De Bruxelles à Luxembourg^ et Trêves
Trou de Han-fur-LeMe.
Chemin de fer jusqu^à Luxembourg, parcours en 71/4 h.^ prix 18 fr. 40, 13 fr. 80 et 9 fr. 30 c^ de Luxembourg à Trêves en 11/2 — 2 h.\ prix 3 thlr. 6, 2 thlr. 3 et 1 thlr. 15 sgr. Le seul train direct n'a pas de voitures de 8^ classe. — L'embarcadère est au Quartier Léopold, au bout de la rue de Luxembourg.
Les premières stations sont BoiUfoH et Orofntndad (omnibus pour Waterloo, p. 80), deux localités entourées de bois, promenades favorites des Bruxellois. Entre Oroenendael et La Hulpe^ on découvre dans le lointain, à droite, le lion de Waterloo (p. 88 ). Rixensartf à g. le château du comte de Mérode. OttignUs, point 'intersection des lignes Bruxelies-Namur, Louvain-Charleroi (p. 62)
MARCHE. 25. Boide. 171
et Wavre^Manage-Môns (p. 164). Puis viennent les stations de Mont-St-Ouiherti au milieu d'un joli paysage (à dr. le château et le parc da Birbaix), et de Chaatre^ dernier village du Brabant. La première localité de la province de Namiir est Oembloux, dent l'ancienne abbaye est occupée par le haras de l'Etat. Près de là se trouvent (depuis 1860) l'institut royal d'agriculture et plusieurs raffineries. Stat, de St-Denis^ Boveaae, puis de Rhime; de là à Namur le chemin a été en grande partie fraytf à travers des rochers calcaires. Rien de plus gracieux que l'aspect de la vallée de la Sambre aux abords de Namur.
Kamur, v. p. 165.
A partir de Namur la voie traverse, par de profondes tranchées et de hauts remblais, les plateaux plus ou moins arides et les vallées des Ardennes; elle offre des échappées pleines 4e charme. Après avoir franchi la Meuse, on découvre derrière soi et sur sa droite uu ravissant panorama, comprenant la ville de Namur, sa citadelle et les misons qui bordent la chaussée de Dinant. Les premières stations sont Nanmney Assesse, Natoye; puis vient Cmey^ l'ancienne capitale du Condroz (le Condrusi de César), nom que portait autrefois la partie du pays située sur la rive droite de la Meuse entre ce fleuve et l'Ourthe. Un peu avant d'arriver à ce bourg, on passe, à g., devant le château du célèbre géologue Omalius d'Halloy ; de Ciney, un omnibus conduit les voyageurs à Dinant (23/4 1-, prix 1 Vg ^f •)• Suivent Haverêin et Aye, station pour Marche, qui est situé à 1 lieue E. (omnibus en 3/^ d'h.).
Harche (Cloche d'or J^ capitale de laFamenne, contrée trèsfertile en ftroment (2320 hab.). C'est ici que fut conclu le 12 février 1577, entre Don Juan d'Autriche et les Etats des Provinces, l'acte connu dans l'histoire sous le ûom d'Edit perpétuel, sanctionnant la Pacification de Gand (p. 114). Marihe était autrefois fortifié; en 1792 Lafayette y fut fait prisonnier par les Autrichiens.
Passé Aye, la voie ferrée forme une pente jusqu'à la station de JemeUe, et donne vue sur la vallée de la Wanmie. Le village de Jemelle est situé au confluent de la Wamme et de l'Homme, qui est un affluent de la Lesse.
Aux abords de la station, on voit à dr. un joli chalet en rocaille^ il désigne rentrée d'une grotte nouvellement découverte, la grotte de la, Wanune (entrée 3 fr. pour 1 pers., 5 fr. pour 2 pers.), sous les rochers calcaires qui longent le chemin de fer. Cette gi'otte, moins spacieuse que celle de Han, est fort intéressante par la tortuosité de ses galeries*, on y a découvert une quantité d'objets qui font supposer qu'elle a été habitée.
Jemelle (carrières de marbre et de pierre bleue, fours à chaux) est la station de la ville de Roche/ort (Hôtel de Londres; de •rEtoile), ancien chef-lieu du comté d'Ardenne, pittoresquement couché sur les borda de THomme, au pied d'un ancien château. Un omnibus attend les voyageurs pour les conduire au village de Han, à iVa 1- O. (prix, aller et retour 3 fr.). La visite de la grotte coûte 5 fr. par personne et demande environ 4 heures de temps.
Près du petit village de Han-sur-Leêse, le lit de la Lesse est barrt^' par un mur de rocher, qui le traverse dans toute sa largeur, et la rlvièr
172 HouU 25. ARLON. De BruxelUs
s'engouffre dans une montagne calcaire dont elle parcourt les c^TÎtës immenses pour ne reparaître au jour qu'à un kilomètre plus loin. Ces ca- ▼itës sont connues sous le nom du *Troa de Han ou de Belvaux. La caverne se compose d^une série de chambres de dimensions les plus VBriées. Suivant les fantasques conformations des stalactites qu'elles présentent, ces chambres ont reçu des noms particuliers, et comme de raison, quelque peu romanesques: TrOne de Pluton^ Boudoir de Proserpine^ Oalerie de lYiape etc. La sortie se fait en nacelle. La visite de cette grotte, qui a été considérablement agrandie dans les derniers temps, demande quatre heures^ le sol glissant la rend un peu fatigante. Néanmoins c'est une excursion pleine d'intérêt. Le guide, qui demeure dans le voisinage, se munit de torches^ l'aubergiste de Han sert également de guide.
La station qui vient après Jemelle est Orupont Le cheniin longe les sinuosités de VHomme. Sur la g. on voit s'élever pittoresquement l'ancien château de Mirwart. Stat. de Poix, desservant la petite ville de 8t-Hnbert (2632 hab.) (Peste; Hôtel du Luxembourg)^ située à 7 kilom. E. St-Hubert est célèbre par la chapelle qui contient les reliques du Saint dont elle porte le nom.. L'ancienne abbaye a été convertie en pénitencier pour de jeunes condamnés. L'église, beau monument du style flamboyant, à cinq nefs très-élevée« et pourvue d'une petite crypte très-intéressante, est du 16^ siècle (la façade et les tours de 1700). Une chapelle à g. du chœur renferme un *8arcophage avec 8 bas - reliefs, sculpté par O. Oeefs de Bruxelles. C'est un don du roi Léopold.
Les points d'arrêt qui suivent sont: Lihramonty situé à la limite des bassins de la Lesse et du Semois, station desservant le village de Recogne, qui s'étend à dr. sur la chaussée qui conduit à Bouillon et Sedan; Longlier, station desservant la petite ville de NeufchâUaUy située sur la dr. à 15 min. de là (1873 hab.); Mcwbekan avec une belle église de construction récente; Hahaylor'Neuvej d'où, en traversant une plaine de culture, on arrive à Arlon.
Arloa (Hôtel de V Europe; Hôtel du Nord), ville de 5647 habitants, chef-lieu de la province belge de Luxembourg. C'est une des plus anciennes villes du royaume (sur l'itinéraire d'Antonin elle est désignée sous le nom d'Orolaunum vicus), fortifiée jadis, aujourd'hui de jour en jour plus florissante. Elle est située sur tine montagne, à 404 m. an-dessus du niveau df la mer. Embranchement d'Arlon à Longwy.
Entre Arlon et Luxembourg, les stations sont Sterpenich (fr. Sterpigny), frontière belge, BeUmgen, douane grand-ducale (la visite des effets se fait à Luxembourg), CapeUen, Marner et Berlrange.
Luxembourg (Hôtel de Cologne; Hôtel de Luxembourg), forteresse de la confédération germanique, occupée par une garnison prussienne de 6000 h., capitale du grand-duché de Luxembourg (placé sous la souveraineté du Roi des Pays-Bas), avec 12,170 habitants. La ville haute, qui constitue proprement la ville de Luxembourg, est située comme un chàteau-fort au sommet d'un plateau rocheux, qui ne se continue que du côté de l'O., et descend, des trois autres, par une pente rapide de 64 m. pour remonter de l'autre côté par une pente tout aussi escarpée.
h Trhves LUXEMBOURG. 26, RouU. 173
L'étroite vallée, resserrée entre ces deux hauteurs, est arrosée par le Peter Aaeh (on Pélruaae) et VAlxeUef et s'est couverte peu à peu d'un grand nombre d*habitations qui forment la Tille basse, se composant du faubourg Pfaffenthal au N., et des faubourgs Clausen et Orund au S.; ces deux derniers sont séparés par le Bouc (v. pi. bas). L'activité industrielle de cette vallée est très-considérable ; la branche prédominante sont les tanneries. La vallée de l'Alzette, près de Luxembourg, forme un fossé de fortification creusé par la nature , semé de maisons et coupé par-ci par-là de murailles. La montagne et la vallée, animées par une population active , les bizarres conformations des rochers, les jardins, les touffes d'arbres, les imposants établissements militaires qui s'élèvent de tous côtés, tout cela présente, surtout quand on s'en approche du côté de Trêves, un tableau d'une merveillease beauté. L'aspect pittoresque de la ville est encore rehaussé par les gigantesques viaducs que l'établissement de la voie ferrée dans la direction de Trêves et de Diekirch a fait construire dans ces ^ derniers temps, et par celui qui domine la vallée de la Pétrusse et sert de commimication entre la ville et la station du chemin de fer.
Les fortifications réunissent le caractère grandiose des ouvrageî' modernes à la hardiesse des castels antiques. Elles sont en partie taillées dans le roc, ce qui rend la comparaison avec Gibraltar fort naturelle. Un rocher étroit qui surplombe la vallée — on l'appelle le Bouc — est excavé et casemate du haut en bas ; il peut contenir plusieurs milliers d'hommes à l'abri de la bombe. De «ombreuses meurtrières commandent la vallée de l'Alzette dans les deux directions. C'est sur ce rocher que serpente la route ^e Trêves.
Ces puissantes fortifications datent de cinq siècles; chaque nouveau souverain s'est attaché à y ajouter de nouveaux ouvrages, depuis Henri IV, comte de Luxembourg (devenu empereur d'Allemagne sous le nom de Henri YII, f 1312) et son fils Jean l'Aveugle, le belliqueux roi de Bohême (f 1346), jusqu'à nos jours. Vauban en construisit une grande partie sous Louis XIY, <iui s'en était rendu maître en 1684. Luxembourg est la véritable école de l'ingénieur. Camot l'a nommée qla plus forte place de l'Europe aprhs Gibraltar ^ le seul point d^appui pour attaquer la France du côté de la Moselle".
A part les fortifications et un paysage ravissant, Luxembourg offre peu d'intérêt pour le voyageur. Du magnifique château, -bâti par le comte Pierre- Ernest de Mansfeld, gouverneur espagnol de 1545 à 1604, il ne reste, dans la ville basse, qu'un portail avec quelques reliefs et inscriptions de provenance romaine. Les •célèbres jardins de Mansfeld n'existent plus que de nom; on appelle ainsi un parc du versant oriental, près de la porte de Trêves, qui offre un point de vue magnifique.
Chemin de fer de Luxembourg à Mets en 3 h.» prix: 6 fr. 7Q, 5 fr., tJ fp. 6û c.
174 UovUiiô. ^BOUYIONE.
Notre voie s'engage, près de la stat. d'Oetringerij dans la chai^ mante -vallée de la Sire. A g. on voit, au dessus du château de ViUerSf les restes d'une construction païenne au faîte d'une cx)lline boisée. A dr , Schuttrinpen avec un château. Roodt est la station suivante. Entre OUingen et Bettdorf la voie longe la live droite de la Sire.
Stat. de Wecker. La voie franchit quatre fois de suite la Sire, après la seconde fois un tunnel; près de Merteti elle entre dans la vallée de la Moselle Passé WcuserbilUg, à l'embouchure de la Sure dans la Moselle , sur la frontière du Luxembourg , se trouve /gel y avec son célèbre ^monument romain, le plus remarquable en deçà des Alpes. C'est un obélisque de 26 m. de haut, construit par la famille des Secundini.
Vis-à-vis de Ckm% notre ligne débouche dans celle de Sarrebrûck à Trêves , et atteint bientôt la gare de cette dernière ville, sur la rive gauche de la Moselle.
Quant à la ville de Trêves (Hôtel de Trhvts; Maison Rouge; . Ville de Venise; Cour de Luxembourg) y et pour la route de Trêves à Sarrebrûck ou à Coblenz, voir Baedeker , le Rkiny 6^ édition.