‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 57 sur 121 · PAR LE BARON S. DE MARCQ DE TIEGE · texte numérisé non relu

PAR LE BARON S. DE MARCQ DE TIEGE

A Planche VI..

Au moment où chacun arrange son jardin et dessine ses parterres, je crois utile de communiquer quelques plans de corbeilles qui ont été exécutées chez moi, au château de Lesves. Leur composition, tant pour le dessin que pour la culture des plantes qui y entrent, est simple et facile.

Toutes ces corbeilles sont dessinées dans des pelouses et on ya mélangé les fleurs et les feuillages pour s'écarter un peu de cette manière actuellement en vogue, de reléguer dans un coin du potager

les plantes fleuries qui ont cependant bien leur mérite dans un jardin d'amateur.

Fig. I. — 1, Bégonias hybrides mélangés. — 2, Achyranthes acuminata. —

3, Achyranthes Lindeni. — 4, Pélargonium Golden circus. — 5, Pyrethrum aureum. — 6, Gazania splendens.

Fig. IL. — 1, Pyrethrum aureum. — 2, Centaurea candidissima. — 3, Cen-

taurea gymnocarpa. — 4, Achyranthes aureo-reticulata ou Lindeni. — 5, Coleus noirs. | Fig. III. — ], Tronc d’arbre garni de Pélargonium à feuilles de lierre et servant de piédestal à un vase garni de Gymnadenia conopsea. — 2, Pélargonium ÂVicolas Boulanger (écarlate vif). — 3, Pél. Zncomparable (saumon vif). — 4, Pél. Ze Cardinal (Amarante). — 5, Pélarg. Mathilde Moet (blanc pur). Fig. IV. Point de vue. — I, Massif de Ricins sanguins et Palma Christi

entremêlés de Cannas bronzés. — 2, Maïs panaché du Japon. — 3, Périlla de Nankin.

Fig. V. — 1, Betterave à salade (pour le feuillage). — 2, Gazon de Cerastium tomentosum. — 3, Massif de Bégonias hybrides roses. — 4, Massif de Pétunia

grandifiora. — 5, Lobelia Erinus Cristal Palace. — 6, Pélargonium is Pollock

(feuilles blanc). — 7, Lobelia Erinus rosea. — 8, Pelargonium Golden Circle. — 9, Agaves, plantés dans le gazon.

Quant à l'effet des contrastes établi par la combinaison des couleurs, je puis garantir sa beauté de visu.

NOTE SUR LES GESNÉRIACÉES AU POINT DE VUE DE L'ORNEMENTATION DES SERRES FROIDES ET DES APPARTEMENTS PENDANT L'ÉTÉ,

PAR M. BRavy, Secrétaire-général de la Société d’horticulture de Montpellier.

(Annales de la Soc. d’hort. et d’hist. nat. de l'Hérault, 1872.)

Rien de plus triste que l’aspect des serres froides dans la belle saison, alors que complétement dégarnies de végétaux, elles ne présentent plus que leurs tablettes nues ou leurs gradins vides. Pendant cinq à six mois, ce ne sont plus que des locaux inutiles, disgracieux, dans lesquels on se garde de pénétrer. Plusieurs genres de la belle et riche famille des Gesnériacées, à floraison estivale, nous offrent le moyen de rendre les serres aussi agréables, aussi intéressantes et plus brillantes que dans l'hiver. Il est difficile de voir rien de plus

gracieux, rien de plus séduisant, qu’une tablette couverte d’Achimènes, de Gloxinia (Zigeria), de Tydæa, de Nægelia, de Gesneria, etc., dont les délicieuses fleurs, si variées de formes et de coloris et qui se succèdent pendant trois ou quatre mois, sont rehaussées par un riche feuillage velouté et, dans quelques genres, admirablement nuancé de pourpre ou de violet. :

La culture de ces charmants végétaux ne présente aucune difficulté sérieuse. Leur végétation est suspendue pendant l'hiver ; il ne reste alors que leur racine, consistant en un rhizome, tuberculeux chez les uns, écailleux chez les autres. Au commencement de mars, on prépare une couche, formée moitié de fumier chaud, moitié de feuilles sèches, sur laquelle on place un coffre recouvert d’un châssis vitré. On répand sur la couche une épaisseur de 12 à 15 centim. de vieille tannée, de sciure de bois, ou mieux de sable fin. Environ quinze jours après, lorsque la température de la couche est descendue à + 25°, on plante les rhizomes dans des pots de 10 à 15 centim., suivant leur grosseur, un seul dans chaque pot pour les Gloxinias tuberculeux (Ligeria) et pour les Nægelia, Gesneria, Tydæa, dont le feuillage

prend un assez grand développement ; 3 à 6 pour les Achimènes, qui produisent plus d'effet quand elles forment touffe. La terre qui convient le mieux à ces plantes est un mélange composé de 1/3 de terre de bruyère, 1/3 de terreau de feuilles, 1/3 de terreau de fumier, l'un et l'autre parfaitement consommés. Toutefois elles végetent bien, soit dans la terre de bruyère pure, soit dans le terreau de feuilles mélangé d’une petite partie de sable fin et siliceux. Au moment de l’'empotement, la terre employée doit être fraiche, mais non saturée d'humidité.

La plantation faite, on place les pots sur la couche en les enterrant aux trois quarts, sans les arroser, et on les recouvre immédiatement de châssis vitrés lesquels devront être recouverts de paillassons pendant la nuit et ombrés pendant le jour au moyen d’une toile claire. On soulève les châssis chaque jour pour s'assurer, soit que la terre des pots ne se dessèche pas trop, soit qu’un excès d'humidité ne produit pas de moisissure. Dans Le premier cas, on bassine légèrement ; dans le second, on donne un peu d’air dans le milieu du jour. On continue les soins jusqu’au moment où paraissent les premières feuilles, ce qui a lieu ordinairement au bout de 15 à 20 jours. Dès lors on augmente progressivement les bassinages, en continuant d'ombrer avec soin ; on donne un peu d'air en soulevant les châssis d’un à deux centimètres pendant quelques heures, et seulement quand le temps est calme : il ne faut pas perdre de vue que ces plantes aiment une chaleur humide, et redoutent le soleil et le vent.

Les plantes resteront sur la couche jusque vers le milieu ou la fin de mai, suivant la température. À cette époque leur végétation doit s'être amplement développée. Elles peuvent alors être transportées dans la serre froide, où on leur dispensera les mêmes soins. La serre devra être ombrée de manière à ce que les rayons du soleil ne les frappent pas directement ; on ne donnera de l’air qu'avec ménagement et toujours par un temps calme, on accordera de fréquents bassinages; on fournira l'humidité dans la serre en arrosant les sentiers tous les jours, et même plusieurs fois par jour dans les fortes chaleurs.

Dès le mois de juin, les Gesnériacées montrent leurs gracieuses fleurs, qui se succèderont jusqu'en septembre; à la fin de ce mois, leur végétation s'arrête. On supprime alors les arrosements pour que

la terre des pots se dessèche complètement. Lorsque les feuilles et les tiges sont fanées, on les enlève; on laisse les rhizomes dans les pots et on place ceux-ci soit sur une étagère, au haut de la serre, soit dans un local quelconque, mais sain et exempt d'humidité, et où la température ne descende pas au-dessous de 4 à 5°.

Parvenues au commencement de la floraison, ces plantes peuvent être employées à la décoration des appartements. Avec quelques

soins, elles s’y comporteront assez bien et continueront de fleurir,

surtout si on a la précaution de placer les pots dans une jardinière remplie de mousse fraiche.

Indication des plus jolies espèces et variétés. GENRE LIGERIA DE. -- GLOXINIA Horrt.

Rhizome tubéreux. Tiges plus ou moins élevées, souvent trèescourtes et presque nulles. Calice à cinq divisions larges, inégales ; corolle campanulée ou tubuleuse ventrue, à cinq lobes.

Le genre Ligeria, distrait par M. Decaisne du genre Gloxinia créé

par L'Héritier, ne comprend que des espèces à rhizome écailleux.

Toutefois, dans les nomenclatures horticoles, le nom de Gloxinia a

été maintenu aux Ligeria. Nous devons nous conformer à l'usage, ces notes n'étant pas écrites au point de vue botanique.

Deux espèces, le G. caulescens Linpz., à tige de 0"20 à 030, et le G. speciosa Lopp., à tige presque nulle, ont produit d'innombrables variétés, toutes jolies, beaucoup très-belles, extrêmement variées de coloris, les unes à fleurs inclinées, les autres à fleurs dressées.

Nous recommandons les espèces suivantes :

G. elongata H., B. et Krx. — Fleurs écarlates.

G. tuberosa MarT. — Fleurs écarlates très-vives.

G. tubifiora Cav (1solema tubiflora Dne). — Fleurs rouge brillant.

@. mollis H.-B et Kru (Zsolema mollis DxE). — Fleurs très-longues, écarlates. |

G. Schiedeana Hook. — Fleur campanulée, velue, écarlate, limbe jaunûtre.

G. Lindleyi Hook (Corytholoma Lindleyi De). — Fleurs très-longues, écarlate foncé.

G. Lindeniana Horr (Carytholoma).— Fleurs nombreuses, rouge vif.

G. bulbosa Ker (Diræa bulbosa DNE). — Fleurs tres-longues, nombreuses, écarlate brillant.

GENRE GLOXINTA. L'Her., DNE.

Rhizome écailleux. — Corolle campanulée, gibbeuse à la base, à 5 lobes.

Gloxinia maculata L'Her.— Grandes et belles feuilles cordiformes; fleurs terminales, grandes, bleu lilacé.

G. maculata septrum (V. H). — Variété plus vigoureuse, à fleurs grandes et très-nombreuses d’un beau rose lilas.

GENRE NÆGELIA, ReGez.

Rhizome écailleux. — Calice à 5 lobes; fleurs nombreuses en grappes, à tube renflé, à limbe divisé en 5 lobes inégaux. Feuilles opposées, grandes, cordiformes, veloutées, diversement colorées. — Plantes très-ornementales.

Nagelia zebrina Rec. — Feuilles d'un vert intense zébrées de pourpre cramoisi; fleurs rouge clair à l'intérieur, jaunes à l'extérieur.

N. amabilis. — Riche feuillage; fleurs blanches, maculées de jaune à la lèvre inférieure. |

Ces deux espèces ont produit de nombreuses variétés, parmi lesquelles nous citerons les suivantes :

NN. 2ebrina splendens. — Feuilles plus richement colorées que le type ; même inflorescence.

N. Leichilini. — Feuillage semblable; fleurs jaunes à bords roses.

N. cinnabarina. — Feuille d’une vert foncé à reflets roses, maculées de brun; fleurs rouge vif.

. N. Madame Van Houlte. — Feuillage du N. zebrina splendens; fleurs abondantes, rose vif, blanc rosé à l’intérieur.

N. Sceptre cerise. — Feuilles très-amples, imitant du velours marron refleté cramoisi ; fleurs vermillon ponctué jaune.

N. Sceptre corail. — Feuillage semblable à celui de la précédente, un peu plus foncé ; fleurs rose corail.

GENRE 7YDÆA DXxe.

Rhizome écailleux. —- Calice à 5 divisions peu inégales; corolle tubuleuse à limbe oblique, presque régulier.

Tydæa picta Dne (Achimenes picta Benth.). — Tige velue, ainsi

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que les feuilles ; celles-ci ovales-cordiformes, d’un vert plus ou moins foncé, plus ou moins maculées de blanc; fleurs axillaires ; tube rouge en dessus, jaune en dessous ; limbe à 5 divisions, les 2 supérieures rouge vermillon, les 3 inférieures jaune pointillé de pourpre.

GENRE ACHIMENES R. Br.

Rhizome écailleux. — Calice à 5 divisions lancéolées ; corolle à tube grêle, gibbeux, à limbe étalé, large, à 5 divisions presque égales arrondies.

Achimenes grandifiora DC. — Fleur pourpre en dessus, plus pâle en

dessous.

À. longifiora DC. — Fleur pourpre violacé.

À. patens BENTH. — Corolle à limbe tres-large, pourpre violet fonce. A. coccinea PERS. — Tige basse, fleurs petites, d’un rouge vif.

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