‹ La Belgique horticole (volume 2)Chapitre 99 sur 121 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

Le ers ve ST ERT,

VRIESEA MAIZINEI Er. M

% Belg. hort.

mn.

NOTICE SUR LE VRIESEA MALZINET Er. Ms. ou VRIESEA DE M. OMER DE MALZINF.

PAR M. EpouaArp MoRREN.

Planche XIV.

Vriesea LinpL., Bot. Reg., 1843, ad tab. 10.

Sect. CoNosTACHYS (Gris. in Vachr. von Gütlingen 1864, p. 19). Spica pleiosticha. Antherae incumbentes.

Vriesea Malzinei (#00. spec.) : Folia coriacea, loriata, elliptica, basi dilatata, inermia, acuminata, concava, nitida, subtus fusco-rubescentia, 030 longa, 004-005 lata, centralia decrescentia. Scapus erectus, vestitus. Spica elata, simplex, imbricatim pleiosticha, elongata (0m14). Flores sessiles, solitarii in axilla bracteae ovato-acuminatae navicularis calyce brevioris rubicundae. Petala longe exserta, ligulata, basi squamis dentatis instructa, candicantia, in corollam curvatam pitcairniaeformem disposita. Stamina paulo breviora : antherae dorsifixae. Stylus curvatus, longior : stigmata patula, foliacea. Capsula calycem tertia parte superans. Semina papposa.

Affinis Vr. heliconioïdi, differt floribus spicatim approximatis, foliis discoloribus, etc.

Crescit ad rupes, in Mexico, prope Cordavam unde vir clarissimus Omer de Malzine, hortulano Jacob-Makoy Leodium misit anno 1870.

Hospitatur in caldario.

La plante remarquable que nous signalons ici est une des plus belles découvertes de M. Omer de Malzine, pendant son séjour au Mexique en 1869 et 1870; c'est une Broméliacée, que cet excellent observateur a rapportée des environs de Cordova et que nous avons vue fleurir chez Jacob-Makoy à Liège, au mois de juin 1872.

La plante est fort jolie avec ses feuilles disposées en forme de vase, d’un beau rouge pourpré à la face inférieure et son épi élancé audessus du feuillage, formé de bractées rubicondes, serrées et donnant chacune une fleur de couleur blanche.

L'inflorescence et les fleurs ont une singulière ressemblance avec

les Pitcairnia dont on a fait les genres Neumannia et Phlomostachys, mais elles en diffèrent par des caractères fort importants : les anthères dorsifixes et non basifixes; les stigmates pétaloïdes et étalés et non pas à trois branches contournées ensemble; enfin les graines

prolongées en aïigrette à leur base et non subulées à leurs deux extrémités.

La plante est évidemment de la tribu des Tillandsiées et elle offre en général la structure des Vriesea. On peut toutefois lui reconnaître des caractères particuliers, assez notables, comme la corolle irrégulière, les écailles dentées, les lobes foliacés du stigmate et les ovules mutiques. M. Grisebach a constitué dans le genre Tillandsia, qu'il admet dans sa plus vaste acception, une section, sous le nom de Conostachys, voisine des Vriesea, et qu’il distingue par son inflorescence à fleurs disposées sur plusieurs rangs au lieu d’être distiques : c’est dans cette tribu que nous croyons devoir placer pour le moment la plante de M. de Malzine.

Nous lui donnons le nom de cet homme zélé et instruit, en souvenir des services qu’il à rendus à la botanique pendant les deux années qu'il a passées au Mexique et en témoignage de nos sentiments de sympathie.

Le Vriesea Malzinei a donné à MM. Jacob-Makoy, grâce à une excellente culture, des capsules qui ont müûri au mois de mai 1873 et dont les graines ont parfaitement bien germé.

Il prospère en serre chaude, avec les Orchidées.

Nous avons signalé la ressemblance des fleurs avec celles des Neumannia : il est intéressant de faire remarquer aussi que le feuillage présente une évidente analogie avec celui du Lamprococcus, plus connu sous le nom de Aechmea fulgens discolor.

DescRipTION : Plante de dimensions un peu en dessous de la moyenne, mesurant 040 à 050 d'envergure et environ 0"40 de Ia base au sommet de l’inflorescence. Feuilles épaisses, peu nombreuses (12 à 15), en rosace, divergentes, assez raides, un peu arquées et ondulées à la partie supérieure : la gaîne est courte, large et ventrue : le limbe est en forme de courroie, plus étroit et canaliculé à la base, et assez brusquement lancéolé au sommet, tout à fait lisse et luisant sur les deux faces, avec les bords entiers : ces feuilles mesurent environ 0"80 de long sur 004 à 005 de large : leur face supérieure

est vert pâle marbré et maculé de rouge brun, tandis que la face inférieure est entièrement teinte de cette couleur. Les feuilles centrales sont fort réduites et même nidulantes.

Hampe centrale droite, raide, portant l’inflorescence à la hauteur du sommet des feuilles, cylindrique, de la même épaisseur qu’un crayon, toute couverte de bractées parmi lesquelles on distingue les inférieures dont la gaîne enveloppe la hampe et dont le limbe est court, lancéolé et divergent, et les supérieures qui sont squamiformes, tout à fait engaînantes, larges, acuminées, d’un beau rouge brun et luisant. |

L'inflorescence est un épi simple et droit : les fleurs sont rapprochées (au nombre de 14-18), disposées en deux séries distichospiralées et elles s'ouvrent successivement : chacune est sessile à l’aisselle d’une bractée largement ovale, pliée, acuminée, plus courte que le calice, luisante, rouge brun vif avec une bordure verte et un liseré membraneux.

Chaque fleur est tubuleuse, un peu arquée et même sub-irrégulière comme la fleur de certains Pitcairnia, longue de 0"07 à 008.

Calice libre, à divisions droites, obovales, imbriquées à gauche, brièvement acuminées, un peu scarieuses, atteignant la moitié de la corolle, longues de 0032, sur 0"003-0"004 à la base et 0"012- O"013 dans la partie la plus large, vert clair et lisses, étroitement conniventes à la défloraison.

Pétales à préfloraison valvaire, tout à fait libres dès la base, trèslongs, en forme de rubans, un peu élargis dans le haut; les onglets, munis de 2 petites écailles dentées, sont larges et canaliculés, formant un tube courbé en arc : le limbe, presque plan est étalé en ailes chez les deux pétales latéraux et plus ou moins dressé en étendard dans le pétale postérieur. Cette corolle un peu irrégulière est d’un blanc de crême.

Etamines libres dès la base, à filaments dressés contre le pétale supérieur et un peu plus courts que lui, subulés, verts à la partie supérieure, devenant spiralés pendant la défloraison ; anthères dorsifixes, dressées, noirâtres.

Style courbé, assez épais à la base, trigone et trisulqué, se terminant, un peu plus haut que les anthères (0003) par un stigmate à trois lobes étalés, cucullés, ondulés, frangés, vert foliacé. Ovaire

pyramidal, trigone, lisse, blanc. Ovules très-nombreux, fusiformes, paraissant peu ou point appendiculés.

Capsule allongée (0"045), dépassant d’un tiers les sépales persistants, septicide, à valves cartilagineuses. Graines nombreuses, cylindrico-fusiformes, un peu courbées, attenuées aux deux extrémités, jaune-brun, portées sur un long funicule qui se résout en pappe.

Explication des figures : 1, Vriesea Malzinei !/, de gr. nat. — 2 et 3, un bout de feuille et un épi, de gr. nat. — 4 et 5, fleurs isolées. — 6, a, un sépale étalé. — 6, 5, un sépale dans sa forme naturelle. — 7, les 3 pétales. — 8, une anthère. — 9, le pistil. — 10,1le stigmate (grossi). — 11, coupe de l’ovaire. — 12, « et 12, à, un ovule. — 13, une capsule. — 14, une graine,

(grossie).

BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE

S. M. le Roi des Belges fait construire dans la parc de Laeken, sur les plans de M. Balat, un immense jardin d'hiver. Cette con-. struction, de forme circulaire, en fer forgé et pierre de taille, aura 60 mètres de diamètre sur 20 de hauteur. Les forges de Willebroeck viennent d'envoyer à pied d'œuvre les premiers arceaux destinés à supporter la toiture en forme de dôme et tout entière en verrerie.

S. M. le Roï d'Italie vient, à l’occasion de l'Exposition de Florence, de conférer, dans l’ordre de la Couronne d'Italie, le grade de commandeur à MM. Linden et Ronnberg, et le titre de chevalier à MM. Bernard, Dallière, Kegeljan et Morren.

Une Société belge de microscopie vient de se constituer à Bruxelles : l'assemblée des membres fondateurs a nommé, président, M. Henri Miller et secrétaire M. J. F. Cornet. Des réunions mensuelles auront lieu le dernier samedi de chaque mois, à 8 heures du soir, au local de la Société Entomologique, Montagne de la Cour, 23. Le secrétaire demeure Chaussée de Wavre, n° 313, à Bruxelles. — Cette Société contribuera sans aucun doute aux progrès de la botanique.

The Loudon. — Le Gardener’s Chronicle annonce comme probable, la constitution à Londres d’un nouveau club qui servirait spécialement de lieu de réunion entre les personnes qui s'occupent d’horticulture. Il serait installé près de Charing Cross, avec tout le confort d'un club fashionable sous l'appellation de Zouwdon. Parmi les promoteurs on cite Rev. S. R. Hole, D' Masters, D' Hogg ; MM. Harry J. Veitch, M. W. A. Lindsay, James Cutbush, Ed. Lee, Th. Laxton. Ch, Turner, et Dombrain. Cette nouvelle n’intéresse pas seulement les horticulteurs de Londres et d'Angleterre, mais les étrangers, que l’horticulture attire à Londres, seront aussi bien aises d'apprendre la constitution

définitive d’un centre de réunion.

The Garden, dans son numéro du 10 octobre, annonce que M. J. Linden a fondé un nouvel établissement à Palanza, au bord du lac Majeur, en association avec un amateur bien connu, M. le marquis della Valle de Casanova.

Le nouveau catalogue de MM. Jacob-Makoy à Liége, comprend un grand nombre de végétaux rares et intéressants et même quelques plantes nouvelles, par exemple Artocarpus Teysmanni, Bonapartea (Tillandsia) juncea, et Nidularium Morrenianum.

La culture du Laurier prend, paraît-il, à Bruges, une grande extension. Les horticulteurs brugeois ont expédié ces jours derniers une énorme quantité de ces arbrisseaux au duc de Saxe-Cobourg, qui leur en avait fait la commande lors de son séjour aux bains de mer. On dit que le terrain est très-favorable autour de la ville à ce végétal,

qui nulle part ne croît aussi vite et aussi bien.

L’Acacia lophantha Wi1!d., déjà fort apprécié pour la culture en appartement, est maintenant recommandé pour orner les parterres pendant l'été: on le sème au commencement de l’année et dès son premier été il forme des plantes de bonnes dimensions. L'Acacia lophantha donne facilement des graines. Il est originaire d'Australie, mais il est parfaitement acclimaté dans la région méditerranéenne. Son feuil-

lage est d'une grande élégance et d'une rare délicatesse.

La végétation ligneuse aux Etats-Unis. — Nous lisons dans | le Garden (1874, 310) que, dans une communication sur les forêts américaines présentée à l'Association américaine pour l'avancement des sciences, le professeur W" H. Brewer, de New-Haven constate que la flore des Etats-Unis compte plus de 800 espèces ligneuses et plus de 300arbres. Dans ce dernier nombre, environ 250 espèces sont assez généralement répandues ; environ 120 espèces sont de grande taille; vingt atteignent la hauteur de 100 pieds; 12 dépassent 200 pieds et quelques-unes enfin, peut-être cinq ou six, s'élèvent jusque 300 pieds.

Nouveaux arbres et arbustes. — M. Alph. Lavallée a, le 12 août, signalé à la Société centrale d’horticulture de France, plusieurs végétaux arborescents qu’il cultive dans son parc de Segrez (Seine-et- Oise), mais qui ne sont pas encore généralement connus ou appréciés. M. Lavallée a donné en même temps quelques renseignements utiles à faire connaître :

LESPEDEZIA BICOLOR, joli arbrisseau papilionacé introduit depuis quelques années des bords de l’Amur. IL est très-rustique et produit une grande quantité de fleurs roses disposées en grappes légères.

PRUNUS DIVARICATA, dont les rameaux portent, sur l'échantillon présenté, de petits fruits jaune clair et arrondis. M. A. Lavallée est porté à penser que ce prunier pourrait être la souche de nos mirabelles.

Prunus Capuzr, bel arbre originaire du Mexique et atteignant, à Segrez, 4"50 de haut. Le bois de cette espèce est de bonne qualité et on fait, en Amérique, une liqueur assez estimée avec ses petits fruits qui ressemblent beaucoup à ceux des Padus ordinaires. M. À. Lavallée dit que, sous le nom de P. Capuli, on cultive deux arbres différents, dont l’un est propre au Pérou, tandis que l’autre croît au Mexique.

PruNus (Cerasus) sEROTINA et P. micropyrENA Spach (Prunus Virginica microsperma). Ce sont deux Rosacées ligneuses dont M. A. Lavallée recommande la plantation dans les parcs et qui sont ornementales, tant à cause de leur feuillage vert foncé que de l'abondance de leurs fleurs auxquelles succèdent quantité de petits fruits noirs.

LIGUSTRUM MACROPHYLLUM, fort belle espèce très-rustique, à grandes feuilles persistantes et à panicules très-amples de fleurs

blanches. Il serait avantageux de le propager, car il est fort supérieur sous tous les rapports au Z. Japonicum, qui est cependant recherché. |

ViBURNUM O0XYCoccos, rappelant par son port et son aspect général notre Viburnum opulus ; espèce rustique, spontanée aux États-Unis, et dont les fleurs petites, blanchâtres, donnent des fruits colorés en rouge-vermillon à leur maturité, réunis en grappes corymbiformes longtemps persistantes, d'un charmant effet. Il n’est pas impossible que ces fruits soient comestibles, puisque ceux d’une espèce voisine, le V. edule, peuvent être mangés sans inconvénient.

Roses nouvelles. — M. Liabaud, horticulteur, Montée de la Boucle, 4, à Lyon, annonce plusieurs rosiers nouveaux, obtenus de semis dans son établissement et mis au commerce à partir du 1‘ novembre 1874 (au prix de 25 francs la pièce), savoir :

THÉ : THÉRÉSE Lotx (ZLiabaud), arbuste vigoureux, fleur moyenne ou grande, pleine, rose tendre, à centre rose vif.

HYBRIDES REMONTANTS :

ALEXANDRE CHOMER (Ziab.), arbuste très-vigoureux, fleur grande, pleine, bien faite, rouge pourpre velouté, nuancé violet évêque.

ANNE BLANCHON (Ziab.), arbuste très-vigoureux, fleur grande, trèspleine, ouvrant bien, forme en coupe, rose vif, issu d'Anna Alexief.

M. Charles Vaurin, horticulteur-rosiériste à Coubert (Seine-et- Marne), près Brie-Comte-Robert, annonce un rosier nouveau, de la section des hybrides remontants : |

Comtesse de Rocquigny : issu de île Bourbon, très-vigoureux, rameaux assez droits, vert clair, muni d’aiguillons peu nombreux : feuillage vert foncé : fleurs moyennes, globuleuses, de forme parfaite ; coloris blanc très-légèrement teinté de rose saumoné.

Cette rose a été primée à l'exposition de Coulommiers le 20 septembre 1874 et a obtenu une médaille d'honneur en vermeil.

MM. Pernet fils aîné à Lyon, mettent en vente les rosiers nouveaux dont les noms suivent :

M°° Boxer Eymarp (fhé), fleurs moyennes, blanc pur, parfois à cœur jaune;

Conso GAELANO (%ybr. remontant) : fleurs très-grandes, presque pleines, d’un beau blanc satiné, coloris de Souvenir de la Malmaison ;

MapamE SouvEToN (Portland ou perpétuels) : fleurs moyennes, pleines, rose tendre, moucheté de blanc.

SOUPERT ET NOTTING (Mousseux remontants) : Plante à grand effet, la plus belle des mousseuses obtenues jusqu’à ce jour.

Poirier Calebasse abbé Fétel. — M. Liabaud, hort.-pép. à Lyon (Montée de la Boucle, 4), en annonçant cette nouvelle variété de poire, la décrit dans les termes suivants : arbre vigoureux, trèsfertile, affectant naturellement la forme pyramidale, se comporte également bien sur franc et sur cognassier. Fruit très-gros, trèslong, atteignant la longueur d’une bouteille ordinaire, extrémité vers le pédoncule en forme de tête d'oiseau. Chair fine, fondante, trèsjuteuse, sucrée, très-bonne. A l’époque de la maturité, la peau se colore en rouge clair du côté du soleil. Maturité sous notre climat en octobre-novembre. Ce fruit a obtenu un premier prix à l'exposition de Lyon en septembre 1874.

Origine des espèces. — Le Garden (1874, p. 310) nous apprend que le botaniste américain Meehan vient de traiter la question de l'origine des espèces et qu'il à invoqué beaucoup de faits pour établir que de nouvelles formes se manifestent souvent « par bonds » M. Meeham formule les propositions suivantes : — 1. Les changements morphologiques dans les individualités végétales ne se manifestent pas toujours à la suite de modifications graduelles. — 2. Les variations des formes spécifiques suivent la même loi. — 8. Les variations sont souvent soudaines et d’un caractère si tranché qu'elles paraissent génériques. — 4. Ces formations soudaines se perpétuent exactement comme celles qui ont pour origine des modifications graduelles. — 5. Les variations de même nature se manifestent simultanément dans des localités séparées par de grandes distances. — 6. Les variations affectent simultanément des communautés de plantes et proviennent de causes qui affectent la nutrition et peut-être d’autres causes. — M. Meehan conclut de ces prémisses que de nouvelles espèces, profondément différentes des anciennes peuvent se manifester brusquement par l’évolution des formes préexistantes sans nulle intervention de chaïnons intermédiaires.

Cette théorie est exactement celle que nous n’avons cessé de soutenir et à laquelle on est logiquement conduit quand on suit attenti-

vement l'évolution des plantes sous l'influence du climat artificiel de

la culture,

Correspondance botanique. — La première édition de cet opuscule publié dans la Belgique horticole (1874, p. 60) a été accueillie avec une véritable faveur. Les renseignements pour la compléter ont afflué au point que nous avons pu déjà faire paraître une 2° édition beaucoup plus complète, qui fera partie du prochain Bulletin de la Fédération. Nous en enverrons un exemplaire à ceux de nos abonnés

qui nous feront connaître leur désir de la recevoir.

J. J. D. Swolfs, /a Création ct l'œuvre des six jours, Malines, 1874, broch. in 8°. — Il y a longtemps que nous n’ayons rien lu qui nous ait fait plus de plaisir que ce travail de M. Swolfs : nous nous faisons un devoir de le signaler à ceux qui méditent, car c’est une œuvre remarquable par l'élévation des idées, l'ampleur des vueset la noble franchise des opinions. Il exprime presque en tous points notre conviction personnelle sur ces grandes questions qui réclament l'alliance nécessaire de la théologie, de la philosophie et de la science. L'ouvrage de M. Swolfs étonnera quelques personnes, mais il fera beaucoup de bien.

A. Bellynck, Cours élémentaire de botanique, Namur 1871-1874, 1 v. în-8°, de 632 pages avec 900 gravures: 8 fr. — M. l'abbé Bellynck, professeur au collége de la Paix à Namur et associé de l'Académie royale de Belgique, qui avait déjà publié deux ouvrages estimés, la Flore de Namur et le Résumé du cours de Zoologie, vient encore de faire paraître un cours de botanique auquel il a travaillé plusieurs années. Il n’est pas douteux que ce livre soit accueilli avec faveur : la plupart des traités de botanique publiés en français sont surannés tandis que celui-ci se distingue non-seulement par le mérite de l’actualité, mais aussi par son érudition et le grand nombre de faits qu'il embrasse. Il touche à toutes les branches de la science botanique en donnant à chacune une part de son livre proportionnelle à son importance. La botanique fait tant de progrès en ce moment que pendant la publication de cet ouvrage, commencée en 1871, la science a déjà changé d'aspect en plusieurs points : de là vient que cette première édition est un peu désordonnée. D'ailleurs il est plusieurs

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questions sur lesquelles nous ne partageons pas les opinions de notre savant confrère, par exemple en ce qui concerne la théorie du transformisme qui se manifesterait actuellement chez les Champignons. Nous citerons aussi la distinction entre l’eau d’évaporation et la séve qui n’est pas assez nettement tranchée. Mais abstraction faite de

quelques réserves sur certains détails et de quelques omissions que nous regrettons, nous nous plaisons à reconnaitre que le cours élementaire de M. Bellynck est un livre instructif.

Un établissement d’acclimatation végétale vient d'être fondé par MM. Nardy et Cie à Salvadour, près Hyères, dans le département du Var, en France. M. Nardy, en annonçant cette création, fait observer, avec raison, que le climat privilégié du littoral de Toulon à Nice, et particulièrement autour d'Hyères, a déja permis la naturalisation de nombreux végétaux exotiques intertropicaux : il cite certains Palmiers du Chili, de l’Inde, de l'Afrique, les Agaves du Mexique, puis les Eucalyptus, la grande famille des Acacia, les Dracaena et tant d'autres plantes que nous devons à la flore australienne si belle et si variée. — Le domaine de Salvadour couvre une superficie de trente hectares ; confiné au midi par la mer dont la brise tempère les chaleurs estivales, il est borné de tous les autres côtés par de hautes collines qui le protègent contre les vents froids de l'hiver.

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