‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 109 sur 121 · EE · texte numérisé non relu

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tivement le phénomène. Les fonctions de digestion, par lesquelles la nourriture est transformée sans décomposition en une solution propre à être absorbée, se produisirent évidemment à la suite. D'un autre côté les sécrétions liquides sont un phénomène fréquent dans le règne végétal.

« Dans plusieurs Aroïdées, une petite glande située au sommet des feuilles sécrète un liquide souvent très-abondant, et l’ascidie des Nepenthes n’est qu'une glande de ce genre extraordinairement développée. Et ne pouvons-nous pas admettre que la structure remarquable des urnes et les mœurs carnivores des Nepenthes doivent leur origine à la sélection naturelle, qui a développé à ce point une glande nectarifère que nous retrouvons près de la partie de l’urne qui représente le sommet de la feuille ?

« N'est-il pas très-vraisemblable que des insectes se soient trouvés pris dans la sécrétion visqueuse d’une glande de ce genre et y aient succombé sous l'action des sécrétions acides qui abondent dans ces plantes-ci comme dans beaucoup d’autres végétaux? La différence dans les organes sécréteurs de l’urne, qui fournissent des substances aqueuses,saccharines et acides, serait produite graduellement, pendant l'évolution de l’urne elle-même, suivant les lois mystérieuses de la corrélation des organes et des fonctions dans toute la nature organique ; lois qui, à mes yeux, sont plus merveilleuses encore que les lois de l’évolution et de l’origine des espèces.

« Ce qui précède suffit, je crois, pour démontrer que, quoiqu'il y ait en général une différence considérable entre les végétaux et les animaux, sous le rapport de la nutrition, le protoplasme des plantes est néanmoins susceptible de s’assimiler la même nourriture que le protoplasme des animaux. À ce point de vue, les plantes carnivores deviennent une nouvelle preuve de la continuité de la nature et de

l’uniformité de ses plans.

(Traduit du Gard. Chron. par M. L. QUAEDVLIEG).

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