‹ La Belgique et la HollandeChapitre 66 sur 73 · firoek (pron. Brouk · texte numérisé non relu

firoek (pron. Brouk

TJn batean à vapaur part toutes les demi-heures de la Stads^Herberg (p. 251). On traverse TY en quelques minutes. Buikêloot^ le premier village de la Hollande du Nord, est à V2 iicue du débarcadère*) de IkkBroek il y a tout au plus ll/j lieue. Les piétons trouveront facilement leur chemin-, la route côtoie d'abord le canal du Nord; à mi-chemin, au deuxième pont, elle tourne à droite et longe le côté droit du canal de Broek.

Des trokachuitan (p. 189) partent 5 fois par jour de la Stads-Qerberg, et font le chemin jusqu'à Broek en 3 heures de tenips. On peut aussi prendre la trekschuit de Purmerende (départ 5 fois par jour) jusqu'au pont signalé ci-dessus, d'où il y a encore ^ min. à marcher jusqu'à Broek.

Yoiturea chez Yuyk „Jîastelein en staftiouder met uitspanninç m het veerhuii de Vergulde Waçen'^ à Buiksloot. Voiture à 1 cheval, pour 1 personne 3 fl., pour 2 ou 3 pers. 4 fl.-, à 2 chevaux, 5 fl. ; voiture à 2 chevaux pour Purmerende 5 fl., aller et retour 7 û. ; voiture à 2 chevaux au Nieuwe-Diep (p. 276) par Alkmaar en 8 h. de temps, 40 fl. Pour ce que l'on nomme ^le grand tour^, qui demande toute une journée, et qui comprend les villes de Broek, Monnikendam, Edam, Purmerende et Zaandam, on paie 15 fl. (cp. p. 270). Nous recommandons ce voyage aux agronomes, qui y trouveront beaucoup d'intérêt; lés voyageurs ordinaires n'y rencontreront que bien peu de choses dignes de fixer leur attention. Toutes ces localités ont un cachet d'uniformité qui dispense de la peine de les visiter toutes.

En face d'Amsterdam, en vivant de BwkslooU se trouve 'la Willemsluis (écluse de Guillaume), à laquelle aboutit le grand canal du Nord, construit de 1819 à 182Ô par Blanicen et qui a coûté environ 12 millions de florins. Ce canal, large de 40 m. et profond de 6 m., s'étend jusqu'au Helder (14 lieues), et permet à deux frégates d'y naviguer de front. Les écluses de l'entrée dépassent en dimension les plus grandes de l'Europe et sont établies sur des pilotis enfoncés dans le sable à travers le limon. Le niveau de l'eau du canal est à Buiksloot de plus de 3 mètres au» dessous de celui de la mer, et de bien plus encore pendant la marée montante. Cette nouvelle voie de communication entre le Texel et la capitale est d'une baute importance pour le commerce d'Amsterdam. Tandis qu^autrefois un navire, pour peu qu'il fut arrêté par des vents contraires ou autres contre-temps, mettait jusqu'à 3 et 4 mois pour faire la courte traversée du Zuiderzée (p. 235), J'on remorque aujourd'hui les vaisseaux en 18 h. jusqu'au TexeL Plus de 5000 vaisseaux de fort tonnage cir-

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calent dans ce canal dans le cours d'une ann^e. Malheureusement les eaux gèlent souvent en hiver, et le bris des glaces occasionne alors une dépense évaluée à 30,000 fl. Néanmoins ce canal ne suffit déjà plus aux exigences du commerce, et, le 13 déc. 1862, le gouvernement a reçu des chambres l'autorisatlon . de faire creuser un nouveau canal plus large et plus profond à travers la Hollande „op %yn SmaUt^ (par Zaandam et Yelsen jusqu'à Wyk op Zee). Les frais efi sont évalués à 18,000,000 fl.

Broek (prononcez Brouk^ (hôtel sur le côté N. ; Café près du débarcadère de la trekscbuit) , ce village si souvent nommé soit avec admiration, soit avec moquerie, est incontestablement le plus propre du monde. Les 1200 habitants qu'il renferme s'occupent en grande partie à la fabrication de ces fameux fromages dits ^d'Ëdam" ou zoetemelkskaaa (ils sont faits avec du lait doux, tandis qu'on emploie du lait aigre pour ceux de Leyde); une autre partie de la population se compose de riches boutiquiers, fermiers ou artisans retirés des affaires et vivant paisiblement de leurs rentes.

A l'entrée du village on lit l'avertissement suivant, que nous traduisons textuellement: „ Avant ou après le coucher du soleil personne ne pourra fumer dans le village, ce qui n'est permis que pendant la journée^ et à condition de pourvoir sa pipe d^un couverclei de même quand on traverse le village avec un cheval, il €st défendu de le monter, mais il faut le tenir par la tête et le 4ionduire à pied". Autrefois on ne pouvait pas y entrer en voiture, la plaine sur laquelle il est bâti étant entrecoupée de tous côtés par de petits canaux, qui forment des îlots communiquant entre eux par des ponts impraticables en voiture. Dans les derniers temps on a heureusement obvié à cet inconvénient. Les chemins pour les piétons permettent parfois à peine à deux personnes d'y marcher de frontf Us sont pavés de petites briques (klinkers, p. 189), et produisent çà et là, surtout le long des maisons, l'effet d'une mosaïque artificielle. Les maisons sont généralement construites en bois, l'extérieur en est peint à l'huile de couleurs variées ; ces façades bariolées, jointes aux toitures en tuiles brillantes et de toutes les couleurs, produisent an soleil un êflfet tout-à-fait bizarre. Les habitations des pauvres n'ont qu'un ^tage; celles des riches ont une architecture toute spéciale, mais qui est rarement de fort bon goût. Les pignons font généralement face à la rue. La porta principale donne également sur la rue, mais on n'y entre que les grands jours de cérémonie (jours de naissance, bapt.émes, noces, enterremônts) par un escalier mobile de 3 à 4 marches, que l'on enlève aussitôt après la fête. En dehors de ces solennités domestiques . le seuil de la maison ne peut être franchi que par la maîtresse du logis. Celle-ci ouvre une fois par semaine les volets, enlève la porcelaine des armoires et des tablettes des fenêtres pour les épousseter, frotte

270 Route 42. BROEK.

les meubles et les murs et rtfcure le plancher. Ce trarail fini,, porte et fenêtres restent de nouveau closes jusqu'à la prochaine opération.

La plupart des maisons sont des habitations particulières, qu'il n'est permis aux étrangers de visiter que sur la présentation d'une recommandation à l'adresse du propriétaire. Quant aux maisonnettes des fromagers, on en refuse rarement l'entrée. Avant d'y entrer, on est prié de bien s'essuyer les pieds ; devant la porte on trouve presque toujours un certain nombre de souliers et de sabots, les habitants ayant l'habitude d'ôter leurs chaussures % la porte et de circuler dans les maisons à la façon turque, en pantoufles ou en chaussons. On entre par l'étable des vaches, qui occupe les trois côtés de la maison; l'espace intermédiaire et le côté laissé libre sont destinés aux êtres humains. Tout y est d'une propreté telle, que même l'étable pourrait au besoin servir de salon; car les animaux sont ici si bien logés que bien des pauvres leur porteraient envie. Le parquet est pavé en klinkers, les parois en sapin sont nettes et lustrées.. Les loges des vaches sont quelque peu rehaussées; au-dessus de chacune, on voit un crampon fixé dans la solive; on y attache la queue de la vache, afin de l'empêcher de toucher aux ordures et de s'en barbouiller les flancs. — Dans la laiterie, on vous montre la préparation des fromages; les uns se trouvent sous la presse, d'autres dans Teau pour la salaison; le tout s'effectue avec la plus grande propreté imaginable.

Malgré les extravagances du goût de propreté et quelque absence de bon goût que l'on peut reprocher aux habitants de Broek, une excursion dans ce village aux jolies et coquettes mai— Bons ne sera néanmoins point regrettée.

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