DIGUES
de son propriétaire. Yolci quelques-anes de ces appellations: Lust en rust (plaisir et repos) ; Wd tevreden (bien content) ; Mijn çeaoegen (ma satisfaction) ; Mijn lust en Uven (mon plaisir et ma vie) ; Vriendschap en ge%elschap (amitié et société) ; Wel gelegen (bien situé) ; Vreugde hij vrede (joie et paix) ; Oroot genoeg (assez grand) ; Buitentorg (sans souci) ; Net pas (parfaitement accommodé). On voit, ce sont plutôt des devises que des noms. Ça et là on rencontre des inscriptions tout-à-fait bizarres et comiques, au goût des étrangers du moins. Ces villas sont plus rares dans le voisinage des chemins de fer: ces derniers sont encore de construction trop récente, et d'ailleurs, le roulement bruyant des voitures, les coups de sifflet des locomotives, ne sont pas de nature à inviter beaucoup à rétablissement de campagnes.
Koulini à Tent. Ils sont l'accessoire obligé de tout paysage hollandais. Les anciens remparts des grandes villes sont peuplés de moulins à vent; sur les bastions d'autrefois, les pièces d'artillerie sont remplacées par des moulins, qui dressent dans les airs leurs longs bras eflilés, comme une troupe de géants. Ils moulent le blé, scient du bois, expriment de l'huile, triturent les feuilles de tabac, pressent du papier, frappent le lin, etc. ; mais leur principale fonction consiste à dériver les eaux superflues. Les Hollandais ont fort ingénieusement eu recours à la force du vent contre celle de l'eau. Au moins la moitié des moulins à vent de la Hollande est destinée à mouvoir les roues hydrauliques, espèce de pompes, qui, en conduisant les eaux inutiles vers les canaux, favorisent la culture des champs par l'égouttement des terres. Les moulins hollandais sont bien plus grands et plus forts que ceux des autres pays ; rarement une aile a une longueur moindre de 80 pieds. Bien souvent le corps du moulin a l'aspect d'une tour fortifiée.
Digpiei. La Hollande a le sol le plus bas de tout le continent européen. 11 lui a fallu, pour se garantir de l'invasion de la mer, construire de puissantes digues en terre, en pierre ou en bois, suffisamment larges et fortes pour empêcher Tinfiltration des eaux, et assez élevées pour prévenir l'inondation de la marée montante. Il y a des endroits où les fleuves présentent les mêmes dansers que la mer et nécessitent des digues tout aussi longues et larges que celles de la mer.
Le premier soin, dans la construction de ces digues, c'est de les asseoir sur un fondement solide. A cet effet, le terrain doit être soumis au damage. Les remblais sont construits avec de la terre, du sable et de l'argile, qui sert de ciment. Quant à la surface des digues, elle est composée d'une espèce de fascinage, fait avec des branches de saule; les interstices sont remplis d'argile, de manière que le tout forme une masse bien compacte. Tous les 3 ou 4 ans on procède à la réparation ou au renouvellement des fascines; ces travaux continuels exigent une eon-* Bœdeker, la Hollande. 3« édition. 13