CULTURE SOUTERRAINE DES FOUGÈRES ET DES LYCOPODIACÉES
L’intéressante notice que nous insérons ici est extraite du Journal de la Société centrale d’horticullure de France (1874, p. 185).
Il existe dans le jardin botanique de Glasgow une petite grotte destinée à la culture des Fougères, qui se trouve creusée en terre à la profondeur de quelques pieds et qui est fermée, à sa partie supérieure, par des vitres colorées en vert. Les murs qui l'entourent sont en rocaille, entièrement couverts d’une végétation cryptogamique, qui y réussit parfaitement. Les vides entre les pierres ont été remplis de terre de bruyère tourbeuse ; le tout est maintenu constamment humide, et, dans les temps froids, on empêche que la gelée n’y pénètre en couvrant la partie supérieure avec des paillassons.
Dans cette situation, des pieds de Todea superba végètent avec une vigueur remarquable, quelques-unes de leurs frondes mesurant 060 de longueur avec une largeur proportionnée. Le Todea pellucida s’y montre également vigoureux; il y a quelque temps, le jardin a recu un pied de Todea Wilhesiana qui fut placé dans une serre tempérée à Fougères ; mais jamais on n’a pu obtenir là le moindre développement. A titre d'expérience, on l’a transporté, il y a quelques mois, dans la grotte dont il s’agit ici; depuis cette époque, il a déjà donné une fronde bien développée, et d'autres paraissent devoir suivre cette première production. Les Zymenophyllum Tunbridgense, Wilsoni, et autres viennent dans cet endroit comme si la nature elle-même les y avait fait naître et rampent sur les pierres comme ils pourraient le faire dans leur station originaire. |
L'un des objets les plus remarquables de cette fougeraie est le Lycopodium clavatum, qui s'offre là avec une végétation luxuriante et qui rampe tant sur les pierres que sur la terre qui en garnit les interstices. — L'un des avantages qu'offre cette grotte consiste en ce que, si les plantes sèchent, dans leur portion supérieure, pendant le
jour, elles se mouillent pendant la nuit, grâce à une rosée qui résulte de la condensation de la vapeur, venue soit du sol humide, soit des plantes elles-mêmes. Au total, il y a là, pour la nature spéciale des plantes qu’on y cultive, des conditions excellentes qui amènent les résultats les plus satisfaisants.
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