‹ La Belgique et le VaticanChapitre 19 sur 60 · CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE

ÉCHA5GÉe EUTRE

le Groavemement belge et le Saint-Siège.

(Novembre 4879 — Juin 1880.)

Le Ministre des affaires étrangères,

au Ministre de Belgique près le Saint-Siège.

(TÉLÉGRAMME

Bruxelles, le 21 novembre, 1879.

Suivant les journaux catholiques, l'Episcopal va publier des pièces pour constater Faccord complet avec le Pape. S'il y a double jeu, TelTet sera désastreux pour la Papauté. Retrait de la Légation. Demander explications et avertir.

Frére-Orban.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(TÉLÉGRAMME

Rome, le 22 novembre 1879.

Tai essayé vainement de trouver le Cardinal aujourd'hui. Avertissement est donné. Rendez-vous demain matin.

B**' d'Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(TÉLÉGRAMME

Rome, le 23 novembre 1879.

Le Cardinal répond : Le Ministère prétend-il que le Pape ferme la bouche des Evêques obligés à se défendre? Le Cardinal refuse d'en dire davantage.

B®" d'Anethan.

Le Ministre des Affaires étrangères,

au Ministre de Belgique près le Saint-Siège.

(TÉLÉGRAMME

Bruxelles, le 23 novembre 1879.

Il ne peut être question de fermée la bouche à personne. Il faut savoir si on a pu écrire aux Evêques le contraire de ce qui a été écrit au gouvernement. Voilà ce qu on lit dans la presse catholique. La presse catholique dit-elle vrai? Voilà ce qu'il faut demander.

• Frére-Orban.

Le Ministre de Belgique près le Saiut-Siége, au Ministre des Affaires étrangères,

(TÉLÉGRAMME

Rome, le 24 novembre 1879.

Voici la réponse officielle et textuelle du Cardinal : Le langage du Saint-Siège, dans ses actes, a toujours été le même. Gomme rEpiscopat,il désapprouve la loi dans ses principes; il a constamment recommandé le calme, la prudence et la modération.

B^ dAnetuan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires éti*angères.

(Reçue le 24 novembre 1879.)

(EXTRAIT

Rome, le 18 novembre 1879.

Monsieur le Ministre,

Le Pape tiendra un consistoire dans la première moitié du mois de décembre prochain, pour la remise du chapeau aux Cardinaux Meglia, Sanguigny, Gattani et aux autres Eminences qui n*ont pas accompli cette partie du cérémonial. Sa Sainteté annoncera aloi;^ la nomination de Mgr Vannutelli à Vienne et fera connaître le nom de son successeur.

Agréez, etc.

B®' d'Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères,

(Reçue le 6 décembre 1879.)

(EXTRAIT

Rome, le 1" décembre 1879.

Monsieur le Ministre,

La presse libérale italienne s'est beaucoup occupée de la correspondance relative à rechange de vues entré le Gouvernement belge et le Saint-Siège, et elle^st unanime pour approuver Tattitude prise par le cabinet de Bruxelles dans cette importante question.

Les journaux catholiques se sont en général bornés, dans toute ritalie, à reproduire les documents publiés sans les accompagner de commentaires; les deux feuilles romaines : VOsservatore Ramano et la Voce deUa Verita auxquelles on attribue, mais sans trop de fondement, des attaches officieuses, se sont abstenues de toute publication à cet égard.

Le Diritto /]0urn2\ ministériel, contient, dans son numéro d'hier, un article qui a été remarqué. Cet article a pour but de démontrer que les négociations entre la Belgique et le Vatican sont une preuve de l'indépendance du Souverain Pontife et de l'influence que lui reconnaît l'Europe.

Vous trouverez sous ce pli l'article dont il s'agit.

B*" d'Anethan.

P. S. Le numéro de VOsservatore Romano de ce soir publie un

article ambigu sur la question belge. Vous le trouverez ci-joint. J*aurai soin de le signaler au Cardinal Nina. Je dois ajouter que plusieurs fois déjà Son Eminence m*a déclaré que ce journal n*avait rien d'officieux et que le Saint-Siège n'acceptait pas la responsabilité de ses éiucubrations.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 8 décembre 4879.)

Rome, le 5 décembre 1879.

J ai entretenu le Cardinal Secrétaire d*Etat de l'article que j*ai eu rhonneur de vous envoyer avec ma dépêche du 1"' de ce mois.

Son Eminence m*a dit à ce propos : Il est vrai que « YCkservatare Romano » reproduit souvent des actes émanés du Saint-Siège; mais le journal lui-môme n*a rien d'officiel. Le Saint-Siège n*a pas d*organe dans la presse. Quant à Tarticle de lundi soir, publié en réponse à Taccusation de duplicité dirigée contre le Sàint- Siége par le Pungolo de Milan, il ne peut être attribué qu*à la rédaction particulière du journal; la Secrétairerie d*Eiat y est complètement étrangère.

Agréez, etc.

B*"* d*Ambthan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Hioistre des Affaires étrangères.

(Reçue le U décembre 1879.)

(EXTRAIT

Rome, le 10 décembre 4879.

Monsieur le Ministre,

Le consistoire annoncé pour le courant de décembre est remis au mois de janvier

Un pèlerinage italien, moins nombreux que ceux des années antérieures, a eu lieu à Toccasion du ib^ anniversaire de la proclamation du dogme de Tlmmaculée Conception. Lors de la réception des pèlerins, on a pu constater, une fois de plus, le contraste entre la modération de langage du Pape et l'extrême ardeur des discours prononcés par les orateurs de ces manifestations catholiques. Léon Xlll, répondant à une allocution oii il était question de Temprisonnement du Vicaire de J.-G. et de la restauration du pouvoir temporel, a prononcé des paroles très calmes et est resté exclusivement sur le terrain religieux. Sa Sainteté s*est bornée, en terminant, à remercier ses auditeurs de leur dévouement au Saint-Siège, et les a exhortés à redoubler de piété, afin d'obtenir, par la grâce de Dieu <x des jours de prospérité, de paix et de gloire pour TEglise. »

Le même fiait s'est produit lors du congrès catholique de Modène : l'adresse de cette assemblée contenait des vœux pour le rétablissement de la Souveraineté du Pape. Sa Sainteté y a répondu en engageant les membres du congrès à ne rien négliger

pour assurer rindëpendance réelle du Chef de l'Eglise. Cette conduite prudente de Léon XIII est très remarquée, mais elle n'a pas Tapprobation de plusieurs Cardinaux qui s'en plaignent vivement, et vont même jusqu'à porter leurs doléances au Saint-Père. Quelques membres du Sacré-Collége ont également exprimé à Sa Sainteté leurs regrets de Tattitude du Saint-Siège dans la question scolaire de Belgique. Le Souverain Pontife a été très ému de ces récriminations, mais n'a pas, m'assure-t-on, £siit de concessions à ces Eminences.

Agréez, Monsieur le Ministre, etc.

B*" d'Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 50 décembre 1879.)

Rome, le 26 décembre 4879.

Monsieur le Ministre,

Le Sacré-GoUége a présenté ses hommages au Pape à l'occasion de la fête de Noël. En réponse à l'allocution du Cardinal di Pietro, doyen de l'auguste Assemblée, Sa Sainteté, après avoir &it mention des luttes que soutient TEglise et des dangers auxquels de pernicieuses doctrines exposent la société, a dit : <c Un spectacle consolant et sublime qu'il nous est donné de voir et d'admirer actuellement, c'est qu'au milieu des discordes civiles, l'Eglise catholique conserve intact le précieux trésor de son unité et que la concorde de l'Episcopat avec le Saint-Siège dans

tous les Etats se manifeste d*une manière éclatante, de môme que Tunion du Clergé et des populations avec leurs Pasteurs (1). »

Le Souverain Pontife s*est ensuite félicité de Tadhésion unanime de l*Episcopat à ses instructions concernant renseignement de la philosophie de saint Thomas d*Aquin.

Vous trouverez sous ce pli, Monsieur le Ministre, le texte du

discours du Cardinal di Pietro, ainsi que celui de la réponse du

Saint-Père.

Agréez, etc.

B*° d*Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Beçae le 4 janvier 4880.)

Borne, le 51 décembre 1879.

Monsieur le Ministre,

J*ai eu Thonneur d*étre reçu en audience particulière par Léon XIII et de présenter à Sa Sainteté mes hommages et mes félicitations à Toccasion des fêtes de Noël et du renouvellement de Tannée.

fai été accueilli par le Saint-Père avec la plus grande bonté.

Le Pape s*est d*abord informé avec vif intérêt du Roi et de la Reine, et il a exprimé, dans les termes les plus affectueux, les

(i) 0 Spettacolo si consolante e sublime ci è dato di vedere e di ammirare anche al présente; chè, in roezzo aile civil! discordie, la Chiesa Cattolica conserva Intatto il prezioso tesoro délia sua anità, e la concordla delF Episcopato di taUi i regni e di tutti i paesl con la Sede Apostolica, corne l* unione del Clero e de* popoll co* propri Pastori si manifesta e rifulge auche a* di nostri délia più splendida luce. »

vœux qu'il formait pour le bonheur de LL. MM. et de la Famille royale.

<c Je forme les mômes vœux pour votre beau pays, a dit le Saint-Père, espérant qu'il jouira dans le calme et la paix des biens que la Providence lui a accordés.

« rai gardé, a-t-il ajouté, le meilleur souvenir de mon séjour parmi vous. Quatre des plus belles années de ma vie, je les ai passées en Belgique, et je n*ai eu qu'à me louer de l'accueil que j'ai reçu des Belges, et en particulier des bontés du Roi Léopold I**.

« Quoique protestant, ce Souverain aimait les Nonces et avait pour eux la plus grande considération. Mon prédécesseur, Monseigneur Fornari, avait demeuré de longues années à la Cour de Bruxelles ; il s'y était créé de nombreuses sympathies, et Léopold, en diverses rencontres, lui avait donné des témoignages de s'a bienveillance royale. Aussi, est-ce bien plutôt à ces excellentes dispositions du Souverain qu'à mon mérite personnel que j'attribue la réception flatteuse qui me fut faite dès mon arrivée en Belgique, ainsi que l'accueil si favorable que je n'ai cessé de trouver à votre Cour pendant toute la durée de ma mission. »

Dans la suite de l'audience, le Pape n'a touché qu'en passant la question politique. Il m'a paru cependant que Sa Sainteté n'était pas satisfaite de voir répétée et accentuée dans la presse européenne l'idée d'une désunion entre le Saint-Siège et l'Episcopat belge : « Jamais, a dit le Pape, cette désunion, dont parlent certains journaux, n'a existé; je suis uni, complètement uni, dans la foi, avec tous les Evéques. Il n'y a qu'un berger et un troupeau. »

Je crois, Monsieur le Ministre, devoir insister sur cette observation du Pape, car elle m'a fi^appé. Léon XIII m'a semblé très défavorablement impressionné par l'attitude que lui prête la presse à l'égard des Evéques belges, et j'ai lieu de croire que

cette impression était encore plus vive aujourd'hui, par suite d*un incident qui m*a été personnellement assez désagréable.

En effet, le Pape, et, à l'issue de l'audience pontificale, le Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté m'ont Tun et l'autre parlé d'un article paru il y a quelques jours dans la Gazetta cTItalia, article extrait du WMte hall Revkw, et dans lequel on me fait rapporter, comme les ayant entendues du Pape, des paroles qui n'ont jamais été prononcées par Sa Sainteté, et qu'on trouve au Vatican aussi inconvenantes dans le fond que dans la forme.

Je n'ai pas eu de peine à démontrer au Saint-Père et au Cardinal Nina que j'étais tout à fait étranger à cette publication, non seulement fausse de tous points, mais encore invraisemblable, puisque je n'avais plus eu l'honneur d'être admis en l'auguste présence du Souverain-Pontife depuis plusieurs semaines.

Le Pape et son Secrétaire d'Etat l'ont parfaitement reconnu. Mais le Cardinal Nina m'a dit qu'il se croyait obligé, d'après les désirs de Sa Sainteté, de donner un démenti au journal anglais, et qu'il se proposait de le faire sans retard.

Il n'est pas nécessaire, je pense, Monsieur le Ministre, de vous faire remarquer que le démenti en question ne portera que sur un fait spécial, et ne tendra en aucune manière à infirmer la correspondance officielle publiée par le Gouvernement du Roi.

Cet incident n'a du reste influé en aucune façon sur la réception du Pape. L'accueil de Sa Sainteté a été aussi bienveillant qu'il l'est habituellement.

Agréez, etc.

B**" d^Anbthan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 8 janvier 1880.)

(EXTRAIT

Rome, le 5 janvier 1880.

Monsieur le Ministre,

Le Cardinal Nina est Tobjet de sévères attaques dans certains cercles de la société vaticane : outre ses déclarations dans « réchange de vues » avec le Gouvernement belge, on lui reproche d avoir fait naître un incident dont le Gouvernement italien pourrait profiter pour retirer au Pape les musées du Vatican et de Saint-Jean de Latran.

La persistance de ces attaques contre le Cardinal Nina est manifeste, et le Saint-Père est très contrarié du mauvais vouloir que rencontre son Secrétaire d'Etat de la part de certains Prélats du parti intransigeant.

Agréez, etc.

B®" d'Anetban.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le ;i 8 janvier 1880.)

Rome, le 15 janvier 1880.

Monsieur le Ministre,

J*ai eu rhonneur de vous entretenir des reproches dont le Cardinal Nina a été Tobjet de la part de plusieurs de ses collègues du Sacré-Gollége, notamment des Eminences Bilio, LedochowskyetOreglia,qui critiquent surtout Tattitude du Saint-Siège dans réchange de vues avec le Gouvernement belge.

Le Pape a été d*abord très ému des plaintes qui Lui étaient adressées, et des rapports qui Lui étaient faits concernant Timpression produite dans Tesprit des catholiques belges par les déclarations du Saint-Siège.

Depuis, des informations plus exactes sont parvenues à Sa Sainteté qui se montre satisfaite du résultat obtenu et exprime Tespoir que les idées de modération finiront par prévaloir en Belgique. Léon XIII est cependant très contrarié d*avoir été mis en opposition avec son auguste prédécesseur. Les Papes ne peuvent avoir qu une seule manière de voir au point de vue des principes : la doctrine de Pie IX et celle de Léon XIII ne différent pas : les deux Pontifes n*ont jamais considéré les libertés modernes comme absolues et de droit naturel; les Gouvernements pensent de même puisqu'ils limitent et réglementent ces libertés; mais, au point de vue pratique, il peut y avoir des différences d'appréciation : le temps, les circonstances et les opinions personnelles en sont la cause. Il y a ce que les casuistes appellent la thèse et l'hypothèse; sur le premier point il y a accord; s'il y a

une différence de manière de voir, ce ne peut être que sur le second point. Ce qu il y a d'important, c'est de se préoccuper de la réalité et non d*un idéal que les sociétés humaines n'atteindront jamais.

Tel est à peu près le résumé d*un entretien du Saint-Père, avec un Prélat qui me Ta rapporté confidentiellement; je ne puis garantir les expressions, mais je crois avoir rendu exactement le sens de cette conversation.

Agréez, etc.

B*»** d*Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçue le 6 février 1880.)

Rome, le 5 février 1880.

Monsieur le Ministre.

La presse de Rome continue à s'occuper de la question scolaire de Belgique; « tltalie » avait parlé d'un arrangement à la suite duquel les enfants des écoles officielles recevraient l'enseignement religieux à l'église. Le Courrier d'Italie publie ù ce sujet, dans l'article ci- joint, une version qui s'écarte un peu de celle donnée par « tltalie ».

Agréez, etc.

B*" d'Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège,

(Reçue le il février 4880.)

(EXTRAIT

Rome, le 7 février 1880.

Monsieur le Ministre,

Les journaux ont publié une lettre pastorale de TEvéque de Tarentaise intitulée : « Léon XIII et sa mission providentielle. » Dans cette lettre, Monseigneur Turinaz s'élève contre la coterie intolérante qui prétend imposer une ligne de conduite au Pape.

Le Saint-Père vient d'adresser un bref au prélat savoisien en réponse à sa lettre pastorale; le passage suivant de ce bref mérite d*étre signalé : « Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses dans le Christ, et l'Eglise a été fondée sur la terre afin d'amener à Dieu les hommes en les éclairant par la doctrine céleste. C'est pourquoi et de par la volonté de son fondateur, l'Eglise catholique, tout en sachant combattre fermement, lorsqu'il le faut, pour la défense de la justice et de la foi, est aussi portée à la miséricorde envers les égarés. Et puisque rien n'est plus apte à assurer aux hommes la tranquillité de la vie et la béatitude éternelle que Tunion amicale des deux autorités, c'est-à-dire du pouvoir religieux et du pouvoir civil, il s'ensuit que rien n'est plus ik cœur à l'Eglise que d'inviter les Gouvernements à la concorde et à l'amitié avec elle. »

Agréez, etc.

B®" d*Anethan.

Le Ministre de Belgique près le Saint-Siège, au Ministre des Affaires étrangères.

(Reçae le 45 février 1880.)

Rome, le il février 1880.

Monsieur le Ministre.

Le Pape a réuni hier les prédicateurs chargés des sermons de Carême dans les diverses paroisses et chapelles de Rome. Sa Sainteté leur a adressé un discours dans lequel Elle a signalé à ces orateurs sacrés les sujets qu'ils pourront traiter le plus utilement.

Dans cette allocution, Léon XIII recommande aux prédicateurs de démontrer l'importance de l'enseignement chrétien : « Nous tâchons, dit le Saint-Père, de remédier au mal en procurant aux jeunes gens de nos écoles de Rome une instruction vraiment religieuse et chrétienne. »

Le Souverain-Pontife invite ses auditeurs à prémunir les familles contre les dangers qui résultent pour la jeunesse des nombreuses écoles protestantes établies dans cette ville.

Le discours du Pape est accueilli favorablement par la presse libérale; le Popolo Romano dit à ce sujet : « Voilà un vaste champ pour les prédicateurs, sans entrer dans les questions politiques qui finissent toujours par mécontenter les croyants de bonne foi. La politique en chaire ne se trouve pas à sa place et transforme l'Eglise en un meeting populaire. »

Vous trouverez ci-joint le texte du discours de Sa Sainteté.

Agréez, etc.

R**** d'Anethan.

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