PAR M. A. MALET
(Journal de la Société centrale d’horticulture de France, 1874, p. 161).
J'ai semé l'an dernier des Primula japonica, fin juillet, dans des terrines bien drainées; j'ai mis ces terrines à l'ombre, ayant soin d'entretenir la terre humide. En novembre, je rentrai ces semis sous châssis froid, et en février les graines commencèrent à lever; alors je les mis en serre tempérée, ou 15 jours ou 3 semaines après. Je repiquai les jeunes plants, peu après, dans de nouvelles terrines et les laissai en serre jusqu’au commencement d'avril; à cette époque, je les mis seul à seul dans des godets de 7 centimètres et les replaçai sous châssis à froid avec grand air. En mai, je les mis en pleine terre dans le sol du jardin et sans préparations aucunes; ils y fleurirent en août, et là j'ai pu récolter des graines en parfaite maturité. Je les ai laissées en pleine terre, sans aucune couverture, et aujourd’hui ces plantes sont bien vertes et ont formé des touffes qui n’auront pas moins de trois à cinq tiges à fleurs.
Cette année, j'opère de la même manière et aujourd’hui, 10 février, mes plants sont repiqués et en très-bon état. Je ferai remarquer toutefois qu'il faut que ces semis et ensuite les plantes soient tenus constamment humides et même, lorsqu'ils sont en pleine terre, les mouiller tous les jours par les temps secs. Je crois aussi que ces plantes seraient plus belles à l'ombre qu'en plein soleil, car quoiqué bien arrosées, elles se fanent toujours au grand soleil.
J'insiste sur l'arrosage continu, car nos excellents collègues, MM. Thibaut et Keteleer, ayant semé comme moi, l'automne dernier, et ayant mis leurs semis sous un châssis à froid, où un carreau a été cassé, une terrine s’est trouvée à moitié à l'endroit dé cette vitre
absente. Dans cette dernière la graine leva beaucoup plus tôt sous la portion arrosée constamment par les pluies et les rosées. Ceci me donne même à penser qu'un semis en pleine terre réussirait sinon mieux, au moins aussi bien qu'avec les précautions indiquées eidessus. J'essayerai cette année.
Je n’ai pas la prétention de croire que je suis le seul qui aït réussi; mais je sais que plusieurs personnes ont échoué et n'ont obtenu aucun résultat de leurs semis, soit qu’elles n’aient pas attendu assez longtemps, soient que leurs semis n’aient pas été suffisamment arrosés.
Si cette note peut être utile à quelques-uns de nos collègues, j'aurai le plaisir d'avoir été un peu utile pour faire propager cette belle plante très-rustique et pas assez connue.