A. - AE
à fruits rouges, 33 à fruits jaunes, 47 vertes. En 1825, la groseille verte Bumper pesa 50 drachmes 18 grains (le drachme vaut la huitième partie de l’once), mais la groseille la plus lourde que jamais les cultivateurs anglais purent produire , atteignit le poids de 52 drachmes. La grosseur n’est pas au reste en proportion du gout et des groseilles de grosseur moyenne l’emportent souvent par le goût sur les plus volumineuses.
Depuis que les groseilles que nous avons tort d'appeler en Belgique des groseilles vertes, puisqu'il y en a des rouges, des jaunes, des vertes et des blanches, ont été perfectionnées par la culture , leur usage s’est extrèmement répandu comme leur utilité s’est multipliée. Avant leur maturité, on en fait des confitures , des tartres, des pâtés, des pyes, des sauces et des crèmes. À leur maturité, on les mange comme fruits de dessert pendant trois mois, on les confit au sucre pour le même usage, on en fait des sorbets au sucre glacé qui sont excellents. Les Anglais les conservent dans des bouteilles remplies d’eau et bien bouchées à l’émeri , pour l’usage culinaire. Les groseilles non müres sont mises en réserve dans des bouteilles très-bien fermées et plongées un instant dans de l’eau bouillante sans que les fruits reçoivent une goutelette de liquide et elles se maintiennent bonnes tout l'hiver dans une cave fraiche. On remplit de groseilles les bouteilles bien séchées et propres ; on les bouche avec d’excellents bouchons de Liége qu'on enduit soigneusement de cire d'Espagne ; quand elles sont hermétiquement fermées , on les place dans une marmite remplie d’eau qu'on chauffe à ébullition , on les laisse de deux à cinq minutes dans l’eau bouillante, on les retire , on les laisse refroidir et on les met en réserve. Par ce procédé les groseilles se conservent parfaitement tout un hiver.
Les Anglais préparent du vin et de l’alcool de ce fruit et enfin ils convertissent le premier en vin de Champagne ou mousseux dont ils sont très-avides. On en fait au-delà du détroit une ample consommation.
Nous nous bornerons ici à signaler quatre bonnes variétés dont deux sont d’origine belge et deux sont de production anglaise.
4° GROSEILLER ÉPINEUx, var. Prune de Gathoye. (Voyez pl. 4, fig. 1.)
Ce groseiller est venu de semis. M. Gathoye, horticulteur, à Liége, (faubourg Vivegnis), dont nous avons eu souvent à signaler les succès comme pomologue , a semé une variété anglaise à fruits rouges, dans les terrains secs, schisteux, rocailleux où l’on cultive la vigne en vignoble, sur les bords de la Meuse , à l'exposition du midi. Le fruit, mesure de 5 à 4 centimètres de longueur , sur 5, 3 172 de diamètre. Il est ovoïde, allongé ; le pédoncule est gros, court, vert, à deux bractéoles ; la baie présente 8 à 10 grosses veines et surtout à la surface extérieure , on distingue des poils courts, noirs. L’épicarpe est rouge sanguin, passant au violet et quelques teintes plus pâles , roses. La chair est verte extérieurement , les arilles grosses , roses. Le goût est fortement sucré, le jus abondant,
l'arôme d’une parfaite délicatesse. La maturation se fait en juillet.
M. Gathoye met sa variété à la disposition des amateurs au prix del fr. 25 centimes le bon pied.
2 GROSEILLER ÉPINEUX , var. Reine Claude de Gathoye. (Voyez pl. k, fig. 2.)
Le fruit est arrondi, en globe surbaissé, un peu applati à ses deux pôles. Le diamètre transversal est de 3 192 centimètres. La couleur est un beau jaune doré clair , les nervures sont pâles et quelques macules sanguines se montrent au sommet. Peu de poils se développent sur le fruit dont le pédoncule est très-long , il mesure 18 millimètres et davantage. Au calice présistent deux écailles brunes. La chair est toute jaune , légèrement verdâtre à l'extérieur. Le goût est délicieux , l’arôme très-suave. C’est une des meilleures groseilles qu'on puisse se procurer. Le bois est pâle jaune , les épines de la même couleur, les feuilles d’un vert gai clair et les nervures jJaunâtres. Toute la plante offre un aspect doré.
M. Gathoye qui a aussi obtenu cette précieuse variété de semis , la cède au prix de fr. 1.50 le bon pied. Elle est encore peu répandue et très-recherchée des amateurs.
3° GnoseiLzer Érixeux. Var. Reine de Seba (V. pl. 4, fig. 5).
Cette groseille provient des cultivateurs du Laneashire. Compton dans son catalogue de fruits et la société d’horticulture de Londres lui ont donné et conservé le nom que nous reproduisons ici. Les plus gros fruits pèsent dix-huit gros. Les branches s'élèvent droit. La baie est arrondie, un peu allongée, sans poils, d’un vert-jaunâtre , les nervures jaunes , deux ou trois macules violettes du côté où le soleil a pu agir. La peau est très-fine et lisse. Le jus est doux, d’un arôme pur. Cette variété est très-productive et elle devient précieuse entre les mains d’un bon semeur, car elle est la souche d’où sont sorties beaucoup de variétés de premier ordre.
Les pépiniéristes au courant des fruits anglais possèdent cette variété.
4° GRoseILLER Érixeux. Var. Poilue verte angiaîse (V. pl. 4, fig. 4).
Cette variété est une des plus précoces. Les horticulteurs écossais en sont grands amateurs parce qu'elle croît très-bien sur leurs montagnes froides. Forsyth , dans son Trailé des Fruits (5° édition, page 225), lui donne le nom de Green Gascoigne Gooseberry. C’est une des plus répandues dans les Iles Britanniques et des plus estimées. Le bois est fort, les branches droites, raides , les feuilles d’un vert très-foncé, pubescentes au pétiole. Le fruit est de moyenne grandeur, d’un vert foncé, bien partagé par des méridiens d’un jaune pâle et couverts de poils verdâtres. La chair est verte, très-parfumée , très-sucrée. Cette variété est des plus productive. On la trouve de même chez les pépiniéristes qui ont les collections des variétés anglaises.
Culture. Le groseiller épineux, pour conserver toutes ses qualités , demande un bon sol de jardin, un fond un peu sec et une terre bien fumée d'un terreau décomposé. Le principe est de ne pas cultiver le plant à la