‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 140 sur 224 · PEN · texte numérisé non relu

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Le Chou broccoli pourpre,

CULTURE MARAICHÈRE.

LES BROCCOLIS ET NOTAMMENT LES BROCCOLIS D’ANGLETERRE, Par M. CH. MoORREN.

Les choux broccolisforment une section dans les choux-fleurs, d’où ils sont sortis. On sait que les choux-fleurs se répandirent surtout vers le milieu du xvr° siècle et nous arrivèrent de Candie. Miller, il y a un siècle, mentionnait déjà les broccolis comme des choux-fleurs d'Italie, et il en citait deux variétés , les blancs et les violets.

MM. Moreau et Daverne ne parlent non plus que de ces deux variétés de broccolis comme étant cultivées par les maraichers de Paris, tout en faisant remarquer que depuis la culture forcée des choux-fleurs, l’horticulture de Paris abandonnait les broccolis qui arrivent sur les marchés de la capitale de France, du Finistère, à meilleur marché et mieux venus qu'on pouvait les avoir dans le département de la Seine.

M. Courtois-Gérard cite quatre variétés de broccolis, mais donne peu de détails sur leur culture.

En effet, le broccoli n’est pas un légume français; c’est devenu un légume anglais, etles broccolis de Londres ont une réputation justement acquise. Notre culture maraichère a tout intérêt à suivre les pratiques anglaises, parce qu'elles s’'accommodent mieux à notre climat que celles de la France.

Les catalogues les plus récents (1851) mentionnent comme broccolis, dont les graines peuvent s'acheter chez nos négociants grainiers, les :

4. Broccoli blanc d'Angleterre. 3. Broccoli Mammouth à très-grosse tête.

2. Broccoli blanc de Walcheren (Zélande), : 4. Broccoli violet pommé. hâtif, succédant aux choux-fleurs d’au- | 5. Broccoli noir de Sicile ou noir trés-hatif. tomne, pomme moyenne, blanche à grain fin. |

Les Anglais possèdent, au contraire, depuis longtemps les variétés suivantes :

1. Broccoli du Cap, pourpre ou d’auiomne. { 8. Grand broccoli pourpre à talles.

2. Broccoli vert du Cap ou vert d'automne. | 9. Broccoli couleur de‘crême, de Porstmouth. 3. Broccoli hâtif, de Grange. | 10. Broccoli soufré.

4, Broccoli d'hiver, vert, à lête serrée. | 11. Broccoli blanc du printemps.

. Broccoli hâtif, pourpre ou Broccoli à jeis. | 12. Broccoli tardif, pourpre à pomme serrée. 6. Broccoli hâtif, blanc. | 15. Broccoli de Danemark ou de Sibérie.

7. Broccoli brun, à tête serrée. | 44. Broccoli à bractées de Kight.

Chacune de ces variétés offre une culture particulière. L'espace nous manque pour donner les détails sur chacune d’entre elles. Nous nous bornerons à signaler, pour le moment, un excellent broccoli dont nous pouvons donner les graines à nos abonnés, et que nous avons fait représenter, d’après nature, ci-contre, afin qu’on le reconnaisse bien.

C’est le broccoli pourpre du Cap ou d'automne. Sa tête est eompacte

comme celle d’un beau chou-fleur, et d’une éclatante couleur pourpre ou violette; les feuilles sont presque entières, grandes, droites, concaves (nous avons dû les écarter en dessinant le chou pour en montrer la tête); les veines et les nervures médianes sont pourpres. Quand on fait bouillir ce chou, il devient verdâtre, sa couleur pourpre se modifie en teinte verdâtre et blanchâtre. C’est un mets excellent, plus délicat et plus finquele chou-fleur.

En voici la culture. On sème trois fois par an. La première fois, du 12 au 18 avril, la seconde, du 18 au 24 mai, la troisième, du 19 au 25 août. Les récoltes successives sont utilisées de septembre à la fin de mai. On sème les graines très-clair sur une planche de réserve où la terre est fort légère. On ne laisse venir aucune mauvaise herbe, et quand les jeunes choux ont de huit à dix feuilles, ce qui arrive au bout du mois, on les plante définitivement, à la distance de deux pieds en quinconce, dans une terre légère, bien retournée, bien ameublée et abondamment fumée et arrosée de purin. On houe entre raies souvent et on butte à mesure que le chou grandit. La seconde plantation est fi#itée comme la première. Mais les plantes les plus faibles, reléguées dans la planche de semis, permettent de replanter à dix jours d'intervalle. De ce second semis on emploie certaines plantes pour les mettre en pots, dans lesquels on a placé un bon et riche compost, et on les range à l'ombre en lignes, en les arrosant copieusement. Après, on enterre ces pots dans la pleine terre, à deux pieds de distance, en tous sens et à trois pouces au-dessous de la surface du sol, en ayant soin de tracer un sillon circulaire à la hauteur du pot, pour que l’eau d’arrosement ou de pluie y passe facilement. Bientôt ces pots sont remplis de racines. En automne, les pluies rendent ces soins inutiles, et les vents arrivant, on butte les plantes, afin qu’elles ne se renversent pas. Souvent ces plantes, cultivées en pots, montrent leurs pommes de bonne heure. On les utilisera aux premières gelées. Aux approches des froids de décembre et de janvier, on enlève tous les pots et on les met sous châssis ou, au besoin, dans une cave éclairée et assez chaude. Les têtes se perfectionnent, et dans les hivers les plus froids, en Angleterre, on mange des broccolis pendant toute leur durée. M. Maher, qui s’est particulièrement livré à cette culture, trouve que le mieux est de planter en pots immédiatement après le semis en planche. Les têtes ont ordinairement de six à sept pouces de diamètre. Les graines de la troisième culture se sèment sous châssis ou en bache, et, au mois d'octobre, les plants sont mis en pots et cultivés comme mous venons de le dire. Ceux-là s’utilisent au printemps.

AVIS

Nous donnerons à nos abonnés (écrire franco) des graines de toute une” collection choisie de broccolis anglais.

(Æillets de Verviers.

1. le Franchimontois.2.le Druide de Verviers .3.le Marbaise chatoyant. 4.l'Enfant bizarre.

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HORTICULTURE

OEILLETS FLAMANDS DE MM. L'ENFANT ET C°, A VERVIERS, Par M. CH. MoRrREnx.

Nous avons eu l’occasion de parler plusieurs fois des œillets flamands, fantaisies ou nains, obtenus à Verviers par MM. L'Enfant et C°. Cependant nos paroles ne pouvant pas rendre la beauté de ces fleurs comme la gravure coloriée, nous nous sommes décidés à faire représenter ci-contre quatre des variétés d’œillets flamands qui jouissent à Verviers d’une vogue méritée ét qui les fera demander, nous en sommes persuadés, par les nombreux amateurs de ce beau genre de plantes.

4° Le FrancarmonTois est un bizarre, tricolore feu, blanc, rouge feu et pourpre foncé. Ce bel œillet a déjà obtenu les premiers prix à la Société d’horticulture de Verviers et se conserve dans tous ses attributs. La fleur est de grandeur moyenne, bien arrondie et pleine.

2° Le DRüIDE DE Verviers est pâle rose, passant au blanc et flammé de rose incarnat avec une légère teinte citronée sur le tout. La fleur est ample, les pétales larges, ouverts, la rosace bien ronde et le bord régulièrement ondulé. Verviers doit son nom à un chêne vert et vieux qui figure dans les armes de la ville; un chène peut bien faire supposer un druide, et de là est venu le nom de ce bel œillet dont la robe blanche simule celle de ces prêtres-médecins.

3° Le MARBAISE cHATOYANT. Cet œillet est magnifique; il date du semis de 1848. Sur un fond blanc, s’étendent et se projettent des flammes d’un violet clair, passant au violet porcelaine pourpre, sur lequel chatoye une belle teinte bleuâtre. La fleur est ample, large, ronde, vigoureuse. M. Marbaise est le digne président de la Société d’horticulture de Verviers. Nous avons cru devoir attacher son nom à l’une des plus belles productions de sa ville natale.

4° L'ENFANT BIZARRE. Cet œillet est un bizarre, rose, poussant au blanc, orné de stries carminées et violettes. Ample fleur en rosace pleine et plane. Production de MM. L'Enfant et C°, ce bel œillet peut en toute justice leur être dédié.

On peut s'adresser à MM. L'Enfant et C°, à Verviers, pour obtenir ces quatre charmantes variétés.

2e AAtER

REMARQUES PRATIQUES SUR LA CULTURE ET LA CONSERVATION DES TIGRIDIAS ET NOTAMMENT SUR CELLES DU TIGRIDIA CONCHIFLORA,

Par M. L. À. Hawe, Hoïticulteur à Lambeih.

C'est une source de regrets pour les amateurs de ces magnifiques et somptueuses plantes, naguère et il y a de cela vingt ans, si communes, de les voir devenir aujourd'hui de plus rares en plus rares, et surtout d’en voir disparaître les variétés. Jamais nous n’en entendons parler sans qu'on se plaigne de leur aptitude à pousser des racines pendant l'hiver. En examinant attentivement la cause des insuccès qu’on déplore, nous trouvons que le traitement auquel on soumet la culture de ces plantes est inapproprié à leur nature.

La principale cause que nous trouvons être préjudiciable aux racines provient du temps où l’on ôte les plants des parterres vers l'approche de l'hiver. Nos étés sont trop courts et le plus souvent trop froids pour permettre le complet développement des feuilles et des fleurs; les bulbes restent par conséquent non mürs, et sans doute la plante est arrêtée justement au milieu de sa végétation la plus active.

Dans la culture générale des tigridias, on met les bulbes dans les parterres en mars ou en avril, et c’est à peine si les jets sont au-dessus du sol en juin; enfin, ils fleurissent en septembre. Par conséquent, les premières gelées viennent arrêter la végétation reproductive pour l’année d’ensuite. On est forcé de lever les plants quand les nouvelles bulbes ne sont pas encore formées, et on les laisse hiverner dans un état incomplet en arrêtant toute végétation.

Que peut-on espérer de ce traitement, si ce n’est la dégénérescence progressive de l'espèce et la perte, l'extinction des variétés? Y a-t-il une seule autre plante bulbeuse de ce genre ?

Nous avons donc modifié toute la culture de ces jolies plantes.

Au mois de mars, nous prenons des pots assez grands et nous les remplissons de bonne terre de bruyère, en soignant bien le drainage du dessous. Nous plaçons dans chaque pot trois bulbes de tigridia à égale distance. Puis nous disposons les pots dans une serre à fruit ou une couche à melon, et nous les arrosons pour maintenir la terre dans un état permanent de moiteur, ne la laissant jamais se dessécher. Quand la pousse a lieu, on

augmente les arrosements. Quand ces pousses mesurent deux pouces

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