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De Himèg^e à Rotterdam. Le Waal et la Mense

Bateaux à vapeur, plusieurs départs par jour*, durée du parcours, en aval 6V2f d amont 10 heures.

Himèen^e (ViVie de Francfort i Place Royale; Salmchex Koppel; Botterdamer Wagen) est le casteltum Noviomagwn de César, sur la r. g. du WatU (21,765 hab., pour la plupart catholiques). La ville est bâtie sur sept collines. Elle fut souvent au moyen âge la résidence des empereurs, notamment de Charlemagne, qui rendait la justice dans le vieux palais du Valkenhof. Eginhard, le gendre et biographe de l'empereur (p. 24), dans sa vie de Charlemagne, compare ce palais au célèbre château d'Ingelheim en Hesse. Depuis sa destruction par les Français en 1794, il n'en reste que quelques débris, que l'on volt, dès l'entrée de la ville, sur une hauteur plantée d'arbres et disposée en jardins anglais. De l'église il ne s'est conservé que la niche du chœur. Par contre, on trouve encore en parfait état de conservation un bapUsthre à 16 angles, que l'on dit dater des temps païens, et avoir été converti en église chrétienne par le pape Léon III d'après le vœu de Charlemagne. Les fenêtres ogivales, les voûtes d'arête de l'intérieur et l'ensemble de l'édifice accusent cependant plutôt une construction du 12^ ou 13* siècle.

Tout près du Yàlkenhof , à l'extrémité £. de la ville , s'élève en forme de tour un bâtiment appelé le *Belvédère^ servant au*jourd'hni de Café (on paie 20 cents pour l'ascension de la tour). Il a été construit par la ville sur les fondations d'une ancienne tour bâtie, dit-on, par le duc d'Albe. De la plate-forme, on jouit d'une vue charmante, qui s'étend jusqu'à Amhem, à Clèves, et aux hauteurs d'Elten, et qui embrasse une grande partie

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ÛVL territoire arrosa par le Waai, le Rhin, la Meuse et l'Yssel. De grands et petits bateaux animent lès flots de ces rivières, les uns pourvus de voiles blanches, les autres de voiles brunes goudronnées.

L'^hôtel-de-vUle (raadhuis), construit en 1554 dans le style •de la renaissance et habilement restauré, a une façade orn^e des statues de quelques empereurs d'Allemagne qui se sont fait particulièrement chérir des habitants. Il renferme quelques antiquités romaines et des tableaux. On y montre aussi le glaive qui servit à l'exécution des comtes de Hornes et d'Egmont, décapités à Bruxelles le 5 juin 1568 (p. 73). Dans le vestibule on voit, outre la statue de Charlemagne sculptée en bois, des sièges ornés de sculptures, sur lesquels le magistrat rendait autrefois la justice criminelle. Un mécanisme d'horlogerie fort ingénieux mérite également l'attention. Le concierge de l'hôtel-de-ville aime beaucoup à montrer aux étrangers un tableau qu'il leur indique comme „ l'énigme de Nimègue". Il représente une parenté compliquée. C'est dans ce bâtiment que fut signée, dans la nuit du 10 au 11 août 1678, la célèbre paix conclue entre Louis XIV de France, Charles II d'Espagne et les Etats de Hollande. On montre encore les portraits des ambassadeurs des puissances 'signataires. La France était représentée au congrès par le maréchal d'Estrades et par le frère du grand Colbert. — Dans les troubles que souleva au commencement du 18® siècle l'opposition contre le stadbouder, l'hôtel-de-ville de Nimègue devint le théâtre de quelques actes sanglants. Après s'en être emparés, le 1®' août 1704, les démocrates y décapitèrent le bourgmestre Roukens, médecin distingué, et pendirent aux fenêtres cinq de ses partisans.

L'église de St-Etienne (StStevenskerk) , dont la construction fut commencée en 1272, est un intéressant édifice gothique en forme de croix grecque. La nef principale, contrairement aux règles de l'art, a reçu, au lieu des anciennes voûtes à arêtes, une voûte en plein cintre supportée par 35 colonnes sveltes et gracieuses. Le chœur renferme le tombeau de Catherine de Bourbon (f 1469), épouse du duc Adolphe de Gueldre; il se compose d'un long carré de marbre, pourvu d'une plaque en cuivre avec le portrait gravé de la duchesse, et n'a aucune valeur artistique. En bas, sur les quatre côtés, se trouvent, exécutés de la même manière, les douze apôtres et 16 blasons de la famille de Bourbon. L'orgue de l'église est fort estimé. La tour actuelle, d'un rocoro détestable, a remplacé l'ancienne, brûlée en 1566.

La ville de Nimègue, construite en amphithéâtre au bord du fleuve, présente un coup d'œil imposant lorsqu'on la voit de la r. dr. du Waal, laquelle est reliée à la ville par un pont volant. La ville est fortifiée du côté de la terre. Autrefois la r. dr. était également défendue par une redoute, la Knotsenlourg, construite en 1590 par le prince Maurice d'Orange. Le village situé sur Bœdeker, la Hollande. 3^ édition. 14

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la r. dr. s'appelle Jjent. C'est ici que le général Martin Schenk van Nijdek, dont nous avons fait mention à la p. 202, se noya dans les eaux du Waal. Il avait l'intention d'attaquer la ville, alors occupée par les Espagnols, mais il échoua. Son corps, re» trouvé dans le fleuve, fut mis en quartiers par les Espagnols et suspendu par des chaînes aux quatre portes principales de la ville. On conserve encore une de ces chaînes à Thôtel-de-ville. Plus tard, le prince Maurice d'Orange, ayant fait recueillir les divers fragments du cadavre, les fit inhumer dans la grande église. (Diligences, 3 fois par jour pour Arnhem en 1 h. 40 min., 1 fois pour Clèves en 2V2 h.)

Diligence de Nimègue à Grave^ forteresse sur la Meuse, et de là à Bois-le-Duc, en holl. 'a Hertogenhosch (*Liori d'or; Maison verte) , chef-lieu de la province de Brabant-Septentrional, et ville très-forte, sur la Donimet et r^a (23,405 hab.)- Elle tire son nom du duc Godefroi de Brabant, qui rérigea en ville en 1184, et appartient aux Pays-Bas depuis 1629. Bois-le- Duc possède de belles places, une église gothique à cinq nefs (St-Jean), construite en 1280, restaurée de 1450 à 1496, un hôtel-de-ville renfermant des collections de tableaux et d'armes, un musée d'histoire naturelle etc.

dr. Tiel (hôtel de Bellevuejj élevé au rang de ville dès le règne de l'empereur Othon I^', en 972, à cause de son importance commerciale, fut vainement assiégé par les troupes de Charles-Quint en 1582, mais pris par Turenne en 1672; c'est la patrie du général Chassé (p. 110).

g. BommeL (Cour de Giteldre), aussi appelé Zalt-Bommel, ville autrefois très-forte, fut vigoureusement mais infructueusement assiégé par les Espagnols en 1599, et pris en 1672 par Turenne après une héroïque résistance. A partir d'ici, le fleuve ressent déjà les effets de la marée.

Le Bommeler Waardj île formée par le Waal et la Meuse, était occupé en 1813 par les Français; mais dès le commencement de 1814 les mouvements du général prussien de Bûlow les forcèrent à l'abandonner et à se replier sur Crèvecœur, au delà de la Meuse. Du côté E. l'île est défendue par la redoute St-Andréj élevée au 16® siècle par les Espagnols, à l'O. par le

g. Château de Loeveatein (pron. Louvestaïne), au pied duquel les eaux de la Meuse et du Waal font leur jonction. A partir de là le fleuve prend le nom de Merwe ou MerwedCy bien que les bateliers de la Meuse et du Waal continuent à le nommer Meuse ou Waal. Près de Rotterdam il reprend le nom de Meuse et le conserve jusqu'à la mer. Le château de Loevestein fut en 1619 la prison de Hogerbeets, pensionnaire (président) du conseil de Leyde, et de Hugues Grotius (de G root) , le savant pensionnaire de Rotterdam, qui, en leur qualité de partisans des Arminiens (p. 2123, avaient été condamnés à la réclusion perpétuelle. Hugues Grotius parvint à s'échapper le 22 mars 1620, grâce à rartifire de sa femme, qui l'avait emballé dans une caisse de livres.

g. Wondrichem ou Worcum, petite ville fortifiée protégeant l'embouchure de la Meuse sur la rive gauche.

à RoUerdam. DORDRECHT. 30. Route. 21 1

dr. Gorinchem ou Oorcum (hôt. Doelen ,• Hooiwagen)^ ville-forte de 9000 hab., située au confluent de la Lingcy petite rivière qui traverse toute la Betuwe (p. 203), et de la Merwe. Ce fut une des premières villes que les gueux de mer arrachèrent en 1572 au pouvoir des Espagnols. La garnison française qui occupait la ville sous l'empire en 1813, résista aux Prussiens jusqu'au 20 févr. 1814, jour où elle capitula.

Nous entrons dans le Bieabosch (bois de roseaux); c'est là le nom que porte un territoire de plus de deux lieues carre'es, com posé de plus de cent îlots de ,,verd/ronken Land" (pays submergé). Dans la nuit du 18 novembre 1421, la nipture des digues amena une inondation qui engloutit 72 villages et environ 100,000 habitants. Le seul bâtiment qui résista à cette terrible catastrophe fut l'ancierme tour, dite maison Merwtde, dont on aperçoit encore les ruines. L'industrieux Hollandais a fort bien su tirex profit de ces îles flottantes. Les habitants du long village qui s'est établi comme un nid d'hirondelles sur la pente de la digue de droite, que traverse la route de Gorcum, vivent des produits de ces îles : foin, pâturages, roseaux et joncs pour toitures et nattes.

g. Dordreoht (hôtel de BeUevuey près du débarcadère des bateaux à vapeur; Lion d^or)^ vulgairement nommé Dordt. Cette ville (23,238 hab.) est la plus ancienne, et était au moyen âge la plus opulente ville de commerce de la Hollande Séparée de la terre ferme à la suite de l'inondation dont nous venons de parler, sa situation est encore très-favorable au commerce. Le fleuve présente sous les murs de la ville un vaste port, qui permet aux plus grands vaisseaux de mer d'y entrer. C'est à Dordrecht aussi que les trains de bois d'Allemagne sont déliés pour être sciés en planches dans les nombreux moulins à vent des environs. Le commerce de bois est une des principales branches d'industrie de la ville.

V église principale^ en style gothique (longueur 107 mètres, largeur 40 m., hauteur 27 m.; la nef principale, haute de 17 m., repose sur 56 piliers), a été consacrée en 1339. La tour (365 degrés) est visible à plusieurs lieues à la ronde. L'église renferme une belle chaire de marbre exécutée en 1756, et des stalles sculptées en bois de très-ancienne date et se dégradant de plus en plus. Le chœur est séparé de la nef par un joli grillage en cuivre. Un monument d'une grande simplicité est consacré à la mémoire de J. Schotel l'aîné, peintre de marine fort distingué (f 1H38). L'église elle-même est bien conservée et produit, par la simplicité de son architecture, un effet très-agréable Elle possède une riche vaisselle d'or et d'argent.

Vhôtehde-viUe f édifice de construction moderne, renferme six tableaux de peu de mérite: St®-Cène par Blockland (f 1583); l'incendie de la nouvelle église, avec de bons portraits, peint par Doudyn en 1568; Samson et Dalila, par Honthorst (f 1662); le

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synode de Dordrerht par 8. Van Hoogsiraeten (n'a qu'une valeur historique); le siège de Dordrecht par Jean iV, duc de Brabant, en 1418; le siège de Dordrecht par les Français en 1813, peints par Schouman et Schotel.

La ville de Dordrecht joue un grand rôle dans l'histoire du pays et particulièrement de l'église protestante. En 1572, il y fut tenu la première assemblée des Etats libres de la Hollande, d'oii résulta la constitution de le république des Provinces-Unies des Pays-Bas. Un siècle plus tard, on y nomma pour la première fois, à vie, stadhouder, généralissime et amiral de la Hollande, Guillaume III, prince d'Orange. En 1618 et 1619 Dordrecht vit s'assembler dans ses murs le grand synode des théologiens protestants, convoqué pour régler les différends survenus entre les partisans de la doctrine stricte de Calvin (les Oomaristei) et ceux des principes plus modérés de Zwingli {\ti Arminiens), Ces derniers avaient, dès 1610, adressé aux Etats une ^remontrance" (de là leur dénomination de remontrants)^ dont les principales thèses étaient les suivantes : „I1 est dans l'intention de Dieu de donner la félicité éternelle à tous les fidèles -, le Christ est mort pour tous, l'homme a besoin de la grâce de Dieu, mais elle n'agit point irrésistiblement^ la chute de celui qui a la grâce, est impossible". Les sectateurs de la prédestination calvinienne l'emportèrent au synode^ le résultat de ce dernier, qui avait duré sept mois et coûté un million de florins, fut la condamnation des articles prémentionnés et la destitution des pasteurs Arminiens. Les résolutions du synode eurent longtemps force de loi dans le sein de l'église réformée hollandaise.

La salle où siégea ce célèbre synode, existe encore dans son ancien état. Elle sert aujourd'hui de salle de danse ou de théâtre pour des comédiens ambulants. Le Kloveniera Doelen (maison des arbalétriers), où elle se trouve, est situé dans une rue étroite et renferme au rez-de-chaussée une cheminée sculptée, d'un travail fort remarquable.

Dordrecht est la ville natale du célèbre peintre Ary SchefFer. dont la statue (2^/^ m. de haut) y a été érigée au mois de mai 1862. Elle est l'œuvre du sculpteur Mezzera, qui refusa tout honoraire, par reconnaissance pour le grand artiste. Scheffer est représenté tenant de la main droite le pinceau; la gauche, avec la palette, repose sur l'ébauche du buste de sa mère.

Près de Dordrecht,- le bateau quitte le large courant de la Meuse et s'engage dans un bras plus étroit, la Merwede (p. 210).

dr. Alhlasserdam , avec- une église octogone de construction ' récente; chantiers importants appartenant aux frères Smit, qui sont les premiers constructeurs de navires de la Hollande.

dr. Kinderdijky jonction du Leck et de la Merwede; les eaux réunies prennent le nom de Meuse. Pour la fin du voyage, voir p. 207.

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