‹ La Belgique et le Congo, le passé, le présent, l'avenirChapitre 58 sur 125 · Bulletin officiel du Coiujo Oeltje, 1910, p · texte numérisé non relu

Bulletin officiel du Coiujo Oeltje, 1910, p

15t LA llKLr.Iyl'K ET LE CONGO

plus, etsiibsidiairemeul à une servitude pénale de deux mois au uiaxiinuni '.

Si l'impi'il (Ml travail est aboli, en trois étapes successives, par le décret du :2 mai, le travail forcé subsiste pour les travaillours d'utilité puijli(iue. Ou s'est borné à réduire la durée du teuips de service à trois ans, au lieu de cinq, et à réaliser d'autres amélioralious par voie administrative. Le ministre, toutefois, a déclaré (jue, pour le moment, il ne comptait plus faire de nouvelles levées.

De même que le décret du '1-1 mars, le décret relatif à l'impôt indigène a reçu l'approbation unanime du Conseil colonial.

En priucipe, d'ailleurs, on ne peut que se féliciter de voir disparaître, enfin, l'odieu.x impôt eu travail, et le seul reproclie qu'on puisse faire au gouvernement, c'est de maintenir jusqu'en l'M-i la coe.xistence des deux régimes.

Mais nous ne dirions pas notre pensée tout entière si nous n'ajoutions pas (|ue l'iutroduction immédiate de l'impôt en argent, dans un pays où. sauf quelques régions, il n'y a pour ainsi dire pas de commerce ni de circulation monétaire, nous laisse, à la fois, sceptique et inquiet.

Certes, le ministre a déclaré, au Conseil colonial, que l'impôt devra être mis en vigueur avec une grande modéralion : « 11 faudra procéder avec circonspection et consolider t(jul d'abord l'occupation et l'organisation politi(jue pour avancer progressivement en tenant compte des multiples conditions (jue commande la diversité des régions »ït des conditions dans une même région. »

Mais, (Ml même temps, il a repoussé un amendcmeul (|iii fixait à 3 francs b; ininiNiiiiii de linipôt, <( par('(; (|u'iiii minimum (b; ."» francs (.«rigé en règle gciicr.ib! serait manifestement insuflisanl pour payer les cbarges du budget colonial. »

1. V. Tt;xlo ilii (l/'crcl d.-ins If llutlrlin <>/fi,-lrt ilu ('oit;/ii /irf;/f, 1010, pp. 483 et ttuiv.

Nous retrouvons toujours, dans les projets de réforme du j^ouvenienient. le même souci de ne rien demander, ou de demander le moins possible aux contribuables belges.

Alors que partout ailleurs, la métropole, dans les débuts, intervient, on veut, ici, que la colonie se suffise à elle-même, et l'on fixe le taux de l'impôt, non d'après ce que les nègres sont eu état de payer, mais d'après ce que le gouvernement colonial doit recevoir pour boucler sou budget.

La cbose à faire eût été d'abolir immédiatement l'impôt en travail, d'établir des taxes en argent modérées, à mesure que le développement du commerce créerait une circulation monétaire, et de demander linterveutiou de la Belgique pour combler, pendant quelque temps, le déficit du budget.

Au lieu de cela, ou va demander, immédiatement, de 5 à hi francs d'impôts, plus les impôts supplémentaires, à tous les indigènes qui ne serout pas dans l'impossibilité absolue de s'acquitter. Ou va généraliser hâtivement le système fiscal qui existe déjà dans le Bas Congo, où il soulève, de la part des contribuables, des plaintes légitimes.

Lorsque le ministre des Colonies passa à Thysville, en 1909, les chefs N'Gombé de la région lui remirent la pétition suivante, qui montre bien à quel point l'impôt eu argent peut devenir vexatoire lorsque le taux en est excessif, lorsqu'il n'y a pas beaucoup de numéraire dans la région et lorsque les taxes ne sont pas dépensées dans l'intérêt des indigènes :

Le receveur des contributions, lorsqu'il arrive chez nous, ne veut pas prendre de l'étofte. ou d'autres choses que nous sommes en mesure de lui offrir; il ne veut prendre que des francs. Or, nous avons les plus grandes peines à nous procurer des francs. Aussi, nous désirons que le receveur prenne ce que nous sommes capables de lui donner pour paiement de nos taxes.

Nous ne recevons aucun avantage en échange de nos taxes, .ladis nous payions des taxes. Lorsqu'un homme établissait un pont sur une rivière, quiconque usait de ce pont acquittait un péage; lorsqu'un homme voulait passer une rivière sur une pirogue de passage, il payait le passeur. Mais pour la taxe que nous payons maintenant à l'État, nous n'obtenons aucune contre-

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