The African Mail, :29 octol)rc 1909. p
2. Bulletin décolonisation comparée. Le Pro/ecloral de l Afrique orienlaie alleiiunule en I90(!-IU07, pp. GC. et ()7. Bni.xelles, iO février 1909. — Le
2r,0 l.\ HF.Lr.IOl'E ET LE CdNT.O
brc 1003 a fondé loule rorgauisaliou de reuseiguemcul aux indigènes, sur dos bases rigoureusement laïques.
l'ne circulaire du (îouvornour général par iiitciini de r.\. 0. F., M. Merlin, en date du :27 février 1908, rappelle que cet arrêté a prévu la création de trois catégories d'écoles.:
i" Les écoles de rillage. ou écoles du premier degré. Elles doivent surtout donner linslruclion primaire élémentaire, comprenant les notions pratiques les plus essentielles, réduites en quelque sorte à leur plus simple expression.
i" Les t'colcs rojioHdU's, ou écoles du second degré. Elles ont pour objet principal d'apprendre aux enfants les éléments des sciences indispensables à la pratique d'un métier manuel.
3' Les écoles urbaines. Elles constituent moins des établissements de troisième degré que des écoles spéciales, ou pour mieux dire, des écoles d'exception, parce qu'elles sont, en principe, réservées à la population européenne ou assimilée, qui sera, pour longtemps, en minorité dans les colonies de l'A. 0. F.
De ces trois types d'écoles, c'est évidemment le premier — l'école de village — qui doit être considéré comme l'instrument le plus elTicace pour arriver à des résultats immédiats.
Leur nombre est encore restreint, d'abord parce que les Cjouveruements locaux, absorbés par d'autres tâches, n'ont pu consacrer à l'enseignement que des décrets restreints; ensuite parce que le Gouvernement général n'a pu disposer jusqu'ici que d'un très firible contingent d instituteurs indigènes.
Pour remédier à cette situation, on a créé une école normale à Saint Louis, des cours normaux à Kayes et à Conakry ; et, en attendant, on fait appel aux agents de l'administration indigèn»! dans tous les «'entres où il existe de.s fonclionnaires européens, aux sous-ofliciers dans tous les postes militaires,
l'rulectoral de. huiiifrini vu lUiHi-luol , pp. 124 cl .siiiv linixcllos, 2o iiuirs l'J09, — Le l'roteclorut de l'A. 0. A. depuis l'JO:, pp. 4Ji cl siiiv. (iO oclohn; l'JO'J).
pour constituer, tout au moins, à rét;itenibryonnniie, IT'cole (le village indispensable à chaque agglomération de quelque importance.
J'estime — dit .M. .Merlin — ([uil y a un intérêt de premier ordre à inviter MM. les administrateurs, commandants de cercle, à veiller attentivement à l'organisation de ces écoles et à ne jamais perdre de vue l'importance qui s'attache à obtenir des résultais. Il ne sera pas nécessaire, dès le début, de construire (les bâtiments plus ou moins coûteux ; la simple appropriation (l'une case indigène un peu spacieuse devra suffire, car il importe d'utiliser les ressources locales à l'achat d'un petit matériel scolaire composé au minimum d'un tableau noir, de quelques ardoises et d'un petit lot de livres convenablement choisis à l'usage du maître (méthodes très simples, notions pratiques, leçons de chose* etc.). Outre une modique rémunération qui pourra être accordée aux fonctionnaires ou aux sous-officiers pour ce travail supplémentaire, je compte leur réserver des récompenses spéciales 1...
Il est probable que, dans les débuts, ou procédera de même au Congo belge, le jour ou le gouvernement ne se contentera plus d'écoles de missions.
Mais pareille solution ne sera jamais que provisoire et insuffisante. Avec la meilleure volonté du monde, des employés, des sous-officiers, faisant la classe à leurs moments perdus, ne pourront obtenir que d'assez piètres résultats. On ne s'improvise pas instituteurs, et surtout instituteurs pour nègres.
Ce qu'il faut aux indigènes, ce sont des maîtres indigènes, dont la mentalité s'adapte à la leur, et pour former ces maîtres, pour diriger cet enseignement normal, ce ne sera pas trop d'avoir recours à des hommes de tout premier ordre.
Le premier venu, qui a des connaissances suffisantes, peut, tant bien que mal, préparer des instituteurs européens, pour des écoles européennes : les méthodes sont connues, les programmes sont le fruit d'une lougue expérience ; le maître ne
1. Bibliolhè(]uc internaliunale. L'etiseUjneiiienl aux indigènes, p. 5iî3. Paris-Biuxelles, 1909.
Vaniikkvei.uk. — (Joiluo. 17
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doit pas (aire de grands efïorls pour « se niettre dans la peau de ses élèves ».
Mais en Afrique !
Il faut connaître à fond la lauf^ue, ou les langues indigènes; pénétrer les différences du mécanisme cérébral des noirs et des blancs; cliercber les méthodes qui s'adaptent à d'autres besoins, à d'autres cerveaux ; trouver le moyen de fournir aux populations des chefs de lilo. (jui les aident à évoluer, au lieu de les déclasser, de les désorienter, de produire ces caricatures d'Européens, ces spécimens d'humanité lamentables, qui semblent uavoir appris à lire et à écrire qu eu désapprenant de penser.
Uue œuvre de ce geure réclame un nouveau Krœb'el, un nouveau Pesta lozzi.
Puisse-t-il se trouver, chez nous, ou ailleurs.
Nulle lâche ne présente un plus haut intérêt, au point de vue scientifique et au point de vue pratique ; mais nulle lâche aussi n'est plus difficile. C'est pour ce motif, sans doute, que la plupart des gouvernements coloniaux n'ont même pas essayé de renlre|)rendie. Au Congo, comme ailleurs, ils s'en sont remis, pour la formation morale et pour la formation intellectuelle des indigènes, aux seuls missionnaires, prolestants ou catholiques. Cette abdication de la société la'ique ne peut être que temporaire. L'organisation de renseignement en service public s'imposera en .\[ri{|ue, comme elle s'est imposée en Europe.