‹ La Belgique et le VaticanChapitre 14 sur 60 · ANNEXE · texte numérisé non relu

ANNEXE

TournaiJe)2]umetlS79:

Monsieur le Ministre,

Je m'empresse de vous transmettre les renseignements que vous m'avez demandés dernièrement à la Chambre.

Il résulte d'informations positives, recueillies par moi, qu'aux Pâques de cette année, la première communion a encore été refusée aux élèves de notre institut communal de demoiselles et que

depuis lors aucune décision de Tautorité ecclésiastique n*est intervenue pour lever cet interdit.

Les jeunes filles avaient généralement été admises dans les églises aux exercices préparatoires jusqu aux approches de la première communion; ce n'est que quelques semaines avant la cérémonie que les curés les ont averties de la mesure qu'ils étaient, disaient-ils, forcés de prendre à leur égard.

Le défout d'instruction suffisante n'a été allégué vis-h-vis d'aucune d'elles : dans une de nos paroisses le curé a même félicité une de ces jeunes filles sur son savoir, lui disant quelle eût été la première à l'église si elle avait pu concourir : malgré cela, elle a été écartée.

Les jeunes filles ainsi repoussées ont, pour la plupart, été faire leur première communion à l'étranger, à Bruxelles, à Gand ou à Lille : pour d'autres, les parents se sont décidés à attendre le retrait de la mesure.

Plusieurs élèves qui avaient déjà fait leur première communion précédemment se sont vu refuser l'absolution pour cause de fréquentation de l'école communale et n'ont pu faire leurs Pâques. . Enfin, un certain nombre de mères ont partagé l'interdiction jetée sur leurs enfants et se sont vu refuser à elles-mêmes l'absolution à défaut de vouloir prendre l'engagement de retirer leurs filles de l'institut.

Je suis en mesure. Monsieur le Ministre, de vous fournir, si vous le jugiez nécessaire, les noms des enfants et des mères de famille qui ont eu à soufTrir des faits que j'ai l'honneur de vous signaler ci-dessus.

Veuillez agréer, etc.

Le Bourgmestre, Louis Crombez.

Le Ministre de Brlgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 25 juillet 4879.)

Rome, le 21 Juillet 4879.

Monsieur le Ministre,

Tai entretenu le Cardinal Nina du contenu de la dépêche que vous m'avez fait Thonneur de m*adresser sous la date du 10 de ce mois. Le jour où j*avais eu cette conversation avec Son Eminence, fai reçu de vous une nouvelle communication sous la date du 15; j*ai tâché de voir le Secrétaire d*Etat afin de vous rendre compte en même temps de mes deux entretiens avec le Cardinal Nina : n*ayant pas réussi à le rencontrer, je me rendrai à son audience hebdomadaire de demain pour lui donner lecture et lui laisser copie de la dépêche précitée du 15 de ce mois.

Au sujet des observations dont vous avez bien voulu me faire part sous la date du 10, le Cardinal m*a dit qu*il lui semblait préférable d'abandonner la polémique au sujet d*un acte épiscopal dont le Gouvernement croit devoir se plaindre, puisqu'h son point de vue, lequel doit être aussi, croit-il, le vôtre, le plus important est actuellement de diminuer, autant que possible, les conséquences du conflit déplorable survenu h Toccasion de la nouvelle loi. Â ce propos, Son Eminence m*a assuré qu*Elle avait fait tout ce qu'Elle pouvait dans ce but et qu*EIIe ne doutait pas que ses efforts ne resteraient pas stériles, mais Elle a recommandé de nouveau beaucoup de discrétion et de ménagements au sujet de personnages dont le prestige doit être sauvegardé aussi bien au profit de TEglise que de TEtat.

Le Cardinal m'a manifesté le plus vif regret de ce que vous

eussiez pris ce qu*il avait dit d*une entente préalable au sujet des actes du Gouvernement traitant de matières mixtes pour une pensée impliquant une tentative d'usurpation des droits de l'Etat. Son Eminence a repoussé une pareille pensée et a répété que ses paroles exprimaient seulement le désir de se servir d*un excellent moyen pour prévenir les conflits entre les deux autorités.

Le Cardinal m*a dit que, bien qu*en thèse générale le Saint- Siège ne pût faire connaître préalablement ses propres actes, il pouvait affirmer qu*il y avait des cas où le Saint-Siège se servirait de ce moyen. « Ce serait, disait-il, particulièrement lorsqu'il s'agirait de la coopération des deux pouvoirs pour l'exécution des décisions prises ou à prendre par chacun d'eux dans un même pays. Le Saint-Siège ne s'y refuserait que pour les actes relatifs soit à l'enseignement doctrinal de l'Eglise, soit à ceux qui se réfèrent à ses propres droits et devoirs, soit à ceux qui ont trait à la conscience des catholiques, soit enfin à ceux qui se rapportent au Gouvernement de l'Eglise universelle. »

Son Eminence a ajouté en terminant que pour le cas pratique actuel, Elle croyait avoir donné au Gouvernement du Roi des preuves irréfragables du désir du Saint-Siège de pacifier les esprits en Belgique, quoique ayant été complètement étranger au conflit survenu à l'occasion de la loi d'enseignement primaire.

Son Eminence a simplement cru que ce conflit aurait pu être évité par une entente préalable, et aujourd'hui, m'a-t-elle dit, ce il m'est agréable de constater que j'ai fait tout ce qui était possible pour satisfaire aux vœux du Gouvernement de Sa Majesté, qui ne se refusera pas à reconnaître que l'action de la Légation près du Saint-Siège aussi bien que celle de la Nonciature ont été profitablés, puisqu'elles ont pu éviter des maux plus grands et qu'elles réussiront, j'en ai l'assurance, à produire des résultats plus satisfaisants à l'aide d'une coopération dans ce sens du Ministère de Sa Majesté ».

Une communication doit avoir été foite au Nonce lui prescrivant de développer cet ordre d'idées dans ses entretiens avec vous.

Agréez, Monsieur le Ministre, etc.

B«" d'Anbthan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçaele26jailleti879.)

Rome, le 22 juillet i 879.

Monsieur le Ministre,

Suivant vos instructions, j*ai donné communication au Cardinal Nina du contenu de la dépêche que vous avez bien voulu m'adresser sous la date du 15 de ce mois et je lui en ai laissé la copie.

Le Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté persiste à croire que les instructions qu'il a données- au Nonce doivent amener un résultat satisfaisant : si ce résultat n'est pas immédiat, il a la confiance qu'on ne tardera pas à le constater.

Son Eminence m'a renouvelé l'expression de son désir d'arriver à un apaisement du conflit dont Elle déplore la persistance.

Le Cardinal Nina écrira de nouveau au Nonce pour lui recommander de ne rien négliger dans le but d'assurer l'accomplissement des instructions qui lui ont été données.

Son Eminence doit communiquer au Saint-Père la dépêche dont la copie est entre ses mains. Elle m'a annoncé qu'elle m'en reparlerait prochainement et me donnerait son opinion sur les différentes considérations émises dans la dépêche précitée.

J*ai eu soin d'insister pour que la nouvelle démarche de Monseigneur Vannutelli ne fût point retardée.

En ce qui concerne la polémique de la presse, le Cardinal Nina en blâme la violence : il voudrait que les journalistes catholiques ne perdissent pas de vue les conseils que Léon XIII leur a donnés dans une occasion récente en les engageant à éviter les personnalités blassantes et à ne jamais s*écarter des préceptes de la charité chrétienne.

Agréez, Monsieur le Ministre, etc.

B*" d*Anethan«

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 51 juillet i 879.)

Rome, le 27 Juillet 1879.

Monsieur le Ministre,

Dans les entretiens que j*ai eus avec Son Eminence à la suite de vos récentes communications, le Cardinal Nina s*est montré vivement et profondément pénétré des observations que j*étais chargé de lui communiquer, et m*a dit <c qu*il s*en rendait tellement compte qu*il ne cessait de faire tout ce qui dépendait de lui afin de rendre moins difficile pour le Gouvernement du Roi la situation dans laquelle se trouve actuellement le pays ».

Il m*a instamment prié de vous faire bien comprendre que l'entreprise n'est pas si aisée qu'elle semble au premier abord : « Il n'est guère fotcile en effet, m'a dit Son Eminence, de calmer d'un trait une lutte aussi ardente que celle qu'a provoquée la loi sur l'enseignement, une des questions qui touchent aux intérêts

vitaux de l'Eglise. Il me semble d'ailleurs qu*il existe des illusions au sujet de la situation des Evéques; on se figure à tort que le Saint-Père les considère comme de simples fonctionnaires. Les saintes ti*aditions de TEglise l'obligent Lui-même à de grands ménagements, qui honorent aussi bien celui qui les observe que ceux qui en sont l'objet. »

Le Cardinal désirerait que le Gouvernement trouvât moyen de donner quelques assurances indirectes de nature à tranquilliser la conscience des catholiques et par là même faciliter à FEpiscopat d'entrer dans la voie sur laquelle la haute intelligence du Souverain Pontife cherche à poiter les esprits excités des fidèles.

J'ai fait observer à Son Eminence que la circulaire de M. le Ministre de l'Instruction publique donnait une satisfaction réelle aux désirs dont le Secrétaire d'Etat se faisait l'organe; sans repousser cet argument, il ne paraissait pas le trouver décisif.

Le Cardinal a déploré les excès de la presse surtout h l'égard de notre Auguste Souverain; il se plait à espérer qu'ils ne se reproduiront plus ; mais il désirerait que les adversaires de TEglise ne les provoquent pas par un langage que le Gouvernement ne peut approuver et qu'en se prévalant des actes du Cabinet ils ne cherchent h représenter Sa Majesté et ses Conseillers comme ennemis des catholiques.

J'ai répondu que je ne savais pas quand cela avait eu lieu.

« On n'arrivera, m'a dit Son Eminence, à pacifier les deux partis qu'en agissant sur Tun et sur Taulre. » Veuillez, at-elle ajouté, assurer Son Excellence M. le Ministre des Affaires Etrangères a que rien, mais rien absolument n'est négligé par le Saint- Siège pour correspondre aux besoins de la situation et pour Êiire cesser les difficultés de la position du Gouvernement ».

Agréez, etc.

B^ d'Anethah.

Lb Ministre p^ Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères,

(Reçae le 2 août 1879.)

Rome, le 29 juillet i 879.

Monsieur le Ministre,

J*ai rhonneur d*accuser la réception de la dépêche que voua avez bien voulu m*adresser le 24 de ce mois.

J*ai appelé Tattention du Cardinal Nina sur Tincident de Tournai. Son Eminence en a paru péniblement impressionnée et très étonnée, aucune communication ne lui étant parvenue jusqu'ici à ce sujet; elle m*a promis de prendre cette affaire en sérieuse considération et de s'en occuper sans retard. Le Cardinal Nina n'a en rien modifié l'appréciation de ses prédécesseurs sur cette question.

Le fait qui vous est signalé est très regrettable, mais il n'est qu'exceptionnel, et il ne faut pas en conclure, suivant l'opinion de Son Eminence, que les conseils donnés récemment aux Evoques ne seraient pas suivis.

Le Cardinal Nina donnera communication de cette plainte au Nonce qui vous fera connaître la suite qu'elle aura reçue.

Son Eminence, me parlant du conflit qu'a produit en Belgique la loi sur l'enseignement primaire, a insisté de nouveau sur la difficulté de calmer subitement un des partis engagés dans une lutte si ardente. « Le bon vouloir du Saint-Siège ne peut, dit-ellei « être douteux; il faut un peu de patience pour attendre que les <c sages conseils du Saint-Père exercent leur légitime influence « sur l'esprit des catholiques vivement surexcités. »

Le Cardinal Nina a la confiance que ce fait se produira et que

le résultat sera d'autant plus prompt que le Gouvernement du Roi

mettra plus de modération dans ses actes.

Agréez, etc.

B*" d'Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçae le 25 aoAt 1S79.)

Rome, le SI août 1S79.

Monsieur le Ministre,

Je me suis empressé de communiquer au Cardinal Nina la version que donnent les journaux des résolutions arrêtées par les Bvéques belges dans leur dernière réunion. Je lui ai fait observer que ces résolutions étaient absolument contraires à celles qu*il attendait après les instructions envoyées au Nonce.

Le Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté m'a répondu qu'il ignorait ei les informations de la presse étaient fondées et qu'il ne pouvait se prononcer avant d'être exactement renseigné à cet égard.

J'ai tenu à vous faire connaître que je n'ai pas manqué de signaler à Tattention du Cardinal Nina l'attitude des autorités ecclésiastiques vis-à-vis de l'enseignement officiel.

Plusieurs prêtres m'ont exprimé des doutes au sujet de la réalité de la décision attribuée à l'Episcopat ; ils n'en admettent pas la possibilité et ne pourraient se rexpliquer que si les établissements primaires, au lieu d'être neutres, étaient ouvertement hostiles aux dogmes catholiques.

Agréez, Monsieur le Ministre, etc.

B®' d'Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saiat-Siége,

(Reçue le 30 août 1879.)

Rome, le 26 août 1879.

Monsieur le Ministre,

Le Cardinal Nina, bien que n*ayant pas encore reçu de rapport officiel au sujet du résultat de la dernière réunion des Evoques de Belgique, était en mesure de m*assurer que la résolution attribuée à ces hauts dignitaires ecclésiastiques avait été rapportée par les journaux d*une manière complètement inexacte.

Son Eminence a ajouté que dès le début de cette question le Saint-Siège s'était empressé de faire parvenir aux Evéques des conseils de modération et de leur recommander tous les égards possibles envers les autorités constituées, surtout h Toccasion des mesures que le devoir de leur ministère pastoral pourrait les obliger de prescrire. Le Secrétaire d*Etat ne doute pas de la prudence de TEpiscopat belge et paraît plein de confiance dans l'accueil que recevront les conseils de Sa Sainteté de la part des prélats auxquels le Saint-Siège a confié la direction spirituelle de notre pays.

Agréez, Monsieur le Ministre, etc.

B*"" d*Anethan.

Lb Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 27 septembre 1879.)

(EXTRAIT

Rome, le 25 septembre 1879.

Monsieur le Ministre,

La presse libérale italienne s'occupe beaucoup de la récente publication, faite par la « Germania », d'une lettre collective de TEpiscopat belge (1) et critique vivement l'attitude du haut clergé vis-à-vis des écoles officielles. Les organes du parti catholique gardent le silence ou font des réserves sur l'authenticité de ce document. Dans une audience privée que Léon XIII a daigné m'accorder. Sa Sainteté a fait allusion à ce document dont l'existence lui paraissait douteuse. Tai &it observer au Saint-Père que cette publication causait une grande émotion en Belgique. Le Pape m'a répondu qu'il n'était pas surpris des attaques de la presse contre le Saint-Siège à ce sujet, mais que le Gouvernement du Roi ne pouvait ignorer les conseils de modération donnés à différentes reprises aux Evêques par le Chef de l'Eglise et son désir de voir le calme se rétablir dans les esprits. Sa Sainteté a émis des doutes sur le fait qu'une nouvelle lettre collective de l'Episcopat ait été adressée aux fidèles. Le Souverain Pontife a ajouté que les dispositions prises par chaque Evéque individuel-

(i) Voy., aux annexes, le texte de cette lettre (instructions pastorales da l*' septembre 1879).

lement Font été sous leur propre responsabilité et que le Saint- Siège n*a à les apprécier qu*au point de vue de la doctrine.

Le Cardinal Nina m*a également entretenu de la publication £aite par la « Germania ». Son Eminence m*a dit que les instructions données par les Evéques étaient destinées à rester secrètes, qu'elles sont le corollaire d*un avis donné par Pie IX, sur leur demande, aux Evéques d'Amérique. Ces conséquences tirées d'un acte du Saint-Siège l'ont été individuellement par chacun des chefe de diocèse sous sa propre responsabilité. Rien dans ces décisions ne peut être incriminé sous le rapport de la doctrine ; leur opportunité et leur forme seules peuvent être mises en question. Toutefois Son Eminence a évité de se prononcer sous ce rapport. Elle a ajouté que les conseils de modération n'ont pas ftiit défiaut de la part du Saint- 8iége> qui n'a cessé de recommander la prudence et le respect envers les autorités constituées.

Agréez, etc.

B** d'Anbtham.

Le MimsTHB DE Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Entrée le 9 octobre 1879.)

Rome, If 5 oetobri 1879.

Monsieur le Ministre,

Le Cardinal Nina ne m'a pas caché le regret qu'éprouve le Saint^Père de la lutte engagée entre l'Episcopat et le Gouvernement du Roi, au sujet de l'exécution de la loi sur l'enseignement primaire.

ce Sous le rapport de la doctrine, m'a dit Son fimiflMGe» la

« lettre des prélats belges est parfaitement correcte; mais les « conclusions tirées de principes justes peuvent être conduites a dune manière inopportune et parfois aussi poussées trop loin; a il me paraît que c*est le cas ici. »

Son Eminence ne peut du reste que manifester « ses regrets, « car le Saint-Siège a fiait tout ce qui dépendait de lui en recom- « mandant, à plusieurs reprises, le calme, la prudence et la mo- <€ dération ». Le Cardinal eût désiré une autre solution, « qui se « serait produite, j*en ai la conviction, m*a dit Son Eminence, si « les conseils du Pape avaient été suivis. Du reste, a ajouté le « le Cardinal Nina, les Evéques ont agi dam la limite de leur « droit strict et sous leur propre responsabilité. »

Sa Sainteté ne peut ni blâmer, ni désavouer les principes sur lesquels ils se basent. Elle peut seulement engager l'Episcopat belge à n'appliquer « qu'avec une extrême réserve les instructions ce contenues dans la lettre collective du i^ septembre. Le Gou- « vernement du Roi, de son côté, a dit Son Eminence, en empé- « chant que les écoles prennent une direction anticatholique et (€ en veillant à ce que renseignement qui y sera donné ne blesse c< pas la conscience des fidèles, contribuera à améliorer la sic< tuation. »

Agréez, Monsieur le Ministre, etc.

B*" d'Anethan.

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