LA BKLGIQL'K ET LE CONGO
valeur. Il n'y a pas d'oi-ido où renseigncnienl se donne en français, pas d'enseii»^nenient professionnel; el alors que le paiement de nos taxes devrait servir, par exemple, à l'entretien des routes, lorsque celles-ci sont envahies par la brousse, on nous fait donner encore un cochon en sus de l'impôt. Or. nous demandons que, si nous payons nos taxes, nous ne soyons pas encore ol)lit,'és de payer des rations pour l'entretien de nos routes.
Saus doute, il a élé leini compte dans uue certaiue mesure de cette réclamation et, désormais, les indigènes de la région des Cataractes paieront an maximum \'l francs par adulte mâle, plus l'impôt supplémentaire qui grève les ménages polygames, taudis qu'eu ll>Ui), l'impôt était de 1:2 francs pour les hommes et de 6 francs pour les femmes saus exception.
Mais il reste (jue, dans la plupart des cas, les indigènes auront peine à se procurer des espèces pour payer l'impùt ; que, saus doute, on continuera, comme par le passé, à consacrer la plus grande partie des receltes de l'Etat à des dépenses qui ne les intéressent que très indirectement, et que, si l'on ce procède pas avec une extrême prudence, la taxe menace de provoquer les mêmes mécontentements et les mêmes résistances que l'impôt en travail.
Nous voulons espérer, toutefois, que le gouvernement colonial belge ne se laissera pas détourner de ce devoir d'extrême prudence par des considérations trop exclusivement Itudgétaires,*et (ju'il s'inspirera des sages conseils (jue M. Merlin. Gouverneur général du Congo français, adressait en 100".> à ses subordonnés :
.Notre but est de civiliser ce pays et nous ne pouvons y parvenir (jii'avec le concours des habitants. Un n'impose pas le progrès, on le fait comprendre el désirer; il est donc essentiel (jue les poptilations aimt confiance en nous. Il in)porle qu'elles aient conscieru-e, au moins confusément, du but <juc nous poursuivons et de la sincérité de nos intentions. Si nous voulons les contraindre par la violence à nous foni-nir leur cotitribulion, nous ne parviendrouH qu'à au^rmeiiler leur im-liarwe et renforcer leur hostilité. Klles seront convaincues ({ue le |)roduil de l'impiU servira, non a lintérêl ^'énéral, mais à nos intérêts particuliers ; <'lles continueront à l'appeler « amende » et ce sera à leurs yeux une n)aniere
(le tribut (le g'uerrc annuel, un jiljonnenicnt à la razzia, que le plus fort a le droit d'exiger du plus faible. Vous sentez quel obstacle insurmontable un pareil état dosjjrit présenterait pour le développement de noire œuvre et vous reconnaîtrez avec moi que nous devons tout l'aire pour en empèrlier la propagation ^
Ces paroles trouvent leur application, plus encore, au Congo belge qu'au Cougo français. Puisseul les Belges le comprendre et préférer une politique de sacrifices temporaires à une politique de contraintes et de violences, qui continuerait, sous l'administration coloniale nouvelle les traditions du Congo Léopoldien.
I 3. — Le décret relatif aux chefferies