POLDERS
Peur des^^cfaer ces marais ou ces laf>s et les approprier à la rulture, il faut d^abord élever un remblai assez haut et assez solide pour contenir les eaux. Puis on établit aux angles de ce remblai des moulins à vent, faisant mouvoir chacun une roue hydraulique. Les instruments dont on se sert, sont la roue à . aubes, la vis d*Arehimède . et la roue dite d'Ëckhardt. Dans les derniers temps, et particulièrement pour le dessèchement du lac de Harlem (p. 250), on s'est aussi beaucoup servi de machines à vapeur. Les eaux extraites par les moulins sont dirigées dans un fossé creusé de l'autre côté du remblai, d'où elles s'écoulent dans la mer ou dans un cours d'eau. Souvent, quand les marais sont profonds, il faut construire plusieurs digues et autant de canaux, et faire graduellement déboucher les eaux dans le canal le plus élevé. Dans le Schermermeer, p. ex., on a creusé quatre canaux. Chaque pièce de terrain forme un long parallélogramme, séparé des terres adjacentes par un fossé large et profond, qui X constitue pour ainsi dire le premier canal. Il sert à enlever une partie de la moi -«son, puis à l'écoulement des eaux qui séjourneraient sans cela sur le sol, enfin et principalement, à contenir les troupeaux, qui rarement essaient de franchir cet obstacle. Ces canaux communiquent au moyen des moulina à vent avec ceux du deuxième degré, longeant les chemins. Puis il y a deux on trois canaux plus élevés qui croisent tout le polder, semblables h de grandes artères, et écoulant leur masse d'eau dans un ?rand canal, qui se trouve, par-dessous la digue, en communication avec la mer. Rien n'est plus curieux que la vue de ces canaux établis à trois ou quatre élévations différentes. Chacun est séparé de l'autre, mais peut, en cas de besoin, être mis en communication pour rétablir l'équilibre.
La fertilité extraordinaire de ces marécages desséchés est facile' à comprendre. Toutes les eaux qui pourraient être nuisibles, sont aisément enlevées par les moulins, qui sont continuellement en mouvement, et en même temps, aux époques convenables, ce même système sert à l'irrigation régulière des terrains.
Les polders ont un aspect tout différent des autres terrains. Tout vous rappelle que vous marchez sur le fond d'un lac, sur un sol artificiel, où tout a été calculé. Le dessèchement achevé, les entrepreneurs partagent en lots réguliers cette terre, arrachée si péniblement et à tant de frais à l'empire des eaux. Ils y ont établi des canaux et des chemins, planté des arbres, tout cela en lignes rigoureusement droites, car la moindre f)etite courbe est contre les règles de ce -genre de constructions. Près de chaque ' lot affermé se trouvent de petites maisons, toutes bâties d'après un même plan et entourées d'arbres.
Les polders de la meilleure espèce, ayant un bon sol, bien cultivés et purgés de mauvaises herbes, surtout ceux qui sont à proximité de la mer, sont d'une très-grande valeur et d'une