D'Amhem à Amsterdam par Eampen. LTssel et le Zniderzée
Le Bateau à vapeur pour Zutphen et Deventer est souvent empêché de partir lorsque les eaux sont basses. En ce cas on prendra la diligence qui va 2 fois chaque jour (à 10 et 2 h.) en 5 h. à Deventer (2 fl. 70 cents). La route passe par Velp, Rhede, Dieren, Brummen, Zutphen et Gorsel. Le soir à tt h. il part de Deventer un bateau pour Amsterdam (trajet de 13 h.). La plupart des voyageurs préféreront sans doute faire la route d'Arnhem à Amsterdam par le chemin de fer en 3 h. de temps, mais le voyage sur TYssel présente tant de variété et de distraction, le paysage a une physionomie si particulièrement hollandaise, que nous conseillons le bateau a tous ceux qui ne sont pas trop pressés. Au surplus, pour celui qui n'*a jamais été sur mer, le Zuiderzée doit offrir un attrait tout spécial. A plusieurs endroits les côtes s'effacent à la vue, et Ton ne voit absolument que le ciel et Peau. Par un temps clair, rien n'est plus attrayant que cette promenade maritime, mais en cas de vent, on risque fort d'être incommodé par le mal de mer.
Après avoir remonté le Rhin pendant une demi-heure, on arrive au point où se détache vers le N. le nouvel Yssel. 11 y a 18 siècles, le général romain Drusus, fils adoptif de l'empereur Auguste, fit creuser ce canal (fossa Drusiana) jusqu'à Doesborgh, et mit ainsi l'ancien Yssel (Nahalia)^ et par conséquent le Zuiderzée, en communication avec le Rhin. Les riverains du vieux Yssel, lequel a sa source dans les bruyères du pays de Munster et qui se jette dans le Zuiderzée près de Kampen, les Francs Saliens, étaient les ennemis les plus acharnés des Romains; ils firent de nombreuses et heureuses incursions sur le territoire des Romains et sur celui de leurs alliés, et finirent par se rendre maîtres de l'île des Bataves (la Betuwe d'aujourd'hui, p. 203). De cette position ils entreprirent de grandes expéditions maritimes dans la Méditerranée, dévastèrent Syracuse, passèrent dans l'Atlantique par le détroit de Gibraltar, longèrent l'Espagne, la France et l'Angleterre pour rentrer de nouveau dans le Rhin;
2î8 Route 33. DEVENTER.
cette entreprise, pour être moins connue et moins poétisée, n*en est pas moins plus hardie, plus grandiose que celle des Argonautes.
Un peu après être entr^ dans TYssel, on voit à g., près de la route qui conduit d'Arnhem à Ëmmerich, un port destiné à rhivernage des navires. A g., au milieu d'iuie touffe d'arbres, se déploie le village de Velp, déjà mentionné à la p. 205. Au pied des coteaux de la Veluwe ( Veluwezoomy p. 203), on voit par-ci par-là de gracieuses maisons de campagne (p. 192); à dr. et à g. s'étendent au loin d'excellents pâturages.
g. Rhede, village.
dr. Doesborgh (Cour de Oueldre). situé au confluent de Tanfien et du nouvel Yssel, ancienne ville-forte avec une haute tour d'église et un important arsenal, patrie de l'amiral van Kinsbergen (p. 265), prise et saccagée par les Espagnols en 1Ô8Ô. Le 23 nov. 1813, la ville fut emportée d'assaut par les troupes prussiennes.
g. Dieren. Dans le voisinage se trouve, entourée de fossés, la vieille maison de Middachten. propriété de la comtesse Bentinck.
dr. Zutphen ( Keiterskroon ; HoUandsche Tuin; Zwaan) j à l'embouchure du Berkel dans TYssel, ville très-forte, de 13,973 hab., rendue aux Prussiens le lendemain de la prise de Doesborgh. Le principal édiiîce est Végiise de St^- Walburgej bâtie au comoiencement du 12® siècle; des fonts baptismaux en bronze, un lustre gothique en fer doré, les bas-reliefs de la chaire, les tombeaux des comtes de Zutphen, et le mausolée de la famille de Heekeren (p. 205) méritent quelque attention. La tour a été reconstruite en 1600, après que la foudre eut détruit la première. La .tour du Wijnhuis, à deux galeries, est pourvue d'un bon carillon. Près du débarcadère du bateau les pontonniers ont leur place d'exercice.
A 1 1. de Zutphen se trouve rétablissement de correction pour de jeunes vagabonds appelé le Mettray néerlandais (en 18C3, il s'y trouvait 150 jeunes gens).
dr. Nieuwenbeek, vieux château habité par des paysans.
dr. Deventer (hôtels: chez Becking, chez Deutty chez Tenhâve), sur la frontière des provinces de Gueldre et d'Over-Yssel ; c'est une ville fort propre et qui accuse de Talsance chez ses habitants; elle est fortifiée et compte 16,862 hab. La grande église de St'Lébuin est un vieil édifice imposant; sa tour gothique, d'une fort belle construction, est un des principaux ornements de la ville. L'église est pourvue d'une crypte très-ancienne. Vhôtel-de-ville renferme une belle toile de Gérard Terburg, repréfientant la chambre du conseil avec les bourgmestres et les secrétaires de la ville. La fonderie de fer et la fabrication des tapis sont des branches d'industrie très-cultivées; mais la renommée de Deventer est plus encore fondée sur ses pains d'éplce, dont l'exportation se fait sur un grand pied. Deventer est aussi la patrie du philologue Jacques Gronovius.
KAMPEN. 33. Route. 219
Le château royal de Loo (het Loo)^ résidence favorite du roi Guillaume I^"* et du roi actuel, est à 2 lieues O. de Deventer, près d'Apeldoom, opulent village de 7000 habitants.
dr. Katerveer, station des voyageurs pour Zwolle (v. p. 283), où conduit un omnibus. C'est ici que d^ouche par une écluse le canal de Zwolle ( WUtemsvaartJj qui fait communiquer le Zwarie Waier avec TYssel.
g. Kampen (hôtel du Dôme de Cologne, chez Portheine}, une des villes hollandaises les plus riantes, avec 12,445 habitants; le commerce et l'industrie y sont très-florissants. Sa position en a fait un port important du Zuiderzée.
Voyageurs et marchandises quittent ici les bateaux à vapeur du Rhin et de l'Yssel pour s'embarquer sur un navire de mer, qui appareille aussitôt et arrive en une demi-heure au Zuiderzée. Ici la terre ferme se termine en deux longues digues pointues, munies d'un treillage en osier soigneusement entretenu. Par le mauvais temps, les vagues viennent se briser contre ces digues; elles sont ainsi d'une haute utilité pour la sortie des vaisseaux, vu le peu d'élévation de toute la rive.
Peu à peu la côte se dérobe aux regards. Les tours de Kampen, d^ELhourg et d'autres localités de la rive, telles que l'île de Schoklandj peuplée de pêcheurs, la forteresse de Harderwijk, qui est le rendez-vous des émiarants pour les Indes-Orientales, disparaissent successivemet à l'horizon. Après une course de trois heures environ, on ne voit pour quelque temps que le ciel, l'eau et les mouettes qui planent dans les airs. Un beau panorama s'ouvre alors, vers la fin du voyage, aux abords d'Amsterdam, pittoresquement assis sur les rives de TY; cette vue est surtout ravissante par une soirée sombre, quand les deux phares sont allumés et qu'on voit peu à peu se détacher de l'obscurité les contours de la grande ville éclairée par des centaines de réverbères. Le bateau aborde près de la Nieuwe Stadsherberg (p. 251).