‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 141 sur 224 · RER · texte numérisé non relu

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de hauteur, on ôte les pots pour les placer dans une orangerie Où Une

couche froide ou simplement sous une cloche de jardin.

Dans la première semaine de mai, on dépote et on choisit les pots plus

grands remplis seulement de terre de bruyère, mais ayant au-dessous un drainage sûr et convenable. Puis, on enterre les pots dans le parterre qui leur est destiné, en ayant soin que la surface du sol recouvre le bord , et on donne un ample arrosement, surtout pendant les temps chauds.

Par ces simples procédés, on s'assure de grandes et belles fleurs précoces.

Puis, l'hiver approchant, nous ôtons les pots des parterres pour les mettre à l’abri des gelées, commençant à limiter l’arrosement , surtout à mesure que le feuillage montre la déperdition de la végétation. Quand le repos est arrivé, ces pots sont réunis dans un cellier, une cave ou le fond d’une serre tempérée, sous les gradins, jusqu’au printemps suivant.

Par cette méthode, on obtient de nouvelles bulbes qui ne dégénèrent pas et continuent les variétés acquises.

On dit que le Tigridia conchiflora est originaire du Mexique et qu'il a été introduit en 1895; on le prend pour une espèce, mais notre expérience nous apprend que c’est une simple variété du Tigridia pavonia. Beaucoup de graines que nous avons recueillies dans notre culture de ce dernier, donnent des fleurs successivement plus jaunes. Au reste, que ce soient des variétés ou des espèces, on ne peut pas prendre assez de soin pour les conserver, vu que ce sont de fort brillantes fleurs, surtout pour les parterres des maisons de campagne ou les jardinets des villes.

Nous ajouterons enfin que, lorsqu'il s’agit de diviser les bulbes, il faut prendre certaines précautions en les séparant. Autant le bout ne peut pas geler, autant les plaies nuisent aux plantes. Les bulbes isolées et bien entières donnent toujours les plus belles fleurs.

CULTURE DU PHLOX DE DRUMMOND (PHLOX DRUMMONDII), Par M. G. WIiGness,

Jardinier du palais de Buckingham.

Le genre Phlox appartient à la Pentandrie monogynie de Linné et à la famille naturelle des Polémoniacées. Tout le genre est composé de belles plantes irès-propres à orner les jardins et donnant généralement leurs fleurs tardivement.

Mais de toutes les vraies espèces de Phlox qu’on a introduites dans les jardins depuis ces dernières années, il n’y en a aucune qui soit plus digne d'attention que le Phlox de Drummond (1). Bien que cette espèce soit

(1) Le Phloxz Drummondii ; ainsi nommé par Hooker, est originaire du Texas où Drummond l’a découvert : il en à envoyé des graines en Angleterre. Nous avons donné dans le 4° volume

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maintenant très-communément répandue partout, cependant la culture | est loin d’être aussi parfaite qu’elle peut l'être. 74

Sans doute, que si on la plante en pleine terre, en otté elle devient belle en peu de temps, mais aussi alors lle dure peu. Il faut lui rendre cette justice que si on la traite en plante d’orangerie, elle récompense de cet excès de soin par la production de fleurs charmantes depuis mai jusqu’en décembre. Si nous prenons en considération la longueur du temps pendant lequel ce Phlox fleurit ou le brillant effet produit par la grande diversité de ses couleurs, lesquelles varient depuis le rouge vif, le rose, l’incarnat, le pourpre jusqu’au lilas et le violet avec toutes les nuances intermédiaires, si nous mettons ensuite en ligne de compte sa délicieuse odeur, on doit reconnaître qu’il y a peu de plantes annuelles qui méritent autant de soin que cet intéressant enfant du Texas. Je voudrais surtout recommander sa culture auprès de tous ceux qui possédent des serres froides ou des orangeries qui, vides pendant l’été sont tristes, mais qui s’égayent par ce joli Phlox et ses innombrables variétés.

J'ai le Phlox Drummondii en fleur depuis le mois de mai jusqu’en décembre; mes plantes mesurent de quatre à cinq pieds de hauteur; elles se couvrent chacune de milliers de fleurs depuis la base jusqu’au sommet des touffes et chacun qui les voit, Jette un eri d’'admiration.

Voici ma méthode.

J’ai été conduit à semer en janvier dans l'espoir d’avoir de bonne heure de fortes plantes. Mais j'ai remarqué qu'à cette époque, on ne peut pas donner une quantité suffisante d’air, et par conséquent le pied s’allonge trop, avant de donner des fleurs. J’ai donc changé mon époque de semis et cela avec beaucoup d'avantage. Vers la première semaine de mars Je sème mes graines dans du terreau de feuilles bien décomposé auquel j'ai ajouté un tiers de sable siliceux rugueux. J'ai drainé les pots avec une bonne poignée de tassons. Le sol bien fixé, je sème finement à la surface, je couvre légèrement d’une pellicule de terre et j'arrose par un pommeau à trous très-petits. Je place les pots dans une couche chaude où la température varie de 18 à 21° centigrades.

J'ai toujours trouvé un grand avantage à placer une vitre sur le pot, je crois que cette opération est favorable à la germination et obvie à la nécessité d’arroser avant que les plantes ne soient levées hors de terre. Je crois aussi que c’est par l’arrosement inconsidéré qu’on perd un giel nombre de jeunes plantes en les détachant.

Quand les plantes ont développé deux paires de feuilles, je les plante isolément, une à une, chacune dans un tout petit pot et dans le même

(p.559) des Annales de la Société Royale d'Agriculture et de Botanique de Gand, une planche figurative d’un grand nombre de variétés de cette plante dont chaque graine semée produit pour \ ainsi dire une variété spéciale. Ch. Morren.

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sol que celui où j'ai semé; puis je les retourne de nouveau à la couche, jusqu’à ce que les plants aient bien repris dans les petits pots. Quand la grandeur des pieds convient, je les rempote de nouveau dans des pots plus grands et enfin, je les mets dans des pots de grandeur ordinaire. A cette troisième transplantation je forme un compost d’une partie de terre de bruyère argileuse , une partie de terre de vieille couche, deux parties de terreau de feuilles auquel j'ajoute un peu de sable siliceux. Un drainage par tassons est établi au fond de chaque pot. Puis je mets le sol en question et au-dessus je place une couche de terreau de feuilles pur. Je trouve que cette dernière sorte de terre recevant l’eau d’arrosement à laquells elle sert de filtre, donne aux racines une forte nourriture et beaucoup d'air.

Quand les plantes sont sevrées après toutes ces transplantations, je les place contre les vitres de l’orangerie, je leur donne beaucoup d’air pendant la journée, et ces circonstances leur sont des plus favorables. L’aspersion de la plante entière par de l’eau est encore une excellente méthode. On maintient la température de la serre au degré de l’extérieur, au printemps. Enfin on pince souvent et successivement les extrémités et cela en vue de produire des buissons bien ronds, bien touffus, bien compactes.

Si ce ne sont pas les graines que vous avez en vue, il faut sans pitié aucune enlever les fleurs fanées et surtout leurs ovaires, afin qu'il ñe se forme pas de fruits sur les plantes florifères uniquement. Toute la matière organique du fruit retourne au profit des jeunes fleurs. Mais les portegraines bien choisis seront au contraire pincés en vue d'obtenir des fruits bien formés et fortement constitués.

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