‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 14 sur 224 · UN · texte numérisé non relu

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protection de quelques grands arbres qui peuvent donner de l'ombre , sans cela les fruits restent petits, aqueux et sans goût. De plus, quand les arbres ont des branches basses , la moisissure s'empare des pousses, des fleurs et des fruits mal venus. Forsyth recommande de donner tous les deux ans au moins de l’engrais d’étable aux pieds des groseillers. Haynes qui est aussi un cultivateur de premier ordre dans cette culture , prône fortement l’emploi d’un sol argileux mélangé d'engrais animal et une situation moitié au soleil, moitié à l’ombre. Pour leur procurer cet état, Haynes plantait alternativement une rangée de groseillers et une rangée d’artichauts, de cardons ou même de topinambours. M. Thompson suit cette dernière méthode qui le forçait à biner annuellement ses groseillers, en Otant les tubercules de topinambour et il soutient que ces binages annuels faits à l’automne, ne sont que favorables au développement de bons et nombreux fruits. Presque tous les cultivateurs du Lancashire dont l’avis certes n’est pas à dédaigner en cette matière , suivent cette méthode.

La plantation doit se faire par un beau temps, d'octobre à mars. On plante en raies espacées de six à neuf pieds. Les plants de trois ans, venus de graines, sont les plus productifs ét en Angleterre on les renouvelle souvent selon cette règle. Abererombie trouvait de l’avantage à conduire les arbustes le long des treillis , en éventail et aérés des deux côtés, dans la direction du midi au nord , de manière que l’une des faces reçoit le soleil du matin et l’autre celui du soir. Dans le Lancashire, jamais on ne donne de l’engrais au pied , mais on le dépose en cerele , de l'étendue de l’arbuste même, afin de nourrir les extrémités des racines, méthode rationnelle. Si un groseiller se déjette et qu’une branche pousse trop d’un côté, un coup de bêche coupe de ce côté la racine et le rameau gourmand s'arrête. La taille a pour effet d'augmenter le chevelu et le nombre de branches latérales, partant le nombre de bourgeons à fleur , donc à fruits. Aux environs de Londres , où l’on cultive abondamment cet arbuste , il est disposé en lignes espacées de huit à neuf pieds et un intervalle de six pieds se trouve entre chaque plant dans la ligne. Dans les petits jardins, on les met souvent ensemble, quatre pieds entre les plants et six pieds seulement entre les lignes , plantation en quinconce. On les taille deux fois par an , la première fois, en été, après la pousse des branches trop tendres, la seconde fois de novembre à février, en vue de donner aux arbustes une forme arrondie, ovale et allongée suffisamment.

La multiplication se fait par graines, par boutures et par division de racines. Les graines ne sont guère obtenues après des croisements prémédités, mais on les choisit dans de bons fruits : la paternité continuant les qualités. On sème en automne ou au printemps après stratification des graines ou conservation dans le sable. Le semis se fait en ligne. On déplante Ja première ou mieux la seconde année. La troisième année les pieds de semis sont en pleine production. Les boutures se font d’après le système de Miller, en automne, avant que les feuilles ne tombent. On choisit les

branches à fruits et jamais on ne prend les gourmandes. On les coupe au : bois mür. On enlève tous les bourgeons moins trois au sommet. Ces boutures peuvent avoir Jusqu'à un pied de longueur. On les plante obliquement, suivant un angle de 45 dégrés. Hayne bouture en juillet, pendant que le fruit est même sur la branche et il déclare que jamais il n’a manqué la reprise. Après le bouturage, on arrose et on donne de l'ombre. Dans le Lancashire où l'opération de bouturer est la plus usuelle , chaque bouture cest entourée au bas d’un lit de mousse. Les cultivateurs prétendent qu’alors la racine devient plus forte. Ils ont pour eux une expérience séculaire.

La division des racines se fait mieux à l'automne qu'au printemps , tous les groseillers entrant en végétation de bonne heure. En Belgique, la moyenne de la date où la feuillaison s’accomplit tombe vers le 20 mars.

Les pucerons , une tenthrène et un papillon de nuit (abraxas grossulariata, Lea.) sont les plus mortels ennemis du groseïller épineux. Les pucerons ne peuvent guère se détruire que par des fumigations des résidus de tabac, mais on abandonne ordinairement leur destruction aux soins de la nature. Les tenthrènes déposent leurs œufs tout le long des nervures des feuilles , à la face inférieure. Le papillon de nuit met les siens sur les feuilles entre les nervures, également à la surface de dessous. Busch emploie pour détruire les uns et les autres des aspersions d’eau de goudron, mais en Écosse et dans le Lancashire où les sociétés d’horticulture ont publié des instructions officielles parmi les cultivateurs de groseillers, on se borne à faire connaître les œufs à des enfants qui coupent les feuilles attaquées. On enlève par ce moyen des milliards d’œufs qu’on livre aux flammes. Ces maladies ne sont à craindre que lorsque la culture de ces arbustes se fait sur une grande étendue. Il y a cependant des années où l’abraxas se multiplie beaucoup en Belgique. La femelle à l’état parfait est blanche avec des taches noires, le corps est jaune, tacheté de noir. Elle a la grandeur d’un papillon blanc ordinaire et on la voit voler vers le soir, au mois de juin ou en juillet, d’un vol lourd. Elle est facile à prendre. Étant très-féconde, il est prudent de la détruire le mieux possible à son état parfait.

Enfin , on peut cultiver le groseiller épineux comme fruits de primeur. On le place en pot au mois de novembre. En janvier , on le met dans une serre à péchers. La feuillaison commence de suite , la floraison suit et les fruits sont bons à utiliser et parfaitement murs à la fin d'avril. Quelques amateurs tiennent à pouvoir orner les tables de beaux pieds tout couverts de fruits muürs, déjà dès le mois de mars. Cette culture de groseiïlles en primeur n’est guère connue en Belgique, où cependant elle pourrait s'établir avec une grande facilité dans les établissements nombreux où l’on possède des serres. Les variétés vertes sont les plus hâtives et celles qui souffrent : le mieux la floraison et la fructification anticipées.

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___ gl.

ARBORICULTURE

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