‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 142 sur 224 · SUR LES SOINS QUE DEMANDENT LES RHODODENDRONS D'ORANGERIE · texte numérisé non relu

SUR LES SOINS QUE DEMANDENT LES RHODODENDRONS D'ORANGERIE

Par M. Daussoix.

Il est incontestable que les rosages ou rhododendrons sont les arbustes qui forment le plus bel ornement des orangeries, des serres froides et des conservatoires, surtout au premier printemps, dès le mois de février où commencent à se succéder leurs bouquets de fleurs jusqu’à l’époque où les azalées les remplacent. Et non-seulement ce sontles fleurs qui par leur nombre , leur grandeur et leurs magnifiques couleurs placent si haut le mérite de ces arbustes, mais c’est encore leur noble et élégant feuillage et leur port même à la fois sévère et gracieux. On s’étonne qu'avec ces qualités les rhododendres ne sont pas très-répandus, qu'ils le sont beaucoup moins que les camellias. Or, je ne connais qu’une seule raison à ce défaut de popularité , c’est que les rhododendres manquent souvent leur floraison ou bien elle est incomplète, ou bien elle se fait mal.

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Mon but est de prévenir cet accident et je déclare qu’une fois cette. | | cause connue, il est impardonnable à n’importe qui cultive des rosages, de ne les avoir pas annuellement dans la plus splendide floraison. 7

La culture des rhododendrons est extrêmement simple quand elle est bien comprise. Je serai aussi concis, aussi clair qu’il me le sera possible.

Les rhododendres, comme la plupart des arbustes d'Amérique se délectent dans du terreau léger, fibreux, formé par la décomposition des « bruyères. C’est donc leur terre de prédilection. Il ne faut pas leur donner une terre trop compacte , mais laisser les fibres, les brins dans la terre où on les cultive. k

Le rempotement doit se faire annuellement après la floraison. En effet, pour amener et parachever cette floraison, toutes les substances nutritives du sol se sont accumulées dans les fleurs et après la floraison la terre est épuisée. Voilà la grande raison pour laquelle les rhododendrons négligés ne fleurissent plus.

Pendant la croissance des rhododendres, ils exigent une température d'environ 12 à 15° centigrades, ce qui est facile d'obtenir dans les serres froides, orangeries, conservatoires, ete.

Ils demandent de fréquents arrosements parce qu’ils évaporent beaucoup. C’est surtout à la fin d'avril et au commencement de mai que ces arrosements doivent être les plus copieux, parce qu’alors la floraison atteint ordinairement son apogée. La formation du nouveau bois se fait aussi pendant ces trois ou quatre semaines.

Ici arrive de nouveau un point essentiel dans cette culture. Si l’eau et la chaleur continuent d’agir pendant toute la période nécessaire pour compléter la première croissance et si ces agents outrepassent ce temps; alors il y aura formation d’un nouveau bois au-delà de celui de l’année et dans ce cas il n’y a pas formation de fleurs. Prévenir cette formation ou en d’autres termes empêcher ces agents naturels d'exercer leur influence, telle doit être la conduite de tout bon horticulteur en ces matières.

Ainsi autant il est nécessaire d'assurer par l’eau et la chaleur une bonne formation de bois de l’année, autant il est dangereux de ne pas stater l’arrosement et l’échauffement en temps requis, c’est-à-dire, lors de la floraison. Done, alors, il faut sortir les rhododendres en plein air et diminuer l’arrosement. Mais il faut choisir l’ombre dans cette nouvelle position et l’été quand il fait très-chaud, ramener les rhododendres dans la serre froide et aérée , vaut mieux et beaucoup mieux que de leur laisser subir la chaleur.

Si l’on a envie de forcer la floraison, on chauffe légèrement après Noël, mais on risque toujours d'anticiper par là la nouvelle formation du bois et» par conséquent de nuire à la plante. Cependant, si l’on suit les mêmes règles pour les pieds forcés que celles exposées plus haut, on parvient à Ë empêcher la seconde recrue de la végétation et en arrétant celle-ci, on assure une nouvelle floraison pour l’année d’ensuite. |

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Ilestentendu que tout ce que nous venons d'exposer est relatif seulement! aux plantes adultes. L’art d'élever de jeunes rhododendres est tout différent et demande des soins particuliers qu'il ne m'est pas donné de traiter dans la spécialité de cet article. En somme cependant, je ferai remarquer que pour avoir vite de forts rosages, il faut hâter et multiplier les nouvelles formations de bois dans le plus court temps possible, ce qui est donc l'inverse du traitement à donner aux adultes.

REVUE DE PLANTES NOUVELLES

Dendrobium Kingianmuen. Bidwill in Lindl., bot., reg. 1844. Misc. 18. Bot. reg. 51, p. 61. — Hook. 4527. Bot. Mag. 1850 (Dendrobrum de King). Famille des orchidées. Pseudo-bulbes ovales, étendus en : long cou, bi ou quadrifoliés au bout, feuilles ovales émarginées, pédoncule terminal de 2 à 5 fleurs ou plus, sépales ovales à menton émarginé, pétales obovales apiculés le double plus petits, labellum trilobé cunéiforme, pubescent, divisions latérales, aiguës, l’intermédiaire un peu plus longue, transversement rhomboïdale , angles latéraux arrondis aigus aux pointes, axe élevé triliné et tridenté au bout. Ce dendrobium est encore rare : il est originaire d'Australie d’où il a été envoyé en 1844. Les fleurs sont roses, violettes avec le labellum blane et linéolé de violet.

Culture. La patrie de cette orchidée commande de ne pas la tenir aussi chaud que ses congénères de l'Asie tropicale; puisque c’est un végétal épiphyte eroissant sur les arbres morts, on lui donne des mottes de terre de bruyère; on draine fortement et on le place enfin dans la partie la plus froide d’une serre à orchidées.

Eugenia brasiliensis. Lam. Dict. vol. 5, p. 205. — De Cand. Prodr. 5, p. 267 (Eugenia du Brésil). Famille des myrtacées. C’est le myrtus Dombeyi de Sprengel. Feuilles pétiolées oblongues-obovées, obtusément atténuées au sommet, percées de points pellueides, glabres, brillantes au-dessus, fleurs sortant des bourgeons ou des rameaux Jeunes et écailleux, pédoncules uniflores, naissant des aisselles des écailles supérieures, opposées et solitaires, calice sans bractées, à quatre lobes obovales-oblongs obtus, plus longs que le tube, persistants, ciliés, quatre pétales obovés, fruit globuleux tétragone glabre brillant, couronné des lobes calycinaux droits, aceroissants. C’est un joli petit arbre, dit Hooker, découvert par Dombey, au Brésil et depuis retrouvé par De St.-Hilaire dans la province de Rio-de-Janeiro. On l’y cultive et on apporte le fruit aux marchés sous le nom de Grumichama. Le feuillage est brillant et les fleurs blanches comme neige sont fort nombreuses. Pendant que les

fleurs sont ouvertes, les bourgeons se développent; les feuilles sont alors d’un brun de chocolat. Cette floraison se fait en avril. 7e

Culture. Cette espèce ne fleurissait pas à Kew. On s’avisa de lui donner un grand pot, de renouveler la terre et de la placer dans la serre à palmiers. La floraison eut lieu. La terre était argileuse mélangée avec du terreau de feuilles. Au printemps et en été il lui faut beaucoup d’eau. "On reproduit par boutures sous cloche et en couche chaude.

Hakea cucullata. Brown. Prodr. Suppl. 50. — Bot. Mag. 1850. T. 4598 (Hakée à feuilles cucullées). Famille des protéacées. Plante droite, rameaux couverts d’un duvet dense, feuilles cordées ou réniformescordées, grandes, largement ondulées, denticulées, réticulées-veineuses, capsules sans éperon. Feu Baxter découvrit cette espèce d’hakea au King Georges Sound et c’ést sur ses exemplaires que M. Robert Brown décrivit l'espèce. Drummond la revit sur le Swanriver et en envoya des graines au jardin de Kew.

Culture. Depuis près d’un demi-siècle les protéacées ont passé pour des plantes difficiles à cultiver. Aussi les voit-on disparaître des collections. M. John Smith attribue cet insuecès à la terre qu’on emploie et qui est trop légère : la chaleur la dessèche, les racines souffrent et la plante périt. Pour lui, il les met dans de l'argile jaune à laquelle on ajoute selon les espèces du sable siliceux. Dans le rempotement, il a soin d'élever un peu les racines du centre, afin que l’eau de l’arrosement ne séjourne pas autour de la tige. En hiver surtout, l’arrosement doit être modéré et réglé, mais en été, il faut deux aspersions, le soir et le matin. Il est encore important que le soleil ne chauffe pas un des côtés du pot. En général, ce sont des plantes d’orangerie qu'on reproduit par boutures et par graines, DRE germent généralement bien.

Hypocyrta gracilis. Mart. Nov. Gen. et Sp. Plant. Brazil, vol. 5, p. d0,t. 219. — Bot. Mag. 1850. Tab. 4551 (Hypocyrte grêle). Famille des Gesnériacées. Rameaux irrégulièrement ascendants, lâches, s’enracinant çà et là, épiderme luisant; feuilles à pétioles courts ovales, aiguës, ei et là denticulées sur le bord, ondulées, pédoncules axillaires solitaires ou au nombre de deux, corolles subcampanulées-tubuleuses, lobes arrondis ouverts. C'est une jolie plante grimpante, de serre chaude, provenant des montagnes d'Orgon au Brésil, d’où elle a été introduite chez M. Backhouse, à York, en avril 1850. Fes fleur est blanche; les feuilles vertes sont marbrées A brun rougeâtre au-dessous.

Culture. Elle croit naturellement sur les arbres : elle se trouve bien M . la serre à orchidées et on la cultive comme celles-ci sur un morceau de bois ou dans une corbeille avec des sphagnum et suspendue. La repro- « duction se fait par des boutures naturellement enracinées au préalable:

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Exora salicifolia. Dec. Prodr. vol. 4, p. 487. — Hook. bot. Mag. 1850. Tab. 4523 ({xora à feuilles de saule). Famille des Rubiacées. C'est le Paveita salicifolia de Blume. Bijdragen, n° 951. Feuilles à pétioles courts, allongées lancéolées , acuminées, à pointes fines, glabres ; corymbe ample, dense, hémisphérique, divisions du calice ovales aiguës, courtes, corolle orange, tube allongé, grêle, divisions ovales-lancéolées aiguës, étamines courtes, style à peine exserte. De Candolle qui ne connaissait cette plante que par un échantillon see de M. Blume, observe déjà que c’est une magnifique espèce. En 1850, on présenta la plante en fleur à la société de Chiswick. Les corymbes sont en cffet très-grands (moitié de ceux de l’hortensia), d’un orange vif, le feuillage est beau, les feuilles étant de 2 décimètres. Son lieu natal est Java d’où M. Thomas Lobb l’a envoyée en Europe. Il l'avait recuellie sur le Mont Seribe. On en possède deux variétés, l’une à petites fleurs foncées, l’autre à fleurs plus grandes ct plus pales.

Culture. Déjà quand la plante n’a que six pouces de hauteur, elle fleurit. Il lui faut une serre chaude ct humide. Une moitié de terre de bruyère, moitié d'argile légère et du sable siliceux forment son sol favori. À mesure qu'elle grandit, il lui faut des pots plus grands. Quand la terre est bien drainée, cet ixora supporte des arrosements fréquents et des aspersions répétées. La reproduction se fait par boutures sous cloche étouffée et placée dans la tannée.

Euvunga scamdens. Hamilton in Wight. Ill. Ind. bot. vol. 1, p. 158. Hook. bot. Mag. 1850. Tab. 4522 (Luvunga grimpant). Famille des Aurantiacées. Limonia scundens. Roxb. fl. Ind. vol. 2, p. 580. Plante épineuse, élancée, presque grimpante, feuilles trifoliolées, folioles lancéolées-acuminées, fleurs axillaires fasciculées. C’est une plante délicatement odorante de la famille des Orangers, native de Silhet et de Chittagong, que le docteur Roxburgh avait ramené aux Limoniers, mais qui doit former un genre particulier. Hamilton tira son nom Luvunga du sanserit Luvungulata sous lequel on désigne la plante dans son pays natal. Cultivée, elle atteint près de vingt pieds; les fleurs se réunissent au nombre de 10 , 15 ou 20 à l’aisselle des feuilles. Elle a été envoyée en Europe par le docteur Wallich en 1325 et sa fleuraison a eu lieu au printemps. En 1850, on en vit pour la première fois les fleurs à Kew.

Culture. Elle est de serre chaude; un sol de terre de bruyère mélangé avec de l’argile légère lui convient, mais il ne faut pas qu’il conserve Peau. On la maintient sur tuteur. La reproduction se fait par boutures placées sous une clockie et recevant de la chaleur d’en-dessous.

Rhododendron jasmäimifloæwma. Hook. bot. Mag. 1850. Tab. 4524 (Rosage à fleurs de jasmin). Famille des Éricacées. Plante glabre , feuilles à pétioles courts, oblongues obovées, aiguës, ombelle

multiflore, calice nain, obsurément quinquelobé, corolle blanche hypocraterimorphe, tube allongé, raide, un peu gibbeux à la base, limbe égal, lobes ouverts, obovés, ondulés, ovaire cylindrique couvert de lépides, filets et style pubescents. A la première et splendide exposition de fleurs à Chiswick en 1850, peu de plantes excitèrent plus l'attention que cette espèce de rosage. Elle est originaire du Mont Ophir dans le Malais, haut de 5000 pieds d'altitude où elle a été découverte par M. Thomas Lobb qui l’a envoyée à MM. Veitch d’Exéter. C’est une fort jolie plante à bouquet de fleurs de jasmin blanches ayant un œil pourpre au centre.

Culture. Quoiqu’on ne sache pas encore exactement quelle est la culture nécessaire à cette espèce, cependant on présume qu'il faudra la traiter comme une plante de serre tempérée assez chaude. Elle préfère, paraîtil, de la terre de bruyère sablonneuse.

Stylidinm saxifragoïdes. Lindl. Swan river bot. p. XXVIII. — Sonder in Lehm. Plant. Preiss. p. 574. — Bot. Mag. 1851.— Tab. 4599. — Stylidium assimile. Benth. in Endl. Enum. PI. Hugel. p. 72. (non R. Br). (Stylidium-saxifrage). Famille des Stylidiées. Plante ramassée , dense, cespiteuse; feuilles radicales, rosulées, copieuses, linéaires, aiguës, ciliées et scabres surtout sur le bord, amincies à la base , au sommet pilifères; hampes à peine pourvues de bractées, grappes et fleurs couvertes de poils glanduleux , hampes simples, corolles jaunes, labellum tuberculé. MM. Veitch et fils, d'Exéter, ont recu les graines de ce charmant stylidium des rives de la rivière du Cygne. Ils avaient exposé la plante en fleur à à l'exposition de Chiswick en 1850, sous le nom de Stylidium ciliatum, mais l’espèce figurée sous ce nom dans le Botanical Magazine, n° 5885, est tout-à-fait différente. La fleur de celle-ci est proportionnellement grande ; la colonne est pourpre, jaune au sommet.

Culture. Les Stylidium représentent dans la Flore australasienne, les statice, jasione, phyteuma, plantago , samolus de la Flore d'Europe. On les traite en plantes d’orangerie : il ne leur faut que la chaleur nécessaire pour ne pas geler et une couche froide leur va très-bien. L'essentiel est de ne pas abuser de l’eau pendant l'hiver. Une terre de bruyère légere leur suffit. ;

Ungnadia speciosa. Endl. Paxt. fl. Gard. vol. 1. 155. (Ungnadia remarquable). Famille des Sapindacées, section des Hippocastanées. — U. Hetersphylla. Scheele. Arbuste à feuilles caduques, atteignant de cinq à dix, rarement à douze pieds de hauteur. Les branches longues et étroites ne se développent qu'au bout. Les feuilles sont digitées, 5 à 7 folioles. Les fleurs sont roses, de 4 ou 5 pétales. Cet arbuste tient des Pavias. Le fruit est doux , agréable , mais selon Lindheimer il est émétique. Sa patrie « est le Texas. On ne sait pas quand cette espèce a été introduite en Europe où elle n’a pas encore fleuri en pleine terre.

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LITTERATURE BOTANIQUE ET HORTICOLE

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