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Utrecht

Hôtels. *Pay8-Ba8 (Nederlanden) sur le Janskerkhof^ *Oude Kasteel vanAntwerpen (vieux château d'Anvers) sur le Oude Gracht, ch. l fl., bougie GO c, d^. 70 c; Hôtel de TEurope et Bellevuesur la Vreeburgî Hôtel de la Station, tout près de la station, Hôtel et Café-restaurant, fort bon.

Cafés. Restaurant Suisse ou le Oude Bak (le vieux bac), près de la cathédrale i Nieuwe Bak, dans la Lijnstraet ; Café de la Station, V. ci-dessus.

Utrecht (55,541 hab. dont 2/5 sont catholiques), le Trajectum ad Rhenum (le gu^ du Rhin), plus tard V Ultra Trajectum des Romains, nommé WUtabourg ou WiUrecht par les Frisons et les Francs, est une des plus anciennes villes des Pays-Bas. Dagobert le premier roi des Francs Austrasiens, y fonda la première église à l'usage des Frisons qui habitaient ici et dont le premier évéque fut Saint-Willebrord. Saint-Boniface remplit également son ministère évangélique en ces lieux. Les archevêques d'Utrecht (ils relevaient de Liège) étaient au moyen âge des prélats puissants et de haute* influence. La ville acquit de bonne heure une réputation pour la splendeur de ses églises. Elle appartenait d'abord à la Lorraine, puis à l'empire germanique et fut souvent la résidence des empereurs. Charles-Qulnt y établit le château de Vreehurg {Vredenbmrg, château de la paix), espèce de bastille que les citoyens démolirent en 1577 pendant les guerres contre l'Espagne. Il n'a plus été reconstruit; la place où il se trouvait, à l'entrée de la ville près de la station du chemin de fer, en a conservé le nom. Le précepteur de Charles-Quint, Adrien Floriszoon Boeyens d'Edel, plus tard pape sous le nom d'Adrien VI, un des hommes les plus pieux et les plus savants de son époque, naquit à Utrecht. On montre encore la maison (^„Pau8'hui8en", maison du pape) dans laquelle il vit le jour; elle est situé« sur le Oude Gracht, près du Weesbrug, et renferme quelques tableaux relatifs à l'histoire de ce pontife.

C'est à Utrecht (dans la salle académique actuelle) que fut signé en 1579 le pacte fondamental qui constitua les sept provinces de Hollande, Zélande, Utrecht, Gueldre, Over-Yssel, Frise et Groningue, en un état fédéré et indépendant sous le stadhoudérat du prince Guillaume I^"^ d'Orange. C'est ici encore que se réunissaient les Etats-Généraux jusqu'en 1593, époque de leur translation à la Haye. En 1672, la ville souflFrit considérablement des contributions que lui imposa Louis XIV; le 11 avril 1713 on y signa la paix qui mit un terme à la guerre de la succession d'Espagne.

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Dans la ville même, le Rhin se divise en deux bras: Tun conserve le nom de vieux Rhin jusqu'à son embouchure dans la mer du Nord (p. 244); l'autre, appelé le Veeht^ se jette dans le Zuiderzée près de Muiden. Le fleuve est situé beaucoup plus bas que les maisons, ce qui donne à la ville un aspect tout particulier. Les espaces et les voûtes au-dessous du pavé des quais sont en partie habités. Antérieurement à la grande inondation de 839 (p. 203), qui fît refluer la plus forte masse d'eau vers le Leck, le courant principal du Rhin passait devant Utrecht.

La *cathédrale, consacrée à St-Martin, a été fondée vers 720 par Saint-Willebrord , évêque d'Utrecht. L'évêque Adelbold y ajouta en 101 Ô de nouvelles constructions. Par suite de plusieurs calamités successives, l'édifice dut être reconstruit de fond en comble par l'évêque Henri de Vianden (1251— 1267). Le l^^août 1674, xme violente tempête fit écrouler la nef de l'église qui reliait le chœur à la tour. Elle, n'a plus été rétablie, et l'espace qu'elle occupait a été converti en place publique. Au 16® siècle déjà, réglise avait beaucoup souffert par les dévastations des iconoclastes. Dans les derniers temps, le chœur, haut de 32 m. sur une largeur de 10, a été encombré de bancs de bois, ce qui a fini par défigurer entièrement ce bel édifice, dont la voûte gothique et les 18 piliers produisaient autrefois un effet grandiose. Ce qu'on y volt de plus remarquable, c'est le mausolée en marbre blanc et noir de l'amiral Van Gent, mort en 1672 au combat naval de Soulsbai; il a été exécuté en 1676 par Verhulst. A côté, un baldaquin en arceau, construit en pierre peinte et décoré d'armoiries, désigne la tombe de l'évêque George d'Egmont (1549). Les grands caveaux renferment les viscères des empereurs Conrad III et Henri V, décédés l'un et l'autre à Utrecht L'antique monument que l'on fait passer pour celui de St-Willebrord , est celui du dernier évêque d'Utrecht, Snhenk van ThotUenberg. Les beaux cloîtres gothiques attenants servent en partie à l'université. Au dehors, l'église est entourée de contreforts et d'étan- ^ons ; on est occupé à la restaurer (50 c. de pourboire au sacristain pour 1 à 2 pers.).

La tour de la cathédrale avait autrefois une hauteur de 115 mètres, réduite aujourd'hui à 104. Elle a été construite de 1321 à 1382 et repose sur une voûte servant de passage, haute de 11 mètres. Elle est carrée et a trois étages, dont le plus haut €st octogone et travaillé à jour. Un St-Martin à cheval sert de girouette. Le carillon (p. 115) se compose de 42 cloches 11 faut monter 120 marches jusqu'à la demeure du sacristain, de là 200 jusqu'à la galerie, et 133 de la galerie à la plate-forme, total 453. La vue embrasse presque toute la Hollande, une partie de la Gueldre et du Brabant septentrional. Le sacristain (rétribution 1 pers. 25, 2 pers. 50 cents) se munit d'un télescope, qui permet de voir très-distinctement les villes de Bois-le-Duc,

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Rotterdam, Oudewater, Montfort, Amsterdam et le Zaiderzée, Amersfort, Wageningen, Rhenen et le Leck.

Jj église de St-Jean^ au N. de la cathédrale, renferme quelques momuments d'un intérêt secondaire.

L'Université (500 étudiants), fondée en 1636, n'a rien perdu de son ancienne réputation. Les collections, sauf la bibliothèque,, sont insignifiantes en comparaison des trésors de ce genre qui sont accumulés à Leyde. Le bâtiment de l'université est attenant à la cathédrale. — La ville possède en outre une kweehschool voor miUtmre geneesktmdigen, école où sont formés tous lesmédecins militaires du royaume et des colonies.

L'hôtel-de-yille , construit en 1830, renferme une collection de tableaux et d'antiquités, ouverte les mercredis de midi Vz ^ 2 h. (visible tous les jours pour lea étrangers, rétribution 25 cents). Les tableaux proviennent pour la plupart de couvents supprimés et offrent quelque intérêt pour l'histoire de l'art (on y trouve des catalogues à la disposition des visiteurs).

1. et 2. Chambre. Sculptures du moyen âge. 3. Gh. Dessins (farchitecture ; modèle de la statue du prince Guillaume à la Haye (p. 234). 4. Ch. (grand salon) Fauteuil et table en chêne sculpté, sur lesquels fut signée la paix dTtrecht (11 avril 1713). Les dessins qui décorent les murs représentent pour la plupart des détails de la destruction de la cathédrale. 5. Ch. n® 21. Portrait de D. de Goyer, bourgmestre d'Utrecht? H9. Jan van Schorel Madone avec les fondateurs; 23. Portrait de Charles-Quint; *8chorel (1498—1547) portraits de cina fondateurs, au milieu celui du peintre; 14. Schorel le pape Adrien VI-, 1.— 4. Schorel portraits de fondateurs. Au milieu, un modèle de la cathédrale et plusieurs modèles d''éclu8es. G. Ch. Dans une vitrine, des monnaies, les clefs de la ville, des masses de héraut» des verres de Venise etc. 11. Bloemart St- Pierre en prière; 33. Hugtenhurg bataille. Quelques vieilles armes et de vieux étendards. 7 Ch. Des plans. — Salle du conseil: Plenemann hommage présenté par la ville d'Utrecht au roi Guillaume III lors de son avènement au trône.

Nous signalons aux connaisseurs la collection ctobjets relatifs h l'agriculture; on y trouve des modèles de charrues depuis les temps les plus reculés. L'écoZe vétérinaire d'Utrecht est la seule du pays. Le laboratoire de chimie est renommé. Sur un vieux mur de l'enceinte de la ville on a récemment établi un observatoire météorologique^ muni d'excellents instruments.

La monnaie Cs rijks hulp munt), où se frappe presque toute la monnaie du royaume et des colonies, se trouve sur la promenade près du Tivoli ; une voie ferrée la relie au fossé de la ville ofk se chargent les vaisseaux.

A l'E. de la ville se trouve le mail ( Maliebaan) , promenade célèbre, consistant en une avenue longue de deux kilomètres environ et formée de huit rangées de tilleuls. Par un ordre exprès, Louis XIV, lors de son invasion dans le pays, la préserva de la cognée impitoyable de ses soldats. Les anciens remparts ont été convertis en de charmantes promenades, longées partout par de l'eau courante. L'abondance d*eau de source, constitue pour Utrecht un grand avantage sur presque toutes les autres

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villes de la Hollande. Amsterdam en tire une partie de son eau potable (p. 254).

Les environs d'Utrecht présentent à plusieurs lieues à la ronde des sites fort agréables; ce sont des paysages fertiles, traversés par les bras du Rhin et des canaux, et cultivés presque partout en jardins ; on y voit de tous côtés de charmantes habitations et de somptueuses maisons de plaisance (p. 192). Le plus beau de ces châteaux de campagne est le Soestd^k, 4 1. N. de la ville. 11 a été offert en 1816 par les Etats-Oénéraux au prince d'Orange (roi Guillaume II, f 1849), en récompense de sa brillante conduite à la bataille de Waterloo. Il est aujourd'hui la résidence de sa veuve.

Utrecht est le siège principal de Végliae janséniste, célèbre secte catholique, qui ne se trouve plus à l'état d'église organisée que dans les Pays-Bas, où elle compte 27 communautés (en 1859 il y en avait encore 33) avec près de 5000 âmes.

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