‹ La Belgique et le Congo, le passé, le présent, l'avenirChapitre 20 sur 125 · LE TRAVAIL FORCE · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL FORCE

« Ce n'est pas sans un profond regret, sans un sentiment d'indignation que jai vu un ni('nil)redu l^arienient belge apporter le concours de son talent à une cainpagiie menée à letranger sous l'empire de sentiments que je ne ([ualifierai pas, ;iii moyen d'accusations qui ont été cent foisdémeiilies et réfutées. Il fallait, Messieurs, que ce fût dans un autre parti que celui de Tordre que ce langage peu patriotique se produisît '. »

Mais, quelques mois après, paraissait le rapport de la Commission d'enquête, dont les constatations ofïicielles rendaient ces dénégations impossibles et obligeaient l'Etat du Congo à reconnaître que des réformes s'imposaient.

i^ 2. — Les décrets du ^ jiin 1906.

Si les rapporteurs de la Commission d'enquête eurent le très grand mérite de dénoncer, sans réticences, les abus et les crimes du travail forcé, ils n'allèrent pas, cependant, jusqu'à condamner le régime lui-même et se bornèrent à proposer les palliatifs qui leur paraissaient compatibles avec sou maintien.

« Nous nous trouvions — me disait un jour l'un d'eux — dans la situation d'un médecin appelé au cbevet d'un ouvrier sans ressources, et à qui ce serait une dérision que conseiller du vieux bordeaux, des viandes saignantes et un séjour à la Côte d'azur. Étant donné le malheur des temps, tout ce que nous pouvions faire, c'était d'amorcer les réformes ultérieures, en prescrivant quelques remèdes urgents. »

La Commission se contenta doncde demander que ladélégatioude l'impôt soit enlevéeauxcompagnies commerciales, que la loi des quarante heures soit réellement appliquée, que les procédés de contrainte soient adoucis, que l'on supprime les sentinelles armées, que l'on recoure autant que possible à l'intermédiaire des chefs indigènes pour obtenir le paiement de 1 impôt, que l'on permette, enfin, aux contribuables de s'af-

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