Scheveningen
YoiturM. En été, il part des omnibus presque toutes les heures, parcours en V2 ^o prix des places jusqu'au village 30 c, jusqu'au grand lidtel des bains 40 c. Les départs ont lieu à la Haye au Plaats (côté O. «lu V^yer), à Scheveningen à l'hôtel des bains. Ce qui est encore à délirer, c'est on service régulier d'omnibus entre la station du chemin de fer à la Haye et Scheveningen. Vigilantes, v. p. 228. — Il existe en outre un service de trekschuiten sur le nouveau canal *, pendant les A mois de Tété 6 départs par jour-, prix 15 c, parcours en 25 min. Débarcadère à la Haye au Princess Oracht près du Bosch.
HHela« *6rand hôtel des bains, propriété de la ville de la Haye, édifice imposant bâti sur la dune, à 15 minutes au Nord du village de Scheveningen, renfermant 93 chambres, louées de 1 à 3 fl. par jour (du 15 juin à la fin d'août ces prix sont augmentés de 25 p. c), déj. (café ou thé avec du pain et du beurre) 50 c, table d'hôte à 4 h. IVs A- (le dimanche 2 fl.), serv. 25 c. (le portier est payé à part)*, à la carte: foeef- ■steak aux pommes 70 c, mayonnaise de saumon 1 fl., etc. Pour un domestique, on paie, pour le logement et la nourriture, IV2 A- P^^^ jour; Blâme prix pour un cheval. On fait payer extra 50 cents par semaine pour la musique et le cabinet de lecture (entrée pour un jour 15 c). U est bon de commander sa chambre d'avance^ le dimanche, l'afiluence est extraordinaire et la table d'hôte prend des dimensions colossales. — Hôtel garni, à côté du grand hôtel des bains, entreprise par actions, chambres à partir de 75 cents i pour le reste, même arrangement qu'au grand hôtel des bains, mais plus de tranquillité, bonne cuisine. — Petit hôtel des bains (ou Hôtel Maas) (v. pi. b.), également b&ti sur la dune, à l'extrémité de la principale rue du village, prix à peu près les mêmes, abonnement pour la chambre et les trois repas, 3V2 & 4 fl. (Par le vent NO. l'odeur de l'égout qui coule vers la mer a son petit désagrément.) — On peut au.ssi, en prenant les bains de mer, aller se loger à la Haye, mais il faut alors avoir une voiture à sa disposition ; du reste, on est privé en ce cas du principal agrément et du premier avantage des bains -de mer, c'est-à-dire de l'excellent air de mer qui règne dans tous les logements du bord de la dune.
On peut aussi trouver à se loger dans les petites maisons du village; mais outre les inconvénients d'un ameublement peu confortable, d'une ehaleur étouffante dans les chambres généralement fort basses (11 n^ a 4)tte quelques maisons près de l'église : Van der Oryp^ Van dtr Duyn-Mooiinan^ qui ofirent quelque fraîcheur), les prix n'y sont guère moins élevés. £n tout cas il est bon de faire le contrat par écrit. C'est incontestablement au Grand hôtel des bains et au nouvel Hôtel garni que l'étranger se sent le plus à l'aise; le petit hôtel des bains est préféré par la bourgeoisie du pays.
Baina. Prix du grand établissement de bains, grande cabine, tirée en mer par un cheval, sans linge 50, avec une serviette 60 cents; petite cabine stationnaire, 15 cents (linge compris); pourboire dans Tune et l'autre 10 c. Les bains se prennent depuis le matin de bonne heure jusqu^au coucher du soleil l'après-midi. Les sexes restent séparés, les messieurs se baignent du côté N., les dames du côté S. du grand hôtel de« bains. — Les prix des bains du petit hôtel sont un peu moindres, mais remplacement des bains (plus au S.) eat moins agréable à cause du mouillage des canots de pêcheurs.
En général, les prix sont dMn tiers plus élevés à Scheveningen qu^à Oatende ou à Blankenberghe, mais Scheveningen offre l'avantage d'une magnifique forêt, de la séparation des sexes, et d'une disposition des cabines plus commode.
MéâBeitL H. le docteur Meu; honoraires par consultation 1 à 2 fl. et davantage suivant les circonstances.
Baina û» mn ekuauda, douches et bains à la vapeur, au grAud hôtel des bains; les arrangements sont excellents.
Chamltfea gtiniet comme à Ostende, v. p. 141.
298 BouU38, SCHEYËNINGËN.
▼igilaiift— I Toy. La Haye p. 228. On les commande ches le portier du grand hôtel des bains.
Barques; il n'existe qu'un seul yacht, qui se loue fort cher.
Anea, demi-heure 20 c, demi-joumëe 1 fl. 26 c.^ yoitures attelées d'ait âne, pour 1 h. 60 c, demi-journée 2 fl.^ voitures à 2 ânes, pour 1 h. 76is.> demi-journée 21/2 A-
S«h6T6iii]|gen, proprement SeheveUngen, est un village de pécheurs renfermant environ 7000 hab.; il commnniqae avec La Haye par une bonne chaussée, pavée en briques. (kUnkers^ p. 189) et bordée d'arbres, qu'on prétend avoir été construite par Charles- Quint. La distance à partir du bazar de Boers (p. 228), près de la porte de Scheveningen à La Haye, est d*une demi-lieue jusqu'à la nouvelle église catholique au commencement du village de Scheveningen, de ^/^ de lieue jusqu'à la plage, et d'une lieue jusqu'au grand hôtel des bains. La route, bordée d'une triple rangée d'arbres, traverse des bosquets composas en grande partie de chênes séculaires. A mi->chemin, on voit sur la g. la campagne de ZorgvUet, résidence royale, qui fut pendant quelque temps la demeure du célèbre poète et homme d'Etat Jacques Cats, n^ 1577, mort 1660.
Le joli village, garanti contre la mer par la dune, s'étend fort pittoresquement au bout de l'avenue, avec ses maisonnettes en briques d'un aspect très-agréable. Selon la tradition, l'église aurait occupé au 16® siècle le centre du village; aujourd'hui, par suite des envahissements de la mer, elle se trouve à l'extrémité 0. de Scheveningen. Le terrain s'élève insensiblement, de sorte que l'on n'aperçoit la mer que de la hauteur de la dune.
En allant du village au grand hôtel des bains, on voit suc lar dune un grand pavillon occupa par un restaurant; plus loin le beau pavillon du prince Frédéric. Ensuite viennent le nouvel Hôtel garni , le grand Hôtel des bcùna et enfin des vilUu récemment construites par des particuliers du pays. Une terreuse pavée en petites briques s'étend du côté de la mer depuis les villas et l'hôtel des bains jusqu'à l'hôtel garni et offre une agréable promenade. Ce qui reste encore de terrain inoccupé jusqu'au village sera bientôt couvert de maisons, ce qui fera de Scheveningen, déjà si avantageusement favorisa par la proximité de La Haye et les délicieuses promenades d'une épaisse forêt, un des bains de mer les plus remarquables de l'Europe. Sur la plage on voit une multitude de canots de pêcheurs (pirtkm)j soit amarrés (à la marée basse, sur le sable), soit au large. Au retour des canots, les produits des filets (p. 146) sont vendus aux enchères, qui sont annoncées par un crieur public au moyen de quelques coups frappés sur un bassin en métal. Le pêcheur étale une partie de sa marchandise sur la plage; les acheteurs, hommes et femmes, en passent la revue et finissent par faire leurs offres. Les poissons achetés sont aussitôt triés par l'acquéreur suivant l'espèce et la grandeur, puis <^argés par couche dans des paniers et por-
LEY0Ë. 39,M0Êae. î»
Ub â« TiUage. De là ils sont transportas à la Say« Mit sm 1* tête de robustes Tillageoi^es, soit dam des charrettes tstâaées par des chiens. An retour, les femmes se font traîner <dle»-méiiio»par leurs chiens.
Ce fut en Tue de Scbeveaiiigen que Famiral de Ruyter battit en 1673 les flottes eombiiM^es de la France et de TAngleterre.
38, Leyde, holl. Leyden,
Cbtmin de fer. Parcours de la Haye à Leyde I/2 h., prix 80, 60 et 40 e. êtaMonê : Nieuw-Oosteindê^ Vocrêchooten. Immédiatement avant d'arriverà Leyde, le convoi franchit le braa étroit du Rhin qui conserve ce uork ju6qu''à son embouchure dans la mer du Kord.
Hôtela. *Hdtel Verhaaff, dana la Breede Straat, près de la poste,, dëg. et ch. IV2 ^"> ^* ^ ^- — *Hôtel Bellevue, tenu par Stallinga, au Bceatenmarkt-, Hôtel Bynland, sur la même place.
Oafé-reetaurant. *Zomerzorg, près de la station, entouré d*un magnifique jardin. Charmant étang peuplé de milliers de poissons rouges. Le» fils de fer tendus au dessus de Teau garantissent les poissons des attaquefrdes mouettes. Bonne bière ches C. ¥. M ùller, Breede-Straat, 20 c. le ▼erre, beefst. aux pommes 60 c.
Curiosités principales: le musée des antiquités (p. 242), d^histdlye naturelle (p. 242) et du colonel Siebold (p. 242).
Lojde, la plus anci^ine ville de la Hollande, le Lugdunum BiUavorum deô Romains, a 37,339 bab. ,, mais pourrait en contenir 90 à .100,000, comme elle les avait autrefois, du temps de sa prospérité industrielle. Elle est traversée par le Rhin, ou plutôt par le bras de ce fleuve qui conserve Fancien nom (p. 203). II ressemble à un large canal et n'a de mouvement qu'à la marée^ basse, quand les écluses de Katwijk sont ouvertes (p. 244).
„Leyde est sourtout célèbre dans Thistoire des Pays-Bas par le siège qu''elle soutint en 1574 contre les Espagnols que commandait Valdez. Jean Vanderdoes, connu dans la littérature latine (sous le nom de Janut DûUM) par ses charmantes poésies, détendait la ville, oii Pierre Vanderwerf «xerçalt les fonctions de bourgmestre. La ville fut bloquée le 26 mai i574 et délivrée le 3 oct. suivant par l'amiral Boisot, qui fit percer les digues de la Veuse et de TYssel, d''oii résulta Tinondation d'un terrain d'une étendue de 20 lieues, situé entre Deift, Gouda, Rotterdam et Leyde. Un vent du 80. poussa le 3 oetobre l'eau en abondance vers Leyde et on put y faire entrer plusieurs bateaux chargés de vivres. Valdcz, instruit que la ville était réduite à la dernière extrémité, avait résolu de tenter l'assaut. Une demoiselle de La Haye, nommée Madeleine IfooQS» dont il était .épris, l'arrêta dans son projet; ^vùtu cUles^ lui ditelle, mettre à feu et à sang la ville oit se trouvent mes parents et les compagnes de mon enfance: non, je ne donnerai jamais mon coeur à ce barbare^. Valdez lui promit qu'il épargnerait Leyde, lorsque la iTamine Taurait fait tomber en s<hi pouvoir. Après quatre mois de siège,, homoies, femmes^ enfants, vieillards, tous exténués de faim et de fatigue, s'étaient présentés * à Vanderwerf, en lui demandant du pain ou la reddition de la ville \ sans s^émouvoir, le bourgmestre tire son épée et montre son cœur: „Du pain, je n'en ai pas, leur dit il, mais si mon corps peut wu9 nourrir, tuéemoi et partagez-le entre vous tous.*^ Cet acte de dévouement à la patrie les déconcerta et quelques jours après, le prince d'Orange, qui avait conseillé à l'amiral Boisot de rompre les digues, était entré triomphant dans cette ville." Gautier.
La partie la plus ancienne de Leyde est le Bourg (pi. 2), situé au centre de la ville sur une colline, d'où Ton découvre toute
'240 Routes». LEYDE. Hùtétràe-vUle.
}* ^le et 1m environs joBqii'aux dunes. Les fonda^ons 4e cet •«édifice oimiilaire, récemment restaura et couronné de créheatix, ont indubUablenient servi à un castel de Dnisus, queiqae certains archéologues en attribuent la construction à Hengist, duc deg Anglo-Saxons (vers 450). Aujourd'hui le Bourg, embelli par de^ Javdin», sert de casino; entrée pour les étrangers, iO x;ents.
Dans le voisinage du Bourg se trouve Téglise dite Hoogluid- «ohe Iterk (St-Pancrace , pi. 5), construite en 128D. C'est une église en croix latine et à 3 nefs; celle du milieu a des arcades . en plein cintre; les transepts, les bas-côtés, et le chœur sont en ■architecture ogivale. La nef du milieu de cette belle église, aussi vide et dégarnie qu'elle est grande, repose sur un portique de 38 piliers. Un de ces piliers supporte le monument Insignifiant du bourgmestre Van der Werff (f 1604, voy. p. 239), orné •du médaillon du défunt.
En faisant quelques pas à PO. du Bour^, on arrive à un pont •couvert, appelé Komheurs (bourse aux grains), qui conduit à la Breedestraat (rue large), la plus spacieuse de la ville. Aussitôt •en y entrant, on voit s'étendre à dr. la longue façade de rkAtelde-Tllle (raadhms, pi. 1), édifice d'un aspect pittoresque, con- :struit dans le style parfois un peu lourd de la fin du seUième siècle. Au-dessus de la porte latérale du N. on voit une inscription portant:
KAR sWaRTK HVnOERNOOT
ohbbbraCht hadpe te doot bInabst zks dVIskst MensCbek, aLs't gox> dek hebr Vbrdboot oaf b1 Vm6 Wedbk broot, zo VebL Wl CVnsten WbnsChbk.
-< Après qu''une noire famine eut mis à mort près de 6000 personnes. I)ieu le Seigneur s'en étant lassé, il nous donna de nouveau du pain autant que nous pouvions en désirer.)
Ce chronogramme renferme le millésime du fameux siège de 1574 (le W vaut deux Y); les 131 lettres et signes typographiques •dont il se compose, répondent aux 131 jours que dura le siège.
Le bâtiment, surmonté d'un clocher pourvu d'un carillon, renferme deux tableaux d'une ancienne célébrité. D'abord, dans la salle du tribunal, un crucifiement charge de figures, par Corneille Engelbrechtsen (1468 — 1533); les volets représentent le sacrifice d'Abraham et l'érection du serpent d'airain. Puis, dans la -chambre du bourgmestre, un jugement dernier par l'élève d'Engelbrechtsen, Lucas van JLeycien (1492— > 1533) { il est moins beau •qu'intéressant pour l'histoire de l'art. Un troisième tableau digne •d'attention, dans la salle du conseil, a été peint en 1817 par Ignace van Brêe, qui fut plus tard directeur de l'académie d' Angers, et représente le dévouement du bourgmestre Van der Werff (p. 239). On trouve encore à Thôtel-de-ville des toiles de Ue- «en*, Versehoten, O. FUnkj F. van ifieris. Van Merk et autres.
St'Pierre, LEYDE. 39. UouU. 241
Parmi les antiquités qui y sont conservées, nous citons la table qui servit d'établi au fameux tailleur et cbef d'anabaptistes Jean Beukeler, connu dans l'histoire sous le nom de Jean de Leyde (le Prophète).
Bt-Pierre (pi. 4), construite en forme de croix latine en 1315, a cinq nefs et est la plus grande église de la ville. Elle renferme les monuments d'un grand nombre de savants distingués des temps anciens et modernes. Celui du célèbre médecin Boerhâve (f 1738) porte la modeste épitaphe: „SaLutifero Boerhavii genio sacrum^'. D'autres tombeaux rappellent la mémoire de célèbres professeurs, tels que DodoênSj Spanheim, les deux Meermon, Cliui'usj ScoXiger, Camper, Van der Palm, etc. Le tombeau de l'historien J. LÛxac, qui fut une des victimes de l'explosion d'un bateau à poudre en 1807 (p. 244), porte l'inscription suivante: „Aan onze vriend, Mr. Joh. Lutac, hoogUeraar. Hij was de achrick der verdrukkers, de trooat der verdnUeten. Hij overleed in den ramp van Leiden, 12. jan. 1S07'*. (A notre ami, Mr. Jean Luzac, professeur. Il fut l'effroi des oppresseurs, la consolation des opprimés. Il mourut dans la calamité de Leyde le 12 janv, 1807.) Un autre monument est consacré à un étudiant (Beckmann) membre de la compagnie des étudiants de Leyde, qui s'était formée en 1830 pour combattre les Belges (p. 59); il périt au combat de Beeringen le 5 août 1831.
Une tradition porte, qu'après la glorieuse défense de la ville en 1574, le prince d'Orange voulant récompenser les habitants d'une conduite aussi héroïque, leur laissa le choix entre la franchise d'impôts pour un grand nombre d'années et l'établissement d'une université. Quelle que soit l'authenticité de cette tradition, il est bien constaté, que la fondation de l'université date de Tannée 1575. Elle acquit bientôt une réputation européenne et attira les savants les plus remarquables de l'époque. Nous citons Us noms de Hugues Grotius, Descartes, Saumaise, Scaliger. Boerhave, Ruhnkenlns, Wyttenbach. Ârminius et Gomar, les auteurs du fameux différend théologique qui amena le synode de Dordrecht (p» 212), furent également l'un et l'autre professeurs à l'Université. De nos jours encore cet établissement soutient son ancienne réputation, surtout en ce qui concerne les facultés des sciences et de médecine, et ses précieuses collections (26 professeurs, 616 élèves). La plupart des cours se font au domicile des professeurs, très -peu dans le local même de TUniversité (i' Académie, pi. 8). Les murs de la salle du sénat académique sont couverts des portraits de tous les professeurs qui se sont succédé depuis la fondation de l'Université Jusqu'aux temps les plus récents.
Le jardin botanique (pi. 8), ouvert au public jusqu'à 1 h., est organisé et entretenu d'après les systèmes de Linné et de Jussieu. Il est très-riche en plantes exotiques, surtout des Indes Bsedeker, la Hollande. 3^ édition. 10
242 Route 39. LEYDE. Musée Siebold
orientales. Daas les serres on cultiye le cannellier, le quinquina^ le caféier, le cotonnier, le mahagon (acajou), le lin de la Non- Telle-Z^ande, le papyrus, le bambou, le sagoutier, le camphrier^ le dlonée (attrape-mouche), le tricb^ie, l'arrow-root, le tamarinier, un grand nombre d'espèces de palmiers, etc. Une autre rareté' qu'on y montre est un tronc d'arbre scié en travers, dans le milieu duquel se trouve, à Tétat de concrétion avec le bois, un trident de fer..
Le *mti8ée d'histoire naturelle (pi. 10), établi dans un local très-bien distribué, de Tautre côté du canal, est ouvert au publie tous les jours, le dimanche excepté, de midi à 3 heures. C'est un des plus riches de l'Europe, surtout en produits des Indes orientales et occidentales. On y trouve les objets les plus rares, le tout exemplairement tenu. La section ornithologique a reçu un accroissement considérable par la collection de M' Temnûnok,. le célèbre ornithologue. Le cabinet à'anatomie comparée est peutêtre le plus complet en Europe.
Le célèbre *ma8ée Siebold (pi. 12), ouvert tours les jours de 9 à 7 h., en hiver jusqu'à la nuit (on paie 50 c. par personne),, a été fondé par le colonel de Siebold, natif de Wûrzbourg en Bavière. Ce naturaliste distingué fut médecin au Japon de 1822 à 1830; comme tel il eut la meilleure occasion d'observer et d'étudier les mœurs de cet empire si peu exploré avant lui par les Européens, et de réunir une collection unique d'objets relatifs à la civilisation japonaise. Cette riche collection, que son propriétaire eut bien de la peine à transporter en Europe, a été acquise par l'Etat et est emménagée -dans une petite maison de la Breedestraat. Elle contient entre autres un autel domestique (le seul en Europe), des images de saints^ des figures en bronze, des tablettes à calculer, des instruments de chirurgie, des éventails, des parasols, des aiguilles aimantées, des jouets d'enfants, des objets en sucre, des instruments de musique, de nombreux ouvrages en bambou, des figures anatomiques, deux armures, des drapeaux, des tableaux, une idole (dragon), des filets, un grand nombre de livres japonais, des modèles, une grande maison de campagne, des vêtements garnis des plus fines broderies, des parures, des épingles à cheveux, des pipes, des couteaux ^ des ciseaux, des chapelets, des amulettes, du papier, des cartes à jouer, des ouvrages en paille, des malles de voyage, des boîtes à lettres, des pinceaux pour écrire , des balais , de la soie, de la bijouterie, un cimetière, un autel du Tibet,- des peintures enchâssées dans des cadres singulièrement sculptés, etc. La collection rend témoignage du haut degré de civilisation du Japon et surtout de la supériorité d'une foule de produits techniques de ce pays sur ceux de nos pays européens. Le concierge vend des objets du Japon (?).
Le *mii8ée des antiquités (pi. 11, Muséum von Oudheden)^ tout près du musée Siebold, dans la Breedestraat, est ouvert le dimanche de midi à 7 h., le mardi, jeudi et samedi de 11 à 4 h ,
Mutée des aniiqyiiés. LËYDE. 39. RouU. 243
et moyennant une rétribution de 50 c. pour une ou deux pers., tous les jours de 7 h. du matin à 7 b. du soir. Il est distribué dans 11 salles et renferme des objets de la plus grande valeur, surtout en ce qui concerne l'histoire, les mœurs et coutumes de TEgypte. 11 surpasse, quant à la beauté et à la richesse des sarcophages, des ustensiles, des reliefs, de& statues et des momies, ainsi que pour les bijoux et les rouleaux de papyrus, la plupart des autres collections modernes. Une richesse particulière de cette collection consiste dans les monuments puniques; ils font connaître la sculpture, des Carthaginois d'après un grand nombre de reliefs, surtout de pierres tumulaires.
Rez-de-chaussée. Salle I (à droite). Dieux indiens en pierre: Brahma, le créateur, Wischnou à la trompe d'éléphant, le conservateur, Schiwa, le destructeur, reposant sur des crânes, en nombreux exemplaires des grandeurs les plus diverses (c'est là la fameuse trinité indienne, symbolisant à la fois le soleil, Peau et le feu, la puissance, la sagesse et la justice, le présent, l'avenir et le passé); Mundi, dieu subordonné à i^chiwa, sous la forme d'un taureau, en lave; restes de Carthage; un singulier gardien d'un temple muni d'une épée. — Salle II et III. Antiquités grecques et romaines, statues et inscriptions. — Salle IV. Antiquités égyptiennes, écritures hiéroglyphiques, sarcophages; figures assises, sarcophage de prêtre en granit; quatre colonnes de l'entrée des catacombes; tables à sacrifice; sphinx; des juifs, captifs et garrottés, conduits par des Egyptiens armés, grand bas-relief; un gnomon. — Premier étage. Salle I. Dieux domestiques des Egyptiens, écritures sur papyrus; cercueils de momies, momies enveloppées ou découvertes, momies d'animaux, chiens, chats, poissons, crocodile, ibis, babouin; d'excellentes têtes de momies avec dents, boucles d'oreilles et chevelure. — Salle II et III, et Cabinet. Momies égyptiennes, ornements, scarabées, colliers, bijouterie, perles, froment, haricots, pain, viande, bracelets, anneaux, miroirs, linge; tous ces objets ont un âge de 3000 ans. — Salle IV. Sarcophages et inscriptions de provenance romaine; sculptures grecques en abondance. — Deuxième et troisième étage. Imitation en liège du temple de Minerve, divers autres temples, également en liège; copies de bas-reliefs renommés (le Parthénon, la colonne Trajane, etc.) et autres ouvrages de sculpture; modèle d'un soit-disant lit de géants de la province holl. de Drenthe; antiquités germaniques, idoles des anciens Teutons, armes romaines, vases grecs et étrusques ; lampes en argile d'Afrique, de Grèce et d'Italie; empreintes de sceaux grecs; bon nombre de bronzes étrusques, armes grecques, casques, etc. Tous les étages du vaste édifice sont remplis d'antiquités.
Deux grandes places plantées d'arbres, à dr. et à g. de la Rapenburger-gracht (on les appelle la Ruinty pi. 25), étaient autrefois couvertes de maisons. Cette immense lacune est un effet de
244 Route 39. KATWIJK AAN ZEE.
la terrible explosion d'un navire charge de poudre et amarré dnns le canal au centre de la ville, qui eut lieu de 12 janvier 1807. Plus de 150 personnes périrent sous les décombres.
A 2 1. KO. de Leyde est situé le village de Katwijk aan Zee, oit un canal pourvu d'immenses écluses vient en aide au Bhin, pour en déverser les eaux dans la mer. L'embouchure du Rhin avait été ensablée en 839 (p. 203), époque oh une violente tempête était venue amonceler des remblais impénétrables sur la côte, Jusqu'à Tan 1807, date de la construction des écluses. Abandonné à lui-même, le fleuve se perdait dans les sables avant d'atteindre la mer. Une partie des eaux devint stagnante et transforma toute la contrée en marais. Pour obvier à cet inconvénient et pour créer à la fois une nouvelle issue au lac de Harlem, on résolut de construire un grand canal à 3 écluses, dont la première à 2 couples de portes, la seconde 4, et la troisième, la plus proche de la mer, 5 couples. A la marée montante, les portes sont fermées, cour empêcher les eaux de la mer de faire irruption \ celles-ci arrivent à 4 mètres de hauteur contre les écluses et leur niveau est souvent de beaucoup supérieur à celui des eaux du canal. A la retraite de la mer, les portes sont ouvertes pendant ô ou 6 heures, pour faire écouler les eaux qui se sont amassées etpour balayer le sable déposé par les vagues de la mer. On évalue à 100,000 pieds cubes la masse d'eau qui s'écoule en une seconde par les écluses. Quand la mer est grosse et que le vent soufifle vers la côte, empêchant les eaux de se retirer dans le temps ordinaire, les portes ne peuvent point être ouvertes. Les digues élevées à l'entrée du canal et le long de la côte sont des ouvrages d'un caractère vraiment grandiose: les fondements sont des pilotis, enfoncés dans le sable mouvant et revêtus d'une solide maçonnerie en pierre calcaire de Belgique. Ces magnifiques travaux hydrauliques ont été exécutés sous le règne du roi Louis Bonaparte par l'ingénieur Conrad (p. 245). Us dépassent, pour la solidité et l'ingénieuse combinaison, tous les ouvrages analogues en Europe. Ils ont été considérablement agrandis depuis qu'on a entrepris l'écoulement du lac de Harlem. Dans le voisinage cle Katwijk se trouvent des bâtiments de graduation^ c'est-à-dire de longs bâtiments à claire-voie, vers lesquels on conduit l'eau de mer pour la faire lentement distiller à travers des fascines, et en faire évaporer au soleil les parties liquides, jusqu'à ce qu'elle se convertisse en saumure. Cette dernier*' est expédiée dans les sauneries de Leyde. On irouve aussi dans les environs des fours à chaux,, destinés à brûler les. coquilles amoncelées sur la plage. La maison de bains, construite en 1845, est très-fréquçntée par les habitants de Leyde.
Entre Leyde et Katwijk est Endégeeat, une campagne de M*^ Gevers, entourée d'un beau pare et connue pour avoir été, pendant plusieurs années, la résidence de Descartes, qui y composa ses principaux ouvrages de philosophie et de mathématiques.