NOUVELLE ESPÈCE DU BRÉSIL, CULTIVÉE CHEZ MM. JACOB-MAKOY, A LIÉGE
Maranta leuconeura species nova brasiliensis, Marantae bicolori affinis, differt foliis aliquantum velutinis, nervis secundis albidis, lacinia petaloidea superiori revoluta non truncata, laciniis inferioribus macula purpurascente non lineola notatis. — En. MN. |
MM. Jacob-Makoy viennent de recevoir dans un important envoi de plantes du Brésil, un Maranta que nous croyons une nouvelle espèce et que nous nous empressons de signaler sous le nom de Maranta leuconeura. I1 a de l’analogie avec le Maranta bicolor, mais infiniment plus beau par le coloris extraordinaire des feuilles : il présente d’ailleurs plusieurs variétés bien distinctes qui toutes ont les nervures secondaires sous la forme d’une mince ligne blanche courbée en arc. Il en est parmi ces variétés dont le feuillage extraor-
dinaire semble imiter les ailes diaprées de certains papillons, comme les Uranies. Nous décrirons ces diverses variétés en publiant la figure du Maranta leuconeura.
Ep. MoRREN.
NOTE SUR L'OPUNTIA RAFINESQUI Excurx.
SOURCES : ENGELMANN, Explor. and Surveys for a Raïl-road from the Mississipi, etc. 1856, p. 41, pl. XI, fig. 1-3. — LEm. in Z//. hort., 1868, misc. p. 49 c. ic. — HAAGE et SCHMIDT dans la Rev. hort. 1868, p. 90 c. ic. — Hamb. Gart. und Blumenz. 1868, p. 332, 387; 1870, p. 478, 508; 1873, p. 292. — Hort. franc. 1869, p. 9%; 1870, p. 235. — En. ANDRÉ, ZU. hort., 18170, p. 215; 1873, p. 173, 222. — Asa Gray, Man. of Bot., 1810, p. 185.
L'Opuntia Rafinesqui est un Nopal rustique sous les latitudes septentrionales : il a supporté — 13° et même — 20° C. et il a résisté à la gelée du 9 décembre 1871 ; il a donc recu le baptème du froid.
C’est une plante basse, poussant ses raquettes en touffe rameuse et serrée : elle perd de bonne heure les épines qui rendent ce genre de plantes désagréable et même quelque peu dangereux. Elle donne, au commencement de l'été, des fleurs jaune pâle, de 006 de diamètre. Il leur succède des fruits oblongs, assez gros et pourprés. Cette Cactée se trouve dans les stations sèches, rocheuses ou sableuses de la vallée du Mississipi, dans l'Illinois, le Missouri, l’Arkansas, s'étendant au nord dans le Wisconsin, à l’est dans le Kentucky et au sud dans la Louisiane et le Texas. Elle était connue des botanistes américains et elle avait déjà été signalée et décrite par Rafinesque, comme une variété intéressante de l'Opuntia vulgaris, quand en 1856, G. Engelmann en constitua une espèce sous le nom d'Op. Rafinesqui (c'est par erreur qu'on écrit souvent Xafinesquiana). M. Asa Gray, dans la Flore des Etats-Unis, mentionne trois espèces, les Opuntia vulgaris Mill., Rafinesqui Engelm. et Missouriensis DC.
L'Opuntia Rafinesqui est arrivé en Europe en 1868 et il a été mis dans le commerce par MM. Haage et Schmit, d'Erfurt. L'annonce d'une Cactée pouvant braver les froids de nos hivers a provoqué de l'étonnement et rencontré de l’incrédulité, mais l'expérience a dissipé
tous les doutes. Le Nopal de Rafinesque est maintenant acclimaté en France, en Angleterre, en Allemagne et en Belgique. Nous en avons vu de fortes touffes aux Jardins botaniques de Bruxelles et de Vienne : il est cultivé au Jardin botanique de Liège et un pied que nous avons recu de MM. Haage et Schmidt à prospéré dans notre jardin.
Il convient de le cultiver dans un terrain sec et dans un endroit découvert : il est le mieux à sa place dans les rocailles, au pied d’un rocher sur une pente : il se plait également dans le schiste et dans le calcaire. C’est une acquisition pittoresque et inattendue pour nos jardins.
On dit que ses tiges, c'est-à-dire ses raquettes, sont broutées par le bétail et que ses fruits sont comestibles comme ceux du Figuier d'Inde
ordinaire.
Ep. MORREN.
FLORAISON DU VRIESEA REGINA Bser.
VRIESEA GLAZIOVANA Cu. LEM.
au jardin du Palais Impérial de Vienne.
Vriesea regina BEER, die Fam. der Brom., 1857, p. 97. — Tillandsia regina VELLOZO, Flor. Flwm. WI], tab. 142. — Vriesea Glaziovana LEM. in Ill. hort., XIV, 1867, tab. 516 et mise. p. 43 et 54 sub nomine Vréeseue gigenteae. — C. Kocx in Wochensch, 1868, p. 167 et 1869, p. 67. — Der Gartenfreund, VI, 1874, p.62. — Gartenfora, 1814, p. 160. |
Une plante d’un grand effet ornemental, connue jusque maintenant sous le nom de Wriesea Glaziovana a fleuri cette année au jardin privé de Sa Majesté l'Empereur d'Autriche à Vienne. Le directeur du jardin Impérial, M. Franz Antoine, bien connu par ses belles publications sur les Conifères, est également amateur de Broméliacées et il a su réunir une fort belle collection de ces végétaux intéressants.
Un beau spécimen de Vr. Glaziovana de Lemaire, appartenant à cette collection et comptant une centaine de feuilles longues de 1" et larges de 0"12, a montré au commencement de 1874 une tendance à
fleurir. Il a figuré à l'Exposition de la Société d’horticulture de
Vienne, le 24 avril : à ce moment la tige florale s'élevait déjà à 1730 de hauteur avec un diamètre de 0"06 à la base. La croissance de cette hampe florale était extraordinairement rapide : au mois de mars, elle poussait de 0"03 par jour, d’après ce que M. Fr. Antoine nous à écrit. La floraison s’accomplit au mois de juin : la hampe mesurait alors 2"34 y compris l’inflorescence : celle-ci, dressée audessus du feuillage, consiste en une ample panicule de fleurs disposées en épis distiques et longue de 070 à 080. Ces épis au nombre d'une vingtaine, longs de 0"20 à 030, sont courbés vers le sol : ils se développent à l’aisselle d’une spathe et se composent chacun d'une dizaine de fleurs. Nous prenons ces renseignements sur une magnifique aquarelle et sur une belle photographie dues l’une et l’autre au talent de M. Fr. Antoine et que nous avons sous les yeux.
= Le rachis est brunâtre : les spathes sont un peu rubéfiées ou rosées.
Le 23 juin, nous avons recu, par la poste, deux fleurs, un peu fanées sans doute, maïs d’après lesquelles nous avons pu prendre la description suivante :
La fleur, d'une longueur totale de 0"10 depuis son insertion jusqu'au stigmate, est portée sur un pédoncule court (0007), épais, obconique (large de 0"008 en bas et de 0"010 en haut) lisse, vert et inséré à l’aisselle d’une bractée. Bractée spathacée, coriace, largement ovale, très-boursouflée, un peu plissée transversalement, pliée contre la fleur sur laquelle elle est étroitement appliquée le long des bords, atteignant les 2/3 du calice, un peu échancrée au sommet, vert pâle où blanchäâtre, lisse, haute de 027. À la face interne, sur la ligne médiane un peu au-dessus du milieu, je constate sur les bractées des 2 fleurs dont je dispose, une glande lenticulaire de 0"002 environ de diamètre, sous la forme d’un disque épais, saillant, brun, rempli de suc propre. Le calice est à 3 sépales dressés, très-étroitement convolutés, ovales, lancéolés, un peu acuminés, très-lisses, verts et formant ainsi un tube un peu plus long que la bractée, mais beaucoup plus court que les pétales : à la défloraison, les sépales constituent un cône de 0"033 sur un diamètre de 0"010 à la base. Les pétales libres sont longissimes (0"085)et dépassent le calice de plus de la moitié (soit de 0"047) ; ils ont la forme d’un ruban, large de 0"004, un peu concaves, déjetés ou révolutés et blancs: à leur base se trouve wne écaille considérable (longue de 0"022), adnée sur plus de la moitié et
plus ou moins divisée en deux lanières au sommet. Des 6 étamines, 3 sont alternes aux pétales et libres, 3 sont opposées aux pétales auxquels elles adhèrent par l’écaille liguliforme qu’ils ont à leur base ; toutes sont un peu plus courtes que la corolle, à filaments longissimes, soyeux, dressés, droits sur environ les 2/3 inférieurs, puis ondulés surtout pendant la défloraison. Anthères basifixes, linéaires, subulées, dressées, longues de O"014 environ, noires, avec le pollen jaune. Pistil à peu près libre : style longissime, dépassant les pétales (long de 0"075), dressé, un peu courbé au sommet, assez épais à la base (0"002) d’où il s’atténue insensiblement, à section trigone, sillonné, un peu tordu à la partie supérieure. Stigmate à 3 branches étalées, contournées, papilleuses. Ovaire court (environ O"0I1), pyramidal, vert, lisse. Ovules fort nombreux, longuement prolongés à la chalaze en un appendice ailé, plan, ployé contre les parois de la loge.
Nous avons, d'autre part, des graines de Vriesea Glaziovana que M. Glaziou lui-même nous a fait l'amitié de nous envoyer de Rio-de- Janeiro en 1870; elles offrent une structure remarquable et bien différente de celle des Vriesea psillacina, speciosa et autres espèces tout à fait génuines : elles sont fusiformes, assez longues (environ 0*004) et épaisses (presque 0001) brun foncé, prolongées à la chalaze en un long appendice (0,008) comateux brun-roux soyeux, et muni au hile d’un pappe funiculaire court (0003) également composé de poils brun-roux soyeux.
Cette structure des graines et celle des ovules, ainsi que l'insertion des étamines et la ligule des pétales constituent sinon un genre différent des Vriesea, au moins une section bien distincte.
Les fleurs de cette plante répandent un parfum très-agréable qui ressemble beaucoup à l'odeur du jasmin.
Elle existe dans les serres de Belgique depuis une dizaine d'années, mais elie n'avait jamais fleuri : elle a figuré à l’exposition universelle de Paris, en 1867 sous les noms fantaisistes de Chevaliera et de PBillbergia grandis, mais elle a surtout été répandue dans le commerce par M. Ambroise Verschaffelt qui l'a reçue à plusieurs reprises de M. Gilaziou, directeur du Jardin botanique de Rio-de-Janeiro. A ce propos M. Glaziou écrivait ce qui suit : « Cette élégante Broméliacée croît dans les anfractuosités des roches élevées du voisinage de Rio-de-Janeiro. Elle fleurit en octobre, novembre et décembre.
Je crois que c’est cette plante que Vellozo à voulu figurer dans sa Flora fiuminensis (III, pl. 142), sous le nom de 7landsia regina. Ses proportions sont de moitié moindres que celles de la précédente (Vr. gigantea); ses fleurs d’un blanc pur, à odeur suave; ses bractées d’un beau rose... »
Charles Lemaire croyait aussi que la plante que lui envoyait M. Glaziou était le 7illandsia regina de Vellozo et dès lors nous ne comprenons pas qu'il ait proposé de changer son nom spécifique. La floraison qui vient d’avoir lieu à Vienne a confirmé l'opinion de M. Glaziou : M. Fr. Antoine estime que sa plante est la même que celle dont une figure grossière est donnée dans l'ouvrage de Vellozo sous le nom de 7. regina et c’est aussi notre manière de voir. Dès lors, en vertu de la loi de priorité, on ne saurait se dispenser de lui conserver son nom de 7egina tout en l’admettant dans le genre Vriesea, au moins à titre provisoire. D'ailleurs Beer avait déjà opéré cette mutation et appliqué le nom de Vriesea regina à la plante dont ils agit. QU Én. MORREN.
DEUXIÈME SUPPLÉMENT A L'ÉNUMÉRATION DES ECHEVERIA. Voir la Belgique horticole, 1874, p. 153 et 281.
Hybrides de M. J. B. A. Deleuil à Marseille.
M. J.-B.-A. Deleuil, à Marseille (rue Paradis) s'intitule avec raison horticulteur spécialiste. Il cultive en ce moment les Amaryllis, les Begonia, les Echeveria et les Yucca. Les Echeveria trouvent dans le climat de Marseille toutes les conditions d'un développement parfait, surtout dans l’établissement de M. Deleuil : ils fleurissent abondamment et ils donnent graines. M. Deleuil les hybride et les croise entre eux et il obtient des résultats qui ne sont pas moins intéressants pour la botanique que pour l’horticulture. Les Pachyphytum et les Courantia s'unissent entre eux et avec les Æcheveria. La liste des hybrides et des métis de M. Deleuil est le complément nécessaire des deux notices que nous avons déjà données sur les Æcheveria.
X E. clavifolia (Dezzuiz). — Hybride de l’Z. bracteosa (Packyphytum bracteosum K1,) fécondé par Z. rosea (Cowrantia Echeverioïdes Lem.). Plante d’un très-joli aspect, d'une facile et belle végétation ; feuilles un peu moins grandes que dans le Pachyphylum, tresnombreuses, glauques, rosées sur les bords, bombées sur les deux faces, renflées en massue, dressées, puis étalées, plus tard réfléchies. Fleurs nombreuses, en racème composé ; sépales développés; pétales couverts en dehors d’une pulvérulence blanc d'argent, carmin en dedans. — Cut. J.-B.-A. Deleuil, 1874.
X E. erecta (DELEUIL). — Hyb. de l’Æ#. coccinea et de l’F. atropurpurea. Plante élevée, à tige droite, robuste ; feuilles très-longues et étroites, 020 sur 003, obovées-lancéolées, arquées, pubescentes et rougeàtres en dessus : glabres, pourpres en dessous. Fleurs longuement pédicellées, rouge orange. Cette plante à port de Dracaena est trèes-distincte et d’un bel effet. — Cat. Deleuil, 1874.
X E. ferrea (DELguiz). — Hyb. de l’'Æ. Scheeri par l'Æ. calophana Hort. (Æ. lurida var.). Très-belle plante, unique de forme et de coloris ; acaule formant une grande rosette de 0"25 à 030 de diamètre. Feuilles nombreuses, obovales-lancéolées, étalées, d’une couleur vert sombre bronzé, rugueuses en dessus ; le dessous, uni, luisant, est lavé de pourpre. — Cui.Deleuil 1874.
X Æ. grandisepala (DeceuiL). — Hyb. de l'Z. metallica (F. gibbi- Jora var.) par l'E. rosea (Courantia Echeverioides Lem.). Très-belle plante à grand feuillage de couleur chatoyante; feuilles amples, cunéiformes, concaves, d’une riche couleur lilacée à reflets métalliques ; l’inflorescence en panicule, de même coloris que les feuilles, porte de grandes fleurs jaunes, rosées sur les bords des pétales ; sépales foliacés excessivement développés, 005 à 0706 de longueur sur 001 de largeur. Par son magnifique coloris foliaire et le développement extraordinaire des sépales, cette plante est unique dans le genre. — Cat. Deleuil 1874.
X E. imbricata (Dezeuiz). — Hyb. du glauca par le metallica. Quoique cette plante ait la même origine que l'Z. metallica glauca, sa beauté est de beaucoup supérieure à celle de cette dernière ; feuilles
nombreuses, compactes, grandes, orbiculaires, fortement mucronées, parfaitement imbriquées ; les jeunes du centre, d’une belle couleur glauque, passent bientôt au rose vif à reflets métalliques, plus tard bronzées. — Cat. Deleuil 1874.
X E.mutabilis (DeLEUIr.). — Hyb. de l'Æ. Scheeri par l'Z. linguaefolia. Plante des plus intéressantes, à feuilles spathuliformes, étalées, longues de 0"10 à 012, d'un vert glaucescent violacé, quand la plante est cultivée en serre et d’une belle couleur jaune-rose, violacée sur les bords, quand elle est cultivée dehors. Inflorescence en épi, couchée; fleurs jaune clair, rose sur les bords des pétales. — Cat. Deleuil 1874.
X Æ. ovata (DeLeuIL). — Hyb. de l'#. Scheeri fécondé par VE. metallica. Très-belle plante à port trapu; feuilles ovales de 0®15 à 0"20 de long. sur 0"06 0"07 de larg., très-épaisses, d’une superbe couleur jaune aurore, par la culture en plein air, et rose glaucescent violacé par la culture renfermée; dans les deux cas, la fine couleur d’opale du Scheeri se trouve mélée à la magnifique nuance du metallica. Fleurs très-nombreuses, grandes, d’un beau corail foncé. — Cat. Deleuil 1874.
X E. pruinosa. — « Hybride de l’Æ. linguaefolia fecondé par VÆ. coccinea; plante très-distincte; feuilles obovales-lancéolées, canaliculées, vertes, couvertes d’une pubescence pruineuse, plus apparente sur celles du centre. Fleurs jaune citron. » — Cat. J. B. À. Deleuil 1873.
X EÆEcheveria spathulata. — Hybride obtenu par M. Deleuil et décrit par lui dans son catalogue 1873 comme produit par 7. bracteosa Paxt. fécondé par un Z. grandifolia. Nous ne savons ce que c'est que cet Æ. grandifolia; peut-être une forme de l’Z. gibbifiora. — Le spathulata est une « plante robuste, glauque dans toutes ses parties, subpulvérulente; les feuilles, disposées en rosace, sont spathulées, grandes de 0"14 à 017 de longueur, sur 006 à 008 de largeur, très-épaisses, rappelant celles de la mère ; fleurs blanches, extrémité des pétales lavée de carmin. Très-distincte de toutes ses congénères. »