De Namur à Dînant et à Oivet
Le bateau à vapeur pour Dinant (23 kilom.) part en été deux fois par jour et fait le trajet en 3 h. pour 13/^ fr. Diligence de Dinant à Oivet (19 kilom.) deux fois par jour. Un après-midi disponible à Namur, ne peut être mieux employé qu'à une excursion sur la Meuse supérieure. Le chemin de fer de Namur à Dinant a été inauguré le 10 nov. 1862.
La vallée de la Meuse en amont de Namur est étroite et enfermée entre des hauteurs boisées et rocheuses. Ses bords sont animés par de gracieuses maisons de campagne et de riants villages. Nous passons successivement devant Lm Plante (rive gauche), long village, promenade favorite des habitants de Namur, Dave (rive droite), en face de Fooz (g.), Tailfer (dr.) avec d'importantes usines , Frêne (dr.), grottes intéressantes , Profondeville (g.) avec des carrières de marbre, Riviire (g.) avec le château de M*" Pierrepont, Oodinne (dr.) (non loin de là, le rocher de Frappe-Cul et la grotte de Chauveau), RouiUon (g.) avec le château de M' Demanet.
La partie située entre RouiUon et Dinant est particulièrement pittoresque. Dès au-dessus de Roûillon s'élève un rocher de tuf fort escarpé, appelé la roche aux Corneilles; il se présente plus favorablement en descendant la rivière.
dr. Yvoir (à l'embouchure du Botq), g. MouUnSj ancienne abbaye de Citeaux, occupée par une usine, g. Anhêty dr. Houx^ dr. PoUvaehey ruines d'un fort bâti sur le roc, détruit par les Français en 1ÔÔ4. Un peu plus haut, les ruines de la Tour de Monay
g. BouTigne, une de plus anciennes villes de la contrée, réduite aujourd'hui au rang d'une simple commune rurale. On y
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-voit . les ruines de Tancien chiteau de Crhvecaur. Pendant le si^ge de 1554, trois femmes s'y réfugièrent avec leurs époux, résolues à aider et à encaurager la garnison. La défense fut désespérée, tous les hommes périrent, les femmes seules furent épargnées. Pour échapper aux brutalités des vainqueurs, elles se précipitèrent du haut de la tour et furent fracassées sur les rochers.
dr. Dînant (Poste; *Tete ctorJi ville de 7130 hab., pittoresquement couchée au pied d'un rocher dépouillé que couronne une citadelle. Des escaliers taillés dans le roc conduisent de terrasse en terrasse jusque sous les murailles de la citadelle. La vue, resserrée par les saillies des rochers, ne s'étend pas fort loin et n'embrasse guère davantage que les étroites rues de la ville et le vieux pont de la Meuse. Néanmoins la situation du fort sur un roc escarpé donne au paysage un caractère de grandeur tout particulier.
En 1467, les habitants de Dinant durent terriblement expier leur audace d'avoir pris parti pour la France contre le duc de Bourgogne. La ville fut assiégée par Philippe-le-Bon et son fils, le comte de Charolais (Gharles-le-Téméraire). Les Dinantais ayant obstinément rejhisé la capitulation qu'on leur proposait, le duc finit par ordonner l'assaut. Alors seulement les Dinantais se rendirent et présentèrent les clefs de la ville. Celle-ci fut livrée au pillage et Philippe fit précipiter en sa présence 800 citoyens dans le fleuve. En 1554, Dinant fut de nouveau pris et pillé par les Français, commandés par le duc de Nevers; les Français s'en emparèrent derechef en 1675.
L'église de Notre-Dame est un bel édifice gothique du 13* siècle, avec un portail magnifique; le clocher a 67 m. de haut. Un escalier de 408 marches taillées dans le rocher derrière l'église, conduit à la Citadelle.
Voitures pour la grotte de Han (p. 172), parcours en 4 h., prix 2.5 fr. iyn passe devant le domaine privé du roi Léopold (résidences royales Ardenne et CiergnoH).
Aux portes de Dinant, la route vers Givet passe par la roche à Boyard. On appelle ainsi un rocher que Louis XIV a fait percer et qui s'élève en pyramide sur la rive dr. de la Meuse; dans le voisinage se trouvent des carrières de marbre noir, et tout près de là le beau village d'Anaeremme avec des rochers surplombant la vallée. La Lesse vient ici déboucher dans la Meuse. Un peu plus loin la route mont-e.
Le plus beau site de la route est celui du château de Freyr, propriété de la maison de Beaufort-Spontin , entourée de parcs. D'un côté du fleuve se dressent des rochers à pic, présentant les contours les plus bizarres, de l'autre des coteaux boisés qui s'élèvent en amphithéâtre. Le paysage reste magfiifique jusqu'à Falmiçno%d. La route passe par WauUori (g.)? HasUlre (g.), Hermelon (g.) et BUùmont (dr.). Près de Heer on exploite du marbre rouge.
En avant de Givet on découvre du sommet d'une colline une
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vue charmante sur cette ville, rehaus.^^e par PefTet des sinuosités du fleuve et par les fortifications.
A 19 kilom. de IMnant, Giv«t (Cygne; Mont cfOr). Cette place de guerre française se compose de deux parties stfpar^es par la Meuse: Oivet-St-Hilaire sur la rive gauche, au bas de la montagne sur laquelle est situtf Charlemontj et Givet-Notre-Dame sur la rive droite. Chacune de ces parties a une enceinte bastionn^e , garnie de demi-lunes et environnée en grande partie «i'nn fossé rempli d'eau. La population est d'environ 4000 hab. La ville a ériçé en 1835 un monument à un de ses enfants les plus illustres, le compositeur Méhul, né en 1763, mort en 1818.
Givet est relié à Charleroi par deux chemins de fer: celui de Vireux (p. 165) et celui de Morialmé-Chàtelineau (p. 165); l'un y conduit en 6V2? l'autre en 2V4 h.