‹ La Belgique et la HollandeChapitre 52 sur 73 · DUNES · texte numérisé non relu

DUNES

prodactWit^ ajsrricole extraordinaire. Certains polders sont régulièrement inondéâ en hiver; mais cela ne leur fait aucun dommage, pourvu que l'eau ne soit point isaMe et puisse être enlevée avant la fin du mois de mai.

Dunes. On appelle ainsi la triple rangée de monticules de sable ; d'une hauteur variant de 15 à 80 mètres, qui s'étend le long de la côte de Hollande et de Flandre, et qui se forme à la longue par les amas de sable rejetés par la mer. La rangée extérieure de ces dunes n'a aucune consistance, et semblable aux amas de neige dans les Alpes, un coup de vent peut le8 renverser. A peine permet^elle à la laîche ou à la bruyère d'y pousser ses racines (p. 145). Les dunes du milieu sont les plus larges et les plus hautes. Celles de l'intérieur, probablement les plus anciennes, ont une végétation beaucoup plus riche. Entre les secondes et les dernières, le terrain est propre aux pâturages et à la culture maraîchère, surtout à celle des pommes de terre, et l'on y voit beaucoup d'habitations de paysans. Les lapins et les lièvres pullulent dans ces dunes.

Pour empêcher que le sable des dunes ne vienne couvrir les terres avoisinantes , on sème tous les ans sur les dunes des plantes propres à s'y développer, particulièrement la laîcl» (arundo arenaria). £n peu de temps les racines s'étendent et s'entrelacent à tel point qu'elles resserrent le sable et le couvrent d'une végétation, qui, en grandissant et en se putréfiant, forme à la longue une cou die de terre végétale, dans laquelle la pomme de terre peut parfaitement mûrir, et qui permet même rétablissement de sapinières.

Détails historiques et itatiiUquei. Les premiers habitants des bouches du Rhin passèrent, dit-on, en Italie avec les Cimbres et les Teutons. Des tribus de Chattes, expulsées de leur pays, vinrent alors s'établir sur l'île des Bataves dépeuplée (p. 203). Vaincues par les Romains, elles en subirent la domination jusqu'à la fin du 4^ siècle, époque à laquelle les Francs Saliens, habitant les rives de l'Yssel, s'emparèrent de l'île des Bataves et se fixèrent entre l'Escaut, la Meuse et le Bas-Rhin. A ces derniers se joignirent vers le NE. les Frisons, et vers l'E. des Saxons. Tout le territoire constituant les Pays-Bas fut soumis au sceptre de Charlemagne.

La féodalité s'y établit sous le règne de ses successeurs. Leurs principaux vassaux furent les évéques d'Otrecht et les comtes de Hollande. Par l'influence du pape Innocent lY, le comte Guillaume 11 fut élu empereur d'Allemagne ; en 1512, les différents états néerlandais furent incorporés au dixième cercle de l'empire germanique, le cercle de Bourgogne.

Sous Charles-Quint, qui réunit tous les Pays-Bas sous son sceptre (p. 114), le pays avait atteint son plus haut degré de prospérité, grâce au puissant appui que l'empereur accordait au

commerce et à la navigation. Son fils et successeur Philippe II amena, par la rigidité de ses mesures rie compression, le soulèvement des Pays-Bas et une lutte acharnée de 80 ans contre le gouvernement de TEspagne ; lutte mémorable d'où sortit la séparation des pays du sud et du nord, et la formation d'une république puissante et bien organisée.

Le véritable fondateur de l'indépendance néerlandaise fut Guillaume de Nassau, prince d'Orange, né à Dillenbourg (duché de Nassau) en lô33, assassiné à Delft en li384, généralement appelé dans l'histoire Guillaume le Taciturne, Le jour même de sa mort, les Etats conférèrent les fonctions suprêmes de stadhouder (chef du pouvoir exécutif) à son fils Maurice.

Sous le gouvernement de ce dernier (1585 — 1625), la république accrut sa puissance, son autorité et sa richesse. Son règne est surtout mémorable par la fondation de la compagnie des Indes (1602), mais aussi par le déplorable conflit qui surgit entre les sectes politiques et religieuses des Arminiens et des Qomaristes (p. 212), conflit funeste au pays et qui amena en 1619 la décapitation du noble pensionnaire d'Etat Jean van Oldenbarneveldt, vieillard de 70 ans. A la mort de Maurice, en 1625, son frère Frédéric-Henri (1625 — 1647) saisit les rênes de l'Etat. Ce fut sou» son administration que la république parvint à l'apogée de sa grandeur. Son commerce s'étendait sur toutes les côtes du monde civilisé.

Ses grands navigateurs Houtmany Heemskerkj Davis j SchotUeny Lemcdrt, Hariog^ Ed€ls, Schapenham^ Nuyts, Vianen, Caron, Tasman y De Vries, Van Campen et BerkeL explorèrent les parages les plus lointains, et les comptoirs qu'elle établit dans les Indes orientales, surtout ceux de Batavia, ville fondée en 1619, lui adressèrent, pour être vendues en Europe, des marchandises en abondance, qui créèrent bientôt des fortunes colossales. L'école de peinture hollandaise était arrivée a son point culminant: Bemhrandl et Van dèr HeUA produisaient des tableaux d'histoire ; Bakhuixen et Van der Velde des tableaux de marine; SUen^ Dow et Teniers des scènes d'intérieur pleines de verve et d'esprit. Wouwerman peignait les batailles et les chevaux, Potier des animaux d'une vérité fi-appante, Berchem, Waterloo et Riùsdael le paysage, Huysum les fleurs et les fruits. Les sciences ne restèrent point non plus en arrière, surtout les sciences mathématiques et la philologie classique: on nomme encore aujourd'hui avec estime, tant en Hollande qu'au dehors, les noms de Chrétien Huygens, Hugo OroHuSj Imae Voisiusy Daniel et NicoUis HeinsiuSj Qronovius, Pierre Bunnan, Tibhre et François Hemsterhuys.

Frédéric-Henri ne vécut pas assez longtemps pour voir l'indépendance des Provinces-Unies sanctionnée par le traité de Munster. Son fils Guillaume II lui succéda en 1647, mais il mourut dès 1650.

Quelques empiët-ements du i^tadhouder ayant froissa la susceptibilité des Etats-généraux, et surtout du puissant parti des aristocrates, il fut résolu, à la mort de Guillaume II, de ne pla<« nommer de stadhouder. Le gouvernement passa entre les mains de quelques hommes énergiques, tels que le pensionnaire Oats, et plus tard le célèbre Jean de Witt, qui conduisit les affaires de la république avec vigueur et intelligence.

C'est pendant cette époque que la Hollande fut impliquée^ par suite de Tacte de navigation, dans une guerre maritime avec l'Angleterre, dans laquelle se formèrent et brillèrent ces grands amiraux dont le pays se glorifie encore de nos jours: les Tromp^ les Piet Hein y les Ve Witt, les De RuyUr, les Evertten, les Van Galen et autres. Dans Tinteryalle de 16 mois il fut livré dix batailles navales, presque toutes à Tavafitage des armes hollandaises. En juin 1667, De Ruyter se trouvait avec sa flotte k IVmbouchure de la Tamise, dont, il avait fermé Tissue.

L'invasion des Français sous Louis XIV, Condé et Turenne, au printemps de 1672, peu après l'assassinat du pensionnaire Jean de Witt, ramena la maison d'Orange au pouvoir, et un décret de Etats prononça même en 1674 l'hérédité du stadhoudérat.

La paix de Nimègue (1678) mit un terme à la guerre avec la France. Guillaume III, stadhouder héréditaire (1672— 1702), avait sauvé la liberté de l'Europe du despotisme de Louis XIV. Marié avec la fille du duc d'York, il monta, après l'expulsion du roi Jacques et en vertu d'un décret du parlement, sur lô trône d'Angleterre (168rtJ. Cette nouvelle position le détourna des intérêts de sa patrie, qu'il engagea, en communauté avec l'Autriche et TEspague, dans une nouvelle guerre avec la France, qui ne fut terminée qu'en 1697 par la paix de Rijsvijk.

Guillaume III mourut en 1702 sans laisser d'enfants. Son vaillant cousin et successeur Jean Guillaume le Frison, prince d'Orange, se mit à la tête de Tarmée qui prit part aux combats de la guerre de la succession d'Espagne; mais il se noya près de Moerdijk encore avant que la paix d'Utrecht fût conclue (p. 162).

Cette paix d'Utrecht (1714) marque aussi le terme de l'époque glorieuse de la Néerlande. Les événements du 18^ siècle offrent à peine quelque fait qui mérite une mention. Quelques années avant la révolution française, les Prussiens s'avancèrent,, presque sans coup férir, jusqu'aux portes d'Amsterdam, et rétablirent le stadhouder Guillaume V (1766—1795), que les soi-disant patriotes avaient éloigné du pouvoir.

L'ancienne autorité de la république n'était plus que l'ombre de celle d'au^fois. Les républicains français sous la conduite de quelques patriotes réfugiés, se rendirent maîtres du pays en 1795, fondèrent la république batave. firent déposer „8nr

HISTOIRE ET STATISTIQUE. i99

Tautel de la patrie^ tout l'argent et tout l'or non monnayés et décrétèrent en outre un impôt de 6 pour cent sur le revenu, renouvelé l'année suivante. Rutger Jean Schimmelpennink, liomme d^état d'une haute capacité, fut alors élu président de la république avec l'ancien titre de ^^pensionnaire du conseil". A ce régime républicain succéda le 5 juin 1606 la royauté de Louis Bonaparte, que la volonté de son frère, l'empereur Napoléon I^**, Tint imposer au pays. Cette indépendance tout illusoire fut de courte durée et vint à cesser en 1810. Napoléon I^' déclara la Holland« „une alluvion des fleuves français" , et l'incorpora 4 son empire.

Les Prussiens sous Bûlow et les Russes sous Benkendorf vinrent en 1813 seconder les efforts de quelques hommes courageux qui, à La Haye et à Amsterdam, s'étaient placés à la tét« du mouvement insurrectionnel. Le régime français succomba; le prince d'Orange, fils du dernier stadhouder Guillaume V (mort dans Teiil en 1806), fut rappelé d'Angleterre, aborda à Scheveningen le 30 nov. 1813 et reprit le gouvernement du pays comme prince souverain.

Le congrès de Vienne ayant réuni les Pays-Bas méridionaux (la Belgique) aux Pays-Bas du Nord, le prince d'Orange fut appelé à gouverner ce nouveau royaume sous le titre de roi Guillaume I^^ Getta union fut dissoute en 1830 par la révolution belge (p. 20). Dix années après cet événement, Guillaume l^'^ abdiqua en faveur de son fils Guillaume II. Après 9 ans de règne, ce dernier mourut subitement en mars 1849, laissant le trône à son fils aîné, le roi actuel, Guillaume III, né en 1817 «t marié depuis 1839 à Sophie, fille du roi de Wurtemberg. Héritier du trône: Guillaume, prince d'Orange, né en 1840.

Le royaume des Pays-Bas (capitale Amsterdam) renferme, sans le grand-duché de Luxembourg , une population de 3,416,146 habitants, dont un tiers de catholiques et environ 70,000 juifs. Par races, on compte 2 millions de Bataves (Hollandais), 400,000 Frisons et environ autant de Flamands. Le pays (594 m. c. géogr.) est divisé en 10 provinces, savoir: le Brabant septentrional (cap. Bois-le-Duc), la Gueldre (Arnhem), la Hollande septentrionale (Harlem), la Hollande méridionale (La Haye), la Zélande (Middelbourg), Utrecht (Utrecht), la Frise (Leeuwarden) , Over-Yssel (ZwoUe), Groningue (Groningue), Drenthe (Assen). — Il faut joindre à ces provinces deux Etats qui font partie de la confédération germanique, le grand-duché de Luxembourg (202,313 hab. , cap. Luxembourg) et le duché de Limbourg ^population 218,775 hab., cap. Maestricht), gouvernés par le roi des Pays- Bas sous le titre de grand-duc et de .duc. Le Limbourg, toutefois, «t représenté, comme les autres provinces, aux Etats-Généraux «t participe, comme elles, à la dette nationale, dont la dépense annuelle s*élève l près de 32 millions de florins. Quant au

Luxembourg, la maison ducale de Nassau y coiuenre ses droite d'agnation; elle y a renonce pour le duchë de Limbourg contre une indemnité en argent.

Les couleurs du pays sont bleu, blanc et rouge, superposées horizontalement, ce qui les distingue des couleurs françaises qui sont disposées en sens yertical. — La devise du royaume est: „Je maintiendrai'*.

Les principales colonies des Hollandais sont, aux Indeê orientales (Asie) : Java (capit. Batavia), Sumatra, Bornéo^ Célèbes ; aux Indea occidentale» (Amérique): Surinam, St-Eustache et Cu* raçao; enûn un certain nombre de factoreries sur la côte de Cfuinée, La population coloniale peut être évaluée en chiffres ronds à près de 18 millions d^habitants.

La marine marchande dispose d'environ 7000 bâtiments en activité, dont 2300 au long cours.

L'armée se compose de 1 régiment (afdeeling) de grenadiers et de chasseurs, 8 régiments de ligne, ô régim. de dragons, 5 b&* taillons d'artillerie, 1 bataillon du génie; en tout environ 61,000 hommes. Le prince Frédéric est grand-maître (grootmeester) de l'artillerie.

La marine royale comptait en 1863, 153 bâtiments portant 1750 canons, 58 canonnières portant environs 174 canons. Le corps de la marine se compose d'un amiral (le prince Frédéric^ oncle du roi), d'un lieutenant-amiral (le prince HenH, frère do roi), de 2 vice-amiraux, de 4 contre-amiraux, de 20 capitaines de vaisseau, de 30 capitaines de frégatte etc.

Pouvoir exécutif: un conseil d'Etat de 12 membres nommés par le roi, et huit ministres responsables. — Pouvoir lé* gislatif: Deux chambres formant les Etats-Généraux; la pre<mière se compose de 39 membres élus pour 9 ans par les Etats provinciaux; la deuxième de 68 membres élus pour 4 ans par les électeurs des districts.

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