‹ La Belgique et le Congo, le passé, le présent, l'avenirChapitre 78 sur 125 · I.m ilrviners jours ilv l'El<il du Cuiii/n, \\. ilH · texte numérisé non relu

I.m ilrviners jours ilv l'El<il du Cuiii/n, \\. ilH

LE SOCIALISME ET LA POLITIQUE IXDir.KXE 253

compléter l'orgaDisation du service sanitaire, eu adjoignant aux médecins des infirmiers indigènes possédant quelque instruction, et, dans nombre de cas, aussi, le recours au médecin contribuera, indirectement, à augmenter la fréquentation des écoles.

C'est ce qu'expliquait fort bien, en parlant du Sénégal, M. Guy, lieutenant gouverneur de cette colonie :

Du médecin — déclare-t-il — l'indigène ira au maître d'école. alors qu'on pourrait légitimement croire que c'est le maître d'école qui mènerait au médecin. L'indigène, en effet, veut bien apprendre le français si cela doit lui permettre de gagner sa vie: mais c'est là une éventualité lointaine, et il suffit que ses parents l'envoient cultiver les /oMf/ans (cultures vivricres). qu'il apprenne du maître d'école que le paradis de Mahomet reste fermé à ceux qui parlent la langue des infidèles, ou, tout simplement, que le maître ne lui plaise pas, pour qu'il aille parcourir la campagne et déserte l'école. Mais qu'il souffre, depuis des mois, dune maladie rebelle à tous les gris-(jris ou aux traitements traditionnels par la bouse de vache et la terre mouillée..., un beau jour, perdant patience, il va trouver en secret le médecin français, le toubib ; celui-ci le guérit; le bruit s'en répand; bien entendu, ce n'est pas une guérison, c'est un miracle, et voilà un village conquis à la quinine, au bistouri et au vaccin... Puisque les Français savent si bien guérir, ils doivent enseigner dans leurs écoles de bien belles choses. Et quand le père fréquente le médecin, le fils va trouver l'instituteur^.

Quant au développement économique, au perfectionnement de l'agriculture et des métiers indigènes par l'introduction de nouvelles méthodes et l'emploi dé nouveaux outils, il faut, certes, attendre beaucoup de l'imitation spontanée et de l'influence directe exercée par les blancs sur les travailleurs, les manœuvres, placés sous leurs ordres. Ainsi que le disait M^"" Alexandre Leroy, à la session de l'Institut colonial qui eut lieu à Paris en 1900, dans un pays nouveau, tout contact entre l'Européen et l'indigène amène presque nécessairement chez ce dernier une sorte d'éducation professionnelle; et,

1. Bibliothèipie coloniale inleriialionale, 4" série. L'enseignement aux indigènes. Documents officiels précédés de notices hisloriques, t. I. p. 40t». Paris, 1909.

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plus les établissements européens se mulliplienl, plus s'étend celte éducation, qui se fait pour ainsi dire d'elle-même'.

Néanmoins, cet enseip;nenient professionnel einpiri(iue ne saurait sntlire. L'intervention tfe l'Ktat s'impose, pour créer, par exemple, comme dans l'Afrique occidentale française de la Nigeria, des écoles pratiijues de caoutchouc - où l'on enseigne les meilleures méthodes dincision et de coagulation du latex, pour apprendre aux indigènes à faire de nouvelles cultures, telles que le cacao ou le coton, i)our former des maçons, des charpentiers ou des mécaniciens; et, naturellement, à la base de cet enseignement professionnel, doit se trouver une organisation sérieuse de l'enseignement primaire.

Mais, il faut le dire, ce n'est pas seulement au Congo belge, qu'eu matière d'enseignement indigène, ou en est encore à la période des tâtonnements. Presque partout, les écoles, instituées ;ivant tout dans un but de prosélytisme, sont aux mains des missions, et à peine trouvons-nous, dans les colonies anglaises, allemandes et surtout françaises, quelques exemph'S lutéressants d écoles fondées par le gouvernement coloni;il. t'ii dehors de toutes préoccupations confessionnelles et religieuses.

Dans la Colonie et Protectorat de Sierra-Leone, par exemple, à ccHéde Fournil Hdij Collci/f, dirigé par la ('huirli Missioiuiarn Misstnn, et qui est la seule institution de l'Afrique occidentale où l'on puisse recevoir une éducation universitaire, l'administrateur de la colonie. M. Probyn, a créé récemment pour les fils ou les parents de chefs, une école, Bif Schonl, qui a été ouverte en lOOi», avec dix huit élèves et en compte, aujourd'hui, cent deux. Jipparlcn.inl a toutes les grandes tribus du innlcclor.il

Le but (le Iccole est de préparer les prochaines gênerai ions de ehefs indiL'èiH"^. ( non pas en suivant un système étranger

1 IhnL. p, ITi

t. Tvr.s IIkniiv. Le cnuulvlmuc dans l'Afrique occiiienlulv /l'inii'aise, |)|i iOi et HUiv.

d'éducation, mais de manière à les rendre capables d'assumer, dans les meilleures conditions, les responsabilités qui leur incomberont un jour ».

Le programme porte que « l'enseignement est fondé non sur l'A B C, mais sur l'observation de la nature et sur des leçons de choses. Il tend à cultiver riutelligence des garçons, plutôt qu'à charger leur mémoire. Ou leur apprend à parler un anglais correct, et non le pigeon english qui est parlé dans la colonie. On leur donne des cours de chimie, de botanique, d'agriculture, d'hygiène, de physiologie, de géographie, d'arithmétique et d'arabe. On les fait lire en anglais, dès qu'ils savent assez d'anglais pour comprendre ce qu'ils lisent. Aucune instruction religieuse n'est donnée et aucune tentative n'est faite de s'ingérer dans les pratiques et les croyances des enfants ^ ».

Il va sans dire que la création de pareilles écoles suppose une organisation préalable de l'enseignement du degré inférieur, dont ou est loin au Congo.

Aussi n'eu parlons-nous qu'à titre de perspective lointaine, et pour inoutrer ce que peut devenir l'enseignement des indigènes, dans les colonies les plus développées.

Mais, quant au présent, c'est plutôt dans les colonies allemandes et françaises que le gouvernement colonial belge devra chercher des modèles, le jour où il n'aura plus pour idéal de confier l'éducation de tous les noirs aux petits frères, aux jésuites et au.v pères de Scheut.

Au Kamcnin et dans le Dcutsch-Ost-Afrika, où le gouvernement allemand, fidèle à ses traditions nationales, a créé des écoles publiques nombreuses, l'existence de nombreux musulmans la contraint à s'abstenir de toute tendance favorable à une religion déterminée-.

Dans 1 Afrique occidentale française, l'arrêté du "li novem-

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