De Namur à Liège
Chemin de fer, exploité par la Compagnie, française du Nord. Les voitures portent les armoiries des villes de Namur et de Liège. Trajet en '2 h.\ prix des places, train express 6 fr. 20 et 4 fr. 70; train ordin. 5 fr., 3 fr. 80, 2 fr. 50 cent. '
Bateau à vapeur, en été le matin et le soir, à partir du commencement de septembre le matin seulement*, le tri^et se fait, quand les eaux ne sont pas trop basses, en 4 b. (le trajet en amont demande 6 à 7 h.). Prix: l'e pi. 21/2, 2^ pi. UA, fr.
On ne peut bien juger des beautés de la vallée qu'en voyageant par eau. Quoique les voitures de première classe du chemin de fer, grâce à leurs grandes fenêtres et à leur place d'extérieur, permettent de jouir du paysage, les sites les plus intéressants de la rive gauche, sur laquelle on roule, restent fréquemment cachés. Il faut donc être pressé pour préférer le chemin de fer au bateau à vapeur. (Les lettres g. et dr. désignent la rive gauche et la rive droite; Tastérisque indique les atations du chemin de fer.)
La vallée de la Meuse est riche en beautés et, en beaucoup d'endroits, tout aussi attrayante que celle du Rhin. Des rocher» sauvages et des champs de la plus belle végétation, des châteaux et des ruines, des villages gracieusement situas, des usines et des manufactures de toute espèce, se succédant sans interromption, communiquent au paysage une animation et un charme extraordinaires. La contrée, depuis Namur jusqu'à Litfge, est fort populeuse, le terrain admirablement cultivé. Les plaines se composent de champs de bl(^, de vergers et de lioublonnières ; de nombreuses carrières, sur les deux rives, fournissent un excellent marbre; taillé en blocs, on l'exporte surtout en Hollande, où on en fait des parquets et même des ouvrages plus délicats.
Vamur, v. p. 165. Un regard jet^ en arrière, après le départ du bateau, présente un panorama qui rappelle le beau site de Coblenz et d'Ehrenbreitstein. En aval, l'œil découvre une longue paroi de rochers calcaires coupas à pic, se terminant en pointes et oiArant l'aspect d'une ruine immense. Les rochers qui s'élèvent entre Namur et Sclayn ont beaucoup d'analogie avec *eux que l'on admire tant dans la Suisse saxonne. -^ dr. lÀve.
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g. Hlarche-les-Bames. Le château du duc d' Aremberg , canhë derrière des bouquets d'arbres au pied d'un rocher, occupe remplacement d'une c^èbre abbaye de Tordre de Citeaux, que fondèrent, en 1101, 139 dames dont les épouK avaient pris la croix sous Godefroid de Bouillon et qui voulaient en attendre le retour dans cette pieuse retraite. Tout près se trouvent les usines et les forges d'Enouf. L'aspect du pays est d'une grande beauté. En face, sur la rive droite, s'élève au milieu d'un parc le château de Bfumagfte. propriété du baron de Woelmont.
dr. Moiênil^ château de M. Gapellen de Namur.
g. ♦iVamècA«, beau village au milieu d'une forêt d'arbres fruitiers. En face, les ruines du château de Samson, appuyées contre les rochers gigantesques du même nom, dont la blancheur et les singuliers contours produisent un admirable effet. Ce château fut jadis habité par Sibylle de Lusignan , mère de Baudouin V, dernier roi de Jérusalem. Une longue digue a été construite en cet endroit dans le fleuve, afin de rendre la passe plus profonde.
g. *SclaigneatiXj station du chemin de fer pour le village de Selayn (dr.), situé sur la rive opposée.
g. SeiUeSy grand village avec des fours à chaux et un château moderne en style du 15® siècle, appartenant à Mad. Démarche de Namur. Les colonnes du palais de justice de Liège (p. 33), en pierre bleue, proviennent des carrières de Seilles. En face, et communiquant' avec la rive gauche par un pont de fer bâti en 1852 d'après le système américain:
dr. *Andeime, petite ville de 6312 hab. , renfermant diverses fabriques, surtout des faïenceries. Jusqu'en 1785 il existait ici une abbaye de demoiselles nobles „pour 32 jeunes fîUes, pouvant contracter mariage, et 10 chanoines au service des dites demoiselles en matière spirituelle; elle fut établie par St^-Begge, fille du premier Pépin, majordome de France". (Merian 1659.) L'empereur Joseph II transféra cette abbaye à Namur en 1785.
dr. Andenettey avec une ancienne église romane.
g. Reppe, puis Javazj célèbre par ses fruits et ses vignes; dr. Oives, gros bourg, puis le village de Ben.
g. *Ba8-0haj avec un château nouvellement reconstruit et entouré de longues murailles. Les collines sont couvertes de vignobles. En face, les ruines du manoir de Beaufort.
Le bateau s'engage maintenant dans le bras étroit de la Meuse qui se forme à droite. S'il s'y trouve des bateaux remontant le fleuve, il faut attendre jusqu'à ce qu'ils soient passés. Le chemin de fer coupe au moyen d'un tunnel (trajet, 1 min.J la montagne avancée, derrière laquelle, sur la r. dr., se déploie la ville de Huy.
g. Stattej faubourg de Huy, avec une église bâtie sur la hauteur. Sur la crête, on voit les murs du cimetière de Huy.
dr. Près du village d'Afefn, le fleuve décrit une forte courbe Bœdeker, la Belgique. 3^ e'dition. 12
178 Boute 27. HUY. De Namw
et bientôt Ton voit se présenter les impossnts bastions de 1» citadelle, la belle église, et le pont de Huy, ce dernier construit en 1714.
dr. *H«7 (*Ii6Ul de l'AigU noir; *Po8U), Tille de 10,632 hab. Le bateau aborde devant la ville. La eitadelUt vaste carré casemate et se prolongeant jusque dans la vallée, bâti en 1817, commande à la fois la ville et les cours de la Meuse et du Moyous^ petite rivière qui se Jette dans la Meuse au pied du rocher mém^ que couronne la forteresse, et dont le vallon présente sur plu* sieurs lieues les sites les plus romantiques. £n face de Huy^ les montagnes se retirent à 1200 pas du fleuve. VégUêe eoUégiaUy très-belle à Tintérieur, fut commencée en 1311. Le vieux por» tail à côté du chœur est orné de trois statues, la Vierge, St-Materne et St-Dominique. et de bas-reliefs très^curieux représentant la Nativité, Tadoration des Mages et Hérode. On remarque encore dans cette église une magnifique rosace.
Un des faubourgs de Huy renfermait jadis Tabbaye de Nenfmoustier, fondée par Pierre l'Ermite (f 1115) et dans laquelle cet ardent promoteur des croisades a été enterré. Un monument lui a été érigé dans le jardin de l'abbaye en 18ÔB, grâce à la munificence de M. Godin. Neufmoustier était un des 17 monastères qui prospéraient jadis sous la crosse du prince-évéque de Liège dans cette petite ville de Huy, dont la populatioiir s'élevait alors tout au plus à ô( 00 habitants.
Le bateau reprend sa course et passe cheminée baissée sous le pont. Le courant est si rapide à cet endroit, qu'on est obligé d'atteler des chevaux aux bateaux à vapeur remontant la rivière. Quand on regarde en arrière, on découvre un paysage ravissant, que ne surpasse en beauté aucun de ceux que Ton vante le plus sur le Rhin. La ville assise sur les deux rives du fleuve, les grandes arches du pont, le rocher du fort, au pied duquel se dresse Timposante église de Notre-Dame, et dont la masse grisâtre se détache sur le fond verdoyant des hauteurs environnantes, tout cela forme un tableau enchanteur, dont sont privés, en grande partie, les voyageurs en chemin de fer. Ceux-ci rebroussent vers le débouché du tunnel (p. 177) et se tiennent dès lors toujours au pied des montagnes, sans en avoir la vue.
dr. Tihange, village avec un vieux château de Templiers.
g. CorpKaUej grande fabrique de zinc, établie en 1846, et mines de calamine, dont les déchets dessouffréa donnent une teinte rouge aux terrains et en détruisent la végétation. (Petit tunnel de chemin.de fer.)
g. *Amp»inf des débris de tours et de murailles sur la rive. £n face:
dr. NeuvilUt château de construction modemp. La rive gauche s'aplanit, celle de droite conserve encore un rideau de hauteurs boisées. Le paysage devient moins pittoresque.
h Uéçe, CHOKIER. 27. Rtmle, 179
g. *Amayj village assis au pied des collines à quelque distance du fleuve, avec une collégiale byzantine surmontée de trois tours. Vignobles de bonne production (relativement parlant). Usines d'alun.
dr. Ombretj village ; on y cultive la vigne comme dans les localités qui précèdent. La Meuse forme ici un vaste bassin; peu à peu les montagnes se rapprochent de nouveau du rivage.
g. Flônei presque caché au milieu d'arbres , abbaye construite en 1660 en briques, avec plusieurs tours, aujourd'hui transformée en un établissement hydruthérapique.
dr. *HermaLUf avec un beau château entouré d'un parc.
g. NouvelU^Montagnej grande fabrique de zinc, établie en 1845.
g. *Engi8. Ici la contrée redevient très-pittoresque. En face, sur la r. dr., au pied d'une roche calcaire, le château d'Engihoul.
Au delà d'Engis, au sommet d'un rocher, l'antique château de
g. Afçremontj propriété du comte d'Outremont. Le vieux manoir, que l'on prétend avoir été bâti par les quatre fils Aymou (p. 31), fut au 15® siècle le foyer des entreprises militaires du comte Guillaume de la Mark, appelé le sanglier des Ardennes (p. 31). — Un peu plus loin, couronnant un rocher stérile que Ton croirait sorti du fleuve, on voit se présenter le château de
g. Chokier^ surmonté d'une tour rouge et entouré de longs murs, construit en partie au siècle dernier. Ce château fut le siège d'une famille dont le nom s'est perpétué Jusque dans les derniers temps de l'histoire belge. Le baron Surlet de Chokier (f 1839) fut d'abord président du congrès national, convoqué après les journées de septembre, puis régent de la Belgique depuis le 25 février jusqu'au 21 juillet 1831. Au commencement de ce siècle le château de Chokier avait appartenu au général français Loison; 11 est aujourd'hui propriété de la baronne Serdobin. On y a découvert il y a quelques années une caverne renfermant des ossements fossiles.
dr. Ramety château. Le rocher bariolé de la r. g. désigne la transition du terrain calcaire au terrain houiller. On voit trèsdistinctement s'abaisser les couches calcaires.
g. *Flém(dle, grand village, oilt un embranchement du chemin de fer franchit la Meuse et aboutit k la station de Liège dite de Longdoz, près du pont de la Boverie (p. 36). Cet embranchement est surtout destiné à établir une communication entre les grandes houillères de la r. g. et les nombreux établissements sidérurgiques de la r. dr. Les stations de la r. dr. sont Strmng et Ougrie; celles de la r. g., Jemtppe et TiUeur. Le chemin de la r. g. aboutit à la station des Guillemins^ où il se raccorde avec le <'hemin de fer de l'Etat.
A partir de Flémalle, ce n'est plus qu'une suite d'établissements industriels de tout genre, indiqués par d'immenses cheminées qui bordent le fleuve. Le paysage en reçoit une animation et un aspect des plus intéressants.
180 HouUi^T, 8KRÂ1NG.
dr. V{U''8t'Lambertf ancienne abbaye de l'ordre de Citeaux, transformée en 1826 en une fabrique de cristaux, une des pln^ importantes du continent
dr. ^Seraing, tout enveloppa de fum^e. Nous passons d'abord devant le village ; puis, près du gracieux pont suspendu, se présentent réglise et Tancien palais épiscopal, et toutes les usines, houillères, ateliers, etc. de l'établissement de John Cockerill (p. 38). En face:
g. *Jemeppef village peuplé en grande partie de familles attachées aux ateliers et usines de Seraing.
g. *TiUew, et tout près, les imposants hauts-fourneaux de Sclessin (p. 40). Le long bâtiment au bord du fleuve, d'où s'échappent quelques langues de feu, renferme des fours à coke.
dr. *Ougré€, village avec un ancien château flanqué de tourelles, des houillères et une fabrique de fer. En face, le château de
g. Scleskin.
Deux fois encore la cheminée du bateau Vabaisse, d'abord devant le pont du chemin de fer (Val-Benoît, p. 28), puis devant celui de la Boverie (p. 36) ; il s'arrête enfin au débarcadère, derrière l'université (p. 35). — Le voyage en chemin de fer ne laisse apercevoir du grand mouvement indrustriel de cette dernière partie de la vallée de la Meuse que par-ci par*là quelques cheminées et beaucoup de fumée.