‹ La Belgique et le VaticanChapitre 40 sur 60 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'enseignement supérieur de l'état et les mandements des évéques.

la circulaire du 7 octobre 1856.

Depuis son organisation en 1835, sur la base de l'indépendance de la science et en dehors de toute préoccupation dogmatique, de toute intervention ecclésiastique, l'enseignement des Universités de l'Etat n'avait donné lieu à aucune difficulté. II n'était pas entré dans la pensée des Evéques de condamner cet enseignement laïque ni de vouloir exercer un contrôle sur les leçons des professeurs. Tout le monde avait paru d'accord pour

ne pas étendre aux hautes études les règles dont, au point de vue moral et religieux, on réclamait l'application à Tinstruction primaire et moyenne.

Aussitôt après la promulgation de la loi du 1^ juin 1850 sur renseignement moyen, cette limite cessa d*étre respectée. En 1851, la presse catholique attaque, comme hétérodoxe, un professeur de rUniversité de Liège. En 1852, l'Evêque de Gand lança un mandement contre un professeur de l'Université de cette ville. En 1855, les journaux du clergé dénoncent avec véhémence les Etudes sur Vhisioire de Vhumanité, publiées par H. Laurent, professeur de droit civil à lUniversité de Gand, ainsi que le cours de droit naturel d'un autre professeur de cet établissement, M. Brasseur. Celui-ci était accusé d'avoir qualifié d'oppressif le rôle exercé sur les esprits par la papauté pendant les siècles du moyen âge et d'avoir représenté la réforme religieudo au xvi^ siècle comme un mouvement d'émancipation des intelligences.

Pressé de sévir, le Ministrede l'Iatérieur de cette époque, M. P. De Decker, chef d une administration catholique, demanda des explications à H. Brasseur. Ce professeur convint de l'exactitude des thèses qui lui étaient attribuées, mais il déclara ne les avoir énoncées qu'au point de vue politique et juridique, sans se préoccuper du point de vue religieux qui n'était pas de son domaine.

Le Gouvernement, en présence de cette explication, ne prit aucune mesure disciplinaire directe, mais il ouvrit des négociations pour confier à un autre professeur le cours de droit naturel. Aucun reproche ne pouvait atteindre M. Laurent à raison de son cours de droit civil, cours qui devait être le fondement d'un des plus imposants monuments élevés pendant ce siècle à la science juridique. Ses Etudes sur thistoire de thumanité^ respectueuses pour le ehristiaiâsme, bien qu'elles ne lui reconnaissent qu'une

origine humaine, n'avaient aucun rapport avec son enseignement. Le Ministre de l'Intérieur néanmoins, par une lettre du 2 août 1855, lui infligea un blâme et le menaça de mesures de rigueur, si les idées, émises dans ses ouvrages, se reflétaient dans ses leçons. M. Laurent repoussa avec beaucoup d'énergie cette censure en invoquant ses droits de citoyen et arguant de l'incompétence de l'Etat en matière religieuse. Le Ministre, sans entrer dans la discussion de principe, maintint ses vues (10 août 1855); mais M. Laurent resta en fonctions.

Ces actes, comme ces intentions, étaient demeurés secrets, lorsque M. De Decker fut amené, par une interpellation, à s'expliquer, le 22 janvier 1856, devant la Chambre des Représentants. Il déclara que la Constitution r.yant séparé l'ordre religieux de Tordre civil et politique, l'Ëtat était, à la vérité, incompétent pour donner par lui-même l'enseignement religieux, mais qu'il pouvait néanmoins, et devait interdire à ses professeurs toute attaque contre les principes essentiels des cultes reconnus par la loi. c( Nous ne devons point, disait-il, permettre sans doute qu'on attaque officiellement, systématiquement, au nom de l'Etat, les principes fondamentaux des cultes reconnus par la loi, et surtout de ce culte qu'on peut, sinon de droit, du moins de &it, appeler le culte national par excellence; mais nous ne devons pas non plus, par une étroite intolérance, interdire aux professeurs des Universités de TEtat, ces grandes» ces fécondes discussions qui sont la vie du haut enseignement. »

M. De Decker était l'un des chefs parlementaires de ce parti de catholiques constitutionnels qui datait de 1830 et voulait sincèrement respecter et pratiquer nos institutions nationales. Mais ce parti était dès lors visiblement battu en brèche par la propagande des doctrines ultramontaines qui s'affirmaient presque sans contradiction dans la presse-catholique, organe de l'Episcopat, et commençaient à pénétrer dans le Parlement même. Un des prin-

cipaux représentants de ces tendances nouvelles, H. Délia Faille, repoussa en leur nom la distinction établie par le Ministre et la qualifia d'arbitraire^ dérisoire et ridicule en ce qui eancenu la religion catholique, dont tous les dogmes sont fondamentaux, 11 ajouta qu*il ne voterait plus de fonds pour un etiseignement corrupteur. (Sénat, 10 mars 1856). M. De Decker ne céda pas. « 11 est évident, dit-il, que renseignement supérieur doit se mouvoir dans une sphère beaucoup plus élevée et plus étendue que les autres. Il est impossible de renfermer les professeurs de nos Universités dans un cercle étroit de discussion. Le caractère, la mission de renseignement supérieur ne sont point les mêmes que ceux de renseignement moyen et de l'instruction primaire. »

Les actes du Gouvernement n'avaient pas répondu rigoureusement à ces déclarations généreuses, mais ils n'étaient pas connus; l'opinion qui avait réclamé des rigueurs se voyait donc frappée par un Ministre catholique même d'une espèce de désaveu. (Test alors que les Evéques entrèrent directement en lice.

Le 8 septembre 1856, TEvêque de Gand publia un mandement où il dénonçait l'instruction publique à tous les degrés conmie une source de dangers pour la jeunesse. Les écoles primaires, bonnes pour la plupart, n'attachent pas toutes assez d'importance k l'instruction religieuse. Les établissements d'enseignement moyen donnent une instruction sans garantie, une éducation sans base; la science qu'on y enseigne n'est propre qu'à semer le malheur dans les maisons, le trouble dans les familles, la désolation dans la patrie. Les enfants élevés dans ces conditions deviennent capables des plus grandes monstruosités. L'Université de Gand « est une source de maux incalculables pour les jeunes gens non inébranlablement affermis dans la foi;

j son enseignement est un poison pour les intelligences. La doc-

trine de plusieurs de ses professeurs est ouvertement fausse,

; mauvaise, blasphématoire et hérétique. »

L*Evêque s'attaque particulièrement aux cours de philosophie, d*histoire et de droit. Il déclare qu'un professeur nie, dans ses livres, la divinité de Jésus-Christ. L'Eglise est représentée, dit-il, comme une institution humaine. L'action de la papauté au moyen âge est traitéOi d'oppressive. La liberté de conscience, celle des cultes, de la presse, de l'enseignement sont qualifiées de droits naturels, inviolables de tout homme.

LE'véque condamne cet enseignement au nom du concile de Latran : « Attendu que la vérité ne peut aucunement être contraire à la vérité, nous déclarons tout à fait fausse toute assertion qui contredit la vérité de la révélation; nous défendons sévèrement d'enseigner le contraire, et nous ordonnons d'éviter et de punir tous ceux qui suivent ces doctrines erronées, comme des hommes qui sèment de très funestes hérésies, comme de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui tendent à renverser la foi catholique. — Ce langage d'un grand concile, ajoute l'Evéque, démontre assez que la vérité ne peut être qu'une, et il suffit encore pour prouver qu'un docteur ne peut avoir deux opinions opposées, l'une dans ses écrits; l'autre dans son enseignement oral ; le docteur n'est qu'un, et les hérésies qu'il propage par ses écrits infectent également l'intelligence de ceux qui vont écouter sa parole. » En conséquence, l'Evéque chargeait le clergé d'avertir les fidèles de ne plus envoyer leurs enfants dans aucun établissement public d'instruction, sans avoir consulté préalableblement leurs pasteurs.

Les chefs des diocèses de Tournai, de Malipes et de Bruges s'associèrent à cette campagne, en y comprenant l'Université libre de Bruxelles. Dans son mandement du 18 septembre 1856, l'Evéque de Bruges traite de pierre de scandale l'enseignement des Universités de Gand et de Bruxelles. Cette dernière n'a, suivant lui, d'autre but que d'attaquer les croyances catholiques; elle est dirigée par une société secrète à laquelle un chrétien ne saurait

participer sans tomber dans une espèce d'apostasie. Quant à rUniversité de Gand, il en déclare renseignement aussi absurde qu'il est impie; il n'admet pas la distinction entre la vérité philosophique et la vérité religieuse. Les écrits des professeurs de Gand dénotent à ses yeux la plus profonde ignorance et en imposent à la jeunesse. Il fait aux parents un devoir de conscience de ne confier leurs enfants qu'à des maîtres attachés à l'Eglise catholique; et, comme dans une matière aussi grave, il ne faut courir aucun risque, il les presse d'envoyer leurs eobots à l'Université de Louvain dont il vante rexcellence. S'ils ne défèrent à ce conseil, les parents ne devront imputer qu'à euxmêmes la perte des jeunes gens catholiques que des doctrines impies et erronées entraîneront dans l'abîme de l'impiété et do vice.

Ces attaques véhémentes et systématiques, dirigées au nom de la religion catholique contre le principe même de renseignement supérieur de l'Etat, produisirent une vive émotion et furent accueillies par d'énergiques protestations. Le Gouvernement, mis directement en cause, répondit par la circulaire du 7 octobre 1856; il ne protesta pas contre l'attitude de I*Episcopat, mais en traçant aux professeurs une règle de conduite en matière religieuse, il s'eObrça de se maintenir sur le terrain constitutionnel. Le Ministre de l'Intérieur invite les professeurs à éviter les questions controversées et irritantes qu'il n'est pas absolument nécessaire d'aborder; à traiter avec réserve et circonspection celles qui s'imposent. Il se défend de vouloir abaisser le niveau de l'enseignement supérieur et obliger les professeurs de traiter les questions religieuses dans le sens exclusif d'une religion positive; mais il désire qu'on s'abstienne de toute attaque directe contre les principes essentiels des cultes pratiqués ai Belgique : « Les grandes et libres discussions, dit-il, sont de 1 essence de l'enseignement supérieur. Néanmoins cette liberté

relative des mattres doit se concilier avec la liberté de conscience de rélève. »

Les professeurs ont des devoirs particuliers. « Ces devoirs les suivent même en dehors de leur chaire. Sans contester aux professeurs le droit de jouir de la liberté de leurs convictions religieuses et de les manifester, le Gouvernement est juge de Tusage qu'ils font de ce droit et de la convenance qu'ils mettent à l'exercer. Ainsi, il ne leur est pas loisible comme à tout autre citoyen, de publier, même sur des matières étrangères à leur enseignement, le résultat de leurs études, quand cette publication doit nécessairement froisser la conscience publique et, par ce froissement systématique et prémédité, porter un préjudice grave à la prospérité de nos établissements. »

M. De Decker concluait en déclarant que s'il reconnaissait, au nom du Gouvernement, le devoir de maintenir l'enseignement supérieur dans certaines limites au point de vue des principes religieux, il entendait s'acquitter de ce devoir « dans toute la plénitude de son indépendance de ministre constitutionnels ».

C'est dans cet état que la question fut portée, le 21 novembre 1856, devant le Parlement. Le Ministre de l'Intérieur fit connaître alors la mesure qu'il avait prise l'an dernier à l'égard de M. Laurent, celle qu'il s'était proposé de prendre envers M. Brasseur, mais à laquelle il avait renoncé sans retour en présence de la sommation contenue dans fes lettres pastorales. II s'efforça de concilier ses actes avec les règles établies par la circulaire du 7 octobre et qui se résumaient en ces termes : obligation pour le professeur de respecter dans son enseignement, comme dans les publications qui s'y rapportent, les principes essentiels des cultes et d'accepter comme limite de sa propre liberté, la liberté de conscience des élèves; obligation d'éviter dans les publications étrangères à son enseignement toute doc-

trine qui, en froissant la conscience publique, porterait préjudice il rétablissement où il enseigne.

M. Dechamps, parlant au nom de la majorité parlementaire, voulut donner aux principes de la circulaire une interprétation plus étroite. Il n'admettait pas que renseignement supérieur de TEtat pût, d'une manière sérieuse et systématique, can^arier, contredire, combattre la foi religieuse des fiamilles. « Nous ne voulons pas, dit-il, que le professeur d'une Université de l'Etat puisse professer le rationalisme et ruiner ainsi tous les cultes chrétiens par leur base commune. » C'est exiger, lui fit observer H. Frère- Orban, que l'enseignement universitaire soit conforme aux doctrines de l'Eglise catholique. M. Dechamps crut devoir rectifier cette conclusion : qu'il n'y soit pas contraire ; U peut être m' forme et jamais contraire.

M. Frëre-Orban répondit que, dans ces conditions, tout enseif gnement supérieur était impossible : tous les fondements de

notre législation civile et constitutionnelle seraient mis en question. Les enseignements de l'Eglise s'écartent sur nombre de points des principes de nos lois, et il serait impossible de développer ceux-ci sans heurter les premiers. Interdire au professeui de jamais contredire un dogme positif, c'est à la fois supprimei I; la liberté de conscience et obliger l'Etat d adopter, pour règle d(

sa censure, le symbole d'une Eglise, d'une association religieuse déterminée. Sous l'un et l'autre rapport, ce serait enfreindre lei principes constitutionnels, et de fait, c'est moins contre un ensel gnement individuel que contre ces principes que sont dirigés lei mandements. « SoufTririez-vous, dit l'orateur, qu'on enseignât dam nos Universités les doctrines de l'encyclique de Grégoire XVI? — Non, répondit le Ministre de l'Intérieur. — U est donc impos^ sible, concluait M. Frère-Orban, même pour les catholiques, pour les enfants les plus soumis de l'Eglise, d'oser défendre ici les mandements épiscopaux. »

ri

Ce n*est pas toutefois qu'il recoûuût au professeur une liberté illimitée de doctrine politique ou religieuse, ce Je n'admets pas, disait M. Frère-Orban, que l'on enseigne dans les écoles de l'Etat ni l'athéisme, ni le matérialisme, ni aucune des doctrines qui peuvent porter atteinte à la morale universelle. » Mais il repoussait l'obligation pour le professeur de conformer son enseignement aux doctrines d'une religion positive déterminée et revendiquait l'indépendance de l'enseignement laïque. c< Pourquoi — disait-il — a-t-il fallu que l'on sommât un ministre constitutionnel de faire enseigner dans les établissements de l'Ëtat que les doctrines qui sont la base de notre Constitution sont des doctrines fausses et dangereuses? Nous ne voulons pas que cet esprit prévale dans les écoles de l'Etat. Et c'est là, soyez-en bien convaincus, l'une de nos grandes préoccupations. Ce n'est pas ridée religieuse que nous poursuivons, l'idée religieuse, la plus grande qu'il y ait dans le monde, celle sans laquelle la société n'est pas possible. Nous n'attaquons pas l'idée religieuse, mais nous pensons, nous sommes profondément convaincus que la liberté seule est favorable au développement des idées religieuses. »

M. Devaux soutint et démontra la même thèse, au point de vue de la science, des publications faites par les professeurs en dehors de leurs cours. Les intérêts de la science, l'honneur du pays, le progrès de la civilisation commandent, dans cette sphère, une liberté, sinon illimitée, au moins très large. Il faut encourager plutôt qu'entraver ces hautes études. Leur assigner pour limite et pour frein l'intérêt matériel de l'Université, ce serait mettre les professeurs à la discrétion des Evêques qui pourront toujours, à l'aide de mandements, provoquer un certain nombre de désertions.

Transporté sur le terrain de l'histoire, le débat aboutit à une

ooQclusion analogue. Los Evêques s'étaient élevés contre les

appréciations historiques d*uD professeur de rUniversité de Gand. Faudra-t-il, en cette matière aussi, demanda-t-on, n^admettre que les auteurs approuvés par l'Eglise et bannir de Feaseignement les ouvrages de Montesquieu, de Guizot, de Thierry, de Thiers, tous condamnés par l'autorité ecclésiastique et portés sur rindex !

M. De Decker protesta : a Comme ministre constitutionnel, dit-il, je n'admets pas l'Index pour règle. » Il n'hésita pas même à ajouter qu'un système d'enseignement qui prendrait pour base les catalogues d'ouvrages exclusivement approuvés par les Jésuites préparerait à la Belgique une génération de eréHm. Ici donc encore, la règle de conduite qu'on voulait imposer aux professeurs paraissait inapplicable.

Les conclusions de ce débat furent déduites, en termes précis, par le Ministre de l'Intérieur lui-même ; en faài et en droit, elles condamnaient les prétentions émises par les Evéques.

« Il est évident — disait M. De Decker — que la conclusion des lettres pastorales, c était la destitution des deux professeurs. Non seulement le Gouvernement n'a pas songé un instant à réaliser cette idée, mais, au contraire, le projet que le Gouvemenienl avait formé loyalement, dans l'intérêt de l'Université, de changer un cours, ce projet a été abandonné, abandonné sans retour pour le passé...

CK Les lettres pastorales voulaient fiaire confondre l'enseignement et les publications du professeur ; nous avons maintenu hautement une distinction fondamentale entre la position du professeur dans renseignement et la position du professeur dans les publications étrangères à son enseignement

« Les lettres pastorales ne voulaient point d'une science indépendante du dogme ; nous avons déclaré, de par la Constitution, qu en Tabsence de tout enseignement religieux, l'enseignement littéraire et scientifique, dans ses rapports avec les questions

religieuses, doit être indépendant du dogme, en ce sens qu'il ne doit être donné dans le sens exclusif d*aucune religion positive, mais qu'il ne peut blesser les principes essentiels de chacun des [cultes pratiqués en Belgique.

Qt II y a là des différences importantes ; nous les avons maintenues. y> (22 novembre 1856.)

Le programme de TEpiscopat en matière d'enseignement supérieur de l'État était donc repoussé, comme incompatible avec les principes constitutionnels, par le chef d'une administration [catholique. M. De Decker ne put se retenir, à cette occasion, de protester contre le souffle d'intolérance déchaîné sur le pays par ies hommes qui, rompant la tradition de 1830, voulaient séparer la cause de la religion de celle de la liberté. Le résultat matériel répondit au résultat moral : TUaiversité de Gand ne perdit pas d'élèves et resta aussi florissante qu'auparavant. Quant au tempérament imaginé par le Gouvernement et consacré par la circulaire du 7 octobre, Texpérience a prouvé qu'il n'avait guère plus de valeur pratique que les mandements épiscopaux eux-mêmes. [1 tomba bientôt dans un oubli, dont le Ministère de 1870 luimême, pendant une carrière de huit ans, ne chercha pas à le tirer. L'enseignement Universitaire resta ce qu'il était avant 1856; les doctrines historiques et juridiques, censurées par les Evêques, n'ont pas cessé d'être enseignées dans des chaires de l'État, et nombre de professeurs ont usé, dans leurs publications scientifiques, d'une liberté qui ne le cédait guère à celle qu'avait prise M. Laurent. Personne n'a protesté contre cet état de choses, et aucun ministre n'a même songé à vouloir le modifier.

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