse du soldat. A Tangle que forme la route de Namur (SE.) avec celle de Charleroi, le duc de Wellington, à la tête du 22® régiment anglais, faillit, quelques minutes plus tard, être fait prisonnier par la cavalerie française.

A une petite lieue de là, dans là direction de Charleroi, se trouve le village de Fraifne^ jusqu'où les Prussiens poursuivirent les Français dans la nuit qui suivit la bataille de Waterloo (p. 86).

Sombreffé, à 4 lieues de Genappe. Le 16 juin 1816, le \^^y 2® et 3® corps d'armée prussiens étaient réunis autour de ce village. Le soir, très-tard, le feldmaréchal Bliicher apprit que le général Bûlow, qui commandait le 4® corps, ne pourrait arriver le lendemain. Néanmoins le vieux maréchal persista à concentrer son. armée et à livrer bataille sans d'autres renforts.. Le duc de Wellington avait promis personnellement du secours un peu avant le début de la bataille.

Le 16 juin, vers midi, l'armée prussienne, forte de 82,000 h., se trouvait déployée près des villages de Lignj et de 8t-Amandt situés à un quart de lieue sur la droite de la chaussée, en face de 120,000 Français. Napoléon avait espéré que Blûcher quitterait sa forte position pour commencer l'attaque, mais voyant „i{ae le vieux renard ne débusquait pas^j il fit avancer vers 2V2 h. la division Lefol contre le général Steinmetz, chargé de la défense de St-Amand. L'attaque dirigée contre ce village, malgré des succèa partiels, ne réussit pas. Vers cinq heures, l'aile droite des Prussiens fut victorieuse près de 8t- Amand-la- Haye et de ^t-Amand-U-Hameuu ; si les Anglais étaient survenus en ce moment, le sort de la bataille eût été décidé. Les Prussiens.

h Namur. LIONY. 24. Route. 109

poussant lear succès trop loin, furent -à leur tour refoulas vers lagny. — Le deuxième acte de la bataille se romposa de plusieurs attaques des Français sur Ligny; dans les deux villages les rencontres se firent avec la fureur du désespoir, et avec des alterhatives de victoire et de défaite. Dès le commencement de l'action les Français s'étaient emparés du cimetière, et s'y défendirent, au moyen de leurs bouches à feu, avec plein succès.

Bliicher se tenait près du moulin de Bus^y^ Napoléon en face^ près de la Tombe de Ligny. Jusqu'à 8 heures le combat resta, sans décision. Toutes les forces prussiennes avaient été au feu,, le centre était épuisé, aucune réserve ne s'approchait. Le 9® corps d'armée, compris dans le chiffre indiqué de 82,000 h., était établi à l'E. près de Mont-Potriata , Tongrme et Tonffrtnelle, le 4^ s'avançait seulement dans la direction de Hfmnyt. Une pluie . d'orage survint et Napoléon tira proilt de l'obscurité et d'une trouée qui s'était produite dans la position prussienne, pour rompre cette dernière au-dessous de Ligny (8V2 heures). „ Quatre escadrons d'uhlans conduits par le colonel Lûtzow débouchent sur le lïanc droit; cette charge audacieuse est arrêtée par un bataillon de la garde qui s'est formé en carré et renverse de son feu le quart des uhlans, et Liitzow, l'ardent patriote, l'intrépide partisan de 1813, tombe sous son cheval tué et reste prisonnier. ^uit autres escadrons renouvellent la tentative. Ils sont sabrés et culbutés à leur tour. D'autres charges sont successivement fournies avec des chances diverses par ces escadrons ralliés, par d'autres encore du corps de Zieten; mais, comme le feu de l'artillerie et de l'infanterie, elles retardent, sans l'empêcher, la marche des Français. Dans une de ces extrêmes tentatives, pour conjurer la défaite, l'indomptable Blûcher a son cheval tué. Il tombe et reste embarrassé sous sa monture. Les cuirassiers français passent sans l'apercevoir. 11 n'est sauvé que par le courage du capitaine Nostitz, son aide de camp, et un retour de ses escadrons qui ramènent les cuirassiers" (Charrcu). La bataille était perdue; des deux côtés 11,000 à 12,000 hommes étaient soit tués soit mis hors de combat.

Toutefois Napoléon avait manqué son but de disperser l'armée prussienne, et BlQcher, par son noble dévouement, avait rendu de grands services à Tarmée anglaise qui était éparpillée et suiprise, et qui n'avait soutenu, près de Quatre-Bras, qu'avec une peine extrême, grâce aux divers renforts qui lui arrivaient successivement, la lutte contre la division du maréchal Ney.

La retraite nocturne de l'armée prussienne par TiUy et Mont- St-Ouibert sur Wavre (p. 52), est presque sans exemple dans l'histoire militaire. Elle se fit dans un ordre tel, que le lendemain les Français en Ignoraient la direction et croyaient que Blficher s'était retiré sur Namnr. Ce ne lut que dans l'aprèsmidi du 17 qu« le maréchal Qrouchy fut expédié à la poursuitr

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