‹ La Belgique et la HollandeChapitre 53 sur 73 · De Cologne à Rotterdam par Anihem · texte numérisé non relu

De Cologne à Rotterdam par Anihem

Le Rhin et le Leck.

Un bateau à vapeur part tous les jours de Cologne pour Arnhem. Dun^e du parcours jusqu'à Ambera 11, jusqu^à Rotterdam 17 heures. Prix, 2 tblr. 20 gr. (fr. 10) ou 1 tblr. 20 gr. (6 fr. 25). Chemin de fer: parcours jusqu^à Rotterdam, 8 h., prix 7 thlr. 17 gr. (28 fr. 37), 5 tblr. 12 gr. (20 fr. 25), et 3 tblr. 25 gr. (14 fr. 37 c). Le voyage par eau est bien préférable a celui en chemin de fer. Les principales stations du chemin de fer sont DUsseldorf^ OberJiausenj Wesel^ Emmerich^ Arnhem et Oouda.

Les maisons et les nombreux clochers de la ville de Cologne disparaissent peu-à-peu; il n'y a plus que la tour de la cathédrale qui se maintient encore pendant quelque temps à l'horizon.

dr. (rive droite)- MiJihlheim^ endroit fort industrieux ; à l'extrémité inférieure se trouve Stammheimy château du comte de Fûrstenberg. avec une chapelle gothique,

g. Worrwigien, petite ville près de laquelle le duc Jean 1®^ de Brabant et le comte Adolphe de Berg remportèrent, le A juin 1288, une victoire décisive sur Siegfried de Westerbourg, archevêque de Cologne (p. 67). Cette victoire fit passer le duché de Limbourg au Brabant.

g. Orimlmghausen, débarcadère. Plus loin, on voit s'élever à rhorizon de g. la belle église de St-Quirin de la ville de Neuss^ édifice bâti en 1209.

dr. IJûsseldorf se distingue parmi les villes du Rhin par la physionomie riante de ses rues et de ses environs; il est vrai, le côté de la ville qui fait face au Rhin, se fait peu remarquer sous ce rapport, malgré la construction du nouveau château, qui a fait disparaître plusieurs bâtiments délabrés. Célèbre académie de peinture. Voy. les Bordi du Rfun, par Bœdeker.

dr. Kaiserswerth (ce qui signifie „île de l'empereur")» anciennement une île, qui tira son nom de l'empereur Frédéric 1®^ On y voit encore les murs et les arcades du vieux château, occupé déjà par les prédécesseurs de cet empereur et que ce dernier agrandit considérablement. L'église paroissiale, du 13^ siècle,, renferme les ossements de St-Suibert, qui le premier prêcha l'évangile dans ces contrées.

g. Vrdinyen^ village industrieux.

dr. Duisbourg, petite ville située à une demi-lieue du Rhin^ auquel elle est reliée par un canal construit en 1844.

g. Homherg, point final du chemin de fer d'Aix-la-Chapelle.

dr. Ruhrorif petite ville à l'embouchure de la Ruhr^ qui forme ici un port très-important; commerce de houilles très-actif, construction de bateaux. Dans le port de Ruhrort et dans celui de Homberg on a élevé en 1856 deux tours de près de 40 mètres de hauteur, servant d'engin pour soulever les wagons chargés des chemins de fer d*Aix-Ruhrort et de Cologne-Minden, et pour les déposer sur un bateau à rails qui fait le service de jonction entre ces deux voies ferrées..

202 Route ^9. ËMMËHIGH. J)e Cologne

g. Ortoy. Plus bas, sur la me droite» un vieux castal appela la maison Wohnung.

dr. Wesel (*DornbuschJ , ville-forte de 18,000 habitante, à l'embouchure de la Lippe-, les murs et les remparts de la for* teresse ne sont pas visibles du côté du Rhin. l«e bateau passe sous le pont qui relie Tîle de Biiderich au fort Bluchery qui est la téte-de-pont de Wesel sur la rive gauche. Joli hôtel-de-ville gothique datant de 1396; la façade est ornée de statues modernes, représentant les anciens souverains du pays. Dans le voisinage de la station du chemin de fer se trouve un monument consacré aux 11 officiers prussiens du corps de Sebill qui furent faits prisonniers à Stralsiînd et fusillés à Wesel le 16 sept. 1809.

g. Xanteriy & ^/^ 1. du Rhin, très^ancienne ville avec une belle église gothique, dont on aperçoit de loin les deux flèches.

dr. Rees, autrefois fortifié. A l'extrémité supérieure de la ville on voit le tronc d'un moulin à vent. L'église catholique, avec deux tours carrées, date du commencement de ce siècle.

g. OrieVi.

dr. Emmerieh (Hôtel de Hollande: Hôtel Giessen, au bord du Rhin), ville frontière de la Prusse; à l'extrémité supérieure, la tour tronquée de l'église gothique de St®- Aldegonde (à 3 nefs); à Textrémité inférieure, la cathédrale, d'une construction fort ancienne. Le bateau s'arrête assez longtemps, pour le plombage des marchandises.

Le Rhin a perdu tous ses charmes; ses bords sont parfaite* ment plats. Il roule ses eaux en grandes courbes à travers de vastes plaines, et ce n'est que vers les confins de l'Allemagne que Ton voit s'élever à g. les hauteurs boisées qui marquent la limite des bassins de la Meuse et du Rhin. Au milieu de ce pays montueux, dans une contrée charmante, à 1 lieue du Rhin, se trouve la ville de Crèves, avec le vaste château de ses anciens ducs et le Schwanenthurm (tour du Oygne). Immédiatement audessous d'Emmerich, sur la rive droite, s'élève VEUener Berp et son ancienne abbaye.

dr. Lobithj premier endroit hollandais, composé de quelques maisons isolées, siège de la douane (toUeamer). Le bateau s'y arrête pendant Vz ^' ®* quelquefois davantage, pour passer la visite (p. 188). Les voyageurs en sont informés d'avance par le capitaine, qui leur demande s'ils n'ont rien à déclarer.

En face de Loblth, sur la r. g., encore sur territoire prussien, k quelque distance du Rhin, sur un bras de ce fleuve appelé „le vieux Rhin", se trouvent les ruines de la Schenkenêchant. Cette redoute avait autrefois une certaine réputation; elle avait été construite en 1586 par Martin Schenk van Nîjdeck (p. 210), gentilhomme gueldrois, alors au service des Etats-Oénéraux et partisan de l'électeur de Colegne Gebbard de Waldburg qui s'étoit converti au protestantisme. En 1635, elle fut prise par les Hol-

à Rotterdam. SCHENKENSCHANZ. 29. Route. 203

landais sous la conduite de Frédéric-Henri d'Orange; en 1672, Turenne la força à capituler ^ les troupes de Brandebourg Toecupèrent de 1674 à 1681, et le 6 nov. 1704 elle fut prise d'assaut par les Français. Elle était anciennement très-forte et a toujours été considérée comme la clef des Pays-Bas, étant alors assise sur la pointe septentrionale de la contrée dite Betuwe, k la bifurcation du Rhin et du Waal. L'hiver, quand les eaux du Rhin étaient gelées, on versait de Teau sur les remparts et se garantissait ainsi par une couche de glace de l'éventualité d'une escalade. Depuis que le fleuve a considérablement changé son lit et que la bifurcation du Rhin et du Waal se fait plus en aval, la Schenkenschanz a perdu son importance et est tombée en ruines. A peine retrouve-t-on les traces de ses remparts, sur l'emplacement desquels s'élève aujourd'hui le clocher carré et tronqué du village de Schenkenschanz.

Non loin de cette redoute, près de l'ancienne douane (tolhuisj^ Louis XIV et le prince de Condé, qui fut blessé en cet endroit, passèrent le 12 juin 1672, à la tête d'une forte armée, le bras du Rhin qui continue à porter ce nom après la bifurcation. Ils marchaient à la conquête de la Hollande. Les chaleurs avaient presque mis à sec le lit du fleuve, et l'audace de ce „passage du Rhin", célébré en de si beaux vers par Boileau, se réduit à peu de chose,. quand on examine les faits avec plus de sobriété.

La rive gauche appartient encore pendant quelque temps au territoire prussien. Ce n'est que près de MilUngen que he trouve la frontière prussienne sur la rive gauche, et que le fleuve coule dans toute sa largeur sur terie hollandaise.

Les bras du Rhin. En aval de MilUngen, le Rhin se divise en deux bras. Le plus fort de ces bras coule dans la direction de TO. vers Nimègue (p. 208) et prend le nom de Waal^ qu'il conserve jusqu'à sa jonction avec la Meuse (p. 210). L'autre bras, beaucoup plus étroit et se dirigeant vers le K., s'appelle pendant quelque temps Canal de FanMrden, puis il reprend le nom de Rhin ou de Bas-Rhin. Celui-ci se bifurque à son tour un peu au-dessus d'^Ârnfaem; le fleuve occidental (bras gauche) conserve son nom, celui qui coule vers le K. s'appelle Vuel (pronnonces Aïstel) (p. 207) et se jette dans le Zuiderzée (p. 217). Le Bas-Rhinpasse devant Arnhem, Wageningen, Rhenen et Wijk-bij-Duurstede (p. 206). Près de cette dernière localité, il s'en détache à droite un nouveau bras, le Rhin efmrbé (kromme mjn)^ lequel à son tour se bifurque à Utrecht en deux branches. Celle de droite, le Vecht^ se jette près de Muiden dans le Zuiderzée, celle de gauche, le vfeux Rhin., près de Katwijck (p. 244) dans la mer du Nord. Le bras du Bas-Rhin qui se forme à gauche de la ville de Duurstede s'appelle Leek et se réunit à la Meuse (p. 207) à peu de distance de Rotterdam. Il est probable que c'est à la suite de la grande inondation de 839 que le bras moyen du Rhin, qui était jadis le plus fort, est devenu un insignifiant petit cours d'eau, tandis que le Leck, primitivement un canal creusé par les Romains, a pris les dimensions considérables d'un grand fleuve.

La première bifurcation et la jonction qui se fait plus tard du Leck et de la Meuse, ont formé une île étendue et fertile appelée Betuwe (Bat-au, bonne contrée) i la plaine aride qui s'étend d'Amheni jusqu'au Zuiderzée s'appelle au contraire Velutce ( FeZ-aw, contrée stérile). Les habitants actuels de la Betuwe (ou Batau) sont les descendants des Bataves, tribu germa nique qui vînt s'établir dans ces contrées après que les premiers hab

204 Route 29, ARNHEM. De Cologne

tan ta en fussent pauses en Italie, comme on suppose, à la saite des Cimbres et des Teutons.

Le système fluvial de ce pays a nécessité de nombreux travaux hydranliques, consistant en digues et en remblais à fascinages, élevés tant sur les rives que dans le fleuve même, afin d'en régler le cours et la direction de ses affluents. Les ingénieurs du waterstaat (p. 194) sont chargés de veiller k ce que 2/3 de la masse d'eau s'écoule dans le Waal, 1/3 seulement dans le canal de Pannerden, et d'exécuter à cet effet tous les ouvrages nécessaires. C'est le renouvellement et le renforcement des constructions hydrauliques en 1774 qui a préservé le paya d'une submersion totale lors de la fameuse débâcle de 1784.

Après avoir quitta Lobith, le bateau arrivé en 20 min. à la pointe septentrionale de la Betuwe (p. 203), où il s'engage dans le canal de Pannerden. Les deux rives sont fortement endiguées.

dr. Pannerden^ village avec un clocher à flèche, de jolies maisons et un moulin à vent.

dr. Maison Loo ou Candia, vieux château en briques â trois tours.

g. Huissen, petite ville, au-dessous de laquelle, sur la rive droite, se dtftache VYssel (p. 217), avec deux ponts, l'un pour la grand'route, l'autre pour le chemin de fer.

dr. Amhem. Hôtels: *SoIeil (de Zon) chez De Haas, devant la porte NO., près de la station dn chemin de fer et du débar* cadère des bateaux à vapeur néerlandais (ch. 1 fl. , boug. 30, dëj. 60, serv. 30 cents) ; *la Hure (Zwijnshoofd, enseigne d'hôtel assez fr(fquente en Hollande), en ville (ch. et déj. IV2 fl-)î ^fi^" Ul de Bellevue (ch. et déj. au 1*' étage 2 fl., au 2® tftage IV2 A-; table d'hôte à 3 h. IV2 ^Oî f^^'^^^ ^^^ Pays-Bas, près du d^arcadère des bateaux de la société de Cologne- Dûsseldorf (ch. et dtfj. IVg fl, d. à 4 h. 1 fl.); le Paon (de Paauw)y chez Jansen, non loin de la station du chemin de fer, petit hôtel de 2® cl. trôs-recommandable (ch. et d^j. 1 fl. 20 c). — Amhem (25,490 hab., dont la moitié sont catholiques) à été longtemps la résidence . des ducs de Gueldre et est encore aujourd'hui la capitale de la Gueldre, dont les habitants sont ainsi caract^iis^s par un ancien dicton populaire ; Hoog van moed, klein van goed, een xwaard in de hand is't wapen van Oelderland (haut de courage, petit en biens, une ^p^e à la main, c'est là le blason de la Gueldre). Elle est située sur le versant méridional ( Veluvezoom ) des hauteurs de la Veluwe (p. 203) et a été fortifiée à neuf vers la fin du 17® siècle par le général Coehorn, après la prise de la place par les Français en 1672. Immédiatement devant les portes de la ville, les Français occupaient en 1813 un camp retranché, qui fat pris d'assaut, ainsi que la ville, le 30 nov. de cette année, par un détachement du corps de Bûlow; c'est à cette affaire que le général de division français Charpentier fut tué.

Sauf l'aspect d'une ville proprement entretenue, aspect propre

à toutes les villes hollandaises, et qui ne peut frapper que l'étranger

qui se rend pour la première fois dans ce pays, la ville offre

T)eu de choses remarquables. La grande église (groote kerk) ren-

irme (dans le chœur) le monument de Charles d'Egmont, duc

h RoUerdam. ARNHEM. ^. UouU. 205

de Gueldre (1513), statue cour.h^e en marbre blanc, sarcophage en marbre blanc et noir, orné des statues des apôtres etc. Contre le mur septentrional du chœur , à une certaine hauteur, on voit, sous un baldaquin de bois, une statue ajy^enouillée revêtue de Tarmure que le duc portait de son vivant. (Le sacristain demeure au N. de Téglise; on lui donne 15 cents.) A peu de distance de là est VhôteL^e-viUe, appelé DwveUhtUa (maison du diable), à cause de la décoration de sa façade, qui se compose de masques fantastiques et de cariatides représentant des démons enchaînés. Il avait été construit et habité d'abord par Martin van Rossum, général du duc Charles de Gueldre, Tinfatigable adversaire de Charles- Quint. Le Duivelshuis renferme aussi la bibliothèque publique. — Vêgliëe catholiqtie de 8t* - Walburge j non loin de la précédente, renferme un grand autel moderne en bois sculpté, et une belle chaire également moderne, en bois et en pierre.

Les environs d'Arnhem sont supérieurs en beauté à toute autre contrée de la Hollande. Nous engageons surtout à visiter la campagne du baron de Heekeren, riche seigneur hollandais (plus de 2000 fl. de revenu journalier), fort connu dans le monde du turf. Elle s'appelle *HaHjt8berg ou Sonaheck; l'entrée en est près de la station du chemin de fer, à 15 min. de la ville. Le parc et les jardins sont accessibles à tout le monde, mais il faut se faire accompagner par un des surveillants; s'adresser au concierge, qui demeure à l'entrée (pourboire, 1 pers. V2 ^-i plusieurs personnes ensemble au moins 1 fl.). De magnifiques plantations d'arbres, de beaux étangs, des cascades, des grottes, un parc aux cerfs, un manège, et surtout la vue délicieuse qui se présente au haut du belvédère (100 marches) et qui s'étend jusqu'à l'Eltener Berg et jusqu'aux hauteurs de Clèves, dédommageront amplement des deux heures que l'on aura consacrées à cette visite. La tour du belvédère, au milieu des bosquets qui l'entourent, se voit à une grande distance, quand on approrJie de la ville par le bateau à vapeur.

Immédiatement au-dessous de la ville s'élève le Rekbtrg^ petite hauteur avec des jardins et un casino. Plus haut se trouve la maison de plaisance d'Heidenoerd (surnommée de Koepely la coupole) avec une auberge. Le bois qui l'environne est sillonné par des allées dans tous les sens et pourvu de bancs pour les promeneurs.

Dans la direction opposée, à l'E. de la ville et près du riche village de Velp (à 1 lieue d'Arnhem), s'élève une chaîne de collines, toutes ornées de charmants jardins et de villas : RoozendttaL, KUtrenbtek, Bil^efiy BeekhtUten^ Rhederoord, Middachten^ etc., dont l'entrée eU toujours libre aux étrangers qui en font la demande.

Chemin de fer pour Utrecht et Amsterdam, voir p. 212; bateau à vapeur pour Amsterdam , v. p. 217. Diligences pour Nimègue en 2 h., pour Deventer en 5 h., pour Zutphen en 3 h., plusieurs départs par jour.

206 Route 29. VIANEN. J)e Cologne

Le long des hauteurs boistfes qui sVIèvent sur la r. dr. du Rhin en aval d'A.rnbem, on aperçoit différentes campagnes (6uitenSj p. 192); à g , ie petit château de Meinerêwijk^ plus loin la tour du village à^Elsen. A dr., au pied des collines, Oosterbeek, village avec plusieurs campagnes, lien natal de l'empereur Henri III (1017); plus bas la campagne de Duinhoog, puis le château à deux tours de Doorenwaard, appartenant l'un et l'autre, ainsi que toute la seigneurie, à la famille Van Brakel. Sur la r. g. le Rhin baigne la Betuwe, à dr. \s,Veluwe (p. 203). Les hauteurs que nous venons de côtoyer, sont presque les seules de la Hollande; en fait de montagnes, il n'existe plus dans ce pays que les dunes sur la côte de la mer du Nord. A partir d'ici jusqu'à la Meuse et jusqu'à la mer, les bords du fleuve sont absolument plats.

g. Heteren et Benkom, villages.

dr. Wageningeny petite ville fort ancienne, reliée au Rhin par un canal et communiquant avec le chemin de fer par la station d'Edc, située au N. à une distance de IV2 1. (p. 213).

g. • Opheusden^ village avec un pont volant.

A mi-chemin entre Wageningen et Rhenen s'élève sur la r. dr. une hauteur appelée Heimenbtrg (^auberge de Ridder), qui offre une vue fort étendue sur la Yeluwe. Un banc, placé au sommet, s'appelle le siège royal ^ en souvenir du comte palatin et roi de Bohême Frédéric V qui, après avoir perdu la bataille de Prague (1620), vint paisiblement passer le temps de son exil à Rhenen sous la protection de son oncle, le prince Maurice d'Orange.

dr. Rhenen (hôtel du Roi de Bohême), petite ville de la province d'Utrecht, avec une église gothique, dont la tour, construite de 1492 à 1Ô31, passe pour la plus jolie de la Hollande.

dr. EUi^ village très- étendu; plus bas, la tour d^Amerongen. Le lit du Rhin se resserre, jusqu'à ce qu'il se sépare en deux bras à:

dr. Wijk^bij'-Duurstedej forteresse. Le bras étroit qui se détache à dr. conserve le nom de Rhin (le Rhin courbé), le bras de g s'appelle Leek (p. 203) ; il décrit ici une forte courbe. Wykbij-Duurstede , le Batavodurum des Romains, était du temps de Gharlemagne une ville de commerce importante. Les deux rives du Leck sont bordées de vertes prairies et de plantureux pâturages, que peuplent de magnifiques troupeaux.

g. Culenborg, siège des anciens comtes de ce nom, qui figure aussi parmi les promoteurs de la révolution des Pays-Bas espagnols (p. 69); on y voit les restes d'une tour au-dessus des cimes d'une forêt. En aval de Gulenborg, sur la r. g. et un. peu plus bas sur celle de dr., on aperçoit deux forts (Fort Ouiitaume II), récemment construits pour la défense, et, en cas de besoin, pour la fermeture du fleuve. Entre Culenborg et

g. Vianen (Hôtel Bréderode), qui eat peut-être le Fanum Diantt •i Ptolémée, on a établi des écluses, dont l'unique destination «st

h Rotterdam. KINDERDIJK. W. Route. 207

de submerger la contrée en cas dMnTasion étrangère. En face, et relié par un pont de bateaux, se trouve:

dr. Vreeswijk, appelé aussi de Vaart. Tous les jours il. part d'ici pour Utrecht plusieurs diligences (elles attendent Tarrivée des bateaux), ainsi que des trekschuiten (p. 189) naviguant sur le canal d'Utrecht, qui se décharge ici dans le Leck. La marée, se fait sentir jusqu'à Vreeswijk. Suivent les villages de

dr. Jaarsfeldy g. Ameide , d*où part le petit canal de Zederik qui traverse toute la Betuwe (p. 203) et débouche dans le Waal près de Gorcum (p. 211), puis g. Nieuwpoôrt, presque en face de Schoonhoven (Heerenlogement) . petite ville renommée pour sa pêche au saumon.

g. Streefkerkf village avec un joli clocher entouré d'arcs-boutants.

dr. Lekkerkerkj garanti contre les eaux du Leck par de longues murailles et des digues. On psut particulièrement se convaincre ici du grand soin porté à Tendiguement des cours d'eau, dont il a été question à la p. 204.

g. Kinderdijkj longue rangée de petites maisons proprettes, bâties sur et contre la digue, avec de nombreux moulins à vent. S^n la tradition, des enfants couchés dans un berceau auraient été déposés à cet endroit par une inondation, et donné lieu à la construction de la digue; de là le nom de „digue des enfants'^ A l'extrémité du village on voit des fonderies de fer.

dr. Krimperiy avec un clocher à flèche, près de la jonction du Leck et de la Meuse.

g. 't Huis ten Donk, imposante maison de plaisance, à moitié cachée derrière des arbres de haute futaie qui s'avancent Jusqu'au bord de Teau.

g. Yssdmonde, en face de l'embouchure de VYaael hollandais (différent de l'Yssel de Oueldre, p. 217) dans la Meuse. Le château flanqué de quatre tours, que l'on aperçoit du bateau, appartenait jadis à un bourgmestre de Rotterdam

dr. Kiralingenj pèche au saumon considérable; importants ouvrages d'endiguement

g. Fijenoordj grande fabrique de machines et chantier pour la construction de bateaux à vapeur, appartenant à la société néerlandaise des bateaux à vapeur (Stoomboot-Mcuitsekappij); 700 ouvriers y sont occupés; beaucoup de jeunes gens étrangers viennent s'y perfectionner dans l'art de la construction maritime. On obtient la permission de visiter l'établissement chez M** van Oord à Rotterdam, directeur de la société. Tous les quarts d'heure un canot entretient la communication entre Rotterdam et F^enoord. prix 5 cents. Sur le côté 0. de l'île se trouve un chantier (aUephtIr Unç) avec une grande machine destinée à soulever et à déposer sur terre les bateaux à vapeur et les vaisseaux de mer qui doivent être réparés. Anciennement Fijenoord était le siège d'un établissement d'instruction pour les aspirants de marine.

20» Boule 30. NIMÈOUE.

A peine le bstesn a-t-il passé devant Fijenoord qn'ane corvette de guerre, garnie de bouches à feo et ayant son pavillon déployé — c'est le vaisseau de garde -~ annonce le voisinage de la grande ville commerciale. En effet, après quelques instants, Rotter^dam vient s'étaler devant nous en un vaste demi-cercle, sur la •r. dr. du fleuve (la Meuse), qui a bien une demi-lieue de largeur en cet endroit et subit les effets du flux et du reflux. A Textrémité supérieure de cet hémicycle, rœil est surtout frappé par les grands entrepôts de la marine (aujourd'hui station du chemin de fer) et les imposants bâtiments de l'amirauté. La masse des maisons est dominée par la vieille tour carrée de l'église de St-Laurent et le beau clocher gothique de la Zuiderkerk. Des centaines de navires de toute espèce, depuis les plus grands vaisseaux des Indes jusqu'aux plus légers canots, donnent au port de Rotterdam une animation extraordinaire. Le bateau 'vire et aborde sous les Hoompjts (petits arbres), le plus beau quai de Rotterdam, planté de tilleuls et bordé d'une longue rangée de somptueuses maisons. Pour ta description de Rotterdam, voir p. 219.

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